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TAHAR OUETTAR INHUMÉ HIER Une émotion palpable

14 août 2010

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TAHAR OUETTAR INHUMÉ HIER Une émotion palpable logodzpr
TAHAR OUETTAR INHUMÉ HIER
Une émotion palpable

O. HIND
  - Samedi 14 Août 2010 – Page : 21


La dépouille de Tahar Ouettar a été transportée hier matin au Palais de la culture Moufdi-Zakaria où un dernier hommage lui a été rendu avant son inhumation au cimetière d’El Alia après la prière du vendredi.

Tahar Ouettar a eu droit à un recueillement solennel où étaient présents les membres de sa famille, la ministre de la Culture, ainsi que des hommes et femmes relevant du milieu politique et culturel. Parmi eux, l’ex-ministre Amimour, la sénatrice Dalila Hlilou, l’homme de théâtre Benguettaf, Smaïl Ameziane, commissaire du Salon du livre et bien d’autres encore. Emue aux larmes, Khalida Toumi, noyée de chagrin n’a pu prendre la parole laissant son chargé de communication lire son discours qui mettra en exergue les qualités humaines authentiques de ce révolutionnaire du verbe qui a su porter le pays dans son coeur depuis la guerre pour l’indépendance jusqu’à nos jours en prônant la défense de la langue arabe, dont il se fera l’écho de sa société à travers sa plume.
Pour sa part, le secrétaire général du FLN et représentant personnel du chef de l’Etat, Abdelaziz Belkhadem, fera remarquer que la disparition de Tahar Ouettar est «une grande perte pour la nation. C’était un monument. Aujourd’hui que nous lui rendons un dernier hommage, on prend conscience de l’ampleur du malheur qui vient de nous frapper et du vide qu’il nous a laissé».
De son côté, Larbi Ould Khelifa, président du Conseil de la langue arabe a déclaré: «Tahar Ouettar était un intellectuel et homme de lettres dont la réputation a dépassé les frontières algériennes. Il portait en lui les maux de sa société et de son milieu. Il a beaucoup apporté à la langue arabe en la faisant se propager dans le monde. Il était un écrivain, algérien d’abord, ensuite arabe. Il a rendu énormément service au pays et à la langue arabe.» Et l’ex-ministre de la Culture, Mohamed Abdou d’avouer: «Il est tout à fait normal, quel que soit le citoyen, de ressentir une grande tristesse devant une pareille perte. C’est quelqu’un qui a enrichi la pensée algérienne. Il était très productif. Il a pris des initiatives qui resteront après lui. Ils nous permettront d’avoir d’excellents souvenirs d’un homme qui a, non seulement nourri les esprits de son vivant, mais en continuant à le faire grâce aux organisations qu’il a mises en place et grâce à l’oeuvre qu’il nous a laissé qui est très conséquente. Il a toujours été derrière les talents. Il aidait les gens. Il a subventionné, a créé des prix, des concours, a initié l’émulation en matière de pensée et de créations littéraires. Il est tout à fait évident que nous ressentions un grand sentiment de vide qui est très difficile à exprimer en ce moment.»
L’ex-directeur de la Bibliothèque nationale d’El Hamma, Amine Zaoui, pour sa part, ne tarira pas d’éloges sur la richesse de sa plume: «Sa perte est immense pour la littérature algérienne et arabe de façon générale. Tahar Ouettar était le véritable ambassadeur de la littérature algérienne et romanesque au Moyen-Orient et ce, à travers ses romans notamment l’As, Houet el kasr et El Zilzel. Il a appris à notre génération la lecture romanesque. L’As a été le premier roman à être lu par les arabophones. Il a crée, grâce à ce roman, les traditions de la lecture en langue arabe en Algérie. Il n’était pas seulement un écrivain, mais aussi un animateur culturel, occupant la scène culturelle via des conférences et tout ce qu’il a pu apporter à travers son association El Djahidia, devenue une institution culturelle qui a su donner une image autre de la culture algérienne au monde arabe et à la mer Méditerranée.»
Enfin, ancien élève de Tahar Ouettar, l’écrivain Wassini Laâradj évoquera, quant à lui, l’apport de Tahar Ouettar dans sa formation, soulignant qu’il était aux côtés de Abdelhamid Benhadouga, l’un des pères fondateurs de la littérature d’expression arabe. Et de préciser, faisant allusion, sans doute, au fameux différend provoqué par ses prises de positions : «Il était le précurseur dans les années 1970 du roman en langue arabe. Son écriture était très attachée à la société. Plus tard, il est devenu un ami. Comme on dit, on a mangé le sel ensemble. Il y a eu des étincelles, bien sûr, mais c’est tout à fait normal. Quand on écrit, on n’est pas toujours dans le même diapason. Il y a une génération qui n’était pas tout à fait d’accord avec lui dans la manière de voir les choses. Il y a celle qui a vécu les avatars de la guerre de Libération, et qui s’est fixée complètement sur ses problèmes et une autre qui vit le marasme du présent. On ne peut pas avoir le même regard. Ceci dit, il est resté un grand écrivain. Il faut le prendre à sa juste valeur, c’est-à-dire en le plaçant dans un cadre historique bien déterminée. Dans les années 1980, Tahar Ouettar a aussi alimenté beaucoup de débats, que ce soit culturels ou politiques. Et quand on dit débat, on dit différence. Ce n’est pas interdit de penser différemment. Mais Tahar Ouettar reste quand même l’âme vivante de la littérature algérienne.»


