RSS

Ce que c’est foot, le patriotisme !

14 juin 2010

Contributions

ICI MIEUX QUE LA-BAS


L’ouverture de la Coupe du monde de foot à laquelle nous participons, et qui se déroule, tenez-vous bien, pour la première fois sur le continent africain, galvanise d’ores et déjà un sentiment de fierté patriotique. «C’est nous que nous sommes les meilleurs !» si tu connais les hommes! Ce que nous n’avons pas pu faire avec nos mains, eh bien, nous allons le gagner avec nos pieds ! Ça nous fait une belle jambe ? Pas le moment de jouer les trouble-fête. Tout le pays, la diaspora comprise, retient son souffle, l’œil rivé sur le baromètre de l’équipe nationale.


Ils vont aller jusqu’où ? Ils vont sacrifier quoi pour faire flotter le drapeau dialna en haut des mâts de partout ? Ils vont réaliser quels exploits ? J’aime bien Rabah Saâdane, son air de penseur réfléchi, l’affleurement d’une sorte d’intériorité soufie. Rien que pour ça, je souhaiterais que l’EN aille le plus loin possible. Je présume que, si la cueillette est bonne, on lui refilera le ministère de l’Economie. Eh oui, on ne change pas une équipe qui gagne ! Je réalise que je cause avec trop de légèreté d’un sujet d’une extrême gravité. Mon voisin de table me fait observer que c’est comme qui dirait l’honneur national qui est en jeu sur les pelouses sud-africaines ! Par conséquent, je devrais peser mes mots. J’essaye, cher ami, j’essaye ! A propos de l’Afrique du Sud! Les Bafana Bafana sont partis avec un mauvais karma. On dit qu’ Invictus, ça ne se rejoue pas. Pas trois fois. Deux oui, mais pas trois, contrairement au mirage que fait miroiter le dicton ! Cette force morale que Nelson Mandela avait su insuffler aux Springboks, l’équipe nationale sud-africaine de rugby, au point de les faire gagner la Coupe du monde de 1995 puis de 2007, n’est pas forcément présente pour le foot. Les pires prévisions footballistiques ennuagent l’évolution des favoris de Soweto en Coupe du monde. Il se peut qu’ils ne passent pas le premier tour, ce qui ferait d’eux les détenteurs de ce record de premier pays organisateur à s’arrêter si près du départ. Mais d’autres considérations extra-footballistiques font déjà de l’Afrique du Sud le vainqueur de cette rencontre. La croissance économique de 0,36 % prévue à l’issue de l’événement n’est pas la moindre des victoires pour un pays qui se débat dans d’inouïes difficultés économiques et sociales. Petit tableau synoptique : la moitié de la population noire vit sous le seuil de pauvreté, le quart des actifs est au chômage, 18 % des adultes sont contaminés par le virus du sida. La victoire réside dans le renforcement du sentiment national, difficile à maintenir avec l’héritage de l’apartheid, ainsi que, comme le dira Desmond Tutu avec une enthousiaste faconde, la veille de l’ouverture de l’événement, dans la fierté pour l’Afrique, berceau de l’humanité de recevoir l’humanité. Revenons à nos «Verts» ! Après tout, en foot, comme pour tout le reste, à chacun sa chéchia. Avec l’exploit de Saâdane, le sentiment de fierté d’être algérien revient sans garantie de durer. Il tient à la compatibilité d’une escouade de crampons avec le brin d’herbe de la pelouse, ajoutée à la connexion de la météo sur le mental, la teneur d’un entrelacs de primes et, enfin, au hasard qui est, comme le disait Einstein, le nom de Dieu quand il est incognito. Il est là pour le moment, il faut le prendre. C’est avec la conscience du retour du sentiment prodigue que je suis entré dans mon café attitré. Le nom, l’adresse ? Non ! On me l’a déjà faite, celle-là ! Je me sentais très patriote en en m’appuyant sur le zinc, histoire d’agripper le précieux sentiment de peur qu’il ne fasse la belle. Oui, il est comme ça, le patriotisme : dès qu’il peut, il fait le mur et quand il revient, ce n’est même pas la tête basse et les oreilles pendantes. On le connaît, le fuyard, ya kho ! On se connaît nous-mêmes, réalisant collectivement l’injonction de Socrate. Quouaaa ? Connais-toi-même, yakhi slala ! On se connaît, donc ! Quand ça caracole, on fait dans l’excès. Et aussitôt que ça flanche, on fait la même chose ! Mais dans l’autre sens, voilà ! Et si ça ne te plaît pas, c’est la même chose ! Fierté patriotique, donc ! Il y avait dans ce café deux types – deux demi-vieux, comme on dit de ceux qui ont vécu la Coupe du monde de 1982 – qui discutaient intimement à la table d’à côté, c’est-à-dire si fort que leur intimité est devenue ipso facto celle de tout le monde. Heureusement qu’elle ne prêtait pas à confusion, leur intimité. Ils parlaient justement de la fierté d’être algérien lorsqu’on a onze vaillants gladiateurs sous les caméras du monde entier, pour en remontrer au monde, justement, des fois que le monde y saurait pas que «c’est nous que nous sommes les champions». Le premier des deux types (premier en quoi, je te le demande ?), lunettes rondes, bleu de chauffe, barbe de Hamas, qui n’est ni de l’ex- Fis ni des barbudos cubains, était en train de vendre à son comparse, tout le contraire, lui, costume-cravate façon City londonienne, la fierté d’être algérien. Le plus sympa, c’est que c’est dans le foot qu’il puise ses arguments de vente. Et uniquement dans le foot ! A un moment, je me suis dit, il va quand même parler de… je ne sais pas moi, des hommes qui font la fierté de l’Algérie pour lui avoir donné leur vie… Mais non, il reste coincé dans les dix-huit mètres. Du coup, si l’Algérie est le pays d’Amirouche, c’est celui du joueur du RCK des années 1960. On a les gloires qu’on peut et la fierté d’être algérien, c’est comme les années bissextiles sauf qu’on ne sait pas à quel moment ça va bien pouvoir se manifester !
Par Arezki Metref
arezkimetref@free.fr


Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/06/13/article.php?sid=101476&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Les commentaires sont fermés.

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...