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Il faut débattre sans tabous, sans injures et sans soupçons (1re partie)

10 août 2010

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Il faut débattre sans tabous, sans injures et sans soupçons (1re partie)

Par Yacine Téguia*
Pour l’historien anglais, Eric Hosbsbawn, «l’histoire est plus que jamais révisée ou même inventée par des gens qui ne souhaitent pas connaître le passé véritable, mais seulement un passé qui s’accorde à leurs intérêts. Notre époque est celle de la grande mythologie historique ».

La publication d’une biographie d’Amirouche par Saïd Sadi s’inscrit dans ce contexte drainant sa part d’enjeux politiques et géopolitiques plus ou moins clairs ou assumés mais aussi des questions légitimes.
C’est pour cela qu’elle suscite tant de controverses. En effet, des rectifications historiques sont parfois nécessaires. Car oui : les contraintes que le pouvoir algérien fait peser sur l’écriture et l’enseignement de l’histoire sont réelles. Encore oui : il y a nécessité de connaître la vérité historique et d’en finir avec les mensonges de l’histoire officielle. Et toujours oui : il faut refuser l’isolement de l’histoire, tout en rejetant l’interaction actuelle entre l’histoire et le pouvoir, c’est-à-dire la légitimité historique. Pourtant, Louisa Hanoune refuse qu’un débat ait lieu et a lancé pour disqualifier Sadi : «Seuls les historiens doivent écrire l’histoire.» Elle sera ignorée, comme, avant elle, trois historiens et Ali Kafi qui aurait dû se rappeler sa fonction présidentielle avant d’avoir l’imprudence de brandir cet interdit et de verser dans la confusion. Pierre Vidal-Naquet pour qui «l’historien n’est jamais dissociable du citoyen» a détruit l’argument qui veut réduire le livre de Sadi à un alibi historique pour intervenir dans le débat politique. Et pourquoi pas ? C’est le reproche inverse qui aurait pu être fait à Sadi, à savoir non pas de se mêler d’histoire, mais de donner le sentiment qu’il pourrait renoncer à la politique. Et c’est bien qu’il dépasse ce moment où le RCD avait décidé de geler ses activités, après l’élection présidentielle de 2004, et où il s’était plongé dans le silence. L’attraction que les sciences humaines exercent sur les politiques, la reconversion de certains d’entre eux en historiens ou géopoliticiens, leur permet, parfois, d’échapper au thème de la mort du politique que paradoxalement ils contribuent à répandre. Las, Aït Ahmed, dans un des ses derniers messages au FFS, n’écrit-il pas : «Le pays est malade du vide politique» ? Des critiques ont tenté de jeter le discrédit sur la personnalité et le combat politique de Sadi, mais en trahissant le rapport qu’ils entretiennent avec l’opposition démocratique. Lakhdar Bensaïd vient de s’illustrer en lançant que le père de Saïd Sadi serait un harki, espérant frapper de suspicion patriotique son travail ! Avant lui Benachenhou parlait des «thèmes récurrents, trop connus, car toujours répétés jusqu’au dégoût, par tous ceux qui se piquent d’action dans l’opposition ». Le militantisme de l’auteur étant réduit à une espèce de coquetterie, il ajoutait qu’«Amirouche a été choisi comme thème de base de son écrit parce que c’est plus productif politiquement d’utiliser un héros local pour construire son instrument de lutte politique que des héros nationaux.» L’objet du débat, à son tour mis en cause, il restait à faire le procès du débat lui-même, pour mettre Sadi en contradiction avec son engagement démocratique. Et Benachenhou de donner des leçons de libre débat. Seuls ceux qui en ont si peu l’expérience peuvent attendre qu’on en fixe définitivement les termes, les limites et surtout la forme. Enfin, quand tout est épuisé, on en revient aux vieilles accusations de régionalisme. Sadi ferait une espèce de fixation sur la Kabylie. Il se présente comme un «homme politique originaire de Kabylie», rappelle que Ben Boulaïd recommandait «de se tourner vers les frères kabyles si quelque malheur lui arrivait», présente la Wilaya III comme «la plus organisée», celle dont les services de santé étaient les plus performants… Si on néglige la manière dont le pouvoir a procédé à une substitution identitaire, en tournant le dos à l’algérianité, en se livrant à des provocations contre la Kabylie dont seule la mobilisation a pu arracher la constitutionnalisation