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Actualités : MENSONGES ET CALOMNIES D’UN TORTIONNAIRE DEVENU GÉNÉRAL DE L’ARMÉE FRANÇAISE Vérités sur l’arrestation de Larbi Ben M’hidi (II)

17 juin 2010

Histoire

Nous publions la deuxième partie des bonnes feuilles de Mensonges et calomnies d’un tortionnaire devenu général de l’armée française de notre confrère d’El Moudjahid Mouloud Benmohamed, qui évoque les circonstances de l’arrestation du martyr Larbi Ben M’hidi d’après plusieurs récits et témoignages.


L’auteur a rencontré l’ex-lieutenant-colonel Marcel Bigeard, chef du 3e régiment de parachutistes coloniaux et ex-directeur de l’école contre-guérilla de l’ex-Philippeville (Skikda), qui soutient n’avoir jamais torturé en Algérie malgré les déclarations de son ex-chef le général Massu (décédé) et les témoignages de nombreux militants rescapés. Ni regrets ni remords, Bigeard se fait le défenseur des pieds-noirs, use et abuse d’un sentimentalisme béat. Son livre Crier ma vérité est un soutien de plus à son acolyte de général Maurice Schmitt qui, d’après de nombreux témoignages, a dirigé les tortures à l’ex-école Sarrouy (Casbah). Dans cet entretien réalisé en 2002, toujours d’actualité, Bigeard se dérobe à chaque fois sur les questions relatives à l’histoire et va jusqu’à affirmer toute honte bue, sans scrupules, que “l’on ne meurt pas de la gégène”. Avec l’aimable autorisation des éditions Afic et de notre confrère nous proposons cet entretien à la lecture.

GENERAL MARCEL BIGEARD (CHEF DU 3e RPC EN ALGERIE 1955-1960)

