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Crise urbanistique

30 mars 2010

Contributions

Editorial (Mardi 30 Mars 2010)


 

Par : Saïd Chekri

La crise du logement a tellement duré qu’elle a fini par conditionner le comportement des Algériens. Chez nous, on ne construit plus seulement pour soi-même, mais aussi pour ses enfants et ses arrière-petits-enfants. C’est sans doute une manière de prémunir sa descendance contre les effets de cette crise au cas où elle viendrait à perdurer encore.

Les pouvoirs publics semblent s’éveiller enfin au phénomène des constructions inachevées. Un phénomène, en effet, tant il est vrai que nos concitoyens sont quasiment tous, des plus démunis aux plus nantis, des autoconstructeurs. Le résultat : ces bâtisses qui allient le hideux et le lugubre pullulent depuis des années sur tout le territoire national.
Les démunis érigent de petits rez-de-chaussée, les riches des mastodontes en béton de trois étages ou plus, mais les uns et les autres prennent systématiquement le soin de se donner la possibilité de réaménagements ou d’agrandissements futurs. D’où ces barres de fer rouillées, quelquefois même émincées, qui surplombent la quasi-totalité des maisons construites ces vingt ou même trente dernières années, en attendant de pouvoir “monter d’un étage”. C’est que la crise du logement a tellement duré qu’elle a fini par conditionner le comportement des Algériens. Chez nous, on ne construit plus seulement pour soi-même, mais aussi pour ses enfants et ses arrière-petits-enfants. C’est sans doute une manière de prémunir sa descendance contre les effets de cette crise au cas où elle viendrait à perdurer encore. C’est d’ailleurs le même souci (outre celui purement lucratif) qui, parfois, amène certains à user de ruses, de stratagèmes, voire de passe-droits, de corruption et autres trafics, pour obtenir un deuxième, troisième… ou énième logement. C’est ainsi que la crise du logement a donné naissance à la crise urbanistique.
Les constructions inachevées, ne serait-ce que parce qu’elles enlaidissent le pays, constituent donc un vrai problème. Mais la solution qui consiste à faire obligation à tous de terminer les chantiers commencés n’ira pas sans poser d’autres vrais problèmes. La cherté et la pénurie cyclique des matériaux de construction sont de nature à décourager les plus volontaires et les moyens financiers du plus grand nombre leur permettent, au mieux, de subvenir aux besoins alimentaires incompressibles des ménages.
Car si le respect des règles urbanistiques et esthétiques relève de la nécessaire salubrité publique pour un pays comme l’Algérie qui en a plus que jamais besoin, habiter dans une belle demeure aux finitions impeccables est un luxe inaccessible pour la majorité de ses citoyens.

S. C.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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