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«Les élites arabes et musulmanes», nouvel ouvrage de Maougal

18 avril 2010

1.LECTURE

 Un ouvrage retraçant l’histoire des élites arabes et arabo- musulmanes, signé par l’universitaire et intellectuel algérien Mohamed Lakhdar Maougal, est paru récemment aux éditions «Mille feuilles». Intitulé «Elites arabes et musulmanes : mythes et histoire »,

cet ouvrage de 285 pages, porte sur une recherche approfondie des sociétés arabes et arabo-musulmanes et, surtout, leurs élites et remonte aussi loin dans le temps qu’existent des écrits traitant du sujet. Le récit, qui remonte jusqu’à la préhistoire, retrace le parcours des élites arabes ayant pour références des écrits d’historiens, sociologues et penseurs orientaux et occidentaux, tels qu’Ibn Khaldoun, Frantz Fanon, Thomas Edouard Laurencen.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “«Les élites arabes et musulmanes», nouvel ouvrage de Maougal”

  1. Fethani Dit :

    Les élites arabes et musulmanes
    de Mohamed Lakhdar Maougal
    (aux éditions Sid Ali Sekhri, Mille feuilles, Alger)

    L’ouvrage est volumineux -285 pages-. c’est une rétrospective sur la formation élitaire musulmane en domaine d’arabophonie- que nous propose aujourd’hui l’universitaire et intellectuel Mohamed Lakhdar Maougal sur les élites est le premier volet du troisième tome d’une série (2004 – 2005 et 2010)
    Il s’agit d’un ouvrage édifiant à plus d’un titre. Composé de trois parties, même si la présentation « lisse » qui en a été faite par l’éditeur en a fait un travail pour grand public averti alors qu’il s’agit avant tout d’un essai académique et militant, traduit un consciencieux examen de la question élitaire à l’aune de deux logiques principales.
    La première est d’abord celle qui rend compte d’un engagement militant d’un intellectuel qui se soucie en premier chef du devenir d’une civilisation (en l’occurrence ,ici, la civilisation arabo–islamique) qui semble devenir de plus en plus problématique en raison de ses dérives actuelles(voir l’annonce de l’extrait de la quatrième de couverture). Il s’agit d’un discours plus ou moins doctrinaire d’un témoin autant que d’un acteur averti et critique des luttes qui ont accompagné la lente formation, la difficile maturation et la fulgurante et rapide usure du nationalisme arabe, tout particulièrement depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ce premier discours doctrinaire se veut incisif et sans complaisance. Il explique patiemment la grave dérive d’un projet pour lequel les sociétés musulmanes arabophones ont payé souvent un lourd tribut du fait des guerres et des crises d’émancipation avortées.
    Ce discours intervient aujourd’hui après les échecs affligeants du nassérisme, du boumédiennisme et enfin du saddamisme. Cet échec, Maougal l’attribue, sans détour, aux tergiversations des pouvoirs politiques arabes et de leurs institutions qui ont tourné le dos à la démocratisation citoyenne qui s’impose de plus en plus comme la solution idoine aux grands problèmes de l’heure. Pour resserrer le cercle étroit des représailles dictatoriales,les régimes arabes, totalitaires et autistes, tous confondus, ont imposées des camisoles à leurs peuples. Ces représailles ont abouti à des dépolitisations graves qui ont conduit rapidement à hypothéquer sérieusement les finalités des combats émancipateurs initiés par les grands nationalistes à l’instar de Djamal Eddine El Afghani, de Saad Zaghloul, de Georges Habache pour l’Orient, et de Abdelkrim El Khattabi, de Habib Bourguiba et de l’emir Khaled pour le Maghreb.
    Par ce discours doctrinaire qui se revendique explicitement de la révolution modernitaire et progressiste, Maougal démonte la mécanique implacable de la recolonisation des anciennes colonies et autres protectorats avec l’assentiment et l’intéressement des nouvelles classes sociales compradores et dictatoriales qui instrumentent des phalanges médiocratiques. Ces dernières sont chargées de la mission indigne d’agir sur des sociétés anéanties et chloroformées par le terrorisme intellectuel et identitaire. C’est ce qui s’était passé lors de la crise institutionnelle de 1929 en Egypte et qui se perpétue jusqu’aux toutes dernières gesticulations téléguidées de prétendus vigiles du patriotisme maghrébin en passant par les crises identitaires provoquées comme en 1949 :crise dite berbériste-, 1953 :crise de la colline oubliée-, 1980 ; la double crise dite identitaire islamo berbériste- et l’actuelle pitoyable autant que lamentable mise en scène qui tente de créer des diversions dans des conjonctures de confrontations violentes et assassines. Il est vrai qu’aujourd’hui a sonné l’heure des bilans des développements qui fait resurgir les dérives mortelles comme les corruptions, les coups d’état d’inconstitutionnalité, les tentatives de contrôles draconiens serrées des populations civiles suite à des injonctions des véritables « maîtres du monde » qui restructurent à leur unique profit un nouvel ordre international néocolonial s’appuyant sur des périphéries remonarchisées ou soumises à des projets des républicanismes bananiers
