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Quand la conscience se voile, le subconscient se dévoile Par Ouali Aït-Ahmed*

7 juin 2010

Histoire


De prime abord, je regrette de n’avoir pas trouvé l’ouvrage de Saïd Sadi sur le colonel Amirouche. Mais j’ai eu le plaisir d’assister dans un auditorium de l’Université de Tizi-Ouzou, archicomble, à une brillante conférence, suivie de débats, qu’il a donnée le 19 avril dernier, à ce propos. Je l’en félicite chaleureusement, tout en soulignant que certaines informations et analyses méritent d’être revues ou approfondies.


D’après ce que j’en ai tiré, c’est une œuvre monumentale, digne d’un excellent et patient chroniqueur de guerre, bien qu’il soit a posteriori et en temps de paix. Mes félicitations sont d’autant sincères et cordiales, qu’il a su garder son sang froid, lors des débats qu’il a pu maîtriser en long et en large surtout face à cet «autonomiste » à qu’il a asséné des vérités cinglantes dignes de celles défendues par les vrais nationalistes, de l’Etoile Nord-Africaine à nos jours et qui ont combattu pour une Algérie une et indivisible, tout en précisant que l’Algérie sans la Kabylie et que celle-ci sans celle-là est à la fois un leurre et un crime. Mais, comme il fallait s’y attendre, la levée des boucliers s’est faite instantanément, certains lui contestant la légitimité d’écrire sur une période qu’il n’a pas vécue, d’autres l’incriminant de «visées politiciennes» pour amadouer l’électorat d’une «région», alors que les régionalistes sont ceux-là mêmes qui l’en accusent. Les deux courants, même s’ils sont, quelque peu, contradictoires dans leur démarche, sont unanimes pour contester à quiconque le droit d’écrire sur l’Histoire récente de notre chère Algérie, voulant, par là, l’ériger en propriété privée, afin de falsifier à leur guise et se prévaloir, de ce fait, de tuteur du peuple qu’ils croient toujours mineur. Ils feignent d’ignorer que l’écriture de l’Histoire se fait sur la base d’archives, documents et écrits, sans omettre l’apport de témoignages des acteurs tout en les soumettant à des analyses critiques et à des recoupements. Dans tout cela, l’honnêteté intellectuelle doit prendre le pas sur les élans du cœur quelle qu’en soit la probité. Au lieu d’encourager l’auteur de l’ouvrage à produire davantage sur des différents sujets relatifs à l’histoire d’Algérie, puisqu’il a la plume facile et le regard neutre, les réactions ont été aussi diverses qu’acerbes, portant ainsi un grave préjudice à l’Algérie qu’ils prétendent chérir et dont l’Histoire est aussi ancienne que celle de l’Afrique, berceau de l’humanité. Traiter de lâches nos chercheurs en histoire, c’est simplement les acculer à une position défensive au lieu d’être mordants dans ce domaine dont l’importance est incomparable, le présent ne pouvant se construire que sur les fondations du passé. Sans m’attarder davantage sur cette introduction, j’estime qu’il est de mon devoir, d’abord en tant que citoyen et ensuite en tant qu’ancien officier de l’ALN, ayant géré directement ou fait partie intégrante des secrétariats de PC (Postes de commandement) de secteur, ensuite de région, de zone en troisième lieu et enfin de la Wilaya III historique, pour terminer, d’avril à fin juin 1962, membre de la commission mixte de cessez-le-feu, et ce, avant la proclamation de l’indépendance le 3 juillet 1962 et non le 5 comme falsifié par le pouvoir, et ce, afin de faire toucher du doigt, aux lecteurs des médias, les incohérences, insanités et inepties par M. Benachenhou dans sa «contribution» à l’écriture de l’Histoire, qu’il veut à sens unique et postulat à la fois. Pour cela, je ne prendrai de son article, qui a couvert trois pages du quotidien Le Soir d’Algérie, que les treize points-flashes de sa conclusion (pages 6, 7 et 8 du lundi 3 mai 2010).