de tamazight, on pourrait s’offusquer devant une réaction passionnée. Mais, on ne peut pas prendre prétexte de la forme pour rejeter le fond de la cause amazighe, en particulier le fond démocratique largement partagé aujourd’hui dans la société, y compris à Sidi Salem, dans la wilaya de Annaba, où des jeunes protestataires ont été accusés d’avoir brûlé le drapeau algérien alors qu’ils avaient brandi un drapeau symbole de la lutte pour tamazight pour exprimer leur solidarité et leur attente de solidarité de la part de tous ceux qui luttent pour la démocratie dans notre pays. Surtout, on ne peut pas ignorer que Sadi rappelle que, pour Amirouche, il était manifeste que «l’entité algérienne transcende tous les aléas sociologiques, qu’ils soient culturels ou politiques ». Est-ce parce qu’il évoque «Amirouche le chef kabyle», qu’on peut présenter le livre de Sadi comme une espèce d’addition d’aigreurs acoquinées par une exaltation presque mystique d’un Amirouche «chef officieux des maquis de l’intérieur», «homme insaisissable» doté d’un «don quasi animal à détecter le danger», «un être à part», «au-dessus de tous» ? A la décharge de Sadi, cette façon d’évoquer Amirouche, en biographe extasié, prend le pouvoir à son propre jeu. Le moindre trait négatif chez Amirouche est réduit à la propagande de Boumediène, comme hier le moindre aspect négatif de la guerre d’Algérie était réduit à une manipulation française. On peut y percevoir un phénomène d’identification entre l’auteur et son sujet, mais, quand on personnalise l’histoire — comme l’a fait le pouvoir avec «les historiques » — les seules catégories qui peuvent exister sont les martyrs, les traîtres et les oubliés. C’est finalement le pouvoir qui — comme hier la France — pousse la société à produire des héros et Sadi analyse avec justesse ce processus en partant de sa propre expérience. Mais si le livre de Sadi formule, surtout, une accusation contre Boussouf et Boumediène — suspectés d’avoir trahi Amirouche — il n’apporte guère de révélations, ce qui témoigne de l’échec de ceux qui ont voulu manipuler l’histoire. Du coup, même au FLN, le très conservateur Salah Goudjil, commissaire politique de son état et un des principaux artisans du sinistre article 120, sent le vent tourner et signe une pétition pour qu’on permette à chacun de pouvoir contribuer, en toute liberté, à l’écriture de l’histoire. On peut se réjouir de cette nouvelle attitude, mais on peut craindre, cependant, que ce soit, aussi, parce que l’empathie de Sadi et sa façon de se laisser aller à la pente victimisante peuvent être aussi stériles que l’histoire officielle. Le premier responsable du RCD est-il pour autant un mauvais Algérien ? Un bleu envoyé en mission au moment où s’opère, en France, une espèce de tournant interprétatif et même un révisionnisme radical qui amène d’autres à traiter des «aspects positifs» de la colonisation ? On a vu la polémique qu’a pu provoquer la projection de «Hors-laloi » au festival de Cannes ou avant, en Algérie, pour les raisons inverses, le documentaire de Jean-Pierre Lledo ainsi que les romans de Boualem Sansal ou d’Anouar Benmalek ou les déclarations du sénateur Habibi qui estime que le chiffre de un million et demi de martyrs est surévalué. On pourrait rejeter Sadi comme tenant d’un état d’esprit réactionnaire, en s’appuyant sur une dénonciation de ses erreurs et oublis historiques intéressés. Mais Sadi mérite mieux que cela, même si on peut s’interroger sur les circonstances de la mort d’Amirouche et dénoncer la séquestration de son corps, sans devoir pour autant accuser Boussouf et Boumediène. On peut même tenir compte de certaines des accusations de Sadi sans lui reprocher une idée arrêtée sur leur compte, comme l’a fait le bureau de l’association des anciens du MALG et, surtout, sans en tirer la conséquence que la guerre de libération serait devenue suspecte et qu’on devrait lui tourner le dos. La polémique empêche, somme toute, qu’Amirouche devienne consensuel, que toute la société se l’approprie. Au final, on ne saurait ni accepter, ni rejeter en bloc le livre de Sadi (surtout en refusant de le lire !), il faut le critiquer. Il faut en débattre sans tabous, sans injures et sans soupçons. Et si Boussouf ou Boumediène ne sont pas au-dessus de la critique, Amirouche ne l’est pas non plus. Pas plus Sadi d’ailleurs.
