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A FOND PERDUS Ce qui reste d’Al-Qaïda

17 août 2010

Contributions

A FOND PERDUS
Ce qui reste d’Al-Qaïda

Par Ammar Belhimer
ambelhimer@hotmail.com

La contestation de l’ordre public interne et international démocratique libéral contemporain revêt les formes les plus diverses, notamment le recours à la violence. Elle est liée aux particularismes régionaux, voire nationaux (mondialisation oblige), aux inégalités sociales, aux exclusions politiques, etc.


A côté du «terrorisme régional », expression des revendications autonomistes, les experts craignent «la montée d’autres formes de contestation violente comme les mouvements antimondialisation (Black Front) ; les groupes catégoriels (anti vivisection, de défense d’une cause comme le Front antiradar, etc.) et la progression de mouvements sectaires apocalyptiques ». Parmi toutes ces violences, les organes de défense de l’Etat démocratique contemporain ont cependant décidé que «le terrorisme islamique radical demeure une des menaces majeures pour la sécurité européenne et internationale». C’est la conclusion à laquelle sont arrivés une trentaine de spécialistes européens de renom et les représentants d’administrations civiles et militaires, européennes et internationales, au cours des premières journées européennes sur la menace terroriste et la lutte contre le terrorisme, réunis à Paris au début de cette année(*). Outre l’analyse de l’état de la menace et de la réponse (tant au plan national, qu’européen et international), leur objectif était «d’initier la mise en place d’un réseau d’experts non gouvernementaux qui devrait devenir, à terme, un important relai global d’information et d’échange sur ce domaine majeur». L’analyse repose sur une «centralité de la menace d’Al- Qaïda», même s’il convient d’en «modérer l’importance» — en raison de «l’affaiblissement notable du réseau» —, d’une part, et l’existence ou la progression d’autres menaces terroristes, d’autre part. Le noyau dur de cette nébuleuse terroriste (elle est reconnue «pur produit de la mondialisation ») est «désormais plus producteur de mots d’ordre que de directives» et ses groupes régionaux ou locaux prennent le large en s’autonomisant. Mouvement politique ou secte ? Al-Qaïda serait «à la charnière du politique et du sectaire». Quel impact lui reconnaître alors sur la masse des croyants dont il se réclame sans cesse ? Il s’agirait d’un «système éclaté et flexible» dont les groupes régionaux tendraient à marquer davantage leur autonomie. Sa force ne serait alors que virtuelle, au sens propre comme au figuré : «Al-Qaïda virtuel», le «Cyberjihad» sont désormais un champ de bataille comme un autre et une réalité incontournable. C’est pourquoi il est essentiel d’apporter au «contre-message» des démocraties un soin tout particulier car une mauvaise utilisation ou formulation des messages contre-terroristes de la part des autorités peut avoir un effet contre-productif (ex : “la guerre contre la terreur”) ». Quel avenir pour le terrorisme alors ? «La tendance serait plus dans la désorganisation de masse en agissant sur les systèmes publics. L’attentatsuicide, en raison de son efficacité, demeurera une constante tactique sur le long terme. Les actions terroristes continueront d’être conduites par l’usage de moyens classiques (bombe, armes de tous modèles) mais la pente technologique (toujours suivie par les plus audacieux) n’exclurait pas progressivement une “référence” aux armes dites de destruction de masse (bombe radiologique, chimiques industriels, poisons) ; le cyberterrorisme semblant, pour l’instant hors d’atteinte des terroristes à la fois pour des raisons techniques et de coût/efficacité». Face à la menace, l’approche américaine d’une «guerre contre le terrorisme» est perçue «comme une erreur sémantique majeure aux conséquences politiques négatives incalculables». La défaite annoncée en Afghanistan et le retrait, bien forcé, d’Irak, redonneraient ainsi à la diplomatie européenne une longueur d’avance, quoi que contredite par certaines aventures isolées aux relents néocoloniaux sur le continent africain notamment. Alors que l’inauguration d’un Centre culturel musulman d’envergure à New York l’année prochaine, dix ans après les attentats du World Trade Center, est peut-être le signe que l’Amérique est en train de changer. L’Europe dans son ensemble déclare faire le pari du droit contre celui de la force. Au «rentre-dedans américain », elle préfère une autre démarche : «La seule approche valable dans la lutte contre le terrorisme est celle de la lutte contre le crime. Le terrorisme doit demeurer une question de justice et de droit pénal.» Entre la démarche sécuritaire américaine «fracassante» et la pénalisation du crime terroriste – loin de toute dimension politique, religieuse ou spirituelle, ou bien mieux dans le respect de la liberté de culte et de conscience, sous-entendu : y compris au profit des communautés musulmanes — les Nations-Unies ont adopté après le 11 septembre, la résolution 1373. La résolution 1373 est un nouvel instrument de droit pénal international au niveau général, plus ou moins bien acceptée par les États, mais reste tout de même contraignante quant à sa force juridique, parce qu’elle a été prise sous le chapitre 7 de la charte des Nations-Unies. Dans son sillage, une stratégie mondiale idoine de lutte contre le terrorisme (on considère qu’elle concerne directement plus de 70 pays dans le monde) commence à s’échafauder depuis 2006. Elle comporte trois grands volets :
- aide au développement (un ventre vide n’a plus de cerveau) ;
- capacité opérationnelle des Etats (préférable à l’interventionnisme militaire; plus coûteux et politiquement d’un autre âge) ;
- prévention et préservation de l’Etat de droit (notamment les droits de l’Homme). Sur le plan technique, le centre des Nations-Unies traitant les menaces non militaires (ses compétences touchent également à la drogue et au crime), basé à Vienne, en assure le suivi. Il essaie de donner aux États les capacités opérationnelles pour lutter contre le terrorisme. Enfin, une Task-Force contre le terrorisme, créée en 2006 et installée à New York, regroupe 24 entités aux mêmes fins.En dehors des précieuses séances d’échanges d’expériences et de coopération technique, c’est à travers les célèbres «UN Online Handbook on Counter-Terrorisme» que l’on retrouve le mieux l’empreinte des Nations-Unies. C’est un outil d’harmonisation de l’action législative des Etats membres qui fonde la lutte sur le droit, avec comme référents sacrés le Pacte des droits civils et politiques et la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Au-delà, force est de reconnaître que le véritable salut ne viendra que des sociétés musulmanes elles-mêmes lorsqu’elles auront vomi de leurs entrailles la bête immonde qui, par ignorance, leur a fait tant de mal à elles, d’abord et surtout.
A. B.
(*) Ces journées ont été tenues les 11 et 12 février dernier. Depuis, un réseau d’experts non institutionnels est à l’action afin de développer un forum d’analyse et d’information sur internet.
Ce portail a été lancé pour poursuivre l’analyse du terrorisme à travers ses causes (processus de radicalisation, jihadisme, sociologie de l’acteur, des groupes), ses méthodes (développement de l’attentat-suicide, des engins explosifs improvisés, des formes «non conventionnelles ») et, bien sûr, ses moyens de lutte (prévention, protection, renseignement, intervention, droit, coopération). Le site est déjà opérationnel. On pourra se connecter sur l’adresse : http://www.reet-neet.eu

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/08/17/article.php?sid=104631&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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