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Le coup de gueule de Bachir Mefti

22 avril 2010

Non classé

Le coup de gueule de Bachir Mefti. Auteur, éditeur (Editions El Ikhtilef) : « Je suis écrivain, pas un écrivain africain »

Je reconnais que je n’aime pas les étiquettes qu’on colle souvent aux auteurs (réaliste, arabe, dissident, politique ou, comme ces derniers temps, africain !). Est-ce parce que je ne crois pas à l’identité en littérature, surtout si cette identité est extérieurement définie?

Je n’irai pas jusque-là, car on ne peut dissocier la littérature de son environnement. La littérature interagit avec les questionnements que pose la société, sa culture… Pourtant, je me trouve toujours dans l’embarras lorsqu’on me pose une question quant à l’identité ou la référence identitaire de la littérature. A l’occasion du Panaf’, on nous a posé cette question : êtes-vous des écrivains africains ? Et que veut dire être écrivain africain ? Je crois que c’est une question avant tout politique. Qui ne requiert donc pas de réponse. Je n’ai franchement jamais réfléchi à la question. J’ai lu des romans venus d’Afrique depuis que j’ai appris à lire (j’aime L’Enfant noir de Camara Laye, un grand roman, sans oublier Wole Soynika et son superbe roman Les Interprètes)… Mais franchement, je me suis plus intéressé, à travers ces lectures, aux angoisses humaines universelles qu’aux problèmes inhérents au continent. En fin de compte, cela concerne la littérature et rien d’autre, loin des questions identitaires et des enjux idéologiques ou politiques. Donc, je me considère comme écrivain, concerné par mes propres questionnements. Et si je ne me considère pas comme « écrivain africain », cela ne veut pas dire que je tourne le dos aux problèmes et drames de l’Afrique ; au contraire, je suis solidaire avec la douleur africaine au plus haut degré, mais sans que ces préoccupations deviennent un fonds de commerce comme cela arrive avec certains écrivains pour le grand plaisir d’un regard occidental et hautain ! L’Afrique s’est transformée chez certains en un réservoir de douleur, un baril de pétrole dramatique ! Et si un auteur croit en son africanité, il se doit de sortir de cette coquille ! Je ne donne de leçon à personne, je le précise, mais je crois que la littérature est sincérité : quand j’arrive à regarder avec sincérité une question, je comprends combien je reste redevable aux auteurs de différentes géographies peut-être plus qu’à ceux qui appartiennent à ma propre géographie. Ce n’est pas la géographie qui est déterminante, mais plutôt l’esthétique et les ambitions de l’écriture. Etre écrivain, cela suffit ! L’objectif n’est pas d’être Africain, musulman ou autres qualificatifs qui entrent dans une logique d’anthropologie ou d’exclusion ! Je ne suis qu’un écrivain ! Edition du 24 juillet 2009

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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