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Les Fatimides (909-1171) Le rêve évanoui (I)

2 mai 2010

Histoire


La dynastie fatimide – chiite ismëlienne — tire son nom de Fatima, fille du Prophète Mohammad (QSSSL) et femme du quatrième calife Ali ibn Abi Taleb, lui-même son cousin. Les origines des Fatimides remontent aux Ismaéliens, chiites dont les partisans croient à l’apparition d’un mahdi — descendant de l’Envoyé de Dieu (QSSSL) par Ali et Fatima dans la lignée d’Ismaïl — qui devait – selon la croyance — réaliser la rénovation de l’Islam et rétablir la justice parmi les hommes.

Fondation du califat fatimide
C’est précisément le chef de cette secte chiite, Ubayd Allah Saïd, devenu Ubayd Allah al-Mahdi après la prise du pouvoir, qui a fondé la dynastie fatimide, en 909, en Ifriqiya (ou le Maghreb islamique). Le terrain lui a été préparé par les missionnaires de son organisation, appelés «daiïa». L’un d’entre eux, Abu Abd-Allah al-Chiï, envoyé en Afrique du Nord, a su gagner à la cause de son maître les Berbères Koutama d’Ikjan (région de Sétif), grâce auxquels il parvint à saper la domination aghlabide dans le Maghreb. Bon général, il occupa Raggada (capitale aghlabide), de laquelle il chassa, en 909, le dernier émir, Ziyadat Allah III. Il y installer, en 910, Ubayd Allah Saïd, qui prit le titre de Mahdi et d’Amir al-Muminin («prince des croyants»). Par ce dernier titre, Ubayd Allah se pose déjà en rival du calife abbasside, considéré comme usurpateur par les Fatimides, qui estiment que le pouvoir doit revenir aux seuls descendants du Prophète (QSSSL). La conquête du Maghreb n’est, d’ailleurs, considérée par cette dynastie que comme une étape vers la domination de tout le monde musulman. Aussi, les Fatimides doivent-ils profiter de leur situation en Afrique du Nord pour se constituer une armée et une marine, et se préparer à la conquête de l’Orient. Ils parviennent à leur fin en 969, en établissant leur domination sur l’Égypte, qui devient très vite le centre de leur empire après la fondation d’El-Qahira (Le Caire). Le quatrième calife, al-Mouizz, quitte l’Ifriqiya, en 972, pour s’installer dans sa nouvelle capitale (Le Caire), quelques mois après. Cette nouvelle capitale a été fondée par les Fatimides sur les rives du Nil par le général Djawhar Es-Siquilli passé aux services de cette dynastie.
Cette dernière connaît, donc, deux périodes : une période africaine, qui va de 909 à 973, et une période orientale, qui va de 973 à 1171.

La période africaine (909-973)
La nouvelle dynastie – au moment de sa fondation — trouva un Maghreb partagé entre diverses idéologies musulmanes. Terre de refuge, l’Afrique du Nord abritait, alors, outre le sunnisme sous sa forme malékite, le kharidjisme sous sa forme ibadite et soufrite, mais aussi le chiisme sous une forme non ismaélienne. Ces deux dernières sectes sont même représentées par deux dynasties : les Roustémides kharidjites de Tahert et les Idrisides alides de Fès.
Dans ces conditions, l’apparition des Fatimides ne peut qu’aggraver les contradictions idéologiques, provoquer des troubles et engendrer des difficultés. En outre, la division des Berbères en deux groupes – les Zénètes à l’ouest et les Sanhadjas, qui comprennent les Koutamas, à l’est – constitue un facteur de perturbation. Ces difficultés sont encore accrues par les Omeyyades d’Espagne, qui, sunnites et contrôlant une partie du territoire maghrébin voisin de la péninsule, Ibérique, représentent une menace pour la nouvelle dynastie. A cela, s’ajoute la lourde succession des Aghlabides en Sicile, où les Fatimides affrontent le vieil Empire byzantin.
Pour faire face à toutes ces difficultés, les nouveaux maîtres du Maghreb doivent consolider leurs assises dans ce vaste territoire. Mais cette entreprise est rendue difficile par l’application d’une politique fiscale très lourde, destinée à constituer un trésor de guerre pour assurer la conquête de l’Égypte et préparer l’installation de la dynastie sur les rives du Nil pour, ensuite, conquérir l’Orient.
Dans ces conditions, les partisans des Fatimides en Afrique du Nord se limitent aux Koutamas, qui ne sont, d’ailleurs, pas toujours dociles. Les rapports de ces Berbères avec leurs maîtres ismaéliens se détériorent après l’assassinat, par Ubayd Allah al-Mahdi, du «daiï», Abou Abd Allah. Les Koutama se révoltent, alors, et vont même jusqu’à proclamer un nouveau mahdi. Les Fatimides répriment durement leur opposition et parviennent, par des faveurs de toutes sortes, à s’assurer leur appui.
Paradoxalement, le principal danger ne provient pas du sunnisme, qui constitue, pourtant, l’idéologie dominante du Maghreb, mais du kharidjisme, dont les adeptes sont relativement peu nombreux. Les Fatimides parviennent, tantôt par la répression, tantôt par la corruption, à assimiler l’opposition sunnite, qui ne semble pas les inquiéter outre mesure. Mais, ils n’en ressentent réellement le danger qu’après l’alliance de Kairouan avec le kharidjite Abou Yazid (vers 883-947).

