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Beau fixe, disiez-vous ? par Ali Brahimi

27 mai 2010

Contributions

L’étoile polaire, de par son éloignement dans l’espace par rapport à la terre, donne l’impression qu’elle est au beau fixe.

Pourtant, elle se meut continuellement depuis la nuit des temps. A l’image de l’ensemble des composants de l’Univers.



A l’inverse, le genre humain, ce grain de poussière en mouvements et changements successifs mais aux fins assurément périssables, demeure fixé sur ses certitudes existentielles néanmoins éphémères et, par vanité qui lui est spécifique, il les considère comme des vérités immuables.

Pourtant, durant l’enfance, nous percevons le temps et l’espace tout à fait différemment lorsque nous devenons adultes, et plus encore dés lors nous atteignons l’age de la vieillesse, avec tout son fardeau, estimé comme celui de la sagesse et la prudence.

En effet, en étant jeune, le temps nous parait prolongé et les choses lointaines dans l’espace. A l’image d’un enfant enjambant la rue sans faire attention à un véhicule, lui paraissant assez distant, roulant à toute vitesse et qui, donc, pourrait l’écraser le plus normalement du monde.

Ainsi, en grandissant, ce qui était spacieux et éloigné, à ses yeux, se rétrécit et s’amenuise progressivement. A l’image du temps également. A ce propos, beaucoup de gens âgés disent : Que le temps passe plus vite qu’avant !

Néanmoins, avec l’âge, nous devenons mesurés dans notre vision à l’encontre de l’environnement. Donc, en principe, nous saisissons mieux nos limites et nous percevons profondément les écarts. Ce qui n’est pas du tout évident pour tous les gens lesquels, de temps à autre, procréent les pires excessivités et retournements inattendus au vu de leurs comportements, appréciations et jugements de valeurs. Par ailleurs, c’est dans notre propre nature, également, de vouloir se surpasser afin d’atteindre non pas seulement le beau fixe – à ce propos d’autres disent que tout les clignotants sont au vert même s’ils sont au rouge -, tel que nous le percevons à tort, et ce, en utilisant divers subterfuges trompeurs.

Ainsi, le genre humain s’acharne obstinément d’acquérir tous les moyens lui permettant de se surclasser par rapport aux êtres qui l’entourent et, donc, d’aller dans la voie le menant aux «convictions» parfaites, voire le beau fixe n’existant, quant à lui, que lorsque nous nous trouvons dans la tombe.

Ainsi figés, devant l’Eternel, tout en mangeant les pissenlits par les racines.

Malgré cet inévitable aboutissement poussiéreux du corps, l’âme du genre humain, de son vivant, s’accommode, paradoxalement, avec «l’élégance» de la menterie conjuguée à la rage de vivre, de créer, de posséder, d’avoir raison, d’avoir de la suprématie, de duper, falsifier l’Histoire, rehausser la bassesse, forcer la porte de la gloire pour ceux qui ne la méritent pas car s’acoquinant avec la compromission dégradante, etc.

C’ETAIT LA FAUTE A VICTOR HUGO ET ADOLphE CREMIEUX

Le dernier film, du cinéaste franco-algérien Rachid Bouchareb, sur les douloureux événements du 8 mai 1945, en Algérie, coïncidant avec la fin d’un supplice, que la nature humaine avait propagé durant cinq longues années apocalyptiques à l’échelle mondiale, reflète le coté autodestructeur de ce qui vient d’être décrit plus haut.

En effet, des centaines de millions de morts, de blessés, désaxés, déplacés…, n’avaient pas suffit à étancher la soif de l’absurdité, du genre humain, reconduite jusqu’à l’heure actuelle sous d’autres formes. Ce que justement le film, «hors-la-loi» dudit auteur, tente de faire rappeler ce contexte Historique et souligner les anciennes configurations de l’horreur afin d’éviter, un tant soit peu, qu’elle ne se reproduise sous d’autres frénésies en terme de mémoire agitée, actuellement, de part et d’autre des deux rives de Mare Nostrum.

Aussi, ce qui est édifiant de noter, c’est la solidarité agissante de la plupart des artistes du Maghreb, résidants en France, avec le réalisateur Franco-Algérien. Une concorde des plus dignes, qui serait appréciée, outre tombe, par les ascendants Maghrébins autrefois brimés collectivement. Avec les juifs d’avant la loi d’Adolphe Crémieux leur octroyant, plus tard, une identité toute autre que la leur. Un cadeau empoisonné qu’il n’avait pas prévu les effets pervers, peu après, sur les consciences identitaires des autochtones.

Pour tout dire au sujet de ce film confondant des fois dates et faits historiques, il y a des zones d’ombre sujettes à des clarifications, puisque c’est de l’Histoire qu’il s’agit, relatives à l’enchaînement avec son film «Indigènes» morts pour la France durant la guerre mondiale, et celui des hors-la-loi du 8 mai 1945, morts contre la France, cristallisé par les destins de trois frères : Messaoud le tabor d’Indochine, Abdelkader présumé futur responsable FLN, et enfin Saïd le maquereau de Pigalle.

