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PUBLICATION AHITOS, HISTOIRE DU FORGERON Ou les secrets de la trempe du fer

9 juin 2010

Non classé


Ahitos, histoire du forgeron est un modeste ouvrage publié à compte d’auteur retraçant la vie d’un homme ayant marqué par son métier l’histoire et la sociologie de la Kabylie et d’une partie de l’Algérie. L’auteur, Aliane Abdelkrim, un chirurgien dentiste ayant déjà à son actif un ouvrage scientifique, a eu essentiellement recours à la tradition orale pour écrire et reconstituer la vie d’Ahitos, pionnier de la forge et de la maréchalerie en Algérie, un métier bien ancré dans les légendes qui se sont perdues dans la nuit des temps, notamment en Afrique où l’ancêtre du forgeron est considéré comme le sauveur de l’humanité.


C’est lui qui fabrique la lame qui coupe le cordon ombilical, qui fabrique la charrue pour labourer la terre, la pioche qui creuse la tombe… Il est à l’origine de la vie et de la mort. Dans les relations sociales, il témoigne de la même attitude suggestive de l’apaisement et de la conciliation. Ahitos, signifiant dans certaines régions de Kabylie forgeron, a installé son atelier au milieu du XVIIIe siècle à Ath-Ydjeur, actuellement Bouzeguène, sur les terres du saint homme Sidi Moussa, son ami et confident. D’où vient ce savoir-faire exceptionnel et comment a-t-il percé les secrets de la trempe du fer, de sa fusion et de sa soudure réalisée par simple aspersion de fines poussières “tafza” après fusion à une haute température ? Ahitos et sa progéniture “Ihitoussen”, qui est aussi le nom de son village, fabriquaient eux-mêmes leurs enclumes dans la fonderie artisanale du village (certaines sont exposées dans le musée de l’association) et leurs soufflets. Un modèle de forme horizontale dit “à la caucasienne” dont la représentation figure sur certaines stèles romaines se trouve au musée du Louvre après avoir été dérobée à l’atelier par l’armée coloniale. Outre le matériel aratoire, ces forgerons réalisaient aussi des lampes à huile et des armes anciennes et de la poudre. Le projet de construction d’un atelier de fabrication de ce type d’objets artisanaux prévoyant 39 emplois permanents a été retenu dans le plan quinquennal 1965/69 mais le projet entamé au chef-lieu a été transformé en siège de la défunte entreprise communale. Les armes à feu d’Ihitoussène serviront durant l’insurrection armée de 1871, à la révolte d’El-Mokrani et de Chikh Ahedad et à la bataille d’Icherriden. Dans son livre les Justes, l’écrivain et historien Boukhalfa Bitam raconte comment les armes fabriquées à Ihitoussène étaient transportées à dos de mulet vers les ateliers de haute précision des Ath-Yenni où elles subissaient les finitions . En 1908, ces forgerons arrivaient à frapper de la fausse monnaie pour perturber l’économie coloniale de l’époque et 18 d’entre les faux monnayeurs périront dans les geôles de Lambèse. Aujourd’hui encore, les vieux taxent de “ assekak” (fabricant de fausses monnaies) les fourbes. La progéniture de Ahitos s’enrichira d’un nouveau venu, un Alsacien- Lorrain répondant au nom de Hoffman chassé de chez lui après l’annexion de sa province à l’empire allemand de Bismark en 1870. Il embrassa l’islam et prit pour nom Abdelli. Concepteur de la première serrure de la région, il avait de vastes connaissances, notamment en médecine, et était considéré comme un génie. La réputation de ces forgerons dépasse largement les frontières de la Kabylie pour gagner les bourgs et les villes à vocation agricole de l’est du pays de Tazmalt à Oued Zenati dans la wilaya de Guelma, Bordj Bou Arréridj, Setif, Batna, Khenchela, Aïn Beïda, Oum El Bouaghi… participant de ce fait à la survie de l’économie rurale nationale en périodes de famine et de disette. Dans la région, ces forgerons se faisaient payer en nature une fois l’an en période de récolte dans une ambiance festive. Les souvenirs sont encore vivaces chez les vieux. Le livre est introduit par un témoignage manuscrit de Germaine Laoust Chantreaux auteur d’une photo d’époque prise entre 1935 et 1937 alors qu’elle était directrice de l’ouvroir de filles de Aït- Hichem. Bien que méritant lecture et pleine estime, cet ouvrage qui a le mérite d’exister est loin de restituer la dimension humaine et la grandeur d’hommes vivant au cœur d’une solidarité sans faille. Les interdépendances qui lient l’esprit de cette époque ne sont que superficiellement mis en valeur dans ce modeste ouvrage.
S. HAMMOUM
Jeudi 30 Décembre 2004

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/12/30/article.php?sid=17518&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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3 Réponses à “PUBLICATION AHITOS, HISTOIRE DU FORGERON Ou les secrets de la trempe du fer”

  1. MOH AMZIL Dit :

    HISTOIRE DES FORGERONS D’IHITOUSSENE :

    Il semble que tout le monde s’intéresse à l’histoire du village Ihitoussène. C’est bien mais il faut entreprendre des recherches sérieuses et produire des témoignages vivants pour ne pas dire n’importe quoi. Il ne faut pas que cette histoire reste, tout simplement, que des sentiments éprouvés ou poétiques dédiés à sa renommée.

