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FLN : je persiste et je signe Par El Yazid Dib

25 mars 2010

Contributions

Un parti n’est grand que par, d’abord, la grandeur de ses idées, ensuite de ses hommes et enfin de sa dynamique à pouvoir changer et bouger les êtres et les choses. Lorsque la vantardise empêche le bon sens d’unir la saveur du mythe à la réalité de l’erreur, le

projet tardera à venir et le parti vacillera d’une rive à l’autre. La présence structurelle du parti semble donner entre deux congrès l’impression d’une simple existence d’un néant dynamique soit l’illusion de la coquille vide. Ce grand parti libérateur et rédempteur, artisan du sentiment nationaliste ne serait-il plus habité par ces élans rassembleur et unitaire de la composante patriotique ? Aurait-il subi, à l’instar d’autres corporations, le syndrome de l’usure et du vieillissement méthodique et fonctionnel ? Cet anachronisme qui ne devait point sévir au sein des forces vives et centrifuges serait pourtant devenu une nature essentielle pour le fonctionnement de tout l’appareil tant central que local. Si la libération du pays avait exigé dans le temps l’utilité nécessaire d’un front unique apte à pouvoir mener vers les rives de l’indépendance l’immense volonté populaire, il en serait un peu autrement après la période post-indépendance. Le parti se transformant en un appareil usuel de propagande commençait à se faire sortir de l’option politique qui devrait tendre à réunir davantage les potentialités managériales et gestionnaires. Il faisait plus dans l’inquisition que dans la persuasion politique. L’Etat se confondait dans la rigueur qu’exerçait par fonction non élective le commissaire du parti. L’administration ne trouvait issue que dans l’application de résolutions. L’unicité du parti n’avait rien apporté comme élément fondateur d’une nation si ce ne fut cette discipline quoique honnie, mais qualifiée d’indispensable pour éviter toute dérive. Le moindre vent de vouloir dire ou faire des choses en dehors d’un « cadre organisé » s’assimilait de facto à un acte contre- révolutionnaire. La démocratie n’avait qu’une signification occidentale et bourgeoise au moment où l’appropriation de l’outil de travail, la justice sociale et l’égalitarisme rimaient avec la négation des classes. L’embourgeoisement condamné à plus d’un titre sera une fois la démocratie mise sur scène, un mode apte à appâter les foules et gagner, croit-on, l’estime de la populace. Les slogans d’à bas l’impérialisme et la réaction se tairont et les vociférateurs feront la chaîne devant les ambassades des pays qualifiés ainsi. Le parlement en 1976 ne constituait qu’un regroupement de gens réunis pour la galerie tout en faisant office d’une preuve tenant lieu d’un amphithéâtre de libre expression dans le cadre d’une démocratie «responsable et organisée». En fait de classes, elles n’avaient certes aucun statut juridique sauf que la réalité matérielle de certains pontes en disposait autrement. L’opulence ne signifiait pas un rang mercantile donné beaucoup plus qu’elle voulut signifier un état d’esprit. La division sociale n’était pas douée d’être perçue telle une expression justifiant l’option politique prise dans la théorie de la lutte des classes. La bourgeoisie d’alors se limitait à un affichage idéologique tacite et dissimulé parfois contraire, dit-on, aux principes de la révolution populaire. L’édification nationale formée de tâches de grandes envergures telles que le barrage vert, la transsa-  harienne, le volontariat dans la campagne, devait se partager par tout un chacun sans quoi les idéaux majeurs d’une révolution jeune et ferme n’auraient point eu les mérites dignes de la grandeur d’une nation à peine sortie des affres séculaires de la dépendance colonialiste. Ce fut un temps où l’engagement politique ne variait nullement de l’ardeur à pouvoir continuer la révolution autrement et sur d’autres fronts. L’école, la rue, l’usine et tout espace de la vie active ne pouvaient être extraits à un militantisme qui ne cesse de déborder jusqu’aux fins de tous les rouages institutionnels. Le parti qui jusqu’ici remporta la victoire sur un plan et la perdit sur tous les autres, se trouvait coincé entre les serres d’un système qui voulut en faire un simple mécanisme de règlement de compte historique. Tantôt il prêchait la bonne parole au profit d’un pouvoir, tantôt il faisait dans l’éloge et la déification de personnes. Il était ainsi devenu au regard des foules le réceptacle de l’échec de toute politique. Il jouait le rôle sans avoir en finalité le mot ou l’ultime mot. Dans cette lancée le FLN ne pouvait survivre aux mites qui le rongeaient dans la soie même de son mythe. Les figures de proue commençaient à lui causer une sérieuse hémorragie pour voir d’autres noms s’élever et s’ériger à l’avenir en des symboles incontournables dans l’échiquier politique algérien. Octobre 1988 ne fut en d’autres termes qu’un salut politique pour la résurrection du FLN. Jusqu’aux soupirs languissants de l’agonie organique il lui avait permis en fin de cheminement un certain « ressourcement ». Bien ou mal opérée, cette nouvelle démarche dynamique n’aurait pas réussi totalement du seul fait de l’insistance farouche et sournoise de l’ancienne garde. Manoeuvrant à distance, les caciques ne lâchent pas les rênes qui les ont traînés aux zéphyrs de la gloire du jeune Etat. Les coulisses ne sont plus utiles, pour eux plus