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LETTRE DE PROVINCE Le FLN et ses concubins dans «l’Alliance»

20 mars 2010

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Chronique du jour : LETTRE DE PROVINCE
Le FLN et ses concubins dans «l’Alliance»
Par Boubakeur Hamidechi
hamidechiboubakeur@yahoo.fr

Comme au temps béni du parti unique, le congrès du FLN s’est ouvert sous un «ciel radieux où pas un nuage (politique) ne viendra le perturber» ! Un véritable enchantement, vous dira-t-on avec aplomb lors de la conférence de clôture. Car en ce 19 mars, validant annuellement le bonheur de cette nation marchant derrière la bannière de ce sigle, des assises de cette importance ne sauraient se conclure que par le plébiscite du maître d’œuvre et l’allégeance renouvelée à celui à qui l’on doit tout.
Parions que, mis à part sa formulation caricaturale, cette métaphore est proche du ton qu’empruntera le prêtre de la grand’messe, lequel ne manquera pas de solennité dans son discours ni de flagornerie dans ses références. C’est dire que le FLN incarne non seulement, une sorte de pétrification lexicale

mais de surcroît il en a contaminé l’ensemble des appareils qui lui sont associés. Récemment encore, n’a-t-on pas vu et entendu un Ouyahia dissertant, au nom du RND, sur la bonne santé du régime et n’imputant qu’à la malveillance de la critique l’amplification des rumeurs ? Alter ego de Belkhadem et Soltani, l’on comprend qu’il ne peut s’écarter de cette rhétorique standard qu’ils ont en partage. Celle qui cimente l’alliance ratifiée officiellement en 2004. Or, celle-ci n’est-elle pas dans les actes et leurs conséquences qu’un agrégat d’appareils aux identités doctrinales floues ? Et le peu qui les distingue les uns et des autres relèverait plutôt de l’ambition. Cette conquête de la préséance dans le concubinage avec le pouvoir. Car, enfin, trois compromissions ne font pas forcément une solide coalition. Certes, en politique, l’on ne pactise habituellement que dans le but d’accéder à des positions dominantes ou bien de les conserver mais encore faut-il ne pas aliéner ses propres «fondamentaux ». C’est uniquement à cela que servent les accords et que le pragmatisme du compromis devient une vertu politique. A l’inverse, la transgression du «quant-à-soi» doctrinal engendre la compromission, et chaque tractation prépare alors aux reniements. La véritable marque d’un grand courant politique ne se reconnaît-elle pas aussi bien à sa capacité à fructifier son capital d’audience qu’à sa prudence face aux stratégies de fusion ponctuelle et leurs corollaires, les marchandages ? Or quand et sur quoi le FLN, issu du 8e congrès (bis) de 2005, s’est-il démarqué de ses partenaires si ce n’est par la pesante obséquiosité à vouloir s’offrir en dot au chef de l’Etat ? Hormis son inlassable harcèlement de courtisan, l’a-t-on vu depuis cinq années remettre en cause le moindre choix dans la gestion de l’Etat, voire en conditionner sa présence dans le gouvernement ? Réfractaire à la salubrité des révisions déchirantes, le FLN de Belkhadem a fini par n’être qu’une interface du RND conduit par Ouyahia. Globalement, l’alliance actuelle est moins politique dans ses convergences que mode d’emploi pour contrôler quelques parcelles de pouvoir. Leurs apparentes dissemblances (héritage des actes de naissance) sont devenues solubles dans les bonnes eaux du pouvoir et ont fini par les rendre interchangeables. Ouyahia, mieux que ses partenaires, apprécie parfaitement ce nivellement d’influence qui s’opère au détriment du FLN essentiellement et réduit le discours de celui-ci à l’incantation historique dont il serait l’unique dépositaire. Une vaniteuse posture à laquelle nul, hormis ses militants, ne lui accorde la légitimité. Acteur visible dans un théâtre d’ombres, le FLN n’est, en fait, qu’un hochet dont toute la gestuelle publique est réglée comme du papier à musique par des censeurs extérieurs. Présenté initialement comme la colonne vertébrale de l’Alliance présidentielle, il n’a paradoxalement pas pu se bonifier et s’imposer aux autres appareils en raison principalement de ses pratiques internes. Depuis Boualem Benhamouda, l’inénarrable auteur de la formule consacrée à l’allégeance («la maison de l’obéissance») jusqu’à Belkhadem, qui l’a mise en application avec un zèle constant, ce FLN est devenu un repoussoir antidémocratique. Non seulement il est contesté de l’extérieur du précarré du régime mais pis encore, ses alliés ne manquent pas de lui tailler des croupières. En fait de «bloc» du pouvoir, au sens où celui-ci est défini comme une plateforme pour conduire les affaires de l’Etat, ce triumvirat partisan n’est finalement qu’un cartel destiné à agir uniquement contre l’opposition d’où qu’elle se manifeste. Une entente à laquelle le régime a fixé une feuille de route claire : celle de marginaliser, à la commande, les partis contestataires. Dans ce rôle-là, le FLN a évidemment excellé à travers sa représentation dans les institutions jusqu’à être à l’origine de la faillite du Parlement. Ne retenir à charge que ce dernier haut fait d’armes politique, c’est déjà établir un bilan sombre de cet ex-parti unique recrutant parfois des nervis aux ordres que l’on a, par la suite, anoblis en militants politiques. Il est, hélas, un bastion archaïque où l’on cultive comme une valeur centrale le complexe du père fondateur de l’espace politique. Une présomption qui ne lui vaut que des inimitiés même auprès de ceux qui partagent avec lui la litière du gouvernement.
B. H.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/03/20/article.php?sid=97328&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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