    Il est de notre devoir de réagir face à tout ce qui se dit autour du forgeron et du village Ihitoussène.
    Concernant certaines publications sur Ahitos, je dois dire que c’est l’histoire de la mythologie grecque : Apparenter le forgeron d’Ihitoussène au Dieu du feu et de la forge relève d’une pure utopie et d’une mystification de l’histoire.
    On ne peut pas déterminer l’origine d’une personne sur une simple indication de nom ou d’un témoignage d’un tiers peu crédible. Beaucoup de pseudonymes se ressemblent ; Ils se rencontrent un peu partout dans le monde : Au Maroc, en Algerie, en Espagne, en Europe…
    la recherche entreprise est vraiment simple et limitée ; elle n’apporte aucun élément nouveau vérifiable. Nul n’est en mesure d’affirmer l’origine du forgeron car sa descendance ne se souvient pas de lui, ni d’où il vient.
    Les versions rapportées ne sont pas fondées et sont imaginatives. C »est l’expression d’un zèle soutenu. Il n’y a aucun rapport entre les Phéniciens qui viennent d’Asie-Mineure et l’Européen originaire d’Alsace-Lorraine annexée en 187O à la Prusse.
    Les familles n’ont aucun souvenir de ces Martyrs de 1857 et de 1871. Cette période héroïque est méconnue de tous.
    Les citoyens d’Ihitoussène ne se retrouvent plus devant toutes ces déclarations, parfois, infondées. Il faut revisiter l’histoire, interroger la mémoire collective, en entreprennant des recherches plus sérieuses et approfondies.
    Emportées par une vive euphorie, certaines personnes se sont appropriées ce créneau et en font leur commerce quotidien sur Internet jusqu’à créer une confusion générale.

    Voici quelques exemples d’incohérance dans les récits publiés à ce jour :

    - Au XVIIe siècle, les forgerons prenaient le train . A cette époque, le train n’avait pas encore sifflé !

    - La famille Allem a migré en 175O : A cette date Ahitos venait tout juste de s’installer ; ses enfants ne sont, peut-être même pas nés.

    - La forge d’Ihitoussène est pionnière dans la région et même dans le Maghreb : La forge a existé depuis la nuit des temps et un peu partout dans le monde, au Maroc, en Afrique du Nord, en Kabylie et dans certains villages. Il parait que la forge de Bouzeguène-village a précédé celle de Ahitos, quoique de moindre importance ; toutefois cette affirmation est à vérifier dans le milieu des Ath-Idjeur.

    - Hitache Mohand qui prétend avoir visité l’atelier de Ahitos installé à Hidous (Rif-Maroc), doit donner des détails. Le Maroc est tout juste à côté.

    - La famille Abdelli n’est pas en mesure de raconter son histoire et de dire la vérité sur son origine, pourtant cela date d’hier.

    - Les frères Hitachi (Ameziane, Kaci, Hamou, Said) ne pouvaient pas migrer en 1830 ; ils ne sont pas encore nés. A moins que c’était leur grand-père.

    - Faute de généalogie préétablie, il est difficile de situer toute descendance ou événement précis.

    - La réussite de Ahitos et de ses enfants est le resultat de leur travail. La bénédiction des marabouts voisins ou d’ailleurs n’a jamais fait effet sur cet art. C’est à la force de leurs bras et à la sueur de leur front qu’ils se sont forgés cette renommée : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron ».
    Les prières sont vaines et inutiles dans ce métier qui exige force et adresse.

    - Le pelerinage à Bajou est une coutume perpétuée par les marabouts qui continuent à profiter de la naïveté des Fils de Ahitos. Cette tradition ancestrale ne date pas de 350 ans ; elle est à peine de 250 années.

    - On ne connait pas la date exacte de la photo des vieux forgerons.

    En conclusion, rien n’est encore fait ; beaucoup de travail reste à accomplir pour connaître l’histoire de ce village qui garde encore jalousement ses secrets.

  2. MOH AMZIL Dit :

    VILLAGE IHITOUSSENE (Bouzeguene).

    Ceux qui relatent l’histoire des campagnes françaises en Kabylie ont tendance à vanter leur village (manipulation) au détriment de toute une région colonisée. Le manque de documents et d’écrits authentiques ont laissé la place à des récits fantaisistes, non fondés et loin de toute réalité. Quand la vérité vient à manquer, les rumeurs prennent le relai. Un point majeur a été ignoré volontairement par tous et qui fait référence aux différentes batailles et insurrections (1852-1871 et 1954) : La participation certaine et l’apport considérable du village IHITOUSSENE (Ath-Idjer) en hommes et armes à feu fabriquées par eux-mêmes. Ce village fait toujours l’objet de déstabilisation soutenue par des collaborateurs encore en activité, par le laxisme des autorités et par des voisins hostiles et jaloux de son passé laborieux et de sa renommée incontestable. Village unique en son genre, il devrait être reconnu et classé comme patrimoine national et historique. La recherche de preuves tangibles est un devoir : Les archives existent bien quelque part.
    “On a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux”.

  3. MOH AMZIL Dit :

    VILLAGE IHITOUSSENE
    Concernant la participation du village aux différentes batailles 1857 et insurrection 1871, il semble qu’il y a confusion et divergences quelque part. Les témoignages d’hier ne concordent pas avec ceux d’aujourd’hui. Des questions se posent ainsi :

    - Qui a participé à la bataiile de 1857 ? et qui a particpé à l’insurrection de 1871 ?

    - Combien de morts aux différentes batailles ? Quels sont les noms ?

    A mon sens, il n’y aura aucune réponse car personne, même les plus vieux au village, ne semblent se souvenir ou avoir eu écho des morts dans leur famille ayant participé à cette épopée. Il n’y a aucune preuve à l’appui.
    Les tombes des morts présumés ne sont pas identifiées.
    Une manie dans ce village : Les morts sont vite oubliés une fois ensevelis sous les lourdes dalles de pierre. Les ancêtres ne sont jamais honorés !
    On ne peut rendre crédible les propos ou les témoignages de tradition orale. Le contenu de ce livre n’est en fait que l’égal d’un roman tiré d’une histoire vraie !

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