L’opposition locale

C’est, en effet, l’opposition kharidjite qui met la dynastie fatimide à deux doigts de sa perte. Dirigés par Abou Yazid, connu sous le nom de l’«homme à l’âne», soutenus par le calife omeyyade de Cordoue, les Kharidjites parviennent à s’emparer de plusieurs villes importantes du Maghreb et assiègent même pendant un an Mahdia (ou Al-Mahdiyya), capitale des Fatimides. Ces derniers ne réduisent cette révolte qu’en 943-944, quatre ans après son déclenchement.
Les Fatimides étaient parvenus auparavant à neutraliser les Roustémides et leurs alliés les Berbères Zenata ainsi qu’à mettre sous leur autorité les Idrissides. Ils écartent, également, le danger omeyyade à l’ouest de l’Afrique du Nord et celui des Byzantins dans l’île de Sicile. Cependant, l’ordre n’est réellement rétabli qu’à la fin de la période africaine. C’est, en effet, le dernier calife africain, al-Mouizz, qui, quelques années avant son départ pour l’Égypte, assure son autorité sur l’ensemble du Maghreb, en soumettant l’ouest du pays grâce à son général Djawhar al-Siqilli.
(A suivre)
R. H.


02-05-2010

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Les Fatimides (909-1171) Le rêve évanoui (I)”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Les Fatimides (909-1171)
    Le rêve évanoui (II)

    Après s’être assurés de la domination sur les territoires de l’Afrique du Nord, les Fatimides rêvaient d’imposer leur suprématie sur les terres orientales de l’Islam. Ils s’apprêtaient à quitter le Maghreb, comptant sur la fidélité des Berbères et les qualités militaires de leur général, Djawhar Es-Siquilli qui leur était dévoué.

    En route pour l’Egypte
    C’est également Djawhar Al-Siqilli qui occupa l’Égypte, en 969, et qui a pu fonder la ville du Caire où il établit la domination fatimide dans la vallée du Nil. Minutieusement préparée, la conquête de l’Égypte est facilitée par la désorganisation d’un pays alors en proie aux troubles et à la famine. Pour s’assurer la sympathie de la population, Djawhar se conduisit libéralement et concentra ses efforts dans la lutte contre la famine. Il prépara, ainsi, l’installation de son maître al-Mouizz, qui arriva sur les bords du Nil en 973.
    Comme au Maghreb, les Fatimides vont affronter en Orient des adversaires redoutables. Outre les chrétiens – Francs et Byzantins –, ils doivent faire face aux sunnites, représentés par les Abbassides, les Hamdanides et les Seldjoukides, et même aux chiites bouwayhides, qui contestent leurs origines alides. Ces forces constituent autant d’obstacles à la domination de tout le monde musulman. Aussi, les Fatimides ne peuvent-ils pas, malgré plusieurs tentatives, réaliser cet idéal. Leur autorité ne dépasse guère le cadre de la province d’Égypte. C’est à peine s’ils établissent une suzeraineté disputée sur les villes saintes, La Mecque et Médine, jusqu’au calife Al-Moustansir (1036-1094), sur le Yémen de 987 à 1039, sur l’émirat d’Alep, en Syrie, en 1015 (pour cinquante ans à peine) et sur une partie de la Palestine jusqu’en 1153. Ils perdent même leur autorité sur le Maghreb, dirigé depuis leur départ, en 972, par les Zénatas, qui sont des Berbères comme les Sanhadja. En 1051, l’un de ces derniers, Mouizz ben Badis (1016-1062), rejette la suzeraineté fatimide pour lui substituer celle des Abbassides. La Sicile se détache, également, des Fatimides, pour entrer, jusqu’à son occupation par les Normands, dans l’orbite de l’Ifriqiya.
    Mais, si les Fatimides ne réalisent pas leur rêve de dominer tout le monde musulman, ils parviennent tout de même à constituer en Égypte un État et une administration judicieusement organisés ainsi qu’à relever la situation économique de tout le pays.