La question de l’écriture de l’histoire
L’universitaire Ounassa Siari- Tengour rappellait que «dans construction d’une histoire à cheval sur la vie privée et sur la vie publique, il y a toujours un risque de succomber à la subversion du récit vécu et livré par un témoin et de céder à la tentation de faire revivre un passé au lieu de l’expliquer ». Dans sa biographie, Sadi fournit une documentation assez faible. Son livre peut être considéré comme destiné à perpétuer la légende du chef de Wilaya III. Cette démarche est digne de l’école romantique qui assignait aux héros le rôle de direction dans l’histoire de l’humanité. Mais elle doit aussi correspondre à une certaine conception de l’action politique, qui n’est pas propre au premier responsable du RCD, mais avec des conséquences sur la reproduction des élites dans sa propre organisation. Sadi insiste souvent sur ses 40 ans de recherches, donnant l’impression d’avoir été, durant ce temps, dans une véritable quête. Cependant, sa bibliographie est limitée, très récente et constituée pour l’essentiel de témoignages. Or, Gilbert Meynier le dit : la mémoire n’est pas l’histoire l’histoire n’est pas la mémoire elle en est même dans un sens le contraire». Les souvenirs purs n’existent pas : tous les souvenirs sont des reconstructions déterminées par des appartenances sociales, passées et présentes. Un historien français même élaboré le concept de «mémoires-écrans qui fonctionnent comme des censures d’autres souvenirs du passé». Si la polémique actuelle traduit cette joute des mémoires, elle exprime d’abord et surtout le besoin de mémoire, au moment où l’oubli et la trahison avancent, à grands pas, à travers la condamnation à mort de Mohamed Gharbi, ce moudjahid qui avait repris les armes pour combattre le terrorisme islamiste. Une approche scrupuleusement scientifique conduira à la révision d’un grand nombre de vues concernant la guerre de libération et devra inciter à une étude intensive des documents disponibles et de ceux, inédits, conservés dans les différentes archives. Et, Anissa Boumediène, qui a eu le privilège d’accéder à certaines d’entre elles, devrait en faire partager l’accès. Quant à la barbarie islamiste, l’Etat —qui détient une somme immense de preuves et documents — devrait les livrer l’opinion publique. Pas uniquement pour des besoins de mémoire mais pour que justice soit enfin rendue, contre les bourreaux et non pas contre les victimes! En histoire, une théorie renvoie à une typologie : lutte des classes, conflit ville/campagne… Celle de Sadi c’est victime/bourreau dans laquelle les victimes représentent le bien et les bourreaux le mal. Sadi nous appelle tous à «assumer notre part de la responsabilité, qu’elle soit active ou passive, dans le désastre national». Après les sermons sur la tragédie nationale, il paraît, peut-être sans y prendre garde, reprendre un thème de Bouteflika qui, face au terrorisme islamiste, a d’abord dit que tous les Algériens étaient des victimes, y compris les terroristes qu’il disait comprendre, avant de considérer que ces mêmes Algériens étaient tous coupables. Finalement, il renverra dos à dos ce qu’il considère comme deux extrémismes : les laïcs et les tenants de l’Etat théocratique. Dans une interview au Matin, en août 1999 — justement au moment où se dessinait le projet de concorde civile que soutiendra le RCD — Benjamin Stora considérait que Boutefilka était en train de réorganiser «la mémoire collective après 40 ans de confusion idéologique et de perte d’une histoire réelle… pour occuper pratiquement seul un espace symbolique et imaginaire, celui de la nation et du nationalisme ». Alors que le besoin de dépasser certaines étroitesses historiques est une exigence que Bouteflika ne peut pas prendre en charge de façon conséquente, Sadi