Ni regrets, ni remords

L’effet rétroviseur. Au ralenti. Je revois Bigeard au quartier de ma naissance, à la Scala en montant vers El Biar. Comme si c’était hier : mon grand-père qui me tire par la main pour vite traverser la route afin de ne pas marcher sur le même trottoir que le chef du 3e régiment de parachutistes coloniaux. Même qu’à l’époque gare à celui qui osait rôder près de la villa-restaurant de Madame Venys située à quelques mètres de l’ex-terrain de jeu de boules sur lequel, après l’indépendance, la belle mosquée de la Scala qui domine majestueusement une partie de la baie d’Alger. A trois reprises, la cellule FLN locale dirigée par Rachid Akrour sous les ordres de Lyès Henni, chef militaire d’une des zones de la Zone autonome d’Alger et secondé par les frères martyrs Mizir a failli “avoir” Bigeard (qui me confiera lui-même qu’il ignorait jusqu’à notre rencontre l’opération montée contre lui…). Lorsque ce dernier sortait de sa résidence sise en plein virage de la Scala (aujourd’hui c’est la demeure des Yalaoui) pour rejoindre un de ses PC (c’est là qu’ont été détenus les Larbi Ben- M’hidi, Abdelmadjid Bentchicou, Omar Sifaoui, Brahim Chergui…), situé en face de l’école de filles de Fort-l’empereur, plus bas de la station d’essence, près de la demeure des Aïd, donc lorsque Bigeard empruntait les quelque 500 mètres qui le séparaient de son plus fameux PC, tous les militaires de son régiment attablés au “Casablanca” s’empressaient pour rendre ostensiblement le salut militaire […], Là, dans cette villa, le lieutenant-colonel Marcel Bigeard, recevait chaque jour ses officiers et chefs de compagnie pour “faire le point en matière de renseignements”. Le lieutenant Allaire (qui a procédé personnellement à l’arrestation de Larbi Ben-M’hidi), les lieutenants Schmitt, Fleutiot, terribles tortionnaires, les capitaines Chabannes et Léger, et autres tristement célèbres Jean Luc de la Bourdanay y concoctaient leur plan de démantèlement de la ZAA, y confrontaient de jour et de nuit les renseignements acquis à coups de gégène et d’électricité, y recevaient les plus hautes autorités civiles et militaires de la France coloniale. Un lieu historique qu’on aurait dû préserver en musée pour que les futures générations sachent ce qu’a été la guerre d’Algérie à Alger. Hélas, on piétine la mémoire, l’engagement, le sacrifice des artisans de l’indépendance, on piétine dans l’indifférence. Evident que les Ben-M’hidi dérangent même par leur mort. Les lieux aujourd’hui sont transformés en locaux commerciaux (!). Derrière un arbre, près de l’arrêt de bus, une modeste stèle, anonyme pour le passager, évoque la détention de notre héros national, Larbi Ben-M’hidi, qui avait été détenu dès le 23 février 1957. “Dans l’anonymat total”, me dira plus tard, l’exparachutiste Raymond Cloarec qui cherchera l’apaisement en acceptant de m’accorder une interview dans laquelle il se confesse en révélant avoir “tué 73 Algériens” (lire interview en annexes). Je parcours quelques pages de ce Crier ma vérité, le dernier ouvrage de Bigeard dont la maison d’édition parisienne m’a filé les coordonnées téléphoniques. – D’accord. Je vous reçois. Mardi à partir de 10 heures. Je vous invite à ma table. Oui, oui, on discutera de tout ce que vous voulez… me répondait, trois jours auparavant, Bigeard, “le militaire le plus décoré de France”. La gêne m’habite. Déjeuner à la table d’un tortionnaire qui n’a jamais eu le courage de reconnaître les tortures qu’il a ordonnées, dirigées ou approuvées. “J’ai vu Bigeard torturer”, avait déclaré, le général Massu, commandant de la 10e Division de parachutistes. “A son âge, Massu ne savait plus ce qu’il disait. Un journaliste habile pouvait tout lui faire dire…”, rétorquera tout à l’heure Bigeard en guerre, cette fois, contre les journalistes, les communistes et le président Chirac. Avec une forme éblouissante (“footing tous les matins”) malgré son âge personne ne peut s’avancer à soutenir qu’il est atteint de sénilité. Embarrassé aussi parce que je ne sais plus comment lui dire : Monsieur Bigeard ? C’est plus simple. Mon général ? Impossible d’être neutre face au chef du 3e RPC. Régiment qui a pratiqué systématiquement la torture à Alger. Il en était le commandant donc il ne pouvait pas ignorer. Les rescapés sont formels. Des dizaines de ses victimes apportent des témoignages précis, sans fioritures, avec des détails forts embarrassants. “Quant à Bigeard, j’ai pu observer, comme jeune officier des sections administratives spéciales — SAS — sur le territoire même du Sud oranais où il a sévi, combien ses méthodes brutales et inutiles avaient fait école”, confiait le père Alain Maillard de la Morandais ( Le Monde du 24 juin 2002). Impossible de donner du “Mon général” à celui qui tente de masquer son passé par de belles phrases à l’égard de Larbi Ben-M’hidi dont il souhaite rendre hommage à Alger ; à ce général qui n’a pas le courage de regarder son passé, qui n’ose pas reconnaître la torture généralisée sous son commandement et qui avoue avoir obéi au doigt et à l’œil au pouvoir politique … Douloureux dilemme pour celui qui a été résistant pour son pays, et qui deviendra tortionnaire, de résistants algériens. Plus grave même : “J’ai fait disparaître des résistants morts sous les tortures à l’école Sarrouy”, révélera plus tard Raymond Cloarec (lire interview en annexes) Bigeard ne pouvait pas ne pas savoir. Aujourd’hui encore, celui qui a été secrétaire d’Etat à la défense sous le règne du président Valery Giscard d’Estaing fait dans la dissimulation et cultive le mensonge… D’ailleurs, il le prouvera lorsqu’il prendra fait et cause pour son poulain de Maurice Schmitt qui le devancera au seul titre que Bigeard n’a pas eu : chef d’étatmajor des armées françaises. Cloarec n’aura pas tort en me soulignant que “ces gens-là l’esprit de corps l’emporte toujours” […]. — Je ne pourrais pas vous envoyer mon aide de camp pour vous chercher. Prenez le premier taxi et demandez qu’on vous amène chez moi. Tout le monde connaît ma maison, m’indique Bigeard avec un ton qui invite à l’amitié. Arrivée à la gare de Toul en ce 1er octobre 2002. Quelques voyageurs descendent. Toul est un petit village du centre-ouest de France. Il est situé près de Nancy, la première grande ville. Au bout du couloir de sortie, un militaire qui dévisage les passagers. Je ne crois pas un instant qu’il est là pour moi. Nous nous fixons du regard puis il m’aborde : “Pardon. Venez-vous pour rencontrer le général Bigeard ?” Interloqué, j’hésite un instant avant de lui répondre non sans préciser que son général m’avait souligné que personne ne viendrait m’attendre. “J’ai préféré différer ma permission de quelques heures. C’est à sa demande. On y va…” Moins de deux minutes j’arrive chez l’ex-chef du 3e RPC qui a à son actif des milliers de victimes algériennes, des torturés, des disparus, des blessés, de tout âge, des deux sexes. Ah si Hachemi Hamoud, Ourida Meddad, Berrekia, et autres victimes pouvaient raconter leurs supplices ! Il n’est pas seul. Une brochette de militaires de réserve, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas vraiment en retraite puisque l’armée a toujours besoin d’eux. Elle peut leur faire appel n’importe quand. N’a-t-on pas su qu’Aussaresses — commandant “O” durant la “bataille d’Alger” — est allé enseigner, il n’y a pas si longtemps, le contre-terrorisme aux militaires US. Une dizaine d’ex-paras. Bigeard me les présente. Impossible de retenir leurs noms. Ni sourire ni moue. Je sens qu’ils se maîtrisent à cause de Bigeard — leur chef de toujours — qui a certainement donné le mot. Chez ces gens-là, la haine est éternelle. Pour preuve, les