    L’administration fatimide
    Le pouvoir appartient en principe au calife, l’imam, de la secte ismaélienne, considéré, en tant que descendant du Prophète Mohamed (QSSSL), comme infaillible. L’imam, choisi par son prédécesseur, n’est pas forcément le fils aîné. Aucune condition d’âge n’étant requise, le trône peut revenir à un enfant : le pouvoir est alors exercé par un régent, la réalité de ce pouvoir appartenant aux généraux et aux vizirs, qui continuent à le détenir après la majorité du calife.
    Fondé par le deuxième calife égyptien, Al-Aziz (975-996), le vizirat constituera une institution fort importante. D’abord simple agent d’exécution de la volonté du calife, le vizir ne tarde pas à obtenir les pleins pouvoirs pour devenir le véritable maître du pays. Cette puissance du vizir date de l’époque d’al-Moustansir. Pour rétablir l’ordre, ce calife fait appel au commandant des troupes de Syrie, qui prend le titre de «vizir de plume et de sabre». Dès lors, les vizirs, appelés vizirs de sabre, exercent la réalité du pouvoir au détriment du calife.
    L’administration, organisée sous les deux premiers califes par Yaqoub ibn Killis, un juif converti à l’Islam, est fort complexe. Fortement hiérarchisée et centralisée, elle dépend étroitement d’abord du calife, puis, à partir d’Al-Moustansir, du vizir. Ses divers départements, appelés diwans, sont groupés, depuis l’éclipse du calife, au palais du vizir. Les finances sont spécialement bien organisées et permettent à l’État de se procurer des ressources substantielles.

    L’aspect économique et social
    L’agriculture, que favorisent les crues du Nil, fournit le pays en produits variés (blé, orge, légumes) et permet, grâce aux cultures industrielles (lin, coton, canne à sucre), le développement de l’industrie. Celle-ci est fondée sur le travail du lin, de la soie, du bois, du cristal, du verre, du fer, du cuivre et de l’ivoire. Elle assure la construction de navires, la production de tissus, de papiers, du sucre et divers autres produits de luxe. Le secteur le plus important reste celui du textile, que favorise le faste de la cour fatimide.
    Sous les Fatimides, l’Égypte entretient des relations commerciales avec de nombreux pays, notamment l’Inde, l’Abyssinie et les villes d’Italie (Amalfi, Pise, Gênes, Venise). L’Inde lui fournit des épices, qu’elle exporte avec ses tissus en Europe. Celle-ci lui vend en échange du blé, du fer, du bois, de la laine et de la soie. Cette situation d’intermédiaire entre l’Europe et le Moyen-Orient assurera la prospérité de l’Égypte jusqu’à la découverte de la route des Indes à la fin du XVe s.
    Toutefois, cette prospérité ne profite qu’à une minorité de privilégiés. Le faste des fonctionnaires richement dotés contraste avec la misère de la grande majorité de la population. Écrasé par l’impôt, le peuple égyptien reste à la merci des famines, dont l’Égypte souffre périodiquement dès que l’inondation du Nil est insuffisante et qui s’accompagnent, comme en 1054-1055 et de 1065 à 1072, de troubles et d’épidémies.

    La fin d’un rêve
    Dans ces conditions, l’État fatimide était loin de jouir pas de l’appui de la population, dont la grande majorité reste fidèle au sunnisme. Ainsi, privé d’assises sociales, affaibli par les révoltes populaires et les troubles militaires qu’accusent les rivalités sociales au sein d’une armée composée de Berbères, de Turcs et de Noirs, l’Empire fatimide décline-t-il pour succomber dans la seconde moitié du XIIe siècle sous les coups des croisés chrétiens. Le maître de Damas, Nour Al-din, envoie à son secours une armée dirigée par Chirkuh et Saladin (Salah Al-Din). Chirkuh obtint en 1169 l’évacuation du pays par les Francs et devient le vizir des Fatimides. A sa mort, la même année, son neveu Salah Ad-Din (Saladin) lui succède à la tête de l’empire. En 1171, il décide de mettre fin au califat fatimide, devenu une pure fiction, pour restaurer dans la vallée du Nil le sunnisme et la suzeraineté abbasside.
    Au-delà de ces évènements politico-militaires, les Fatimides laissent une réputation de constructeurs (fondation de deux capitales : Mahdia en Ifriqiya et Le Caire en Égypte) et de tolérance en matière religieuse (plusieurs juifs et chrétiens purent accéder au poste de vizir). Mais le rêve séculaire de constituer un empire alide unique dans les territoires de l’Islam s’était évanoui, les Fatimides ayant connu les vicititudes de l’histoire et de l’usure du pouvoir à l’instar de tous les empires dans l’histoire humaine.
    (Suite et fin)
    R. H.

    03-05-2010

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