1- Dans le premier point, il dirige le doigt accusateur sur «ceux qui tentent de faire avancer une cause qu’il abhorre – il, c’est le colonel Amirouche – et ce pour dire que l’unité nationale est menacée. C’est vraiment étrange !… Le discours n’a pas varié d’un iota, depuis l’occupation coloniale. Le sacro-saint adage «diviser pour régner» est toujours d’actualité, au lieu de s’atteler à consolider l’unité nationale par l’égalité des droits et devoirs des citoyens, sans tenir compte ni de sexe, ni de langue, ni de religion, ni ethnie et encore moins de région. Les mêmes chances doivent être offertes à tous les citoyens qu’ils soient hommes ou femmes, musulmans, juifs, chrétiens, animistes ou athées, amazighophones, arabophones ou francophones. L’amour de la patrie se mesure au respect dû aux symboles – emblème national, chouhada, vrais combattants encore en vie – à la passion apportée dans le développement tous azimuts de l’Algérie, qu’on s’y investisse par les bras, le cerveau ou le cœur. Le premier à brandir ce concept de division, durant l’invasion française, c’est Louis Philippe Bonaparte, avant qu’il ne devienne Napoléon III, en voulant instaurer un «Royaume arabe d’Alger», dans les années 1850. La vision diabolique est reprise, dès 1873, après l’écrasement de l’insurrection de Cheikh El-Haddad et d’El-Mokrani, en arabisant massivement des régions encore amazighophones. Non, M. Benachenhou, les habitants de la Kabylie n’ont jamais eu et n’auront jamais de velléités séparatistes. Bien au contraire, la Kabylie a été, demeure et restera un facteur déterminant de l’unité nationale et de la démocratie. Et à ce propos, les preuves sont aussi nombreuses que variées. Qu’il me soit permis d’en citer quelquesunes :
a) Les 37 500 soldats français, sous le commandement de Bourmont, ont trouvé devant eux, à leur débarquement à Sidi-Feruche, le 14 juin 1830, 25 000 volontaires de la Kabylie sous les ordres de Mohamed Benzaâmoum, avec «Sandjak» de la Rahmania, à côté d’un petit contingent de 7 000 janissaires, envoyés par le dey Hussein.
b) La bataille de Staouali, du 19 au 23 juin 1830, la défense d’El Harrach, puis de la Mitidja ont été l’œuvre de ces seuls volontaires, les janissaires ayant été facilement défaits.
c) La création de l’ENA (Etoile Nord-Africaine) en 1926 a été l’œuvre exclusive de 22 jeunes émigrés, dont 18 de la Kabylie, qui ont appris au contact de la société française (partis, syndicats, associations, etc.) que le meilleur moyen d’arriver au but sacré, qu’est l’indépendance, c’est d’unifier les rangs. A ce propos, il est bon de souligner que ces 22 éléments parlaient tous français, en plus de leur langue maternelle. Ils ont préféré mettre à leur tête non pas Messali Hadj, que certains veulent réhabiliter aux yeux du peuple, malgré sa trahison durant la guerre de libération, mais Hadj-Ali Abdelkader de Relizane et comme président d’Honneur, l’émir Khaled, petit-fils de l’émir Abdelkader. Ce n’est qu’en 1927, que Messali arrive à la tête de l’ENA, pour servir de levier de temporisation. La première fissure de la division eut lieu en 1931, avec la création de l’Association des Ouléma qui ne cessait de demander l’assimilation (indimadj) avec les élus musulmans. Malgré cette politique d’assimilation (devenir français à part entière, en gardant la langue et la religion) le Congrès musulman de 1936 n’a obtenu du gouvernement de Léon Blum que la poudre aux yeux. La deuxième fissure eut lieu en 1946, avec l’introduction du concept «d’arabo-musulman» dans les statuts du MTLD, comme si un peuple colonisé pouvait s’identifier. Comme tout extrémisme enfante son pareil augmenté de sa moitié, il y eut la création du mouvement berbériste de 1949. C’est sous cet angle qu’il faut analyser ce que l’on a appelé «la crise berbériste ». Heureusement qu’il y avait des esprits qui méprisaient les uns et les autres, dont Abane Ramdane que M. Benachenhou a qualifié, il n’y pas longtemps, de «petit employé communal» alors que feu Ali Mendjli a dit de lui, lors d’un séminaire de moudjahidine à Zéralda que «la nature enfante, par siècle, un être et un seul de la stature de Abane Ramdane».
d) Lors de l’ultime réunion du 23 octobre 1954, tenue à Alger par «les Six», Krim Belkacem n’a pas hésité à satisfaire la demande de Rabah Bitat qui lui faisait part de la défection des militants à la veille du 1er Novembre. C’est ainsi qu’il lui envoie 137 éléments de la Kabylie, sous la conduite d’Amar Ouamrane, le jour «J» pour attaquer la caserne Bizot à Blida, Boufarik et Baba-Hassan.