ne semble pas prêt à rompre, lui non plus, avec l’idée du 1er Novembre comme unique événement fondateur. Il est cependant perturbant de constater que Bouteflika peu aller plus loin que lui, même si c’est à son seul bénéfice. On a pu observer que ce dernier a baptisé un aéroport du nom de Messali Hadj, qu’il a inauguré une stèle à la mémoire du GPRA, que le centenaire de la naissance de Ferhat Abbas a été l’occasion de sa réhabilitation ou que les pieds-noirs sont revenus. Même les hommages rendus aux communistes Henri Maillot, Fernand Yveton et Maurice Audin ont pris une dimension moins confidentielle depuis que s’y associent des milieux patriotiques qui s’en tenaient à distance jusque-là. On se trouve ainsi entre remise en cause du silence et réhabilitation tous azimuts, ce qui met dans l’embarras de nombreuses forces. Certaines parce qu’elles refusent les amalgames, d’autres parce qu’elles rejettent toute idée de remise en cause de l’histoire officielle, ne se rendant pas toujours compte à quel point le discours sur la réconciliation nationale, qu’elles soutiennent, est venu se substituer à celui sur la légitimité historique, pour défendre des intérêts aussi étroits que ceux qu’ils ont toujours défendus. Surtout au sein du FLN dont Bouteflika est pourtant président. On note la publication des mémoires controversées d’Ali Kafi, la polémique de Ben Bella sur Abane Ramdane ou la sortie de Chadli sur la base de l’Est et la mort du colonel Chabani. Même en France, le débat historique a connu des évolutions. On relève ainsi la publication des témoignages de Louisette Ighil Ahriz, des généraux Massu, Bigeard, Aussaresses, les révélations sur Le Pen, le fait que le général Schmit a été accusé de torture. Le tout a été rapporté par Florence Beaugé dans le quotidien Le Monde. La loi sur les essais nucléaires ou les propos de l’ambassadeur de France qui reconnaît en 2005 que le massacre de Sétif en 1945 était inexcusable sont des signes que les choses changent, malgré les nostalgiques de l’Algérie française qui restent très actifs. Plutarque disait : «Il est politique d’enlever à la haine son éternité.» Mais, justement parce que la réconciliation est une question politique, il y a autant de réponses à cette exigence qu’il y a d’intérêt en jeu. Chacun veut donc en livrer sa conception, en instituant les partenaires légitimes, en fixant le rythme et en posant ses limites: historique, nationale… globale. Sadi paraît donc s’inscrire dans un large courant qui revisite l’histoire, parce que la vérité est une exigence de la réconciliation. Cependant, il ne s’appuie pas sur la méthode historique qui suppose une critique externe (les documents ou les témoignages qu’il produit sont-ils vrais ou faux ?) et une critique interne (ces témoins se trompent-ils ? Nous trompent-ils ? Et si oui pourquoi ?). Une telle critique aurait été un signe fort d’une volonté de s’élever au-dessus des enjeux politiciens immédiats pour poser la problématique plus générale du projet de société. D’autant que la réflexion critique sur l’histoire a commencé depuis longtemps. Un symposium intitulé «l’Algérie 50 ans après 1954-2004, l’état des savoirs en sciences sociales et humaines» a été organisé par le CRASC à Oran. Il avait été précédé de deux autres colloques en 1984 et en 1999. Dans une des publications auxquelles ont donné lieu ces rencontres, Omar Lardjane affirme qu’en vérité «le problème aujourd’hui n’est pas dans la question du paradigme mais plutôt celle plus fondamentale et plus complexe des conditions culturelles générales que supposent et requièrent l’existence et la pratique des sciences sociales», dont l’histoire. La démocratie pouvant, certainement, être considérée comme une de ces conditions sans laquelle les questions historiques resteront des questions