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Des silences qui en disent long… par Farouk Zahi

6 mai 2010

Contributions

….sur le mépris, à peine voilé, de certaines têtes dites pensantes. Essayez, cette assertion sur vos propres connaissances, vous en seriez surpris !



Envoyez, par exemple, dix émails, vous ne recevrez dans le meilleur des cas que deux réactions à peine. Le silence marmonnant, est devenu un caractère psychologique national ; on le subit et on le fait subir. Il se pratique à toutes les échelles, de la haute hiérarchie à la plus petite cellule bureaucratique. Pousser la comparaison à d’autres sphères supranationales, ne fera que majorer notre dépit. On risque, à tous les coups, de recevoir une réponse inattendue à un courrier adressé à un grand organe de presse ou même à un monarque installés ailleurs, mais on risque moins ou pas du tout, quand il s’agira de l’édile ou du responsable administratif local. Répondre à une sollicitation, est une civilité en soit ; elle marque le respect que l’on accorde à toute personne humaine qui interpelle l’autre. Ailleurs, même l’animal, a droit à de la considération. La Belgique vient d’inaugurer des palaces pour chiens et chats avec des suites. On n’en demande pas tant, mais c’est juste pour dire qu’il y a un effort à faire en matière relationnelle et communicative.        L’écho, ce phénomène sonore physique, est la réponse de l’inerte à l’appel qui fuse, fut-il animal. Essayons maintenant d’envoyer par SMS, un attrape-nigaud, la multitude de réponses vous laissera coit. Condescendre à répondre à la sollicitation d’autrui, est certainement une violence que se font beaucoup d’individus imbus de leur statut social. Ils penseraient même, par ce geste somme toute ordinaire, faire l’aumône aux quémandeurs. Poser une question à son médecin traitant devient une gageure que peu de patients prennent le risque d’assumer. Si ce n’est pas le mutisme, c’est parfois la réponse cinglante qui frise l’humiliation.

Cette répression intellectuelle est largement pratiquée et ne s’en rendent compte que ceux qui la subissent tous les jours. Elle ne sera caustiquement ressentie par certains que lors des traversées de désert auxquelles, leurs congénères les livrent poings et pieds liés.

Souvent démunis d’argumentaires convaincants, ils se mureront derrière des silences complices, protégés par des portes capitonnées ou distilleront des strophes sibyllines par l’entremise de sbires virevoltants. Quand le gourou décrète sa sentence, tout le monde s’aplatit quitte à s’abjurer plus tard.         Beaucoup d’entre eux, ont pourtant eu l’amère expérience dans le registre du déni. Au lieu d’en guérir, comme on guérit d’une maladie infantile immunisante, ils récidivent et s’en adonnent avec une curieuse délectation comme, pour conjurer le sort qui les a frappés un jour. A l’enfourchement de leurs chevaux d’airain, ils oublieront toutes les promesses faites aux compagnons d’infortune, ils changeront aussitôt leurs coordonnées téléphoniques et électroniques. Repus de leur forfaiture, ils feront semblant de regarder ailleurs. Ils rappellent tristement, ces naufragés qui, embarqués à mi-corps dans une chaloupe, feront tout pour repousser du pied, ceux qui tentent de s’y agripper. Chacun pour soi et D…, telle sera la devise. Et pour avoir, bonne conscience, on se dira, après tout ce n’est pas moi qui suis à l’origine de son problème ! Cette habitude acquise, celle de ne pas réagir aux sollicitudes, n’est pas de récente apparition, elle gîte dans le subconscient et ne peut remonter qu’à la prime enfance. On se rappelle du papa lisant son journal, ne répondant que par un hochement de tête ou par le mutisme. L’insistance du questionnement, peut même mener à l’impatience ou à la volée de bois vert. Si la gradation corporelle est dans l’ordre des choses, le plus grand opprimant le plus petit que soi, l’oppression a, malheureusement, envahi les espaces aussi bien intellectuels que professionnels. Quel recours peut avoir une étudiante, quand elle est soumise au harcèlement de son professeur ? Et qui la croira ? On lui reprochera, sans coup férir, son port vestimentaire et pourquoi pas son joli minois. On ne répondra pas à ses appels de détresse, le silence abyssal engloutira ses cris. Le conservatisme aidant, la dérive s’est ouverte de larges boulevards, entamant dans l’épaisseur de la cohésion sociale et faisant des violeurs de grands conquérants chevaleresques.

Le cas de cette jeune femme, violée par quatre énergumènes sur l’autoroute Est-Ouest dans la wilaya de Chlef, interpelle toutes les consciences. Bâillonnée par le milieu, elle n’aura même pas l’avantage de demander réparation, par les voies légales. Elle sera aux yeux de tout le monde, l’exclusive fautive ou dans le meilleur des cas, une victime collatérale des aberrations humaines que des analystes, inscriront dans le registre des mutations sociétales. Victime expiatoire, elle ruminera seule, sa détresse. Il en est malheureusement, aussi, de l’enfance qui subit des dérives de toutes sortes, de la traite éhontée aux sévices sexuels. Negachas, est la nouvelle terminologie désignant les ensacheurs de ciment en vrac. Ce sont des enfants sous payés et surexploités. L’omerta, protégera pour longtemps les auteurs ; ce n’est que fortuitement que les esclandres éclateront au grand jour. La journée internationale de la liberté de la presse fêtée parfois doctement, devrait inciter à plus d’humilité. La liberté d’expression, ne doit pas être seulement reconnue aux organes d’information ; elle devrait être démocratisée et à la portée du citoyen lambda. Quand une information est erronée ou empreinte de contre vérité, il faudrait offrir à celui qui en subi le préjudice, le même espace d’expression pour pouvoir y apporter la contradiction. Beaucoup de mises au point sont tronquées ou carrément remisées au placard.

Le phénomène osmotique doit être la règle cardinale pour enfin, pouvoir parler d’expression libre. Il suffit que le papelard ne réponde pas à la ligne éditoriale ou qu’il contrevienne à nos convictions politiques, pour qu’on le destine à l’incinération.

Le silence, encore lui, entourera les immensités insondables de la détresse humaine.

Des tribuns de défense des droits humains, sont en même temps, des pourfendeurs invétérés des droits sociaux, patrimoniaux et filiaux.

La liste, est hélas, bien longue pour être déroulée dans sa totalité.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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