déclarations du général Schmitt au cours de ses deux procès. Ils se retirent. Gaby, l’épouse de Marcel Bigeard, apporte des boissons. Le sourire toujours accroché à ses lèvres surtout lorsqu’elle évoque Alger et “la rue Michelet où nous allions prendre souvent le thé”… […] Bigeard m’invite à visiter sa demeure. Très rustique. Très simple aussi. “Je n’ai jamais été un bourgeois. C’est la maison de mon père. J’y ai vécu très simplement et je me suis habitué aux choses simples de la vie. Cela m’a permis de résister à la détention au Viet-Nam…” Bigeard est très volubile sauf sur les choses essentielles ; alors il adopte l’attitude de l’hérisson qui se recroqueville et “s’hérisse”. D’abord, le rez-de-chaussée, et la cave où sont soigneusement déposés des dizaines d’ouvrages. Tous de sa plume. S’il est le militaire le plus décoré de France, il est certainement aussi le plus prolifique. Treize livres écrits ! Sans rien lui demander il m’en offrira deux : Crier ma vérité avec dédicace et De la brousse à la jungle, la brousse étant la guerre au Viet-Nam avant celle d’Algérie, et la jungle son passage dans le champ politique lorsqu’il avait assumé les charges de secrétaire d’Etat à la défense […]. Un seul portrait dans son bureau où je réalise l’interview. Celui du sergentchef Sentenac, mort le 21 novembre 1957, sur l’erg occidental près de Timimoun. Lorsque Bigeard l’évoquera, cela sera son unique moment d’émotion. Des larmes qui ruisseleront le long des sillons de son visage. Gaby viendra à la rescousse. Alors, il se ressaisira en faisant l’éloge de celui qui sera abattu par une katiba de l’ALN : “C’était un grand soldat. Il s’était évadé du camp de Dien Bien Phu où il était prisonnier. Seul, durant deux mois, il a traversé des montagnes. Il avait mangé du rat pour survivre… Il a fait la guerre d’Algérie. Plusieurs fois blessé, plusieurs fois décoré, plusieurs fois cité. Des médailles. Il est mort près de Timimoun… J’étais dans mon hélicoptère, je suis descendu pour le secourir. C’était trop tard. Une guerre qui n’a servi à rien.” Si. Elle a servi à libérer l’Algérie lui répondais-je. Un long regard… Bigeard met sa carapace. A partir de cet instant, je décide de ne plus l’interrompre, de ne pas le contredire. D’ailleurs, c’est une interview et non un entretien. Il faut le laisser parler, le lecteur jugera. Ses hésitations, ses silences, ses retranchements, ses vives réactions que son air jovial n’arrive pas à combler sont l’expression d’un refus, celui de dire la vérité. Bruno — son pseudonyme de guerre — est demeuré Bruno. Au service de sa patrie la France. Cette fois et comme toujours pour la couvrir. La France coloniale, ce n’est pas demain que le général Bigeard empruntera le discours de la vérité. Défendre le colonialisme, justifier ses exactions, ses méfaits, ses horreurs, c’est son credo. Pour preuve, le canon de Madagascar qui orne son jardin. Il acceptera que je le prenne en photo juste à côté. Comme s’il voulait dire qu’il reste l’un des défenseurs de la mémoire coloniale. “Pour être fidèle à la France”, se justifiera-t-il. Nous entrons dans son antre — son bureau — que déjà il parle d’Algérie. Alors actuellement le bilan en Algérie … L’islamisme, l’insécurité. Des gens qui meurent d’une façon violente. Pays merveilleux que j’aime. Si c’était tranquille, j’aurais essayé de louer un petit truc làbas, voyez-vous ce que je veux dire… Bon. Nous, ce n’est pas brillant non plus. Il n’y a plus de valeurs. On ne respecte plus les parents, on ne respecte plus l’enseignement voyez-vous. Tout est à reprendre. Nous avons des politiques pour lesquels seul compte leur carrière. Voyez-vous ce que je veux dire ? La France passe après… De Gaulle, c’était un politique mais c’était d’abord la France avant sa carrière. Il est resté à deux étoiles, il est mort à Colombey-lesdeux- Eglises en jouant beaucoup aux cartes. De Gaulle n’a profité de rien. Moi je n’ai pas un samedi, je n’ai pas un dimanche, je n’a pas un jour de vacances. Voilà le courrier d’hier [NDA : il me montre une vingtaine de lettres de différents formats envoyées de différents départements français] je n’arrête jamais. Sans compter les visites, je suis complètement crevé. J’espère crever debout… [NDA il se lève pour prendre du dessus d’un meuble quelques chemises cartonnées et il lit :] Louisette Ighilahriz [puis il met le dossier à part avant de poursuivre :] Marcel Bigeard : né le 14 février 1916 à Toul… [NDA ; il lit son curriculum vitae de sa propre initiative]… octobre 1938 : caporal de réserve… 1939 : sergent […] vingt-cinq citations. Une dizaine de décorations étrangères… [NDA : la lecture n’est d’aucune utilité pour moi. Pourquoi se conduit-il ainsi ? Je ne peux même plus placer une question. Veut-il m’impressionner ? Tente-t-il de me décourager à lui poser des questions embarrassantes ?] Dix ans d’Indochine, six ans d’Algérie… Treize livres. Il faut faire tout cela. [NDA : il prend deux de ses ouvrages, me demande d’épeler mes nom et prénom et écrit une dédicace à haute voix : ] un vrai, du solide dont je suis et serai fier [NDA : Bigeard fier de moi ?!!! Je viens à peine de le connaître ! Que veut-il exactement ? Il me demande mes coordonnées à Alger puis il me questionne : ] Quelle est l’ambiance à Alger ? Il y a une amélioration de la situation… Cela commence à se calmer… Grâce à l’armée, [NDA : il s’arrête d’écrire la dédicace, lève sa tête et me fixe quelques instants… Il revient à ses livres :] Dans ces livres je parle de l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui. Je reprends les attaques contre moi… Il y a Ben M’hidi d’avant, il y a Ben M’hidi d’aujourd’hui… Il y a l’islamisme, la violence, l’éducation. [NDA : De quoi se mêle-t-il ? Je préfère ne pas l’interrompre]… Où va la France ? Il faut œuvrer pour rapprocher les deux pays. Raconter des salades sur Pierre et Paul, c’est du temps perdu… [NDA : long silence le temps qu’il lit le titre d’un autre de ses ouvrages : ] De la brousse à la jungle ; la brousse, c’est la guerre ; la jungle, c’est le monde politique. J’ai eu la chance d’être ministre, d’être 10 ans député … C’est un milieu que je connais bien… C’est pareil chez vous… Dans l’armée on se fait tuer… Ceux qui se sont battus dans les maquis, il n’y en a pas un qui a eu le pouvoir. Ils sont éliminés. Bon. C’est toujours ainsi, la guerre profite aux hommes qui ne l’ont pas fait. Je lis la presse algérienne qui écrit qu’il y a des dizaines de milliers de faux moudjahidine. Chez nous, il y a de faux-résistants […] NDA : Bigeard tente de détourner l’objet de l’entretien] Ça c’est ma carrière. Ce n’est pas du bidon. [NDA : il lit une lettre qu’il a adressée à De Gaulle en 1959. Trop long… Je suis obligé de l’interrompre. J’entame l’entretien [NDA : lire annexe 5] Bigeard versera tantôt dans le sentimentalisme, tantôt dans la critique des dirigeants algériens. Le sentimentalisme pour m’amadouer, comme pour m’inciter à ne pas l’indisposer par des questions gênantes. La critique comme pour dire que le colonialisme, les pieds-noirs étaient une bonne chose pour l’Algérie. Démarche analogue à celle des députés français qui ont le 23 février 2005, approuvé des deux mains que le colonialisme avait permis la civilisation de l’Algérie entre autres. Il s’agit plutôt de syphilisation… Tout au long de l’entretien, s’il n’est pas vulgaire dans ses propos, il n’exprime aucun regret, aucun remord. “Je n’ai pas torturé”, allègre-t-il. “La gégène, on n’en meurt pas”, argue-t-il sans aucun scrupule. Il se déclare “ami de Larbi Ben M’hidi” mais il continue à torturer ses fils et petits-fils en adoptant les contrevérités et les mensonges pour sa défense […]. (A suivre)