f) C’est toujours avec le même esprit d’unité nationale que la proclamation du 1er Novembre a été reproduite – en français faut-il le souligner – à Ighil-Imoula (Tizi- Ouzou) par Ali Zaâmoum et ses adjoints directs, avec la ronéo appartenant à Abane Ramdane, ramenée d’Azouza par trois militants d’Aït-Abdelmoumen et de ce village à Ighil-Imoula par Ali Zaâmoum, Mouhamdi Saâd et Benramdane, alors que son propriétaire, en l’occurrence Abane Ramdane, se trouvait encore en prison.
g) M. Benachenhou feint d’oublier que, lors du Congrès de la Soummam, il a été décidé d’envoyer 138 djounoud de la W. III historique, avec à leur tête le colonel Ali Mellah, comme noyau créateur de la W. VI historique.
h) A la fin des travaux du Congrès, Krim Belkacem, à l’effet de renforcer les potentialités de lutte des autres Wilayas historiques, a remis à chacun de leurs représentants des sommes importantes d’argent, dont les reçus nous ont été exhibés par le colonel Mohamedi Saïd, dit Si Nacer, lors du séminaire de l’ONM tenu en 1984 à Tizi-Ouzou. Omar Ben Boulaïd, arrivé à la fin des travaux du Congrès en a reçu 70 millions au bénéfice de la W. I historique. Tout cet argent a été récolté des caisses du budget de la France coloniale, dans le cadre de l’opération «Oiseau Bleu», dont le mérite revient exclusivement à Hand Ouzaïd, Krim Belkacem et Abane Ramdane, les autres n’ayant été que de simples intermédiaires.
i) Tout en condamnant, d’une façon nette et claire, tout mouvement «autonomiste», je peux dire, sans me tromper, qu’il résulte de la réaction brutale au mépris affiché à l’égard de la langue amazighe et du flou savamment entretenu autour de l’identité du peuple algérien qui ne peut être qu’algérienne et rien d’autre, avec sa diversité linguistique, religieuse, régionale, ethnique tout en bannissant tout autre qualificatif. Les langues amazighe et arabe doivent être sur un pied d’égalité et enseignées à travers l’ensemble du territoire national, réservant la priorité à l’une ou à l’autre, durant les trois premières années scolaires, en fonction du parler de la région donnée. Loin de diviser le peuple, cela ne fera que renforcer son unité et sa cohésion. Ce sera, en quelque sorte, son cordon ombilical qui le rattachera au pays de ses ancêtres imazighen dont les limites vont au-delà de nos frontières. C’est une fierté d’être algérien et de le demeurer à tout jamais. Si la majorité de notre peuple est arabophone, on ne peut le qualifier d’arabe. Aimons donc notre pays, sans réserve, en appliquant la sentence de Kateb Yacine qui disait : «Je parle français, pour dire aux Français, que je ne suis pas français ».
2- Dans le second point de sa conclusion, M. Benachenhou parle de «responsabilité» à propos de la Bleuite et de crier, dans son long article, les noms de certains officiers de l’ALN. On voit que, sous cet angle seulement, que M. Benachenhou n’a jamais reconnu, et continue toujours de le faire les dispositions de la plateforme de la Soummam, relatives à la collégialité du pouvoir, le chef n’étant que le coordinateur, et ce, au niveau des secteurs, régions, zones et wilayas. Ne dit-on pas que «la critique est aisée, mais l’art est difficile» ! M. Benachenhou ne sait même pas que le colonel Amirouche et ses adjoints ont désigné un tribunal composé de 27 membres et présidé par le commandant politique de l’époque. C’est tout à fait le contraire de l’assassinat de Abane Ramdane qui n’a même pas été entendu, pour sa défense, lors d’un «procès mijoté».
3- Dans le troisième point, M. Benachenhou enfonce le clou pour charger davantage le Colonel et le livrer à la vindicte populaire. D’ailleurs, l’on se demande les raisons de cette flagrante contradiction, entre «le nom et le renom» d’Amirouche et le poids de la seule responsabilité dont il veut l’accabler. Tout cela de la part «d’un intellectuel nationaliste»… En outre, je lui apprendrais qu’à la mort du Colonel le 28 mars 1959, les membres de l’ALN meurtris de douleurs, ont choisi de relever le moral de la population en se qualifiant tous d’Amirouche.
4- Dans ce paragraphe, M. Benachenhou parle de «dénombrement macabre» des victimes de la Bleuite, oubliant que c’est lui qui manipule les chiffres dans son long texte, les portant à près de dix fois le nombre réel des victimes, en spéculant sur la provenance de courses aussi crédibles les unes que les autres. Cela relève purement et simplement de la paranoïa et ne fait que conforter les vrais patriotes dans leur approche de la personnalité de certains hauts responsables dont le régionalisme est des plus abjects. Dans le grand rassemblement du 12 octobre 1958, à Alma Tagma, le colonel Amirouche, les larmes aux yeux, défend à quiconque de qualifier de traîtres les victimes, même s’il est prouvé que les Khendriche et consorts ont été à l’origine de l’arrestation du lieutenant Hocine Salhi par le capitaine Léger, en zone 4 de la W.III.
