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Mandela est passé chez nous par Abdou B.

7 août 2010

Contributions

« La superstition est plus injurieuse à Dieu que l’athéisme. » Diderot

Un président africain est poursuivi par un tribunal international pour des motifs graves. Nonobstant la présomption d’innocence, l’accusation en question n’est pas mince. S’il est par contre innocent, il appartient à tous les dirigeants qui se revendiquent de «l’africanité» d’adopter une attitude commune, ferme,

face au laxisme complice de «la communauté internationale» devant les nombreux crimes contre l’humanité commis par Israël depuis des décennies, devant l’assassinat quotidien de civils par les armées de cette «communauté» en Irak, en Afghanistan, etc. Mais est-ce que les gouvernements africains, très différents en matière des droits de l’homme, de libertés, peuvent un jour avoir un point de vue pertinent sur les gros conflits et affaires qui ponctuent l’actualité africaine et internationale? Rien n’est moins sûr.

Les gros problèmes que vivent les populations africaines, qui sont profonds et durables sont cependant plus importants et vitaux, comparés au présent et à l’avenir de tel ou tel dirigeant, forcément mortel, donc éphémère. L’éradication de maladies du moyen âge, des bidonvilles qui sont des marqueurs fiables du développement, l’enlèvement des ordures à chaque coin de rue, la distribution du courrier et la progression de l’Internet, la suppression du fatras de documents administratifs (toujours à légaliser!) et tant de choses de la vie quotidienne rendent la vie très dure aux Africains. «Le garde malade» est devenu une institution dans les hôpitaux algériens, aux frais du contribuable et du Trésor public.

Du papier est importé en devises pour le compte de publications qui ne vendent rien, avec des ardoises auprès des imprimeries publiques, alors que ces journaux n’ont aucun impact politique, culturel ou social. Des chantiers sont laissés en l’état, attendant le vent et la pluie pour rendre plus coûteux leur achèvement. Est-ce pour formaliser des marchés de gré à gré? A l’évidence, de grosses et profondes réformes sont attendues dans les systèmes de santé, éducatif, des autorités locales, dans les séparations des pouvoirs entre la wilaya et les élus dans les assemblées, pour que tous cessent de se renvoyer la balle, avec les citoyens au milieu de conflits qui les dépassent, qui congèlent le développement.

En Algérie, une réforme d’envergure est attendue, après des débats nationaux sérieux, pour l’audiovisuel et le cinéma qui ne font que du bricolage, de temps en temps une, deux ou trois productions sont montées en épingle comme si le pays avait dépassé le cap de trente ou quarante longs métrages de fiction et des centaines d’heures de produits audiovisuels! La focalisation facile et courante sur «la reine mère» Al Djazira ne fait ni des œuvres, ni des audiences et encore moins des ancrages qui fidélisent de larges courants de la population. Ressortir la magique TNT avec une seule chaîne qui a un statut juridique, sans un projet réfléchi d’ouverture médiatique consiste à faire de la fuite en avant, d’acheter des émetteurs et des réémetteurs sans avoir de quoi les alimenter en diversités séduisantes à même de lutter à armes égales avec les concurrents dans plusieurs langues. L’Algérie le peut, si elle le veut de façon forte et volontariste. Il est venu le temps de penser dans la sérénité à la place de l’investissement privé dans toutes les industries du film. L’Etat n’a ni à vendre des tickets de cinéma, ni à importer des films et encore moins à gérer des laboratoires, des studios de tournage, des ateliers de décors, de costumes et d’accessoires, sachant qu’importer une lampe demande une autorisation ou pour transférer le coût d’une simple machine ou un instrument de moins de 2000 euros ou dollars. Les pays européens et certains médias arabes, très offensifs, outillés et organisés ont balisé leurs territoires linguistique, informatif, culturel, politique, mémorial et celui des loisirs. Les attaques, pacifiques, par le satellite se déclinent H24, dans tous les genres, dans toutes les langues par ceux qui ont compris que pour la guerre des images, un jour perdu demandera vingt fois pour être compensé.