Le témoignage de Brahim Chergui

* Une première question : Que pensez- vous de la guerre d’Algérie ?

Je l’ai écrit dans tous mes ouvrages. 

Ce n’est pas tout le monde qui les a lus. Puis peut-être que votre point de vue a changé…

Non, non ce n’est pas la peine de revenir là-dessus, c’est écrit dans tous mes livres… Je pense qu’un militaire exécute, le militaire va là où on se bat. Cela ne l’empêche pas de penser. J’estime qu’on avait donné l’indépendance au Maroc et à la Tunisie après avoir été mis à la porte en Indochine. Ce n’était pas de ma faute mais nous avons abandonné l’Indochine pour laquelle j’avais consacré 10 ans. Alors que faisions-nous en Algérie ? Il fallait faire quelque chose. Je l’ai déjà dit : il fallait progressivement foutre le camp. (NDA : Ce sont les propos exacts de Bigeard sans correction ou altération) en leur donnant le pouvoir. (NDA : Bigeard parle des Algériens). D’un autre côté, il ne fallait pas aller trop vite. Voyez ce que cela a donné. Ce n’est pas brillant aujourd’hui l’Algérie. (NDA : tiens tiens. Bigeard devient le défenseur des Algériens !!!). Pourtant, il y a quarante ans que la guerre est terminée. Nous aurions pu former des cadres, les mettre en place puis foutre le camp. Cela aurait été parfait. Les piedsnoirs ont fait ce pays quand même. Il y en a qui l’aiment. Il ne fallait pas aller trop vite. On pouvait garder les pieds-noirs qui avaient une valeur, qui avaient fait beaucoup …

Mais les pieds-noirs ont choisi de partir d’Algérie.