5 – Et de «verser des larmes de crocodiles» pour amener le citoyen à douter du rôle moteur de la Wilaya III, dans le déclenchement et la poursuite du combat libérateur d’hier et celui d’aujourd’hui pour l’identité algérienne qui se suffit à elle-même sans en importer une à la place.
6 - Cette opération, la Bleuite, a sans doute contribué à la prolongation de la guerre» souligne-t-il dans le sixième point ; tout en stigmatisant «la gloire que veut en tirer une région ou certains hommes politiques d’une région». Il y a de quoi avoir honte de voir de tels régionalistes arrivés, à une époque donnée, au sommet de la hiérarchie. A lire de telles inepties, aujourd’hui, nous commençons à douter de la sincérité de leur combat d’hier. S’il y avait «prolongation de la guerre et des souffrances», la responsabilité en incomberait, exclusivement aux responsables de l’armée des frontières est/ouest qui avaient d’abord assassiné le théoricien de la Révolution qu’était Abane Ramdane, pour abandonner, ensuite, les maquis de l’intérieur, ne leur envoyant ni armes, ni munitions, et ce, depuis 1958. Son amalgame, il le fortifie en affirmant que Si Amirouche a été convoqué, à l’extérieur, pour répondre de ses «crimes», ne soufflant mot de l’objet de la réunion des colonels à Ouled Askar en Wilaya II à laquelle le colonel Ali Kafi s’est dérobé ; je lui apprendrai que lors de la réunion des cadres de la W.III en date du 4 mars 1959, le colonel SI Amirouche n’a pas hésité à leur faire part de l‘objet de sa mission en Tunisie, en tant que délégué de ses pairs, avec Si El- Haouès, afin de sensibiliser «ceux des frontières» à la situation dramatique des maquis. En effet, faute de munitions, toutes les armes collectives (mitrailleuses, fusils-mitrailleurs, mortiers, etc.) ont été mises à l’abri. Moi-même j’en ai confié deux (une MG 42 et un FM 24/29) à deux moudjahidate ; Nna Aldjia Oukaïd du village Amazoul et Dali Aïni du village Maâouia de la région I zone III, W.III. Pour ce qui concerne, le colonel Amirouche, même mort, il a continué le combat sur le plan diplomatique, par le biais du pasteur Greefith. Celui-ci, à sa mise en liberté, en juillet 1958, a sillonné les Etats-Unis d’Amérique, en long, en large et en diagonale pour sensibiliser les personnalités américaines dont le député John Kennedy, futur président à la cause algérienne. Quant aux paragraphes, 7, 8 et 9 de sa conclusion, je préfère ne les aborder qu’une fois l’ouvrage de Saïd Sadi sera lu et analysé
10 -
M. Benachenhou reprend, dans ce paragraphe, les allégations de l’ennemi, soulignant que «l’opération de la Bleuite a non seulement réussi, mais qu’elle aurait été basée sur des faits avérés de trahison au plus haut niveau de la hiérarchie politico-militaire de l’ALN/FLN». Encore un autre trait de sa haine de la W.III qui a toujours été au premier rang. Pour lui, assassiner Abane Ramdane et abandonner l’intérieur livré à luimême constituent des faits d’armes. Quant aux enlèvements de plus 20 postes militaires par les groupes de choc de l’ALN, avec le concours de nos sœurs moudjahidate en 1960 et 1961, ainsi que celui d’El Hourrane (M’sila) avec 35 chargés de mulets d’armes et 14 prisonniers, cela relève de la haute trahison, quelle logique… Pour ce qui est de la Bleuite, c’est tout simplement la réplique des services secrets français à l’opération «Oiseau bleu» qui s’est déroulée de 1955 au 29 septembre 1956 et qui a permis à l’ALN, grâce à l’intelligence de Zaïdate Hand, Omar Toumi, Hammadi Mohand, Makhlouf Saïd, Saïd Mahlal sous la haute responsabilité de Krim et Amar, de récupérer 1200 hommes avec bagages, sans compter la forte somme d’argent (plus de 300 millions de l’époque) que le chef de la W.III a réparti à l’ensemble des wilaya présentes au Congrès de la Soummam y compris Omar Ben Boulaïd, arrivé à la fin des travaux. Encore une fois, nous ne pouvons que regretter ce régionalisme à outrance, lui qui se prétend de l’élite.
