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Négation coloniale, trous de mémoire ou trop de mémoire ? Par : Abdelhakim Meziani

22 mai 2010

Contributions



C’est ainsi que je commence la présente chronique avec un clin d’œil appuyé à mon amie Esther Benbassa. Ce qui se passe présentement en France ne relève point du hasard. Encore moins la récente décision de Raymond Domenech d’écarter injustement Benzema et Nasri de la sélection française

à l’effet de plaire au courant lepéniste qui semble servir de référence idéologique au pouvoir dominant en place. Un pouvoir en mal d’imagination qui, convient-il de souligner ici, à défaut de prendre en charge la réalité concrète semble accorder une priorité sacro-sainte à la fuite en avant et à la division. Sinon comment expliquer les sempiternelles attaques contre tout ce qui peut incarner la différence dans une société pourtant multiconfessionnelle et pluriculturelle ? Pour mieux décrypter la négation ambiante, judicieusement rappelée aux bons souvenirs des uns et des autres par l’éclatante chanteuse de Rapp Diam’s sur le plateau du “Grand Journal” de Michel Denisot, il y a lieu de se référer utilement aux élucubrations cathodiques d’Éric Zemmour et, surtout, à son dernier livre où il pose un regard tendancieux sur l’Histoire de France à travers le prisme de l’héritage romain. Tirant de son constat une mélancolie, une mélancolie bien française, l’auteur tente, lit-on dans une présentation, de déceler les moments où les destins basculent dans un sens ou dans un autre, tant il est vrai que l’histoire est faite de causes et de conséquences, parfois de constantes ou de nécessités, rarement de hasard… Partisan pas trop zélé de la tradition assimilationniste française, il ne rate aucune occasion pour stigmatiser le modèle actuel “d’intégration des immigrés” qu’il juge trop peu exigeant, poussant l’outrecuidance jusqu’à comparer l’“immigration” à un “tsunami démographique” et à soutenir, devant Jacques Attali, que “les immigrés étaient directement responsables de la baisse des salaires depuis une vingtaine d’années ainsi que du chômage. Lors de la présidentielle, on a vu à l’œuvre un terrifiant vote ethnique irréfragable : 94% des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas”. Un discours savamment irrigué par un certain Pierre-André Taguieff, chercheur au CNRS, où il est souligné que “le progressisme antiraciste n’était que le successeur du communisme, avec les mêmes méthodes totalitaires mises au point par le Kominterm dans les années 1930”. Une si tenace haine de l’antiracisme de la part de l’idéologie dominante et de certains milieux français doit cacher quelque chose. Mais quoi, s’interroge non sans arrière-pensées un confrère de l’Hexagone ? Je pense que la réponse à un tel questionnement est donnée par ce constat du chroniqueur du Figaro : “L’année 2000 se signale par une brutale montée des violences et des menaces antijuives alors que sont fortement médiatisés les affrontements israélo-palestiniens liés au déclenchement de la deuxième Intifadha. Dès octobre 2000, la force des images joue contre Israël lorsque l’éprouvante séquence de la mort du jeune Mohammed al-Doura, filmée en direct, passe sur toutes les chaînes de télévision. L’image du Palestinien devient celle d’un enfant martyrisé par une armée impitoyable et sans visage.” Pour l’historienne Esther Benbassa, directrice d’études à l’École pratique des hautes études, c’est le débat sur l’identité nationale qui a ouvert la boîte de Pandore : “Le débat sur les minarets est seulement venu s’y greffer, prenant le relais de celui sur la burqa. À l’heure de la mondialisation, notre pays, fragilisé, continue de reconstruire son identité contre l’Autre. Rien de très nouveau là-dedans. À l’ère de l’industrialisation, au XIXe siècle, qui fut aussi celle de la naissance de l’antisémitisme moderne, ne l’avait-il pas fait contre les Juifs ?” N’en déplaise à Isabelle Adjani qui, se postant spontanément pour la jupe contre la burqa, s’est dit “profondément désolée” pour Diam’s, ajoutant que “la jupe est une anti-burqa contre l’obscurantisme et la haine des femmes”.        

A. M.
me

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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