Non. Ils se faisaient trucider les uns après les autres (NDA : Contrevérité. Mais il est préférable de ne pas le contredire pour le laisser s’exprimer sans retenue). Je crois que cela s’est fait en dépit du bon sens. Des hommes politiques qui ne pensaient pas, des militaires qui exécutaient des ordres sans savoir où ils allaient. Cela ne m’empêchait pas de dire ce que je pensais. C’est pour cela que De Gaule est venu me voir le premier. Il a abandonné l’Algérie. C’était dur pour lui parce qu’il avait dit “Algérie française”. De Gaule a été pris au dépourvu. Ce n’était pas facile pour lui… Il faut reconnaître que si cela avait été autrement, cela serait mieux en Algérie.

Vous ne répondez pas à ma question qui se rapporte à la guerre d’Algérie ?

C’est une guerre comme toutes les guerres. De la guerre de 1914-18, de la guerre de 1939-45, de la guerre d’Indochine. C’était une guerre où le militaire y allait.

En 1939-45, vous étiez dans une guerre pour libérer la France. Mais en Algérie, vous étiez à l’autre bord, vous défendiez la France autrement.

C’était l’Algérie française. De Gaule l’avait dit. Tout le monde le criait. L’Algérie faisait partie de la France. J’y défendais la France. Mais quelques années après je disais qu’il fallait traiter avec les musulmans et les mettre en place. Écoutez, je ne supporte plus les palabres. Cela dure depuis 42 ans. Il faut aller de l’avant. La France est dans la m… parce qu’il n’y a plus d’autorité. Et vous, vous êtes dans la super m… aussi. J’ai des photos d’Alger. ce n’est pas brillant… Tous les jours des gens qui se font couper à coups de hache, des familles décimées. Il ne faut pas raconter des trucs…

Vous venez de publier votre ouvrage “Crier ma vérité”, dans …

Je n’ai pas fini de crier ma vérité. Jusqu’à mon dernier souffle. Je me souviens de tous ceux qui sont morts sans rien demander, qui sont morts pour rien. Je défends tous ces gens. Il faut mourir en étant conscient avec sa conscience. Je plains ceux qui ont fait des vacheries parce qu’au moment de leur mort, ils vont se poser des questions. Mais moi je partirai tranquille. Si je crève demain … Je ne veux pas aller trop loin pour ne pas être sur une poucette. De Gaule est mort à 80 ans, Miterrand aussi, ils ont eu beaucoup de veine de ne pas aller plus loin. Imaginez De Gaule qu’on pousse sur une petite charrette ! Non. Moi j’ai déjà 6 ans de trop. J’ai 86 ans… Valait mieux partir à 80 ans. Moi je pars tranquille. Demain. Tout de suite. Je n’ai pas de problème. 

Et votre conscience ?

La conscience c’est ce qui compte. J’ai vécu pour mes types, l’amour de la patrie. Je n’ai profité de rien. J’ai vécu jusqu’à 20 ans dans une petite baraque de mon père, avec les WC au fond du jardin. Il faut voir ce que j’ai connu. Cela m’a permis en captivité chez les Viets de dominer le problème (…) 8000 morts sur 11000 militaires en 4 mois en Indochine et moi …

Vous dites “partir tranquille”. Et les tortures en Algérie. De nombreuses personnes vous accusent.

Non. Non. Non. Pas en France, c’est fini. Ils ont compris.

Si. Massu, Aussaresses, des rescapés algériens.

Non. Non. Ne revenez pas sur la torture. C’est un mot qui me fait mal. Cela ne veut plus rien dire de parler de cela. La torture, c’était de l’autre côté bien plus que chez nous. J’ai vu 20 appelés tombés dans une embuscade, leurs corps mutilés. J’ai vu … j’ai vu… Non. Non. Ne parlez pas de cela parce que c’est beaucoup plus grave de l’autre côté… Mieux vaut ne pas en parler. Moi, j’ai fait un travail propre en disant à mes hommes “soyez honnêtes. Soyez humains. Interrogez les vrais coupables”. A un moment, il fallait trouver les bombes. Ce n’est pas moi qui l’ai demandé. C’est le pouvoir qui nous a demandé qu’il fallait trouver les bombes. J’en ai trouvé 87. Ben M’hidi avait dit que la bataille d’Alger allait être le Dien Bien Phu de l’armée française. Si on n’avait pas trouvé ces bombes, tout aurait sauté. Autant d’Algériens que de Français.

C’est Ben M’hidi qui vous a affirmé cela ?

Oui. J’ai eu de longues conversations avec lui. Il était devenu un ami.

