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Les feux de Hendi-Bendi par Mohammed Beghdad

27 mai 2010

Contributions

Comme il est coutumier à chaque week-end, lorsque les conditions le lui permettent, une virée chez les parents s’impose obligatoirement pour Mohamed surtout qu’il n’habite pas assez loin de la demeure familiale. Il va aussi voir ses amis et ses proches.



Un ressourcement autour d’un thé à la menthe avec les amis au café El Feth en compagnie des deux Djamal, amis d’enfance, où on discute de tout et de rien, de l’équipe nationale jusqu’aux évènements qui font l’actualité au sein de la cité comme ceux du pays. En plus d’aller dire bonjour aux cousins du côté du Café Majectic sur la place de la mairie. Entre les deux visites, un petit tour est plus qu’indispensable dans le centre ville avec des embrassades d’une part, des tapes amicales aux uns ou des signes de loin de la main aux autres.

Par cette matinée de ce vendredi 15 Janvier annonciatrice d’une assez belle journée ensoleillée, il saute dans sa bagnole en compagnie des siens et file tout droit, à peine à une heure de route de chez lui. Après avoir profité des merveilleux paysages du pays surtout après les pluies que nos fellahs avaient accueillies, à ne pas s’en lasser, avec une joie indescriptible. Au bout d’un périple d’une soixantaine de kilomètres dont presque la moitié sur la nouvelle autoroute, il arrive enfin à l’entrée de la ville qui à peine commence à s’animer en ce jour de relâche.

DU CÔTÉ DE L’OUED

A quelques mètres de la maison parentale, il se trouve sur le périphérique intérieur de la ville.  Juste après avoir dépassé le nouvel hôtel «La mina» visible de loin dans son habit orangé, voilà qu’il se pointe devant une intersection en forme de Té pourvue de feux réglant la circulation.

Comme il accède par l’entrée ouest de la ville sur cette route à double voie de la cité El-Intissar, il se retrouve donc en face de 2 feux après avoir parcouru environ 500 mètres. L’un situé tout à fait à droite avec des feux pleins tricolores à l’ancienne et l’autre à feux fléchés tricolores, perché sur un panneau placé juste au dessus du milieu de la route. Il faut constater que les feux fléchés ne sont pourvus que de la direction directe. Il se trouve devant un dilemme. Il sera croit être victime d’un canular ! Déjà, il est surpris par ces 2 feux qui lui paraissent quelque peu bizarroïdes et peuvent être en totale contradiction. Notre bonhomme se pose alors la question qui lui rongera les méninges et sèmera le doute dans son esprit. Plusieurs questions commencent à lui saborder le crâne. Mais bon sang ! Lequel de ces deux feux est le fonctionnel ? Le plein ou le fléché ? Faut-il faire un « hendi-bendi » enfantin pour deviner le bon grain de l’ivraie ou bien user de son pif pour le renifler? Le bon sens peut aussi l’aider lorsque la logique prenne le dessus. Peut-être faut-il résider dans la cité pour le savoir ou s’arrêter pour questionner les habitués du coin ? Eh monsieur : Bonjour, SVP, à quel feu faut-il se conformer: le feu à moitié cassé de droite ou celui du milieu de la chaussée muni de flèches ? Il peut rester une éternité avant de recueillir l’incroyable réponse à son gros point d’interrogation.       Même le code de la route ne pourra lui porter secours.

Il n’est pas aux bouts de ses peines en cette matinée « vendredicale » appropriée au repos, de la méditation et de la prière. Il conclut qu’à chaque ville, son propre code !

El-Azzouni en sauveur ?

El Azzouni, le célèbre animateur de l’ENTV de l’émission « le policier camouflé » sur les problèmes de la circulation dans le pays, ne saura résoudre cet écueil pour le moins énigmatique. On a toujours blâmé les automobilistes mais c’est rare que les responsables de la mise en place de ces plaques de la signalisation routière soient mis à l’index, songe-t-il l’air perplexe. En effet, rajoute-t-il, l’un des problèmes des accidents de la route est imputé aux plaques signalétiques qui sont loin des normes internationales. Un « stop » caché par un arbre ou mal placé peut être la cause d’accidents mortels comme celui d’un trou béant sur la route qui nous esquinte les reins et par ricochet le budget de l’état pour l’importation d’amortisseurs d’origine. Ceux de Taiwan ne pourront soulager nos pauvres rognons.

Pour avoir la conscience tranquille car Mohamed a horreur de griller un feu rouge synonyme d’un geste malsain de non citoyenneté.

Il commence à éliminer les cas par cas en cochant dans sa tête sur les vraies et fausses réponses. Il étudie toutes les possibilités.

Pour l’automobiliste qu’il est, cela lui constitue une véritable galère matinale. Il n’a pas assez de temps pour réfléchir à quel saint se vouer ? Est-ce qu’il se fie aux feux pleins ou aux feux fléchés ? Après une profonde réflexion à la célérité de la lumière, il penche par instinct pour le second car nouveau par rapport au premier à la circulation dans le pays. Il lui semble qu’un des deux feux n’a pas lieu d’être. On semble ne se soucier guère à ce que le conducteur paiera comptant comme argent frais s’il est pris dans ce leurre. Ensemencer l’incertitude semble la politique prônée, pense-t-il en se désolant.

LE PIÈGE DU TOURNER À GAUCHE

Quant à son intention, c’est de tourner à gauche mais il n’y a pas de feux fléchés indiquant cette direction. C’est un vrai casse-tête du code de la route qui, rappelons-le, est basé sur le raisonnement et non sur le flair. Peut-être que ces feux ne soient compris que par les conducteurs résidant dans la ville. Si tu n’es pas de la ville, tu es foutu en risquant un procès-verbal en bonne et due forme et un retrait de ton permis de conduire.