S’agissaient-ils plus largement du Maroc, Algérie, Tunisie ; ou alors ils représentent d’autres personnages algériens, d’une même cognation, et /ou assimilés, durant la guerre de libération nationale comme dans les films, de Mohamed-lakhdar Hamina, donnant des prénoms identiques à ceux des membres de sa famille et plus prosaïquement aux gens du pouvoir post indépendance ? Mais, Lakhdar Hamina sans Mohamed – ainsi affiché sur les panneaux publicitaires du film et rapporté à l’époque par l’hebdomadaire Révolution africaine et tant d’autres journaux -, il avait bien su combiner les faits historiques. Il avait la bonne expérience personnelle pour faire ce genre de chroniques d’images.

Il est utile de noter que l’Algérie, dit-on, à participer pour 20% du budget, s’élevant à 20 millions d’Euros, pour réaliser cette œuvre cinématographique. Avec pour publicité gratis en plus ! N’est-elle pas belle la vie ? Malheureusement, la consécration d’être… hors-la-loi ne rime pas avec l’air du temps. Le film sur les Indigènes encore moins car il horripile les bonnes «consciences» des passionnés du passé colonial de la douce France et de son… enfance insouciante du sort des orphelins bougnoules et autres dhimis, ghettoïser par l’empire ottoman, juifs devenant français a part entière qu’à partir de 1870.

A ce titre, le film n’a décroché aucun butin honorifique. C’est le remake d’Indigènes se voulant lui aussi, pour sa part, primé puisque ils ont combattu pour la France. Hélas ! C’est peut-être pour ça qu’il y’a eu hors-la-loi ainsi formulé par son réalisateur. Celui-ci le sera pour longtemps aux yeux des nostalgiques d’hier, d’aujourd’hui et peut-être de demain car la mémoire se transmet toujours pêle-mêle, quoique que l’on fasse pour l’éviter, aux générations actuelles qui n’ont pourtant rien à se reprocher pour la simple raison qu’ils n’ont absolument rien à avoir avec ce qui s’est passé. Cependant à force de les embrouiller, ils casseront, un jour ou l’autre, les baraques dans les deux rives. Le deuxième film sur l’Algérie, du français Xavier François Beauvois, relatant le calvaire des moines de Tibhirine, résidant en Algérie depuis bientôt deux siècles, a décroché, à juste titre d’ailleurs, le Grand prix du jury du 63 é Festival. Ainsi va le Monde «Des hommes et des dieux».

Ainsi, reconnaître et assumer, de part et d’autre des deux rives, la responsabilité devant l’Histoire, et surtout auprès de celle qui va configurer l’avenir, est devenue non seulement une nécessité mais un devoir civilisateur en substitution à celui raté, car imposé comme cette histoire de la colonisation jugée «positive» par des gens horrifiés par l’idée que ce n’était nullement du beau fixe.

Au contraire, c’était plein de nuages orageux. D’une maniéré ou d’une autre, le cours de l’Histoire charrie, dans sa Poubelle – du nom d’un inventeur français -, tous ses faux épisodes définis en usurpation des droits d’assumer son identité dans l’indépendance totale et le libre-arbitre de toute sujétion de quelque nature que ce soit et là où l’être humain se retrouve dans son élément. La terre est ronde comme le cerveau humain ! Le temps, de l’inquisition condamnant Galilée pour l’avoir affirmé, appartient à l’époque préhistorique des esprits dérangés. A l’image de celui qui perd la «boule» !

DU FRONT POPULAIRE DE LEON BLUM AU GENERAL CHARLES DE GAULLE ENFIN«COMPRENANT»

À Sétif, beaucoup de manifestants algériens vivants encore, dans mon patelin, avaient vu des femmes juives, sur les balcons des battisses de la ville de Sétif, lançant des youyous moqueurs adressés aux colons français, en majorité des vichystes endurcis, lesquels fulminaient en entendant ces cris de joie encourageant les manifestants sollicitant, pour leur part, d’être associes à cette libération de la botte fasciste là où elle se trouve. L’Algérie croyait vivre au temps du Front populaire. Ils espéraient que la France gaullienne opère, comme en 1943, des réformes allant dans le sens des valeurs fondatrices de la République française. Ce qui à accentuer la colère des colons, surpris par ce retournement inattendu de situation. Ironie du sort, ce sont eux qui ont enclenché en vrac le processus fatidique de leur exil, vers l’inconnu, à partir de cette date.

Pourtant ces bicots, n’ayant pas droit à la parole, se rangeaient avec les victorieux contre le nazisme père spirituel du pétainisme se complaisant en toute idiotie dans le beau fixe, sous la botte du nazisme, du ciel de la douce France cocagne et néanmoins… connarde. Justement, c’était sans compter avec les intentions cachées des «maréchal nous voila» se muant de pieds-noirs en mains rouges. Par le sang des Indigènes, Hors-la-loi et autres Fellagas algériens et Maghrébins d’une manière générale. Aujourd’hui ce n’est plus les pieds et les mains qui gesticulent, mais le regard haineux affiché par l’état d’esprit raciste qui prend le relais. Une terrible monomanie au tréfonds du ventre.