Droits de reproduction et de diffusion réservés (c) L’Expression

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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3 Réponses à “TAHAR OUETTAR INHUMÉ HIER Une émotion palpable”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    TAHAR OUETTAR INHUMÉ HIER
    Une émotion palpable
    O. HIND – Samedi 14 Août 2010 – Page : 21

    La dépouille de Tahar Ouettar a été transportée hier matin au Palais de la culture Moufdi-Zakaria où un dernier hommage lui a été rendu avant son inhumation au cimetière d?El Alia après la prière du vendredi.Suite…

    Tahar Ouettar a eu droit à un recueillement solennel où étaient présents les membres de sa famille, la ministre de la Culture, ainsi que des hommes et femmes relevant du milieu politique et culturel. Parmi eux, l?ex-ministre Amimour, la sénatrice Dalila Hlilou, l?homme de théâtre Benguettaf, Smaïl Ameziane, commissaire du Salon du livre et bien d?autres encore. Emue aux larmes, Khalida Toumi, noyée de chagrin n?a pu prendre la parole laissant son chargé de communication lire son discours qui mettra en exergue les qualités humaines authentiques de ce révolutionnaire du verbe qui a su porter le pays dans son coeur depuis la guerre pour l?indépendance jusqu?à nos jours en prônant la défense de la langue arabe, dont il se fera l?écho de sa société à travers sa plume.
    Pour sa part, le secrétaire général du FLN et représentant personnel du chef de l?Etat, Abdelaziz Belkhadem, fera remarquer que la disparition de Tahar Ouettar est «une grande perte pour la nation. C?était un monument. Aujourd?hui que nous lui rendons un dernier hommage, on prend conscience de l?ampleur du malheur qui vient de nous frapper et du vide qu?il nous a laissé».
    De son côté, Larbi Ould Khelifa, président du Conseil de la langue arabe a déclaré: «Tahar Ouettar était un intellectuel et homme de lettres dont la réputation a dépassé les frontières algériennes. Il portait en lui les maux de sa société et de son milieu. Il a beaucoup apporté à la langue arabe en la faisant se propager dans le monde. Il était un écrivain, algérien d?abord, ensuite arabe. Il a rendu énormément service au pays et à la langue arabe.» Et l?ex-ministre de la Culture, Mohamed Abdou d?avouer: «Il est tout à fait normal, quel que soit le citoyen, de ressentir une grande tristesse devant une pareille perte. C?est quelqu?un qui a enrichi la pensée algérienne. Il était très productif. Il a pris des initiatives qui resteront après lui. Ils nous permettront d?avoir d?excellents souvenirs d?un homme qui a, non seulement nourri les esprits de son vivant, mais en continuant à le faire grâce aux organisations qu?il a mises en place et grâce à l?oeuvre qu?il nous a laissé qui est très conséquente. Il a toujours été derrière les talents. Il aidait les gens. Il a subventionné, a créé des prix, des concours, a initié l?émulation en matière de pensée et de créations littéraires. Il est tout à fait évident que nous ressentions un grand sentiment de vide qui est très difficile à exprimer en ce moment.»
