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D E V O I R D E MÉMOIRE Cela s’est passé en octobre 1961

2 juin 2010

Histoire

Le sanguinaire Maurice Papon, pré fet des départements de l’Est algé rien, de 1956 à 1958, avait mené une politique de répression où la torture était systématique et les exécutions sommaires courantes.

Ce même criminel de guerre a été placé en 1958 à la tête de la préfecture de la capitale française, Paris. Il a été recommandé à De Gaulle pour «l’efficacité» dont il a fait preuve lors de son mandat de préfet à Constantine. Il a instauré le même système contre de répression contre «Français musulmans d’Algérie», pour contrer les attentats menés par le F.L.N. sur le territoire de l’occupant. Il s’en suivit des rafles massives et des actes de barbaries à l’encontre de la population algérienne de Paris. Le préfet de police crée la Force de police auxiliaire, constituée de harkis instruits pour pratiquer la torture contre leurs propres frères qui défendaient l’Indépendance de l’Algérie. Celui qui aidé les nazis pendant l’occupation de la France en 1939 et 1945, a réédité ses sinistres exploits contre les Algériens habitant la capitale française. Il a créé un Centre d’Identification de Vincennes où il faisait interner tous les « suspects » sur simple décision administrative sans aucune forme de procès. Non satisfait des résultats, le criminel Maurice Papon décide d’instaurer le couvre-feu le 1er septembre 1958, pour les «basanés», mais qui ne sera pas du tout respecté par les Algériens qui ont suivi le mot d’ordre du Front de libération nationale (FLN), et finit par tomber dans l’oubli. Mais la répression se poursuivra sans relâche contre les Algériens : des opérations de police, des internements, des rafles et des «contrôles» menés par les harkis, des hommes disparaissaient sans laisser de trace. « De nombreuses plaintes sont déposées, pour torture, pour meurtre ; malgré l’accumulation de témoignages accablants, malgré les constatations de sévices par des médecins, malgré le nombre de disparitions, aucune plainte n’aboutira. Toute la population d’origine algérienne de la région parisienne a souffert le martyre de cette persécution exercée par des rafles systématiques de jour comme de nuit, et de la violence des harkis qui patrouillent dans les 18ème et 13ème arrondissements où était concentrée la majorité des Algériens. Ces violences s’ajoutent à la condition extrêmement dure imposée aux travailleurs maghrébins de manière générale et aux Algériens en particulier. La plupart d’entre-eux étaient des célibataires qui habitaient les bidonvilles surpeuplés, notamment à Nanterre dans la région parisienne. Considérés comme étant taillables et corvéables à merci, ils étaient nombreux à être employés surtout dans le secteur du bâtiment. Les Algériens immigrés en France étaient encadrés par le F.L.N, auquel ils adhéraient pleinement. Il s avaient foi en l’Indépendance qui pointait à l’horizon… Au cours du mois d’août 1961, les rafles et les perquisitions se sont intensifiées, la chasse au basané, les violences et les détentions arbitraires s’étaient multipliées. Alors que la fédération FLN de France (la wilaya 7) avait décidé d’une trêve, et suspendu toutes les opérations menées jusque-là par les fidaïne contre les tortionnaires sur le sol français. C’est à ce moment que la police de Maurice Papon a redoublé de violence, épaulée par la sinistre Organisation de l’armée secrète (O.A.S.) dont les attentats contre les Algériens se sont multi pliés contre les hôtels abritant des Algériens, provoquant une hécatombe dans la communauté algérienne. Devant cette situation, la fédération de France décide de redéployer ses fidaïne contre les policiers qui s’étaient particulièrement distingués par leur cruauté contre les Algériens, durant tout l’été 1961. Trois syndicats de policiers constituent un « Comité permanent de coordination et de défense» qui exige un couvre-feu pour les Algériens. A partir de septembre 1961, des rafles massives sont organisées et des personnes disparaissent. On commençait à parler de cadavres d’Algériens retrouvés dans la Seine. Les policiers avaient déclaré qu’ils allaient «se faire justice soi-même», aux obsèques d’un policier exécuté par les fidaïne, Papon a déclaré: « Pour un coup rendu, nous en porterons dix», assurant les policiers que, s’ils tirent les premiers, ils seront « couverts «. Le 5 octobre, il instaure un couvre-feu pour les « Français musulmans d’Algérie», contre la volonté de sa tutelle. Le F.L.N. décide d’organiser un boycott du couvre-feu, et de mettre fin aux opérations pour gagner l’opinion publique française à la cause algérienne. Alors que les attaques armées s’inscrivaient dans une logique de clandestinité et de guerre, le FLN a considéré que boycott du couvre-feu devait être une manifestation pacifique de masse, au grand jour, avec la participation des familles le long des artères principales de Paris. Les manifestants ont la consigne de ne répondre à aucune provocation, à aucune violence ; des cadres du F.L.N. les avaient fouillés pour s’assurer qu’ils n’ont rien qui puisse servir d’arme. Il s’agit de démontrer l’existence du peuple algérien. Au matin du mardi 17 octobre, des cars de police quadrillent la ville, des policiers cernent les bouches de métro aux portes de Paris, prêts à arrêter les manifestants qui furent systématiquement matraqués, à coups de crosse, de gourdin, de bâton, souvent jusqu’à ce qu’ils s’effondrent. Les policiers frappent au visage, au ventre, des manifestants qui ne réagissent même pas. Les policiers ont tiré sur les manifestants et certains étaient jetés dans la Seine à partir des ponts. Pendant plusieurs heures se déroule une véritable chasse au basané, devant une population parisienne qui collabore parfois. Le préfet Papon dirige lui-même les opérations et se rend lui-même sur le terrain pour constater leur «bon déroulement». Ce jour-là, plus de dix mille Algériens ont été arrêtés et internés dans structures sportives pendant près les quatre jours que durent les violences. Dans l’enceinte des lieux d’internement, on assiste à des exécutions et nombreux sont ceux qui meurent de blessures non soignées. Malgré les efforts de certains députés parlementaires, le gouvernement refuse la création d’une commission d’enquête. Aucune des plaintes déposées n’aboutira. Plusieurs centaines d’Algériens innocents ont été assassinés ou portés disparus en quelques jours. Maurice Papon a été jugé pour son attitude à l’égard des juifs sous le régime nazi en France, mais il n’a été nullement inquiété pour ses crimes commis contre les Algériens. A. Bahri

L’Echo D’Oran du Jeudi 16 Octobre 2008

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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