RSS

Hommage à Najia Abeer à la Bibliothèque nationale d’El-Hamma Douleur des gens, mal du siècle par Belkacem Rouache

17 juin 2010

Non classé

Le Jeune Indépendant, 17 novembre 2005

Un hommage a été rendu à l’écrivain Najia Abeer, avant-hier à la Bibliothèque nationale d’El-Hamma. Plusieurs personnalités du monde la culture et des arts ainsi que des représentants des éditions Barzakh, Apic et Marsa éditions étaient présents à cette rencontre.


Amine Zaoui, directeur de la Bibliothèque nationale d’El-Hamma et organisateur de ce rendez-vous culturel, a donné un aperçu général sur la vie et l’ouvre de cet écrivain décédé le 22 octobre 2005. Il a souligné que «Najia Abeer, écrivain de talent, a disparu avant d’achever ses ouvres.
La Bibliothèque nationale était un de ses lieux préférés, où elle animait des conférences à chaque parution de ses livres». Il a également souhaité que ses nouvelles et poèmes parus dans la presse soient publiés. La parole a été donnée, ensuite, à Fatiha Nesrine, écrivain et ancienne amie de la défunte avec laquelle elle a étudié à l’Ecole normale de Constantine.
C’est avec une grande nostalgie que cette normalienne parlait de son amie, notamment en lisant son dernier ouvrage, Bab El-Kantara. Une ouvre autobiographique qui lui rappelle son passage dans cette institution qui a formé d’excellents enseignants.
Elle a déclaré : «Comment rendre un hommage à l’amie, à cette artiste pluridisciplinaire, qui aimait la peinture et jouait au piano. C’était une battante, une bâtisseuse, une femme toujours en projet, se lançant des défis. Venue à l’écriture après sa retraite, elle était toujours en confrontation avec la souffrance.» Quant à l’écrivain et critique Rachid Mokhtari, il a fait une analyse critique élogieuse de ses ouvres, de sa trilogie.
«Elle fait partie de ces écrivains des années 2000 dont le travail de l’esthétique et de l’imaginaire l’emporte sur la thématique, comparativement aux écrivains des années 1990 qui ont plutôt accordé de l’importance au thème d’actualité. une écriture de l’urgence».
Rachid Mokhtari a comparé l’écriture de Najia Abeer à celle de Jules Vallès. Najia Abeer, de son vrai nom Benzegouta Najia, est née en 1948 à Constantine. Elle a fait des études universitaires aux Etats-Unis et enseigné l’anglais au Moyen-Orient et en Algérie.
Elle a publié trois romans : Constantine et les moineaux de la murette, paru aux éditions Barzakh, l’Albatros, à Marsa éditions et Bab El-Kantara qui vient de paraître aux éditions APIC. Même si elle est venue tard à l’écriture, Najia Abeer s’est efforcée de tout donner durant les quatre dernières années de sa vie, en redoublant d’efforts dans ses activités culturelles et, également, artistiques, car Najia Abeer était également peintre.
Dans l’Albatros, elle relate l’histoire de deux femmes qui se battent, chacune à sa manière, pour l’existence. Arrêts sur images, souvenirs d’amies présentes ou déjà envolées, une petite ville non loin d’Alger avec son air marin, ses hommes de la terre et de la mer, ses sites historiques et ses résidences secondaires qui retrouvent leurs propriétaires chaque été.
Dans la vie quotidienne, elle était de ces femmes battantes, révoltées ou tout simplement de celles qui ont le courage et la volonté de briser certains tabous. Elle rend aussi un hommage à son amie qu’elle surnomme, dans le roman, Bariza, qui a choisi le métier de pêcheur pour nourrir ses enfants, métier jusque-là uniquement pratiqué par la gente masculine.
Elle a décrit cette femme exemplaire qui a bravé vents et vagues, alors que les misogynes ont mis du temps à l’accepter, d’autant qu’elle était, de surcroît, belle. Il y a aussi Cherifa, celle qui acceptait n’importe quel travail pour nourrir ses huit enfants et son mari atteint d’une maladie chronique.
Les personnages ont vingt, trente ans ou plus ; alors on vieillit, on fuit, on abdique ou on pleure dans ce monde sauvage. Dans ses écrits, Najia Abeer développe l’éternel mal du siècle et joue avec habileté de son talent. Elle raconte la condition de la femme en Algérie avec des personnages qui luttent contre la dépression et la mort, mais qui ont aussi des coups de folie et des coups de cour.
Le professeur Max Véga-Ritter disait de son roman : «L’albatros est plus que le roman d’une femme. Il est celui d’une crise de société, intellectuelle, aussi bien spirituelle qu’existentielle au centre de laquelle non seulement le témoin mais aussi l’acteur principal est la femme, même si elle y apparaît réduite à la sphère privée.
Peut-être, justement, parce qu’elle y a été renvoyée par des forces contraires.» Dans Constantine et les moineaux de la murette, Najia Abeer plonge dans son passé vertigineux pour évoquer sa ville natale, Constantine, qui l’a bercée, mais aussi malmenée de tout l’amour qu’elle lui porte.
Dans ce récit, Najia Abeer invite le lecteur à un voyage à travers cette ville bâtie sur un rocher, agrémentée de ses ponts suspendus, de ses ruelles tortueuses, de ses souks aux odeurs pimentées et de ses murs dont chaque pierre garde un secret, une histoire lointaine.
Dans son dernier livre, Bab El-Kantara, Najia Abeer a tenu à rendre hommage aux enseignants de l’Ecole normale de Bab El-Kantara de Constantine, un livre où l’auteur évoque l’importance du mérite et le respect des valeurs humaines.
Najia Abeer était un écrivain de talent. Elle savait décrire la douleur des gens, le mal du siècle.

B. R.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...