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Les leçons non retenues font toujours recaler par Farouk Zahi

17 mai 2010

Contributions

Faut-il qu’à chaque débâcle se dissimuler derrière le régime politique et d’autres considérants ? Ou faut-il changer résolument de comportement ? Tenter vainement de lutter contre l’hydre systémique et cela de l’aveu même du premier magistrat du pays, ou bien de restructurer notre matériel neuronal pour une autre approche dans la perception des défis de l’heure.



De plusieurs ordres, de la sécurité hydrique à celle des nutriments et de celle du médicament à celle de la technologie, ils ne semblent inquiéter personne en dehors du cercle restreint des initiés.

L’épuisement des ressources énergétiques fossiles n’est pas un effet d’annonce, mais une réalité de demain. Et c’est à moins de deux décennies qui ont déjà commencé à courir. En matière d’alternance au sommet de la pyramide, nous sommes à six ou sept mandatures, nous talonnons beaucoup de pays dit libéraux. Malheureusement, les résultats obtenus sont loin des attentes. Il est clairement établi, par les lois de la nature, qu’il n’y pas de bon grain sans un bon terreau tout autant que l’inverse puisse être vrai.

Les donneurs de leçons démocratiques seront les premiers à bâillonner la parole. Les prédicateurs péroreront sur la stigmatisation de leurs propres travers ; la Commedia Dell’Arte se déroule tous les jours sous les yeux de tout le monde. Le détournement est devenu une pratique nationale, elle s’exerce impunément par le piquage de la conduite d’eau, au branchement illicite de l’énergie électrique à partir d’un candélabre public, de l’empiètement sur le domaine public à l’accaparement des richesses nationales. Il y a à tous les goûts et à tous les coûts. L’enfance et l’adolescence n’en sont pas exemptes. La tricherie est enseignée à l’école, elle est pédagogiquement menée ; elle commence par l’offrande de douceurs à la maîtresse jusqu’aux liasses de billets glissées ingénument dans la poche profonde de la blouse du maître. Ne dit-on pas que la fin justifie toujours les moyens ? Ces derniers sont irrésistibles et percutants, ils viennent à bout de tous les remparts.

La morale mise à mal s’est effilochée face à l’appauvrissement, d’ailleurs tout relatif, car tout le monde a été nourri à la corne d’abondance de l’Etat providence. Cette propension à gaver ne semble pas avoir diminué ; aux dernières nouvelles, Algérie Telecom compte offrir aux membres des services de sécurité et à la Famille révolutionnaire des tarifs préférentiels allant jusqu’à 50% de dégrèvement. Il n’est nul besoin d’être grand devin pour prédire un funeste avenir pour l’opérateur historique. Les opérateurs arabes installés par le miracle de l’ouverture économique, ne pouvaient même pas s’illusionner d’une telle aubaine. La partition, dans les deux sens étymologiques, se jouera sur du velours. La suite est connue d’avance, déséquilibre budgétaire, velléitaire perfusion financière, travailleurs sur le carreau ; le scénario est aussi fade que celui d’un navet de série B. Il y aura toujours un gestionnaire bouc émissaire et un magistrat pour déclarer la faillite consommée.

Personne n’a le droit, fût-il historique, de brader le patrimoine des générations à venir. De petits pays, sans «Histoire», passent le plus clair de leur temps à organiser des votations pour toute décision concernant le citoyen. S’agirait-il même d’un simple petit minaret. Etre ou ne pas être, la question est posée depuis plusieurs siècles ailleurs. Les petits consensus aguerrissent et préparent le citoyen aux décisions majeures dont il sera tenu pour l’unique comptable. Ce même citoyen, tenu à l’écart, transformera son énergie vitale en force d’inertie. Il gesticulera autour de l’injonction pour faire croire à son entière adhésion par sa vassalisation qui ne peut être qu’intéressée. Les exemples ne manquent hélas pas, la machine bureaucratique locale est le meilleur prototype de la duplicité. Elle dénigre en aparté son propre discours officiel et toute honte bue, elle se désolidarise fréquemment des collaborateurs auteurs de couacs. On leur trouvera un chapelet de motifs pour faire sonner le glas de leur déchéance. Au suivant !

La fraternisation par le bouss-bouss est passée depuis longtemps dans les mœurs d’Etat. Un membre du gouvernement en visite d’inspection est lamentablement «aseptisé» (il serait plus approprié de dire contaminé) dès sa descente de son moyen de locomotion. La congratulation humide et résonnante est, en toute apparence, une frime pratiquée de manière grotesque pour impressionner l’assistance qui est loin d’être dupe. D’ailleurs, le port de la tenue d’appart n’est apparemment exigible que pour trois personnalités de la structure étatique. A partir de cette exception, tous les autres seront inconsciemment fourrés dans la loge de la collégialité. Les services protocolaires ont souvent du mal à différencier le sénateur du député, tellement les différences sont ténues. La différenciation se fera empiriquement selon l’intensité de l’accolade exercée sur l’invité du jour. Il faut conquérir sa place à l’auditorium et surtout à la salle à manger. Il y va du devenir politique de l’élu national. L’élu local sera heureux qu’on ne l’ait pas oublié et qu’il se contentera d’un évanescent et fugace plan sur l’écran TV au moment du JT. Le soir, entouré de sa progéniture, il guettera les images merveilleuses, le doigt fébrile sur le bouton du DVD. La postérité doit savoir qu’elle est de bonne ascendance. Tout ce micmac va à l’encontre de l’intérêt public. Sans autodiscipline, les grands objectifs de développement seront immanquablement dévoyés et leurs effets mis en péril. On crée le malaise par des promesses non tenues ou qui viennent tardivement pour ensuite réquisitionner la force publique pour calmer les esprits, le temps d’autres promesses. Un général colonial de sinistre mémoire ne disait-il pas à sa hiérarchie, au lendemain des massacres de 1945 : «Je vous ai ramené la paix pour dix ans, à vous maintenant d’en tirer la leçon !». S’il est vrai que la comparaison est excessive et largement disproportionnée, la lugubre sentence est dans ce cas toujours d’actualité.

Les décisions tardives font toujours l’objet de marchandage populaire et parfois populiste. Ils apportent de l’eau au moulin des attentistes et des dénigreurs, ils entretiennent les braises du malaise social. Le simple fait d’occulter les besoins biologiques de l’administré par l’absence de vespasiennes, le met dans un inconfort insoutenable quand on sait que certaines pathologies sont profusément productrices de déchets organiques. Prosaïques certes, mais les désagréments sont intensément mal vécus. On pestera contre le maire, même issu d’une prestigieuse université. Les décisions prospectives d’anticipation, prises en amont, inhibent toute tentative de dérèglement de la structure sociale bien arrimée aux fondements de la République dans son acceptation moderne, ou séculière autour du consensus communautaire. Les pare-feu ancestraux sciemment disqualifiés n’ont pu être avantageusement supplantés par un tissu associatif encore immature. La communication, mère de toutes les vertus dirions-nous, est sans nul doute l’actuel tendon d’Achille de tous les décideurs potentiels. Utilisée comme moyen de domination, elle préparera le lit de la contestation et de la remise en cause. Chaque fois que l’individu est informé, plus son engagement est affirmé et son ego respecté. Ce besoin viscéral de considération est tellement important qu’il en devient une quête permanente. Le sentiment de frustration peut mener parfois à des comportements inconsidérés, allant à contresens du propre intérêt de l’individu. D’où le curieux adage populaire : «Nif ou el khssara !». C’est tout dire !

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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