Il suffit pour les gloutons optiques comme disait Godard d’orienter sa parabole, dans les pays retardataires pour avoir un ou plusieurs bouquets, selon les besoins, le niveau socioculturel, la structure du logement familial qui restreint ou augmente la liberté des choix, dans la journée ou tard dans la nuit. En cela, le logement peut être un facteur de discrimination selon les pays, les groupes sociaux, les campus, les centres de recherche… Comme l’Algérie est, par la géographie, située en Afrique, elle mérite une place de choix sur le continent de par ses potentialités énormes, son histoire, ses ressources humaines, etc.

En Algérie, dans une approche stratégique, le Président Bouteflika a essayé de porter à bout de bras et de faire aboutir les espérances du Nepad qui peut intéresser des pays, des Etats, des populations, des élites et des sociétés civiles, plus ou moins libres vis-à-vis des pouvoirs politiques. Mais M. Bouteflika n’a pas la force de frappe (en Afrique) du groupe Al Djazira, de l’Egypte.

La seule chaîne nationale, qui n’est pas sur satellite, n’a donc aucune audience en Afrique et encore moins auprès des populations algérienne, maghrébine ou en Europe. Or, c’est avec le soutien des élites et des populations d’Afrique qu’un projet comme celui du Nepad pouvait avoir des chances d’aller aux termes des objectifs fixés. Comme pour ceux du millénaire auxquels l’Algérie adhère, du moins sur le terrain officiel.

Les enjeux pour l’Algérie sur les dix, vingt années à venir sont chaque jour analysés, assortis de propositions pertinentes du côté des experts, de la matière grise, de l’opposition, de personnalités réduites à la marge, de quelques quotidiens privés, sans plus. Les décideurs, se croyant détenteurs des vérités absolues, s’évertuent, sans succès sur le terrain, à gérer des équilibres des plus instables et surtout handicapants pour les intérêts du pays à long terme, dans un autisme ravageur. Un exemple: combien coûte un ministère du tourisme en frais de fonctionnement, d’équipement, de déplacements à l’étranger, de réceptions, de manifestations folkloriques, comparativement aux recettes du tourisme intérieur et international? Faisons les mêmes comparaisons, chiffres à l’appui, avec l’Afrique du Sud, la Tunisie, la Turquie, le Maroc… Pour ne rester que dans les pays émergents. Le tourisme d’apparence est, lui aussi, financé par les seules ressources des hydrocarbures. Aujourd’hui, un des rares pays africains qui est pris au sérieux, c’est l’Afrique du Sud qui a frappé un grand coup et marqué des points très précieux avec la réussite extraordinaire de la Coupe du monde 2010. Nelson Mandela, lorsque l’heure sera venue, peut partir heureux. Il a réussi et permis les bases essentielles du développement économique. Des blondes, des noires, des rousses, des métisses mélangées dans un stade pour supporter et ensuite hurler leur fierté d’appartenance à un pays qui a vaincu le spectre de l’apartheid, dans les différences religieuses, politiques, de couleurs de peau… Quel pays africain peut dans 2 siècles se prévaloir de telles valeurs et de leur victoire sur les nationalismes ringards, nocifs et totalement décalés comme ceux que cultivent tellement de gouvernances africaines, bloquées sur les siècles passées.

L’Algérie peut prétendra à juste raison au rôle de leader, du moins dans son environnement direct. A condition que les «familles», les suceurs de la rente lui laissent toutes ses chances en permettant l’émergence d’élites jeunes et compétentes puisque ces élites existent, et certaines regardent les trains passer. De son côté, N. Mandela est confirmé comme leader. Il est passé par chez nous, a appris ce qu’il fallait pour finalement avoir le sacre mérité chez lui. Un sacre universel à hauteur du personnage.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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