    L?ex-directeur de la Bibliothèque nationale d?El Hamma, Amine Zaoui, pour sa part, ne tarira pas d?éloges sur la richesse de sa plume: «Sa perte est immense pour la littérature algérienne et arabe de façon générale. Tahar Ouettar était le véritable ambassadeur de la littérature algérienne et romanesque au Moyen-Orient et ce, à travers ses romans notamment l?As, Houet el kasr et El Zilzel. Il a appris à notre génération la lecture romanesque. L?As a été le premier roman à être lu par les arabophones. Il a crée, grâce à ce roman, les traditions de la lecture en langue arabe en Algérie. Il n?était pas seulement un écrivain, mais aussi un animateur culturel, occupant la scène culturelle via des conférences et tout ce qu?il a pu apporter à travers son association El Djahidia, devenue une institution culturelle qui a su donner une image autre de la culture algérienne au monde arabe et à la mer Méditerranée.»
    Enfin, ancien élève de Tahar Ouettar, l?écrivain Wassini Laâradj évoquera, quant à lui, l?apport de Tahar Ouettar dans sa formation, soulignant qu?il était aux côtés de Abdelhamid Benhadouga, l?un des pères fondateurs de la littérature d?expression arabe. Et de préciser, faisant allusion, sans doute, au fameux différend provoqué par ses prises de positions : «Il était le précurseur dans les années 1970 du roman en langue arabe. Son écriture était très attachée à la société. Plus tard, il est devenu un ami. Comme on dit, on a mangé le sel ensemble. Il y a eu des étincelles, bien sûr, mais c?est tout à fait normal. Quand on écrit, on n?est pas toujours dans le même diapason. Il y a une génération qui n?était pas tout à fait d?accord avec lui dans la manière de voir les choses. Il y a celle qui a vécu les avatars de la guerre de Libération, et qui s?est fixée complètement sur ses problèmes et une autre qui vit le marasme du présent. On ne peut pas avoir le même regard. Ceci dit, il est resté un grand écrivain. Il faut le prendre à sa juste valeur, c?est-à-dire en le plaçant dans un cadre historique bien déterminée. Dans les années 1980, Tahar Ouettar a aussi alimenté beaucoup de débats, que ce soit culturels ou politiques. Et quand on dit débat, on dit différence. Ce n?est pas interdit de penser différemment. Mais Tahar Ouettar reste quand même l?âme vivante de la littérature algérienne.»

    Droits de reproduction et de diffusion réservés (c) L’Expression

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  2. El Horra Dit :

    j’apprends par hasard que Yasmina Khadra a plagié le roman AL-LAZ avant de plagié celui de Youcef Dris

    http://karimsarroub.blog.lemonde.fr/2010/04/10/ce-que-yasmina-khadra-doit-a-tahar-wattar/

  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Ce que Yasmina Khadra doit à Youcef Dris, + 1

    Au mois de septembre dernier je reçois dans ma boîte aux lettres une enveloppe qui contient un roman. L’auteur : Youcef Dris, algérien, inconnu en France et même dans son propre pays, est un écrivain touche à tout : récit, roman, poésie; il est également journaliste.

    Roman ? Dès la 4ème de couverture, j’ai été très surpris par la présentation du livre qui me rappelait l’histoire de ces deux amants (Jonas & Emilie) dans le dernier roman de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit. Mais je suis resté prudent. Je me suis dit que ce n’est pas possible : un homme aussi intègre et connu que Yasmina Khadra ne peut pas faire une chose pareille.

    Parce que j’ai eu un débat avec lui l’année dernière, c’est donc à moi de faire le sale boulot. Depuis septembre dernier, j’avais dans ma bibliothèque deux romans qui contiennent la même histoire et je ne le savais pas. Yasmina Khadra est doté d’un culot phénoménal. A ma connaissance, il est le seul romancier, dans l’histoire de la littérature française, à avoir réclamé aussi stupidement un prix littéraire pour un livre qui n’est rien d’autre qu’un plagiat caractérisé.

