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«Hors-la-loi» Rachid au pays des merveilles par Notre Bureau De Bruxelles: M’hammedi Bouzina Med

23 mai 2010

Non classé

Ne pas aimer un film est une chose. Nier la répression coloniale érigée en système par l’Etat colonisateur en est une autre. Cela s’appelle le négationnisme.Quant à la dimension de l’art cinématographique, c’est trop demander à des esprits marqués par la haine et la défaite.



Les réactions en France au film «Hors-la-loi» de Rachid Bouchareb sont symptomatiques de l’état politique (et mental) dans lequel est plongé ce pays depuis l’arrivée de la droite «style Sarkozy» au pouvoir en 2007 : interrogation sur l’identité de la France ; explication de la crise économique et sociale par la présence de l’immigration ; flirt avec les thèmes de propagande de l’extrême droite ; désir d’identification à l’oncle Sam d’Amérique dans ce qu’il représente comme force de frappe (George Bush) ; complexe de supériorité par rapport aux pays du tiers-monde (discours de Dakar)…

La manifestation du mal français est si grave que «l’abcès» a grossi sur la face d’un temple supposé hors d’atteinte : le Festival du cinéma de Cannes. C’est-à-dire un lieu par essence où l’expression, qui plus est artistique, est libre. Autrement dit, le cinéma n’est rien d’autre qu’une forme artistique fantasmée, y compris du réel, de l’imaginaire de son auteur.

Ceci rappelé, qu’en est-il de cette querelle mise en scène autour du film «Hors-la-loi» ? L’histoire, dit-on. Ou pour être plus précis, la vérité historique. Seulement, on ne nous dit pas laquelle des vérités historiques : celle de l’armée française coloniale des années quarante, ou celle des victimes des crimes de cette même armée, et dont des milliers sont encore vivantes ? Au-delà, et comme me le rappelait si bien un proche survivant de la tragédie de 1945, « on ne peut comparer la réaction des victimes algériennes prises dans l’engrenage de la violence et qui a fait quelques victimes européennes, avec la répression coloniale érigée en système par un Etat, celui français de l’époque, qui a fait des milliers de victimes.» Là est non seulement la vérité historique, mais aussi la différence entre l’oppresseur colonial et l’oppressé qui se défend comme il peut.

Mais revenons à la polémique sur le film proprement dit, qui titille un vieux débat sur la question, celui du rapport du cinéma à l’Histoire. Que les détracteurs de Bouchareb nous expliquent depuis quand le cinéma s’est déclaré historien ? Le cinéma ne s’est jamais attribué le rôle de l’historien chercheur. Le cinéma représente ou raconte l’histoire selon ses propres procédés, soit la mise en scène, pour évoquer un fait passé. Et jusqu’au film documentaire qui reprend des moments ou fragments d’histoire pour les restituer : l’objectivité ou la «vérité» des fait racontés ne résiste pas à «l’effet cinématographique» justement.

Des spécialistes de l’étude du cinéma et son rapport à l’histoire tels Marc Ferro, George Sadoul, Christian Delage, Antoine de Baecque, Gilles Deleuze…, pour ne citer que les auteurs français, sont unanimes pour faire le distinguo entre le travail de l’historien et celui du cinéaste. Sinon, les milliers de film sur les drames « historiques » de l’humanité, tels les deux guerres mondiales, la Shoah, les ravages du fascisme et du communisme sont tous, sans exception, à interdire ! Il aura fallu attendre la chute du Mur de Berlin, en 1989, pour que les peuples de l’Europe de l’Ouest découvrent tous les sacrifices et les héroïsmes des soldats de l’Armée rouge de l’ex-URSS, pour comprendre comment l’Allemagne hitlérienne a perdu la guerre ! Pour découvrir que se sont les Russes qui, les premiers, ont délivré les prisonniers des camps nazis !

Que fait-on alors des très nombreux films occidentaux qui racontent autre chose, sans évoquer le sacrifice des Russes ? Les interdire ? C’est pourquoi la levée de boucliers de responsables français et la manifestation qui a eu lieu à Cannes au moment de la célébration de l’art cinématographique, n’est rien d’autre qu’une réaction obscène, haineuse et injustifiable de quelques nostalgiques de la France de papa. Comme ceux nostalgiques du régime de Vichy ou d’Hitler. Ils n’ont rien compris à l’histoire et comprennent encore moins la majesté de l’art.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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