Editorial Liberté (Dimanche 28 Mars 2010)
Qu’est-ce donc une supputation si ce n’est une interprétation du silence obstiné que d’aucuns opposent aux questionnements des journalistes agissant en relais d’opinion ? Qu’est-ce une supputation si ce n’est une tentative de déjouer les black-out organisés ?
Qu’un ministre n’aime pas la presse, cela se comprend : elle pose quelquefois des questions qui mettent mal à l’aise ceux auxquels elle les adresse. Des questions comme celles portant sur les scandales en série qui éclaboussent Sonatrach, par exemple. Mais qu’un ministre de la République s’en irrite au point de tenir envers des journalistes des propos à la limite de l’insulte, voilà qui nous permet, pendant qu’on y est, et puisque nous sommes “payés pour cela”, d’oser quelques supputations, dont celle-ci : la corruption au sein de Sonatrach dépasserait, et de loin, les quelques dossiers parvenus jusqu’ici aux instances judiciaires. Ou encore celle-ci : l’argent de Sonatrach aurait permis à des privilégiés, dit-on, d’acquérir des maisons de luxe aux États-Unis. Mais trêve de supputations… pour l’instant.
Car enfin, qu’est-ce donc une supputation si ce n’est une interprétation du silence obstiné que d’aucuns opposent aux questionnements des journalistes agissant en relais d’opinion ? Qu’est-ce une supputation si ce n’est une tentative de déjouer les black-out organisés ?
Or, et M. Khelil le confirme chaque fois qu’il rencontre la presse, le silence et le black-out sont de mise quant à l’affaire Sonatrach.
Il est d’ailleurs bien dommage que notre ministre de l’Énergie qui a fait l’essentiel de son parcours professionnel aux États-Unis ne soit pas imprégné de cette culture de la communication érigée en règle et au nom de laquelle, là- bas, nul ne doit constituer un obstacle à la circulation de l’information. Surtout pas les ministères qui sont, grâce à des services presse dignes de ce nom, les plus prompts à réagir aux événements qui les concernent et à répondre aux journalistes, de jour comme de nuit, et même les week-ends.
Il est vrai que si cela fonctionnait ainsi chez nous, on en saurait peut-être beaucoup trop aux yeux de certains, notamment ceux qui sont payés pour mettre en place des stratégies de développement sectoriel et qui, dans les faits, condamnent le pays au sous-développement intégral. Dans le silence, de préférence. C’est encore une supputation, mais il faut bien mériter son salaire, n’est-ce pas ?
S. C.

































28 mars 2010
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