Le match d’hier, au «Green Point Stadium» de Cape Town avait de nombreuses particularités. Des similitudes bien moindres que les incertitudes. Algériens et Anglais savaient que la défaite leur est interdite. Les Verts scelleraient alors leur sort en cette phase finale du Mondial qu’ils redécouvrent vingt-quatre ans après Mexico.
De notre envoyé spécial, Mohamed Bouchama
Les British, grandissimes favoris au Graal, y laisseraient pour leur part une partie énorme de leurs chances de passer au second tour. Capital et décisif, donc, ce rendez-vous s’est joué sur le terrain et en dehors. Il y avait un avant, un pendant et un après Angleterre-Algérie. Le virtuel a plané sur le réel. C’est le parfait duel entre David et Goliath. La grande bataille de Green Point a commencé juste après le match Algérie-Slovénie, dimanche dernier à Polokwane. Hassan Yebda et Nadir, les deux British de l’EN d’Algérie, ainsi que plusieurs de leurs camarades de la sélection et l’entraîneur Saâdane, mettaient déjà le cap sur le rendez-vous d’hier. Les deux joueurs des «Pompey» disaient en fin de rencontre, conclue par une défaite, que la confrontation face aux Anglais sera une bataille de vie ou de mort. Le plus «blond» des Verts a même évoqué la «tenue» de l’équipe contre les Anglais : «Contre l’Angleterre, il faudrait qu’on soit des hommes», a-t-il notamment souligné. Belhadj faisant de son duel avec James et ses autres équipiers de Portsmouth une «affaire personnelle ». Jeudi soir, lors de l’entraînement final des deux sélections, l’atmosphère semblait encore plus pesante. Malgré quelques frictions en l’air balancées par les joueurs de la Three Lions, à l’exemple de Wayne Rooney qui signifiera que «ce sera le match du plus fort contre le plus faible du groupe», avant d’ajouter que son team «réalisera le score parfait», le calme était soit dit en passant «plat». Comme lors des deux conférences de presse des sélectionneurs anglais, l’Italien Fabio Capello, et algérien Rabah Saâdane. Deux entraîneurs mis sous pression suite aux résultats de la première journée. Pourtant, lors du rendez-vous de jeudi soir avec les médias, Capello et Saâdane ont montré des visages sereins, en tout cas moins tendus qu’ils ne l’étaient après les matches du week-end dernier. Chacun tentait de démontrer que son équipe est prête et que le vis-à-vis n’est pas l’équipe à dédaigner. «L’équipe algérienne est bonne. Elle a réalisé un excellent premier match et le résultat contre la Slovénie n’est pas objectif », assure le technicien transalpin. Informé de la flatteuse déclaration de Capello, le sélectionneur algérien a renvoyé la balle avec une politesse dégoulinante. «C’est quelqu’un de compétent et il sait de quoi il parle. Moi aussi je le respecte et je reste persuadé que l’Angleterre ira loin dans cette Coupe du monde», a précisé le coach des Verts.