    Pire que le plagiat, le pillage. Son dernier roman est une pâle copie d’un récit paru en 2004, une histoire véridique d’un amour impossible entre une pied-noir et un algérien, une histoire qui a déjà été racontée, photos à l’appui, quatre ans auparavant, par l’écrivain algérien Youcef Dris dans un livre de 142 pages : Les amants de Padovani, un excellent récit, sans dialogues superficiels ni niaiseries, un récit publié aux éditions Dalimen, et uniquement en Algérie.

    Sur plus de 400 pages, Yasmina Khadra a, dès la fin de la première centaine, repris à son compte tout le récit de Youcef Dris pour en faire un médiocre roman de gare, une histoire à l’eau de rose, digne des pires romans d’amour, une histoire sans queue ni tête qui a dû faire pouffer de rire l’auteur des « amants de Padovani. »

    Voici ce qu’en dit un lecteur troublé, Abdallah, au mois de sep. 2008 :

    “Ce roman de Yasmina Khadra (2008) me fait penser étrangement a du déjà vu ou lu. En effet, l’histoire ressemble étrangement à celle d’un autre roman LES AMANTS DE PADOVANI de l’auteur algérien Youcef Dris paru en mars 2004 et présenté au Salon du livre à Paris où je l’ai acheté. Le héros de Khadra débarque à Oran, celui de Dris à Alger. De modeste condition, ils sont tous deux scolarisés ; chose pas aisée en cette période coloniale pour des indigènes. Ils tombent amoureux tous deux d’une européenne, Emilie pour Khadra et Amélie pour Dris. Ils assistent tous deux au départ massif des français d’Algérie et tous deux vont se recueillir sur la tombe de leur dulcinée à Aix en Provence pour Khadra et à Saint-Raphaël pour Dris. Et les coïncidences sont légion dans les deux textes. Qui s’est “inspiré” de l’autre ?”

    Les mots « coincidence » et « inspiration » qu’emploie Abdallah sont de faibles litotes pour décrire l’ampleur du plagiat. Plus que des similitudes, l’auteur de Ce que le jour doit à la nuit n’a rien fait d’autre que réécrire l’histoire de ces deux amants, en prenant soin d’y injecter sa propre histoire.

    Qqs ressemblances qui sautent aux yeux :

    * L’époque où commence l’histoire, dans les deux livres, ce sont les années trente.
    * Le lieu : l’Algérie.
    * Dans les deux livres, il est question de deux Arabes qui tombent amoureux d’une européenne.
    * Dans le livre de Youcef Dris, les amoureux s’appellent d’abord Amélie et Dahmane. Dans celui de Yasmina Khadra, Emilie et Younes.
    * Le héros de Youcef Dris débarque à Alger, celui de Yasmina Khadra à Oran.
    * Dans les deux livres, les deux Arabes changeront ensuite d’identité, troquant leur prénom arabe contre un prénom chrétien pour l’un, hébraïque pour l’autre. Chez Youcef Dris, Dahmane devient Dédé, chez Yasmina Khadra, Younes devient Jonas.
    * C’est grâce à l’intervention directe de l’Européen que le petit arabe est scolarisé, dans les deux livres
    * Dans les deux livres, l’arabe est empêché de vivre son amour avec la jeune Amélie/Emilie.
    * Dans les deux livres, leur union est empêchée par la volonté des parents de la fille : le père d’Amélie dans le livre de Dris, la mère d’Emilie dans le livre de Khadra.
    * Après cet interdit, dans les deux livres les deux amoureux sont séparés durant de longues années.
    * Dans les deux livres, ils assistent au départ des Français d’Algérie.
    * Et pendant ce temps, les deux Arabes dans les deux livres sont victimes de racisme.
    * Outre la séparation forcée par l’autorité d’un tiers, dans les deux livres ils sont rejetés parce qu’Arabes : à l’école, par les copains pour l’un, par les filles pour l’autre.
    * Dans les deux livres, la fin se passe dans le sud de la France : à Aix dans le livre de Yasmina Khadra, où l’auteur a vécu, à Saint-Raphaël dans le livre de Youcef Dris, qui a respecté la vraie histoire de son cousin.
    * Dans les deux livres, Amélie et Emilie accouchent.
    * Dans les deux livres, Amélie et Emilie meurent, mais pas l’enfant.
    * Dans les deux livres, les deux Arabes retrouvent le fils d’Amélie/Emilie à la fin.
    * Dans les deux livres, l’Arabe ne sera pas le père.
    * Dans les deux livres, Amélie et Emilie ont écrit une lettre à Dédé et à Jonas.

