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BOUMERDES POUR CONTER SA KABYLIE, DDA ACHOUR INVENTE LA GRAINOGRAPHIE « YENNAD OUMGHAR »

9 juin 2010

Non classé

N’était le respect au dynamisme et à la fraîcheur, toujours jeune, qu’il dégage, on pourrait volontiers plaquer la nouvelle citation de Aït Menguellet, “Yennad oumghar” (le vieux a dit), à l’œuvre et à la personne de M. Tammani, Dda Achour pour les plus jeunes, comme il est de coutume en Kabylie.


Effectivement, Dda Achour a dit avec la patience, la générosité et la pudeur héritées de cette Kabylie pleine de contrastes justement la vie toute simple de tous les jours des villages, des hameaux et des maisons accrochées aux monts de la Kabylie. Dans la nature en hibernation, après le printemps, I’artiste s’inspire et puise des grains auxquels, avec la dextérité de ses mains, il redonne une existence artistique. M. Tammani raconte la vie, la vie — modeste mais généreuse des braves paysans des montagnes. Toutes les œuvres de Dda Achour, 61 ans, ne transmettent que de l’espérance. Pour pouvoir dire ses souvenirs, pour relater ses fragments de mémoire, M. Tammani a inventé un art qu’il n’a pas manqué d’enregistrer, en 1989, auprès de l’ONDA. Son art est né précisément de la douleur qui s’est transformée en espoir. En effet, à la suite d’une fracture qui l’a cloué au lit, I’artiste a eu la révélation, celle de contrarier le temps, celle de casser l’ennui et il a eu la lumineuse idée de mettre son savoir-faire artistique et son inspiration dans des tableaux. Les portraits des héros de la Révolution libératrice : Mokrani, Si El-Houès, Zighout Youcef… furent ses premières créations. Le travail commence par un croquis de la fresque sur un papier, s’ensuit la “coloration” de la fresque avec des grains de riz au départ. Par la suite, le concepteur, se voulant plus raffiné et plus perfectionniste s’en alla récolter dans la nature morte des grains de fleurs. On imagine aisément la somme de patience nécessaire pour amasser des milliers de grains de millet, de la stramoine, des coquelicots et autres grains de fleurs et de légumes car ces semences sont aussi fragiles que le cycle de la vie et légers comme la brise d’une soirée d’été. Puis commence la construction de l’œuvre. L’artiste joue avec la couleur des grains pour donner vie à ses œuvres. Une fois collées les unes aux autres sur le papier, les grains sont recouverts d’une couche de vernis limpide qui conforte définitivement la “peinture”. “Chaque tableau nécessite, pour sa conception, des milliers de graines d’une quarantaine d’espèces et des mois de travail”, nous explique M. Tammani. Des portraits “qui sont figés”, il passe à des mises en scène plus vivantes. En fait, cette construction court derrière le cycle des saisons qu’on remarque par ailleurs dans le choix des thèmes consacrés à la vie dans la Kabylie des années 1940. “A l’école de la sagesse”, autour du feu sacré du kanoun, les grands-parents narrent à leurs petits-enfants — symbole de la continuité. Cela rappellera incontestablement aux adultes biens des soirées neigeuses de cette Kabylie pleine de légendes. Le rite de l’aridité est un autre tableau qui met en épigraphe une foule colorée “Anzar ! Anzar ! Que Dieu arrose la terre jusqu’aux racines ! On mangera les céréales de la montagne puis celles de la plaine !” chante la foule pour faire tomber la pluie. “Scène de labours” “Castration des animaux” “Moissonneuses traditionnelles” “Retour des champs” sont quelques fresques des 40 tableaux réalisés par M. Tammani qui consacre par ailleurs un bon nombre de réalisations à la vie familiale et aux autres traditions de la région qui l’a solidement passionné. L’artiste a participé à huit expositions à travers le territoire national, la neuvième s’est déroulée à l’occasion de la célébration de Yannayer 2005, à la maison de la culture Rachid-Mimouni de Boumerdès. Dans le cadre de l’année de l’Algérie en France, il a été l’invité de la ville de Rézé où il a montré ses tableaux. La presse locale lui avait consacré des commentaires élogieux. C’est la collectivité qui l’avait d’ailleurs pris en charge et qu’il tient à remercier à travers son maire, M. Gilles Retière. Par contre, il déplore le peu d’intérêt des autorités algériennes pour cet art qu’il souhaite intégrer au patrimoine culturel national. Abachi L.

  Samedi 05 Février 2005

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/02/05/article.php?sid=18885&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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