    La seconde logique est, quant à elle, disciplinaire. Ainsi seront convoquées et articulées l’anthropologie, l’archéologie, l’histoire, la linguistique, la littérature, la philosophie du langage, la pédagogie, la sociologie et la traductologie.
    A partir du socle constitutif de deux langues de travail (la langue arabe académique et la langue française universitaire) des textes fondateurs aussi bien arabes que français, très pertinents, sont visités et épluchés.
    Dans le domaine proprement arabophone sont convoqués à cette fin d’exposition rigoureuse et pédagogique, les textes anciens de la littérature arabe (la poésie anté-islamique), la pédagogie de l’histoire selon Ibn Khaldoun, la pédagogie très disputée et très controversée de l’histoire de la littérature arabe dans les débuts du XX°siècle en Egypte, la poésie révolutionnaire irakienne entre les deux guerres mondiales ainsi que la diatribe et la controverse édifiante (Chekib Arslane/Taha Hussein) née de la crise égyptienne de 1929.
    Dans le domaine proprement francophone l’auteur s’appuie sur des textes faisant universellement et unanimement autorité académique à l’instar des études magistrales de certains orientalistes français connus pour leurs sympathies arabes et pour leurs engagements et soutiens aux causes nationalitaires en particulier lors des décolonisations aussi bien en Orient qu’au Maghreb comme les essais de Jacques Berque, de Maxime Rodinson, voire l’histoire de la littérature arabe de Régis Blachère grand premier traducteur du Coran (1955). Dans cette même perspective anticoloniale s’inscrit la contribution de Frantz Fanon pour ce qui concerne l’Algérie, surtout dans son essai sur l’An V de la révolution
    Deux textes fondateurs et néanmoins problématiques ont retenu l’attention du chercheur en ce qu’ils développent des thèses originales et extrêmement utiles pour comprendre les bien actuels développements de la régression qui frappe de plein fouet le monde arabe et musulman.
    Le premier est un essai sur le mode confessionnel qui vient toutefois de faire l’objet d’une révision et d’une reformulation moins cadrée et moins contrôlée que la première. Ce texte anglais, initialement écrit en langue anglaise, est l’ouvrage édifiant de Thomas Edouard Laurence dit d’Arabie, étudié ici en sa version de 1922 traduite en langue française. Il s’agit d’un aveu contrit mais avec certains élans de sincérité de la part de cet ancien agent des services secrets britanniques qui fut investi au début du XXe siècle de la mission de lever une armée arabe pour abattre le califat ottoman et restaurer le califat musulman soit en Mésopotamie pour les Hachémites, soit pour les rejetons corrompus des khédives égyptiens. Cet ouvrage dense et fort intéressant établit la certitude que l’élite arabe aura été préfabriquée à des fins de perpétuation d’hégémonisme dans une contrée fort convoitée car elle laissait déjà entrevoir d’immenses réserves de …pétrole ! La nouvelle édition qui vient de voir le jour après la levée des secrets pour versement dans le domaine public ne manquera pas de nous étonner si les éditeurs ne sont pas encore contraints de nouveau pour des raisons d’Etat à se conformer aux diktat des politiques. Mais la Grande Bretagne est assurément une monarchie constitutionnelle et néanmoins démocratique. Attendons de découvrir si la démocratie britannique s’avèrera ou si la raison d’Etat, surtout en ces conjonctures actuelles, ne finira pas par faire retomber le couvercle et la chape sur les confessions de l’ancien colonel, honorable correspondant.
    Le second ouvrage en langue étrangère lui aussi, en français cette fois-ci, est décoiffant. Il s’agit de la biographie très orientée consacrée par l’historien français Benoît Méchin–qui fut autrefois l’invité du festival panafricain d’Alger en 1969- à la dynastie des Saoud. Celle-ci fut préfabriquée par les Britanniques sur un terreau fondamentaliste wahhabiste qui devait se distinguer dans sa lutte à outrance contre la Turquie aussi bien ottomane que surtout kémaliste comme il se distinguera particulièrement dans sa lutte à mort contre le nationalisme communautariste arabe en sa version égyptienne et contre le républicanisme arabe en général aussi bien de l’algérien Boumédienne que de l’irakien Saddam Hussein que du syrien Hafedh El Assaad ou du libanais Kamal Joumblat.
    Ce livre développe une thèse originale qui passera inaperçue pour les lettrés arabes mais qui inspirera au sulfureux historien israélien Shlomo Sand sa thèse sur la fabrication du peuple juif par ces mêmes Britanniques qui ont également fabriqué le peuple saoudien.
    Les élites arabes et musulmanes, mythes et histoire illustre, sur un plan plus général, la thèse que développe Maougal depuis une dizaine d’années à savoir que les élites se distinguent fondamentalement des cadres et qu’elles se forment non dans les institutions plus ou moins spécialisées mais dans les crises sociétales.
    Livre non seulement à lire mais à étudier attentivement pour comprendre les enjeux actuels des combats émancipateurs contre les néo colonialismes qui se mettent en place là où des vigiles imbéciles heureux croient encore à la persistance du colonialisme en sa version traditionnelle
    Nourredine Fethani

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