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La Cité des Roses de Mouloud Feraoun Ou le roman du déracinement fatal

20 mars 2010

Non classé

Après un peu plus de vingt ans d’exercice du métier noble d’institution dont il s’était admirablement acquitté et près de 15 ans d’écriture, depuis la parution en 1950 du roman autobiographique le Fils du pauvre écrit de 1932 à 1935, des guerres se sont succédé. La plus atroce c’est celle de 1954 à 1962,

parce qu’elle l’a obligé à quitter Larbaâ Nath Irathen (ex- f-Fort National) pour s’installer à Alger. C’était en 1957, année marquée par la grève des bancs des écoles, lycées, universités pour un noble idéal : l’indépendance. Et que de risques et d’incertitude du lendemain pour les enseignants montrés du doigt. Pour les hommes du maquis, il fallait quitter l’école française ; pour les administrateurs coloniaux, l’école devait fonctionner pour donner une image de vie normale. Et la mort planait au-dessus de la tête de Féraoun qui mourut loin de sa Kabylie natale, à Ben Aknoun sous les balles de l’OAS le 15 mars 1962. Et s’il avait continué à vivre après l’indépendance, 10 ans, 20 ans, 30 ans, à l’instar de Mohamed Dib, il aurait donné naissance à des œuvres bien plus copieuses et enrichissantes, peut être même dans la diversité des genres littéraires, lui qui avait la pleine maturité et la maîtrise de la langue. Une étape décisive dans l’itinéraire de Feraoun C’est celle par laquelle il a entamé une tout autre vie à Salembier et une écriture à l’image de la tristesse qui l’habitait. Le quartier populaire et extrêmement dur qu’on l’avait désigné pour être son nouveau lieu de résidence lui avait apporté l’inspiration de son dernier roman la Cité des roses qui connote la vie urbaine, la tension, la poussière, le milieu agressif, bien que la rose représente la renaissance à la vie, la beauté, peut-être même la beauté féminine qui devait peut-être sévir à brouiller les pistes pour lui pour tenait le Journal au quotidien, relatant les faits et événements de guerre qu’on lui faisait parvenir pour la tenir au courant de ce qui se passait dans sa Kabylie, surtout son village natal. Le Journal et la Cité des roses composés dans le secret, ont été publiés à titre posthume. A Salembier, n’importe qui pourrait se faire tuer par les paras. Après des mois de grève ordonnée et suivie à la lettre, les parachutistes de Massu et de Bigeard ramenaient à l’école, par camions, des centaines d’enfants trouvés dans la rue, pour donner un semblant de vie normale. Feraoun n’avait pas le droit de leur fermer le portail, mais leur nombre devenait excessif. «A la cité des roses (Salembier), en plus du directeur, les titulaires des classes neuves étaient nouveaux, aussi quatre adjoints avaient été mutés, deux autres arrêtés. D’anciens, il ne restait plus que M. G., Mme C, et M. F., qui eurent la satisfaction de guider, de leur expérience, le collègue embarrassé qui leur arrivait de la montagne et auquel l’académie avait cru sage de confier un établissement réputé difficile à tenir qu’on venait au surplus de double» nous dit Féraoun pour mieux nous faire comprendre comment et pourquoi il a été muté là. Deuxième partie : la rencontre Mme Françoise, qui va être désormais sa partenaire arrive à point nommé dans l’univers du romancier. Pour qui connaît Ferouan, depuis ses débuts, c’est un personnage paraissant fictif, mais qui occupe désormais une place importante. Le 17 juillet, dit Feraoun qui affirme ne pas vouloir lui répondre : «Ils doivent surveiller sa correspondance : le mari, la belle-mère, les belles sœurs, tous les Bretons et toutes les Bretonnes». Françoise lui envoie ce message : «Mon ami. Ciel maussade. Votre soleil me manque. Pensées affectueuses. Païens». Style laconique qui en dit long sur une collègue répartie peut être de force en métropole sous les prétextes d’être une libérale, une amie des Algériens en lutte et qui devait partir pour ne pas prendre de risque. Il n’y a rien des relations sentimentales entre l’écrivain et sa collègue de Salembier installée désormais en France, comme celles qu’on connues jadis des romanciers avides de présences féminines autour d’eux. Tout le reste du roman est marqué par la guerre et ce qui en est ses conséquences : les attentats, les rafles, les arrestations arbitraires, les soupçons Françoise est là pour apporter quelques notes de gaieté à la tristesse installée, bien qu’elle ait été fichée. Les quelques mots de son message sont des indicateurs de sentiments prévalant en cette douloureuse circonstance. Une fois, «elle est rentrée de France. Hier, j’avais le cafard, le cahier était de nouveau négligé et je suis allé reprendre un à un les souvenirs que j’avais soigneusement conservés. J’ai retrouvé notre poème : «Tu partiras, mais les oiseaux/Resteront, à chanter ;/Restera mon chemin avec ses arbres verts/Le ciel, chaque soir sera paisible et beau/Tu partiras. Je serai seul sans arbre vert/Sans ciel paisible et beau/Seuls à chanter resteront les oiseaux/Seul à l’écoute, entendrai-je leur concert !». On connaît les histoires d’amour faites de rencontres, contrariétés, disputes. Feraoun en a fait un thème pour sûrement détourner l’attention. Il n’y a rien eu dans sa vie comme scènes de ménage, expressions relevant des tabous. Françoise a une charge symbolique, mais moins que Nedjma n’en a porté. Boumediene Abed Mouloud Feraoun, la Cité des roses, Ed Yamcom, 170 pages, Roman.


20-03-2010

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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