Le Carrefour D’algérie
A l’est d’Oran, comme à l’est d’Eden, la ville se pare de mille feux, s’auréole de ses plus beaux habits et donne une envie folle de l’étreindre à pleins bras tellement sa beauté subjugue le regard et attire les badauds.
Mais c’est seulement à l’Est. Ailleurs, el Bahia n’est bahia qu’en imagination et vœux pieux. Les invités de marque, affluant de tous les pays du monde, sont menés, tambour battant à leurs lieux de résidence via des avenues et des boulevards refaits à neuf, curés en bitume, trottoirs et dalle de sol. Mais c’est seulement à l’Est ! A l’Ouest, la vie n’a pas changé d’un iota et les vieilles rues nous rappelant Aïcha el garâa, font pitié et implorent les autorités locales pour un éventuel coup d’œil à même de leur redonner vie et espoir. Parler d’Oran ou de l’Algérie, en ces moments, relèverait de l’inconséquence que nous avons à vouloir quémander toujours des droits lorsque des opportunités s’y présentent. Parler d’Oran ou de l’Algérie, 48 ans après l’indépendance, et attester que nous n’avons pas 5000 lits décents pour accueillir nos hôtes, nous obligerait à fermer nos clapets et à ne jamais fanfaronner sur les acquis ou les réalisations de tel ou tel gouvernement.
Même pas 5000 lits ? Après 48 ans d’indépendance, on loue des bateaux hôtels luxueux pour héberger nos invités ! Mamma mia ! Et on se prend pour des parvenus, des affranchis. Il fallait le faire ! Nos hôtels existants ne répondent ni aux exigences demandées par les organisateurs ni au minimum requis pour accueillir même des malades mentaux. Des simili hôtels aux draps déteints par le temps et l’ennui, à l’accueil négligé et à la restauration inexistante. Des hôtels dortoirs qui seraient mieux logés dans le Michelin si on les avait appelés par leur propre appellatif: Auberge de fortune. Et des hôtels gérés par des quidams qui avaient appris l’hôtellerie dans un hammam datant des Maures jamais ressuscités. C’est vous dire, messieurs dames, qu’il vaut mieux changer de sujet pour éviter une syncope bon marché que ne guérirait aucun médecin mal payé, mal conseillé et en……grève morale. Amen !!!
Medhayas@yahoo.fr

































16 avril 2010
Contributions