Justement Monsieur Bigeard…

Non. Je ne veux rentrer là-dedans. Cela ne m’intéresse pas que vous me parliez de la torture. Moi je veux parler de la France et de l’Algérie. (NDA : Il est évident qu’il est disposé à interrompre l’entretien). Vous évoquez Ben M’hidi. Dans quelles circonstances a-t-il été arrêté ? C’est dans tous mes ouvrages. Nous avions un renseignement selon lequel un responsable FLN était réfugié dans un appartement. En fait, nous nous sommes retrouvés en face de Ben M’hidi. Les militaires étaient surpris. Ils m’amènent Ben M’hidi. Il avait les mains menottées, la corde autour de ses pieds. J’ai vu la gueule du gars qui était pour me plaire. Je lui ai dit que j’étais disposé à lui enlever les menottes et la corde à condition qu’il me donne sa parole de ne pas s’évader. Je lui ai promis qu’il serait libre dans mon PC … Ben M’hidi m’a répondu que si jamais je faisais cela, il s’évaderait par la fenêtre. C’était un sacré type. Tous les jours nous discutions de l’Algérie nouvelle. Je lui disais qu’il ne fallait pas aller trop vite, que les pieds-noirs avaient construit vos villes, que vous n’étiez pas capables de faire autant. C’est vrai les pieds-noirs avaient bossé. Il m’écoutait (…). Je regrette qu’il ne soit pas vivant. Au bout d’un certain temps, le commandement disait “Bigeard devient fellagha”. Je devais passer Ben M’hidi au commandement 24h ou 48 heures après. Je l’ai gardé 15 jours. Aussaresses est venu le prendre. C’était l’homme chargé des basses œuvres. Je ne pensais jamais que cela serait ainsi. D’après ce que j’ai su après, Aussaresses l’a pendu dans une ferme puis après il l’a remis dans sa cellule comme s’il s’y était pendu. C’est écrit par Aussaresses dans son livre.. Aussaresses a fait beaucoup de tort. Il était chargé des basses œuvres. Il en fallait peut-être mais il fallait des types spéciaux. Vous ne pourriez pas tirer sur un type sans arme. Moi non plus. Tandis que Aussaresses, c’est autre chose. Quelqu’un lui demandait si lorsqu’il devait tuer douze gars, il leur tirait par derrière, Aussaresses répondait : “Non. Je leur tire de face”… Quand on fait un tel boulot, on ferme sa g… Ben M’hidi et moi nous nous voyions souvent au PC. De part et d’autre, il y avait beaucoup d’estime. Je vous assure que je voudrais que Ben M’hidi soit là… Cela changerait tout.

Est-ce que Ben M’hidi a été torturé ?

Par nous, absolument pas. A mon PC personne ne l’a touché.

Et dans d’autres lieux ?

Tant qu’il a été à mon PC, il n’a pas été touché… J’ai reçu l’ordre de le passer au commandement.

Qui vous a donné l’ordre ?

C’était la Division. Ils m’ont dit “Bigeard que faites-vous avec Ben M’hidi. Vous devenez fellagha ou quoi. On va le prendre à telle date”.

C’était Massu qui vous avait donné l’ordre ?

Il y avait Godard, il y avait un tas de colonels qui étaient autour de Massu. Ils s’inquiétaient vraiment. J’étais en plus jalousé.

Pourquoi jalousé ?

Parce que Bigeard gagnait toujours. J’ai trouvé Ben M’hidi, j’ai trouvé les bombes ; au djebel, le foutais 100 FLN en l’air alors que j’avais un seul blessé parmi mes gars. Pour…

Ben M’hidi a-t-il été torturé après qu’il ait été pris de votre PC ?

Je n’en sais rien. Je n’en sais rien. ce que j’ai su est écrit dans le livre d’Aussaresses. pas plus.

Dans votre ouvrage vous affirmez qu’un peloton lui a rendu les honneurs au moment où il quittait votre PC de la Scala ?

Oui, vous pouvez voir Allaire. Il vous en parlera mieux que moi.

Je n’ai pas ses coordonnées. Pourriez-vous… ?

D’accord, mais je ne veux pas rentrer là-dedans. Ce n’est pas cela qui m’intéresse. Je veux faire une Algérie et une France qui se tiennent la main dans la main (Nda : Bigeard lève le ton. Il s’offusque, s’emporte et lance : “Je ne veux plus entendre parler de tortures parce que moi je n’ai torturé personne.

Mais nous parlons de Ben M’hidi…

Il y avait le contact entre nous. Je vous dis ceci : “Si je rassemblais les vrais fellagas qui se sont battus contre moi, ils me porteraient en triomphe. Moi, je les respectais, dans mes comptes-rendus, j’écrivais qu’ils s’étaient bien battus. Si j’avais pu leur donner une décoration, je l’aurais fait. Vous ne pouvez pas comprendre cela parce que vous étiez jeune pour faire la guerre. C’est tant mieux pour vous. Plus les fellagas au maquis se battaient, plus je disais bravo. Je n’aurais jamais été Bigeard si j’avais été autre chose que cela.

