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Bab El Kantara de Najia Abeer

17 juin 2010

1.Lu pour vous

Bab El Kantara de Najia Abeer (Éditions APIC, septembre 2005, 222 pages ISBN : 9961-769-16-3)
La chronique d’un temps révolu à la recherche de l’espoir

Couverture de Bal  El KantaraCe troisième roman de Najia Abeer, second de sa trilogie qui restera malheureusement inachevée, au-delà de la chronique d’une élève de l’École Normale de Constantine des années post libération nationale est encore un cri d’amour à la « Ville des Ponts » si chère à l’auteure. C’est aussi et toujours la quête d’un amour impalpable qui marquera à jamais la vie de la narratrice.
Dans le premier tome de la trilogie (Constantine et les moineaux de la murette 2003), nous avions quitté Joumana alors qu’elle abordait l’adolescence, dans un pays tout juste libéré du colonialisme. La recherche de Louise, la maman de Joumana,

était déjà une démarche douloureuse et désespérée. Elle se poursuit dans ce second tome et Joumana se livre un peu plus encore. Chaque description, chaque situation illustre la personnalité de la jeune normalienne.
Très habilement, l’auteure nous emmène presque banalement sur la vie quotidienne d’une institution très respectable qu’est l’École Normale. Tout y passe, depuis la majorité des professeurs qui sont des coopérants français jusqu’à la coexistence de deux bacs, l’un algérien, l’autre français, en passant par les premières générations d’arabophones qui marquent clairement l’indépendance de l’Algérie.
Le lecteur, porté par les aventures de Joumana et de ses compagnes, fait des incursions de plus en plus intimes dans sa vie familiale et suit le cheminement psychologique d’une jeune fille blessée par la vie, à la recherche d’une affection non exprimée. Cette intimité permet de comprendre comment s’est forgé le caractère de l’héroïne et on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec celui de la romancière.
Joumana, dans cet opus, s’affirme bien comme une citadine, issue d’une grande famille constantinoise qui fait sa fierté, malgré sa difficulté à la vivre et son incapacité à intégrer sa belle-mère dans le cercle familial. Elle développe ses relations à la fois complices avec son papa et toutes les ambiguïtés résultant de la difficulté pour ce dernier à maintenir les plateaux de la « balance » en équilibre : d’une part ses filles et de l’autre Samra, sa seconde femme et cousine, et la petite dernière.
C’est au travers de tous ces méandres que Joumana/Najia se construit, s’affirme et se dirige tout droit vers la capitale algérienne pour devenir le professeur issu de l’École Normale Supérieure, haut du pavé de l’enseignement, libre de ses actes, loin du cocon familial où elle étouffait.

Ce récit est rendu très vivant par les nombreux dialogues qui rythment les pages. L’identification est telle que nombre d’expressions sont celles de la Najia Abeer des dernières années, comme des indices nous permettant de mieux la connaître, après sa disparition récente.
Ce deuxième tome de la trilogie, se lit à plusieurs niveaux. Les intimes, ceux qui ont côtoyé de près la narratrice, la comprendront mieux, après lecture. Les autres retiendront plus un témoignage unique des premiers pas des enseignants algériens formés dans la foulée de l’Indépendance. Reste aussi pour tous un nouveau cri d’amour pour le « Vieux-Rocher » qui veut se conjuguer avec l’espoir dans l’avenir d’une Joumana/Najia rebelle et moderne qui veut trouver la quiétude dans son univers familial.

Merci Najia, pour tes écrits qui nous manquent déjà, car tu avais tellement à dire encore…

Yahia

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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