Il n’a pas encore résolu son dilemme. Doit-il ou non tourner à gauche lorsque le feu fléché indiquant la direction directe est au rouge ? Pour le cartésien qu’il est, le bon sens lui rétorque: bien sûr que Oui. Allez, fonce ! En somme, les raisonnements mathématiques par l’absurde et par récurrence lui donnent entièrement raison. Après s’être rassuré par son choix réfléchi, il met tranquillement son clignotant à gauche et avance prudemment comme c’est cas dans toute intersection. Quant aux conducteurs d’en face, ils étaient à l’arrêt par des feux rouges normaux comme il les a vérifiés plus tard. Il n’y avait pas de voitures venant de sa gauche. Il tourne alors dans la direction choisie sans hésitation aucune.

LES DEUX CAS DE FIGURE

Après s’être éloigné d’une vingtaine de mètres, il est surpris par 2 motards de la circulation dissimulés qui lui donnent l’ordre de serrer à droite. Il fait son devoir de citoyen d’obtempérer. L’agent lui demande alors ses papiers, ce qu’il fait immédiatement en lui signifiant la raison de la confiscation de son permis. La surprise est de taille : « monsieur, vous venez de griller un feu rouge ! », en mettant en exergue les experts qui ont installé ces feux.

Après un moment d’étonnement, Mohamed descend de son vieux tacot et tente d’expliquer au policier qu’il ne pense pas avoir commis une faute surtout avec ce feu fléché qui prête à confusion. Il le sent beaucoup plus comme un piège qu’un feu réglant la circulation. Lors de sa visite de la semaine d’avant, il lui avait affirmé avoir commis le même geste. La scène commence à repasser dans la pauvre tête de l’infortuné en essayant d’apporter les arguments aux cas extrêmes:

1er cas: Le feu de droite est au vert, tandis que pour celui du milieu la flèche est allumée au vert:

Comme il n’a aucune indication lui interdisant de tourner à gauche, il passe puisque celui du milieu ne concerne que les véhicules qui vont tout droit.

2ème cas : Le feu de droite est au rouge, celui du milieu la flèche est au rouge:

Pour le premier feu, il doit s’arrêter mais comme il lui semble logique que le second soit récent vis-à-vis du premier, il peut passer à gauche car celui-ci ne doit concerner que les voitures qui souhaitent continuer leur chemin dans le sens direct.

Résultat de l’enquête: ce feu comporte différentes drôleries. A son avis, il manque plusieurs facteurs, de la clarté et de la cohérence. L’absence d’abord d’un feu fléché indiquant la direction de gauche comme ceux d’en face et de gauche. Le second paramètre, c’est le nombre de voies qui pose problème: une 3ème voie s’impose sur les deux routes.

Les mÊmes cas partout

Après plusieurs palabres, Mohamed avait fait la promesse d’inspirer l’auteur de ce papier sur le sujet car ces anomalies de panneaux de signalisation posent un réel problème au sein de nos routes et de nos villes. Une mauvaise indication constitue un obstacle à la sécurité routière, nuit à la circulation routière et peut causer des accidents graves surtout que le pays est considéré comme l’un des mal classés à l’échelle mondiale.

D’abord, la signalisation verticale doit être accompagnée d’une signalisation horizontale pour enlever tout hasard, ce qui n’est pas le cas de cette situation incongrue.

La signalisation routière en Algérie est truffée d’appâts de ce type. La ville d’origine de Mohamed n’est pas pionnière en la matière. Que vous allez à Alger, Oran, Annaba, Skikda, Témouchent ou Berrouaghia, etc… je suis archi sûr que vous trouverez des cas similaires plus étranges les uns que les autres. Les accidents de la circulation ne sont pas spécifiques à une certaine région du pays mais c’est un massacre qui affecte tous les coins du pays quoiqu’on enregistre avec une satisfaction certaine une baisse sensible ces derniers temps grâce à l’ouverture de tronçons d’autoroute et par l’application du nouveau code de la route.

Même sur l’autoroute, la signalisation diffère d’un tronçon à un autre comme celui des sorties d’autoroutes qui sont rappelées à 2000 et à 1000 mètres sur fond blanc dans la quasi partie de la partie ouest. Une homogénéisation des plaques de signalisation doit être aussi harmonisée pour être en concordance avec l’ensemble des signaux. Ne parlons pas de l’anarchie des plaques qui sévit partout ailleurs. Une enseigne annonce un cabinet médical par là, celle d’un mécanicien ou d’une pharmacie à l’angle de la rue par-ci.

Il faut quand même signaler que le nouveau code de la route comporte certaines objections. Il n’est pas impartial qu’un excès de vitesse et un dépassement dangereux soient sanctionnés presque de la même façon que pour la carence d’un feu de position grillé en 2 secondes d’utilisation par la faute d’importation d’ampoules non adéquates et non conformes aux normes. Il faut que certaines dispositions de la loi soient revues pour une application juste. En retournant le Week-End dernier sur les lieux, Mohamed a remarqué que les fameux feux étaient toujours en place. Mais à sa grande surprise, ils étaient, cette fois-ci tous éteints. Faut-il conclure que les responsables concernés se sont-ils enfin rendu compte de l’anormalité ou que ces feux étaient–ils involontairement à l’arrêt ? Tant qu’ils ne soient pas changés, on ne peut rien avancer.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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