Ne pensez-vous pas que Ben M’hidi a été assassiné parce qu’il était un irréductible, un pur dont il fallait se débarrasser car il n’acceptait pas de marchander l’indépendance et ‘l’avenir de l’Algérie ?

Il savait ce qu’il voulait. Il voulait l’indépendance de l’Algérie pour laquelle il se battait. Il en est mort d’ailleurs. Pour lui, c’était net ; une Algérie algérienne.

Vous disiez tout à l’heure que vous avez l’esprit tranquille. Si vous deviez témoigner face à l’Histoire que diriez vous ?

J’ai été un commandant sorti des rangs. J’ai été sergent, sergent-chef, adjudant, adjudant-chef, sous-lieutenant, lieutenant,… le plus décoré de France. J’exécutais les ordres, j’étais fier de mes hommes. je gagnais car un militaire est fait pour gagner. Et Bigeard gagnait en Algérie. Demandez-le au FLN… Tout le monde ne gagnait pas en Algérie contre le FLN. Il y a des Français qui ont pris de belles branlées.

Récemment, Massu déclarait qu’il vous avait vu torturer…

Ne revenez pas là-dessus, je vous dis, tout cela est faux. Massu m’a téléphoné l’autre jour en me disant : “Bigeard, je vous ai aimé dès que je vous ai vu en 1942 à Meucon”. A 94 ans, Massu a perdu complètement les pédales. Un journaliste habile lui fait dire ce qu’il veut. Mais pas avec Bigeard ; vous ne me ferez pas dire ce que je ne veux pas dire… Parlons du rapprochement c’est mieux.

Comment voyez-vous ce rapprochement ?

42 ans après, je ne dis pas que l’on a besoin l’un de l’autre. Mais ils ont plus besoin de nous que l’on a besoin d’eux. Il n’y a qu’à voir tous les Algériens qui viennent en France. L’Algérie est un pays où il y a beaucoup de chômage, il y en a aussi chez nous. C’est un pays où l’on ne mange pas à sa faim. C’est un pays qui périclite au lieu de progresser. L’Algérie a besoin d’aide. Bon sang, la France ne peut plus rien faire en Algérie. La France, il faut d’abord qu’elle se refasse. Ceci étant, si on avait des frères algériens, ce serait beaucoup mieux que des ennemis (…)

Comment avez-vous procédé pour démanteler la ZAA ?

Lorsqu’on m’a demandé cela, j’ai répondu que j’étais pas flic. Les djebels, les bandes, la nature, d’accord mais là, ce n’était pas notre boulot. Mais c’était un ordre… Bon, on démarre avec un colleur d’affiche auquel on demande qui est son chef. Cela était dur. Il fallait trouver les bombes. Lorsqu’on était sûr que celui-ci savait où les bombes étaient, alors il fallait l’interroger. On ne lui coupait pas les oreilles, on le lui crevait pas un œil (Nda : évidemment pour ne pas laisser de traces, Bigeard et ses tortionnaires préféraient que le supplice meurt sous les tortures comme le confirme Raymond Cloarec. C’était le cas pour des centaines de suspects…), on ne lui coupait pas une jambe. On l’interrogeait sérieusement. Il y a eu ce qu’on appelle la gégène, on n’en meurt pas (Nda : comme on le constate il était utile de ne pas interrompre Bigeard égal à lui-même). Massu se l’est essayé sur luimême. Moi non. Mais jamais un type n’ a été tué chez moi (Nda !!!). Il y a eu des interrogatoires sérieux qui ont pu éviter des quantités de morts chez nous comme chez vous… Avec 87 bombes, on pouvait foutre une ville en l’air.

En page 74 de votre ouvrage, vous soutenez qu’“il faut tout faire pour savoir où elles doivent exploser”… Que voulait dire “tout faire” ?

Tout faire, cela signifie des interrogatoires sérieux… Vous revenez là-dessus encore…. Vous m’emm… Non, non. Je dis interrogatoires poussés, mais ce n’est pas comme le FLN qui ouvrait les ventres… Ce n’était pas cela… Il fallait amener psychologiquement le type à parlez (Nda : !!!), moi, je n’ai jamais vu appliquer la gégène mais cela s’est fait. Mais pas sur n’importe qui, c’était sur l’homme qui savait. (Nda !!!) (…) J’avais des capitaines qui n’étaient pas des c…, ils ont tous fini généraux d’ailleurs c’était des humains, nous n’avions qu’un désir : que cette bataille d’Alger finisse et qu’on reparte dans les djebels. Nous préférions les djebels que de jouer aux héros à Alger (….)

Vous donnez une très belle image de l’armée française coloniale. Pourtant elle a été condamnée même par des Français…

Cela les emm… d’avoir un Bigeard vivant. Cela emm… la gauche comme la droite. Bigeard dit sa vérité. Je ne leur fais pas de cadeau… C’est le monde de la politique différent du notre. Ils ne se sont pas attaqués à nous, mais ils ne nous ont pas défendus.