politiques, dans leur acception la plus utilitaire, l’autre versant de la légitimité historique. Dans un article de la revue Insaniyat, dans lequel il traite de l’intervention institutionnelle et de son impact sur la pratique historiographique, Hassan Remaoun explique précisément comment la politique de réécriture s’est attachée à «valoriser une identité algérienne ayant pour racines les «tawabit» ou «constantes» héritées d’un passé qu’on tend à réduire au «caractère arabo-islamique. » Il montre aussi que le mot d’ordre d’écriture visait à légitimer le pouvoir politique. Ainsi, malgré tous les efforts du pouvoir, tous les intellectuels n’adhèrent pas à sa conception de l’histoire. D’ailleurs, alors qu’il avait espéré plus de coopération, Boumediène concluait, dès 1968, que «les intellectuels algériens n’ont pas joué le rôle attendu dans ce domaine». Voilà qu’à son tour, aussi paradoxal que cela puisse paraître, Sadi évoque le «silence des élites» et le naufrage intellectuel». Peut-être n’était-il pas au courant des travaux évoqués plus haut ? Il serait plus surprenant qu’il ait oublié les réactions aux accusations de Ben Bella et Ali Kafi contre Abane Ramdane. En riposte, le mouvement citoyen avait organisé une rencontre, à Larbaâ Nath Irathen, à laquelle avaient participé Réda Malek, le Commandant Azzeddine et Hachemi Chérif. Le secrétaire général du MDS publiait même un texte intitulé «Abane, toujours vivant» dans lequel il écrivait en réponse à l’attaque de Ben Bella : Sa caractéristique majeure est que cette «critique» prend sa source à partir de positions conservatrices et islamistes. Ben Bella s’abîme ainsi dans la cause islamiste conservatrice qui l’a appelé à sa rescousse comme «historique» pour attribuer la paternité du Congrès de la Soummam en ce que ce Congrès a de condamnable à leurs yeux, c’est-à-dire à la Kabylie et à Abane, Kabyle ès qualités, accabler les Kabyles et attiser leur orgueil déjà fortement provoqué par le comportement du pouvoir, contenir la revendication démocratique moderne à la Kabylie (exactement le scénario sur lequel travaille Bouteflika avec qui il est en parfait accord sur la question !). Les élites n’ont donc pas manqué à leur devoir sur les questions d’histoire et sur la critique du pouvoir. On peut, alors, se demander au profit de quelle cause Sadi voudrait mettre ainsi ces élites sur la défensive. Veut-il les enjoindre à ne pas poursuivre un combat qui a permis l’édification de l’Etat algérien puis contribué à le sauver du péril islamiste ? Le voilà encore qui fustige «les étudiants appartenant aux courants qui gravitaient à la périphérie du pouvoir et qui puisaient dans sa besace idéologique quand il fallait déverser les anathèmes officiels sur l’opposition». Il semble tellement en vouloir à ces camarades du PAGS, pourtant auto-dissous, en guise d’autocritique radicale, qu’il ajoute, paraissant craindre un retour de ses vieux démons : «l’intellectuel algérien n’a pas seulement démissionné, il a trop souvent accompagné ou précédé le pire». Cela fut particulièrement vrai pour les communistes qui, après avoir été durement réprimés, ont systématiquement revendiqué et assumé le statut de «soutien critique » des «autocrates». Ce genre d’emportement risque de ruiner le crédit de sérieux que le lecteur de bonne volonté peut conférer à son entreprise historique, surtout s’ils donnent lieu à des accès de fureur comme ceux qu’ont eu à essuyer les étudiants de Béjaïa, lors de l’une des conférences organisées à l’occasion de la sortie du livre.
Y. T.
(A suivre)
*Membre du Mouvement démocratique et social

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/08/10/article.php?sid=104360&cid=41

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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