La colonisation française, en Algérie, avait débutée par un génocide mené par le fil de l’épée, le feu et le sang, et s’est achevé au napalm aveugle détruisant monts boisés et villages avec leurs habitants déracinés, paupérisés…. Qui est le premier hors-la-loi dans toute cette histoire ?

Cette semaine des organisations nationales prestigieuses, telles que celles de la fondation du Cheikh El Mokrani, Cheikh Bouamama et du 8 mai 1945 ainsi que l’instance algérienne pour le combat contre l’esprit colonial, ont collectivement adressé une pétition, dont les propos ont été rapportés par le Quotidien El-Watan du 24 mai 2010, au premier magistrat du pays afin qu’il donne suite au projet de loi incriminant la colonisation française. Parmi les griefs exprimés de la part de cette coalition détachée de tout lien, sauf celui de la mémoire collective du peuple algérien, notons ce qui suit : «Nous demeurons convaincus que vous n’hésiterez pas à tout mettre en oeuvre pour assurer le succès de ce projet qui, du reste, est le vôtre, du fait que vous avez été le premier à demander à l’Etat français la reconnaissance de ses crimes en Algérie et d’en demander pardon auprès du peuple algérien».

Sans doute, le premier responsable du pays, à moins d’une surprise, irait dans le sens de cette exigence formulée par ces organisations se proclamant totalement indépendantes et dénuées de toute activité politique. Et si ces organisations sont-elles aiguillonnées par des services hautement juchés au haut niveau de l’Etat ? Si c’est dans le bon sens de l’Histoire, qu’elles soient hautement remerciées et honorées. Et si c’est dans l’autre, défini en magouilles politiciennes à l’air du temps, au seul intérêt d’une personne ou de groupes d’intérêts ? Alors là, qu’elles soient condamnées par l’opprobre que l’Histoire ne manquera pas de l’inscrire à sa façon. Car des centaines de milliers d’Algériens et Algériennes l’ont façonné, par le sacrifice suprême, dans le sens de l’Histoire qui ne trompe jamais. Il pourrait être détourné momentanément. Mais, il reprendra toujours son cours initial. Toujours.

AUTRES SUJETS D’ACTUALITE

Un sujet, non moins important, mérite une attention toute particulière du fait de son actualité, à plus d’un titre, tant au niveau national lors des années soixante du siècle passé : les gerboises françaises, code donné aux différents essais nucléaires militaires dans le Sahara Algérien de 1960 à 1967. Qu’au plan international.

La guerre froide, entre les ex blocs Est/Ouest, avait généré des essais d’explosions nucléaires plusieurs fois plus que les bombardements des deux guerres mondiales assez… chaudes. C’était le temps des armes de la dissuasion massive que seuls deux pays possédaient. Un projet d’accord, de non-prolifération des armes nucléaires, présenté en 1968 et signé par les parties concernées qu’en 1970 et qui, contre toute attente, n’a jamais été respecté par les victorieux de la deuxième guerre mondiale.

Entre-temps, d’autres parties, membres de l’ONU, ont fait à leur tête et n’ont pas signé ledit traité. Ils en possèdent et l’affichent ouvertement au mépris de ladite convention onusienne. La dangereuse récente brouille entre les deux Corées pourrait faire évoluer l’arme atomique dissuasive à celle persuasive. D’autres aspirent l’acquérir. Rien n’est figé ni dans le beau fixe ni dans son contraire.

Pour les essais nucléaires français en Algérie, et ses crimes colonialistes en général, un projet de loi incriminant ces actes est en train de circuler dans le labyrinthe des adresses perdues, d’autant plus qu’il n’a pas du tout envie de s’en sortir de ses arcanes pour le moment. Cela tomberait mal a propos, craignent nos soi-disant stratèges en géopolitique nucléaire, voire nuisant les intérêts, des uns et des autres, liés à la conjoncture actuelle se voulant préoccupés par le seul cas du nucléaire Iranien. Le tout tourne, uniquement, autour de la sécurité de l’enfant exagérément choyé, depuis le 8 Mai 1945, au mépris du bon sens et même du fier caractère profond, des us et coutumes juives, issu pourtant d’un drame provoqué par des gâteux nazis de la France des «bonnes consciences» et d’ailleurs. Il s’agit bien évidemment de l’Etat d’Israël représenté ouvertement par ses extrémistes faisant fi des leçons de l’Histoire, et se prévalant toujours comme entité vivante au beau fixe éternel sur la terre promise – et au paradis garanti par Yahvé – ; et que tous les autres aillent se morfondre, a l’image des juifs dans les années de la Shoah – shoah en arabe veut dire grillé -, sous… terre. Au «beau fixe»dans… l’enfer !!

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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