Vous et les autres devenus généraux, êtes accusés de tortures systématiques. Pourquoi le pouvoir politique français n’a pas réagi ?

Le président de la République est le chef des armées. Il a même fait la guerre d’Algérie comme sous-lieutenant. Si au début il aurait dit : “Ne touchez pas à l’armée. C’est moi le chef”, cela aurait été fini. Mais il n’a rien dit.

Pourquoi ?

Giscard d’Esteing qui est un ami me disait : “Bigeard, continuez à parler. Nous avons tous besoin de vous entendre ; moi le premier. Dites-vous bien qu’on ne peut rien contre vous”. Giscard m’as mis ministre. Ce qui emm. le pouvoir, c’est que je ne sors pas des grandes écoles. Je sors de rien, je me suis fait tout seul.

Vous n’avez pas encore répondu à la question du rapprochement.

Un pays dépend du chef. Avons-nous le chef que mérite ma France ? Avez-vous le chef que mérite l’Algérie?

Vous soulignez dans votre ouvrage que le jeu politique vous dépassait…

On ne comprenait pas les politiques. Un jour blanc, un jour c’est noir.

Vous soutenez en page 79 que vous n’utilisez pas les méthodes de la DST, que voulez-vous dire ?

Mes capitaines étaient répartis à Alger. Presque tous les jours, je les réunissais à mon PC pour faire le point. A chaque fois, je mettais à jour l’organigramme. Toute l’équipe travaillait, je n’étais pas tout seul. Nous étions des superflics sans nous en rendre compte (…)

Autre question, celle-là relative aux harkis. Vous êtes l’un des libérateurs de la France, comment pourriez-vous dans votre livre prendre la défense des harkis.

J’étais obligé de le faire : c’était des gars très courageux…

Pourquoi êtes-vous stupéfait par ce que vous affirmez être “un lâchage, une accumulation d’attaques” contre l’armée ?

A l’époque, c’était Mittérand, Lacoste, Max Lejeune, le pouvoir politique socialiste qui nous a envoyés dans cette guerre. Ils venaient tous à mon PC tous les ministres y ont défilé : “Bravo”, “félicitations”, “heureusement qu’il y a des hommes comme vous”, me disaient-ils. Mais après personnes ne nous a défendus. Même avec la droite, cela aurait été pareil… Un politique ne meurt jamais (…) En cet instant, Guaby, son épouse, nous rejoint au bureau. Instructivement elle s’exprime : “J’étais chez moi à Alger. Je me rappelle surtout qu’il y avait des fellagas au domicile de Massu. Massu a adopté à l’époque deux petits musulmans qu’il a adoptés. (Nda, au jour de cet entretien, le général Massu n’était pas décédé) mais il est un peu faux jeton surtout lorsqu’il a déclaré à France-Inter que c’était Bigeard qui torturait et non lui…”

Mais les propos de Massu sont confortés par de multiples témoignages de résistants Algériens rescapés.

Je n’ai personnellement jamais torturé. C’est net. Il y a eu dans mes compagnies des interrogatoires poussés, autrement nous n’aurions pas trouvé les bombes.

Mais des interrogatoires poussés, c’est de la torture ?

Oui, mais enfin. Cela n’a rien à voir avec les oreilles coupées…

Mais vous apparteniez à une armée qui avait souscrit à la Convention de Genève et autres…

Non, non. Ce n’est pas un problème pour moi parce que je suis net.

Massu est parmi ceux qui vous accusent ?…

Gaby : Cela lui a échappé…. il l’a regretté.
Bigeard : Il a 94 ans… Comment serais-je à son âge ?
Gaby : Quand Ben M’hidi a été pris du PC de Marcel, il a pleuré.

Pourquoi ?

Bigeard : Je m’étais attaché à lui (Nda : Bigeard succombe à l’émotion, il pleure).
Gaby : Il y a eu des montages pour démolir Bigeard. Le chef des armées y est pour quelque chose (…) (Nda : Son épouse nous convie à déjeuner. l’entretien se poursuit) (…).

* Extrait d’entretien.

  Lundi 07 Novembre 2005

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/11/07/article.php?sid=30216&cid=2

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Actualités : MENSONGES ET CALOMNIES D’UN TORTIONNAIRE DEVENU GÉNÉRAL DE L’ARMÉE FRANÇAISE Vérités sur l’arrestation de Larbi Ben M’hidi (II)”

  1. charleston Dit :

    Une icône, un exemple du surpassement de soi et du dévouement à la grande cause nationale fusse-t-elle difficile parfois.Vous êtes de ceux qui à travers leur parcours laisse des repéres qui nous permettent de relever les défis imparables de la vie. Je vous remercie d’avoir écrit certaines pages glorieuses de notre histoire. Les enfants de mes enfants connaitront votre nom et vos faits d’armes et d’Homme. Un grand merci à vous Me la générale pour avoir été sa lumière au point du jour et de la nuit et d’être resté son soutien. Mes sincères condoléances.

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