11 -
M. Benachenhou continue son aventure régionaliste, en disant dans ce paragraphe que «les chefs, comme nous-mêmes — il confirme par là qu’il était partie prenante de l’abandon des maquis de l’intérieur et de l’assassinat de Abane Ramdane — aurions pu avoir, de sa propre bouche — bouche d’Amirouche —, une explication de ses actes de destruction d’une partie de jeunes intellectuels» et ce pour fausser la piste de l’objet de la mission de Si Amirouche vers la Tunisie. Je lui répondrai seulement que les lecteurs ne sont nullement les idiots qu’il croit, tout en lui rafraîchissant la mémoire qu’il aurait été préférable d’envoyer une commission d’enquête sur le terrain même et dont il aurait pu faire partie et ce à temps, durant «la Bleuite» de janvier à octobre 1958 et non en mars 1959, comme il le prétend.
12 -
Dans ce point, il nous fait part de son espoir de «lire» les mémoires du capitaine Aït Mehdi Arezki Si Mokrane, que je salue chaleureusement au passage, sur la Wilaya IV, qui apporteront quelques lumières sur cette période sombre de notre lutte armée. Vraiment cette wilaya constitue une arête à travers sa gorge, lui «le nationaliste» et de se frotter les mains pour avoir bonne conscience.
13 -
Dans ce dernier paragraphe, M. Benachenhou laisse couler à flots tout son fiel régionaliste, en posant la question «contrôle- t-il — il, c’est le capitaine Léger — tout l’avenir de l’Algérie indépendante, après s’être vanté de contrôler toute une wilaya, pendant la guerre de Libération nationale ?».
A la trahison d’hier s’ajoute celle d’aujourd’hui qui consiste à accorder crédit à ce que dit l’ennemi de toujours. La trahison avérée est celle qui consiste à s’engouffrer dans le sillage des allégations et affabulations du capitaine Léger. Au fond, elle ne fait que suivre celle dont sont victimes les combattants de l’intérieur qui n’ont ni armes, ni munitions de l’extérieur et ce, depuis 1958, le dernier convoi sous la responsabilité de l’aspirant Hidouche, ayant été exterminé, à proximité de l’aéroport de… Bône (Annaba), dans une bataille des plus mémorables. Heureusement, qu’en Wilaya III, après l’opération «Jumelles», l’entrée en scène des femmes, d’une façon effective et allant au-delà des youyous et préparations alimentaires, les djounoud de l’ALN ont pu s’approvisionner en armes et munitions par l’enlèvement de plus de 20 postes militaires ennemis dont 7 autour de Tizi-Ouzou («Taddert Oufella, et Kelaâ Nath Khelili, Aït-Aïssa, Taboudoucht, Tala-Mokker, Aguemmoun, Tafoughalt sans compter les groupes d’autodéfense des armées») et 6 autres autour de la ville de Sétif, sans oublier ceux enlevés autour de Béjaïa, Bordj- Bou-Arréridj. Donc pour lui ces enlèvements de postes par l’ALN de la W.III ont été autorisés par le même capitaine Léger. L’unité nationale se construit par acte et non par des «blablas», la kabylie a toujours été, demeure et restera un facteur déterminant de l’unité nationale, n’en déplaise à quiconque. Et c’est sous cet angle qu’il faut voir son combat pour l’identité réelle algérienne sans autre qualificatif d’où qu’il vienne, la langue et la religion ne constituant nullement des éléments identitaires. Pour cela, la qualité de l’enseignement des années 1960 et 1970 doit refaire surface, en bannissant, notamment, l’octroi de bourses à l’étranger sur la base d’un «concours national» institué en 1985 pour favoriser la reproduction du pouvoir par sa propre progéniture, alors qu’avant seuls les majeurs et suivants immédiats pouvaient prétendre à la bourse. Je ne conclus pas sans dire que l’ouvrage de Saïd Sadi est globalement positif, même s’il comporte des interstices comme toute œuvre humaine. Nous l’invitons à nous en rajouter, ainsi qu’à d’autres qui ont la plume facile et l’amour de notre seule et unique patrie l’Algérie, pleins de cœur, comme nous l’avions fait, sans remords, en désertant les bancs du lycée pour rejoindre les maquis. Et rejeter à jamais la camisole de l’indigénat et nous déployer en long, en large et en hauteur pour le plein épanouissement de l’identité algérienne d’abord, africaine ensuite et universel le pour parfaire le tout.
O. A.-A.
* officier de l’ALN

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/06/06/article.php?sid=101136&cid=41

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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