La «bataille» des gardiens
Pourtant, durant leur dissertation les deux hommes ont joué les renards. Leurs lièvres avaient pour noms Fawzi Chaouchi et Robert Green, les deux numéros «1» de leur sélection respective. Ce sont aussi les deux boucs émissaires des matches de la première levée. Green a offert le nul aux Américains alors que Chaouchi a fait «mieux» en donnant les trois points aux Slovènes. En conférence de presse, les questions ciblaient spécialement ces deux «coupables» sur lesquels des incertitudes planaient. Chaouchi, touché au genou, a subi de nombreux contrôles depuis mardi où il s’était cogné le tibia en fin de séance. Le diagnostic n’était pas disponible sur-le-champ et des sources annonçaient même une «distorsion d’un ligament du genou gauche». Le Dr Chalabi et son équipe tentaient vaille que vaille de remettre sur pied le gardien de l’Entente sétifienne. Ce dernier s’est échauffé, puis est revenu sur la main courante pour annoncer qu’il ne pouvait pas marcher avant que le kiné ne lui conseille quelques mouvements pour jauger ses facultés à supporter la douleur. Un quart d’heure plus tard, Chaouchi s’éloigne du banc des remplaçants et rejoint le groupe. Le forfait envisagé depuis deux jours s’éloignait. «La seule incertitude, c’est le gardien de but», assurera Rabah Saâdane lors du point presse. L’entraîneur des Verts notera, par la suite, que le gardien en second est prêt à assurer l’intérim. «Mbolhi est averti depuis hier (mercredi, Ndlr) qu’il pourrait jouer» Le coach des Anglais n’a pas le même souci (physique) pour choisir qui garderait les bois contre l’Algérie. Capello qui avait déclaré à la fin de la rencontre de samedi dernier contre les Américains que «Green a toute ma confiance» semble avoir cédé à la pression des médias et des fans. «Je n’ai pas encore décidé, j’attends demain (vendredi). Je compose toujours mon équipe le jour même du match. Tout le monde peut faire une erreur : gardien, défenseur, milieu, attaquant… Et tous les joueurs qui font des erreurs méritent une deuxième chance. Je juge un joueur sur sa valeur, pas sur ses erreurs. Il faut aussi souligner qu’un des problèmes des gardiens dans cette Coupe du monde est le ballon, qui a un rebond plus haut que la normale», a-t-il affirmé. La bataille tactique, celle des coaches, a en somme déteint sur le duel algéro-anglais. L’arme des gardiens constituait une belle parade pour démonter la tension qui étouffait l’ambiance au sein des deux équipes. Angleterre-Algérie n’avait pas encore livré tous ses secrets.
M.B.
Enfin des navettes gratuites
Le Mondial sud-africain est une véritable ruine pour les bourses, des journalistes s’entend. Chaque déplacement, par taxi ou avion, coûte les yeux de la tête. Les prix ont été multipliés par trois en moyenne. Mais la bouffe habituellement abordable de prix, selon le témoignage des Algériens établis en Afrique du Sud, est hors de portée. La boisson Coca Cola offerte par la multinationale américaine (10 millions d’unités) est écoulée à 15 rands. Le comité local qui a tout mis en œuvre a opté pour une formule semi-payante pour ce qui est du transport entre les différents sites de compétitions, d’entraînements et d’hébergements de même pour les arrivées et départ de et à destination des aéroports. Chaque transfert coûte en moyenne 5 euros. Aussitôt alertés, les officiels de la Fifa ont pris langue avec le comité d’organisation que préside Danny Jordan. Les navettes seront dès lors décrétées «gratuites » au grand soulagement des centaines de journalistes ruinés par les taxieurs et les compagnies aériennes.
Le kit Fifa toujours introuvable
La gourmandise des organisateurs sud-africains n’a pas épargné les kits Fifa offerts aux journalistes et tous les invités de la Coupe du monde. Ce kit, offert par Adidas, l’autre partenaire de la Fifa, devait comprendre quelques souvenirs de la compétition mais aussi des guides et le programme de la compétition mais il n’a pas été remis plus d’une semaine après le début du Mondial. Les responsables médias se sont étonnés et ont promis de signaler cette anomalie à l’organisation locale.
Les Sud-Africains sont restés dignes
Malgré la gifle encaissée par leurs Bafana Bafana, étrillés par les impitoyables Uruguayens, les fans sud-africains sont restés dignes. Pas le moindre signe de colère. Juste des regrets qui en disent long sur leur attachement à la sélection de Parreira laquelle aura besoin d’un miracle pour passer au second tour.
La défaite française collectivement fêtée
Les Algériens mais aussi les Anglais et les Sud-Africains ont agréablement apprécié la déculottée des Tricolores devant El Tricolor du Mexique. Au centre de presse du stade de Cape Town les «ollé» se mêlent au «Holà» et tous avaient comme envie que l’orgueilleuse sélection de Domenech laisse des plumes. Dans les rues, pubs et restaurants du Cap, ville qui avait déjà reçu la visite de l’EDF lors du match contre l’Uruguay, la célébration était encore plus bruyante. Les Cocoricos ne sont désormais qu’à une bouchée des crocos.
M.B.
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/06/19/article.php?sid=101755&cid=47

































19 juin 2010
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