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Délire d’un vivant par Oualid Ammar

27 juillet 2010

Contributions

Un vieux cartésien pestait dernièrement contre une banalité algérienne : l’existence d’un réparateur de pneus au rez-de-chaussée d’une villa, dans un quartier résidentiel. Son vis-à-vis lui fit remarquer froidement qu’il existe, depuis la fin de la révolution socialiste algérienne – révolution dont les animateurs furent Abderezzak Bouhara, Salah Goudjil, Abderrahmane Belayat et Abdelkader Hadjar, pour ne citer que ces figures aujourd’hui «politiquement» actives – des salons de coiffure,

des multiservices ou des épiceries dans les garages de villas, un peu partout dans le pays.

Sans avoir à incriminer qui que ce soit, il ne faut pas sortir de «Saint-Cirque» pour constater que l’urbanisme résidentiel ou commercial n’a pas été une grande préoccupation des responsables concernés et installés à la rue des Quatre-Canons. La réalité parle d’elle-même.

Récemment, il a été question d’une police de l’urbanisme. Par où commencerait-elle, je vous le demande. Pour faire simple et respecter la quiétude publique, fût-elle relative, évoquons quelques instants un lieu de repos, de quiétude reconnue, de repos éternel, dit-on. Le cimetière.

Ah, mes aïeux ! Quelle pagaille ! Sur le ton de la dérision, Abdelkader Secteur raconte l’anecdote du chauffeur en belle bagnole qui le prend un jour en auto-stop et qui, à hauteur d’un cimetière, baisse complètement le son de sa hi-fi. Lorsque l’artiste lui demande pourquoi, c’est pour ne pas déranger les morts, lui dit-il, sérieusement.

Ah ! Si ces résidents de l’autre monde pouvaient parler ! Au plan urbanistique, c’est la catastrophe. Hormis le respect de l’orientation de la tombe vers la direction de La Mecque, le reste est anarchique, et n’ayons pas peur des mots : une insulte aux morts. Tombes en ruine, tombes collées les unes aux autres et tombes non identifiées font l’essentiel de ces paysages terrestres. Pas d’alignement, pas d’espace entre les sépultures, des tombes non identifiées : ça donne un bidonville mortuaire où l’on se bouscule les jours de fête religieuse. Aller vous recueillir dans de telles conditions ! Ne parlons pas des jours d’enterrement. Que de tombes piétinées ! Que de douleurs muettes !

Naturellement, il y a quelques exceptions. Exemple, le cimetière d’El-Alia. Encore que… En dehors du grand carré officiel, le désordre gagne du terrain. Le meilleur exemple est le moins apparent, le plus discret : c’est l’anonyme cimetière de la Deuxième Guerre mondiale à Dély Ibrahim. Tout y est clean, net, espacé, aligné et verdoyant. Tranquille. Un authentique lieu de repos éternel.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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