que ne le sont les eaux troubles de ce qu’ils qualifieront de démocratie. Cette dernière est là ; d’abord au service de leurs intérêts. Puis, à servir dans un proche avenir ceux de leurs relais, que sont les futurs certains personnages politiques façonnés dans le côté cour de l’immeuble côté fétide de la corporation. C’est ainsi que l’on s’aperçoit au fur et à mesure de l’effilement de toutes les élections que les batailles dans le parti n’ont jamais pris l’allure de courants idéologiques contradictoires. Les conflits opposaient les personnes, les clans et les familles et non les idées ou la nature de projets sociaux. Il reste édifiant encore de pouvoir constater avec lassitude que même avec la survenance, d’ailleurs salutaire, d’autres associations politiques, le FLN tient a contrario du discours à imposer une caste au nom d’une légitimité, non plus historique mais militantiste. L’opportunisme est confectionné grâce à l’octroi d’une carte ou le renouvellement d’une autre. La lutte n’apparaît qu’autour de l’échéance de vote qui fera, croit-on toujours savoir, des hommes publics pour ceux qui ne sont que de quelconques noms usuels. Le sens éveilleur de ceux qui ne vivent que par la légende, les rapports et la carte du parti, ne sera certainement pas capable d’entraîner dans un élan enthousiaste des volontés juvéniles ou ramener les rebelles. Avec un personnel des années du parti unique, le FLN n’ira pas encore vers le fond philosophique de la démarche qu’il semble préconiser. Il demeurera otage des caciques et de groupes corporatistes fort jaloux envers toute « pénétration » étrangère. Faisant dans une nébuleuse détermination, sa propension de changement, il n’arbore qu’une démocratie de bavardage dénuée de toute logique propre à un parti où le centralisme démocratique est une règle d’or. L’on aurait vu ceci dans la constitution des ateliers ou la composante du comité central de ce congrès de 2010. Supplanté par ses arrière-gardes, le FLN n’entend pas encore se rénover. Il a la peau dure. Il ne devait ce respect quelquefois intact que par la moralité qu’il tente d’entretenir au moyen de recours itératif et sans cesse rabâché à la légitimité historique. Mais en réalité que lui reste-t-il de tout cela ? Il n’est plus le représentant du mouvement national quoique s’essayant de s’inscrire dans une mouvance de démocratie et de modernisme. Développant un double discours, il tressaute tel un appareil en manque d’énergie et apporte jusqu’aux fonds du ridicule la preuve de la contradiction et de la chicane. C’est un mensonge, une vérité à peine incroyable que d’avoir comme tête de liste une épave de 73 ans. L’on a l’impression que chez ce parti tout fonctionne comme avant avec une certitude en bout qu’il ne faut pas le dire ou l’écrire. La cajolerie exercée envers les militants ne sera pas de la même conviction qu’exigerait un lectorat vif et vivace. Les plus grincheux des militants ne peuvent soutenir une liste à imposer. La tentative du moins déclarée d’opérer la décantation menant vers un assainissement progressif des rangs tenus en tête par les vieux routiers du FLN, n’aura certainement pas lieu. Hélas pour ce mouvement de premières heures. Patrimoine sans conteste de tous les Algériens, il ne peut demeurer otage de quelques scribouillards en mal de postes ou de considérations sociopolitiques. La restitution de ces trois initiales confisquées sournoisement par des potentats ou des futurs néo-dinosaures est à réclamer par tous au nom de l’histoire, des martyrs et des profondes fibres de la nation. Il restera tout de même ce parti d’avant-garde qui a su galvaniser à un certain moment le sentiment national. Il aura été contre vents et marées le catalyseur des efforts libérateurs et de l’emploi rédempteur pour le recouvrement de l’indépendance nationale. Comme il aura l’avantage du mérite de pouvoir continuer sa trajectoire non sans faire ablation de tous les microbes qui le gangrènent et faire table rase des méthodes inquisitoires qui l’abîment, des clans qui le minent et de la fourberie immorale qui gravite comme un essaim autour de son noyau dur. Si le rajeunissement pris en option dans la démarche du renouvellement des instances, la notion n’exprime pas qu’il fallait confier des tâches de commandement (el kiada) honorifiques à des gamins ou à des personnes quelconques et indifférentes. Aussi le renouvellement ne peut rimer avec la réincarnation des momies ni la refonte se faire avec des ossements à peine politiquement viables. Ses neuvièmes assises tenues dans une discipline de brouhaha et de contestation vite étouffée, seront un pic important dans la maturation du parti, selon la conjoncture. Le retour du bureau politique et du comité central n’est pas un regard nostalgique dans un rétroviseur plusieurs fois brisé. Il est un phantasme à recréer pour ceux qui n’y ont jamais fait partie. Il va leur permettre de siéger dans le huis clos tout en croyant que le monde extérieur serait en attente de résolutions décisives. Hélas, le monde d’hier n’est plus de ce jour. En ce jour, il y la parabole, le net et l’évasion. L’orpheline TV a eu depuis comme compagnon d’innombrables frères et soeurs. Du Hotbird à Nilsat. L’unique parti a eu également depuis comme alliés une foultitude de fréros. Néanmoins l’un plus que l’autre se cramponne, persiste et signe.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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