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La preuve que l’argent est sale en Algérie par Kamel Daoud

11 mai 2010

Contributions

Ils sont vieux, usés, sales, salis, déchirés, scotchés et démodés. Pas les anciens, vrais ou faux, moudjahiddine, mais les billets algériens de 200 DA. C’est de l’argent sale, vraiment sale, et qui donne honte. Et si on en parle aujourd’hui,

c’est parce que c’est le seul argent sale dont on peut prouver l’existence, qu’on touche du doigt et qui transite par les mains du peuple. Pour l’autre argent, celui des chiffres, on n’en sait rien sauf ce que laissent fuir les tuyaux ou sous-entendent les journaux. Le message involontaire est peut-être clair : les milliards algériens invisibles sont aussi sales que les 200 DA de chacun. Un Régime ne pouvant se tenir debout qu’en ouvrant droit à l’argent sale à des classes sociales de soutien de plus en plus large. Bien sûr, l’exercice a un risque : à un moment, il y a rupture et soulèvement de la plèbe, mais en attendant, c’est le cas : salissez-vous les mains, vous comprendrez mieux. Le Régime paye pour qu’on le laisse survivre chaque jour, un jour de plus et il le fait de plus en plus. Né de la fraude, il se sent en sécurité dans le compromis et appelle à la compromission. C’est ce qu’on sait de lui, de manière générale, tout en ne pouvant accuser personne de particulier. Tout ce qu’on peut prouver, c’est que les billets de 200 DA sont peu hygiéniques et ressemblent à des chiffons et que personne ne s’en soucie chez ceux qui les fabriquent. La raison possible est que passé une certaine altitude peut-être, les transactions se font d’abord avec le billet neuf de 1000 DA, puis avec le billet sensuel et craquant de l’euro et du dollar.

Les 200 DA sont donc l’argent de la plèbe, du quotidien, les sesterces, pas celui des grosses transactions : c’est une monnaie sous forme d’un billet en papier. Tout cela pour dire quelque chose d’utile et de simple qui n’a rien à voir avec la politique ou l’usure du sens, ni avec l’opposition ou la critique systématique : il faut penser à intégrer une opération « billets de 200 DA propres » dans le cadre général de la lutte contre l’argent sale. De ceci, au moins, on peut ne pas douter et on peut le vérifier tout seul, sans enquêteur du CTRI et de visu par chacun. C’est une opération qui peut occuper un exécutif oisif depuis des mois, relancer l’intérêt général pour le Pouvoir et se traduire par des mains plus propres pour chaque citoyen. Commençons donc par l’argent de tous les jours.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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