    Et les ressemblances ne s’arrêtent pas qu’au texte. A la fin du récit Les amants de Padovani, il y a quatre photos, des daguerréotypes que Youcef Dris avait retrouvés chez sa mère dans une vieille caisse, dont celle de la femme au chapeau :

    Yasmina Khadra est un auteur qui puise sans vergogne dans le fond commun des idées et des faits divers. Il n’y a aucune limite, pour lui, entre l’emprunt servile et l’emprunt créatif. Dans Ce que le jour doit à la nuit, le petit Younes fait comme l’auteur du livre : dès la page 70 il change d’identité et devient Jonas, un français qui vivra en Algérie parmi les Français, isolé des « siens », très poli, non violent, en plus un vrai beau gosse avec des yeux bleus. Un garçon à croquer. Tout un fantasme qu’on va s’abstenir de rappeler tellement c’est gros. Quant à Emilie, c’est la même : dans le récit de Youcef Dris (2004), elle s’appelle Amélie et, comme l’autre, accouchera, puis mourra en France après avoir écrit une lettre à Jonas.

    Yasmina Khadra a été confié à l’armée algérienne par son père à l’âge de neuf ou dix ans, comme le jeune Younes. Comme le jeune Jonas, c’est une nouvelle famille que Yasmina Khadra avait retrouvée au sein de l’armée, une « famille » avec laquelle il vivra plusieurs décennies. Ce n’est pas le plus gênant mais on aurait aimé ne pas y penser, car il est impossible de ne pas faire le parallèle, durant la lecture, entre le personnage du roman principal confié à une famille de pied noir à l’âge de dix ans, avec la vraie vie de l’auteur.

    Bernard Barrault, l’éditeur de Yasmina Khadra (Julliard), a-t-il lu « Les amants de Padovani » ? J’en doute. De même qu’il n’avait jamais lu, du moins avant sa publication, Frenchy, le roman que Yasmina Khadra avait publié aux éditions Fayard en 2004 sous le nom de Benjamin Cros. Un roman vendu à 460 (quatre cent soixante) exemplaires. Un important éditeur parisien m’avait dit à propos de Yasmina Khadra : « Chez Julliard, ils disent qu’ils ne font que le corriger. Mais on sait qu’on lui réécrit ses livres. » Sur France Culture, en 2007, l’excellent Tewfik Hakem à qui je répondais que je n’avais rien lu de Yasmina Khadra, m’a recommandé dans un éclat de rire de lire au moins un de ces roman.

    Ce que le jour doit à la nuit a obtenu le prix France Télévision et a été élu « Meilleur livre de l’année 2008 » par le magazine Lire.

    Rappel :
    Parce qu’il ne figurait sur aucune liste de prix, furieux et se croyant peut-être en Algérie, voici ce qu’il déclara au Parisien en 2008 :

    « Toutes les institutions littéraires se sont liguées contre moi » L’auteur dénonce ainsi le fait que son best-seller « Ce que le jour doit à la nuit » soit absent de la liste des prix. « Ça n’a pas de sens, dit-il, ces aberrations parisiennes. Les gens pensent que ça a été facile pour moi de devenir écrivain. J’ai été soldat à l’âge de 9 ans. J’ai évolué dans un pays où l’on parle de livres mais jamais d’écrivains et dans une institution [l’armée] qui est aux antipodes de cette vocation. » Le romancier n’accepte pas ce rejet d’autant plus qu’il est plutôt convaincu de la qualité de son œuvre puisqu’il déclare : « Je ne pense pas pouvoir écrire un livre meilleur que celui-là. » Et il précise aussi ceci : « On devrait me saluer pour ça : j’écris dans une langue qui n’est pas la mienne. »

    Si l’occasion se présente, un jour, je ferais une note rien que sur cette dernière déclaration : “J’écris dans une langue qui n’est pas la mienne.”

    http://karimsarroub.blog.lemonde.fr/2009/11/29/ce-que-yasmina-khadra-doit-a-youcef-dris/

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

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