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Pharsale (48 av. J.-C.) Le dernier combat de Pompée (II)

11 mars 2010

Histoire


Au moment où le grand Pompée s’adressait à ses légions les préparant au combat final, Jules César en faisait de même avec ses troupes pour les motiver à gagner la bataille décisive.



Les encouragements de César à ses soldats
Ainsi, haranguant les soldats suivant la coutume militaire, et leur ayant rappelé les bienfaits dont il les avait comblés en tous temps, il les prit à témoin de l’ardeur avec laquelle il avait constamment recherché la paix, des conférences de Vatinius, de celles de Clodius avec Scipion, des négociations entamées à Oricum avec Libon pour l’envoi des députés. Il ajouta qu’il n’avait jamais voulu prodiguer le sang des troupes ni priver la République romaine d’une de ses armées. Ce discours fini, comme les soldats, pleins d’ardeur, demandaient le combat, il fit sonner la charge.

Réaction d’un centurion
Il y avait dans l’armée de César un vétéran nommé Crastinus, qui, l’année précédente, avait été principal de la dixième légion, homme d’une rare valeur. Aussitôt que le signal est donné il s’adressa ainsi à ses camarades : «Suivez-moi, dit-il, vous qui fûtes autrefois mes compagnons, et servez votre général avec le zèle que vous lui avez promis. Voici notre dernier combat ; après il aura recouvré son honneur, et nous la liberté.» En même temps, se tournant vers César, il lui dit : «Général, je me conduirai aujourd’hui de telle sorte que, vivant ou mort, je sois loué par toi.» A ces mots, il s’élança le premier de l’aile droite, et environ cent vingt volontaires de la même centurie le suivirent spontanément.

La tactique militaire du général Pompée
«Il ne restait entre les deux armées, disait le compagnon de Pompée, qu’autant d’espace qu’il en fallait pour le choc ; mais Pompée avait recommandé aux siens d’essuyer le premier effort sans s’ébranler, et de laisser ainsi notre ligne s’ouvrir: c’était, dit-on, C. Triarius qui avait donné ce conseil, afin d’amortir notre élan et d’épuiser nos forces, de mettre nos rangs en désordre, puis de tomber sur nous, serrés, lorsque nous serions entr’ouverts. Il se flattait que nos javelots feraient beaucoup moins d’effet, ses troupes demeurant à leur poste, que si elles-mêmes marchaient au-devant de nos coups, et que nos soldats, ayant doublé la course, perdraient haleine et tomberaient épuisés. En cela, ce nous semble, Pompée agit sans raison, car l’émulation et la vivacité naturelle à l’homme s’enflamment encore par l’ardeur du combat.
Les généraux doivent exciter et non comprimer cet élan ; et ce n’est pas pour rien que de temps immémorial il a été établi qu’avant le combat toutes les trompettes sonneraient et que de grands cris seraient poussés par les troupes : par là une armée épouvante l’ennemi et s’anime elle-même.»

La déroute des légions de Pompée
«Cependant nos soldats, continua le légionnaire de l’armée de Pompée, au signal donné, s’élancent, le javelot à la main, mais, ayant remarqué que ceux de Pompée ne couraient point à eux, instruits par l’expérience, et formés par les combats précédents, ils ralentirent d’eux-mêmes le pas et s’arrêtèrent au milieu de leur course, pour ne pas arriver hors d’haleine ; et, quelques moments après, ayant repris leur course, ils lancèrent leurs javelots, et puis, selon l’ordre de César, saisirent leurs épées.»
«Les soldats de Pompée firent bonne contenance ; ils reçurent la décharge des traits, soutinrent, sans se rompre, le choc des légions, et, après avoir lancé leurs javelots, mirent aussi l’épée à la main. En même temps la cavalerie de Pompée, qui était à l’aile gauche, s’élança comme elle en avait l’ordre, et la foule des archers se répandit de toutes parts. Notre cavalerie ne soutint pas le choc et plia quelque peu : celle de Pompée ne la pressa que plus vivement, et commença à développer ses escadrons et nous envelopper par le flanc.»
A cette vue, César donna le signal à la quatrième ligne, composée de six cohortes. Elles s’ébranlèrent aussitôt et chargèrent avec tant de vigueur la cavalerie de Pompée, que pas un ne tint ferme, et que tous, ayant tourné bride, non seulement quittèrent la place, mais s’enfuirent à la hâte vers les plus hautes montagnes.
Eux partis, les frondeurs et les archers se trouvèrent sans défense et sans appui, et tous furent taillés en pièces. «Du même pas, les cohortes se portèrent sur l’aile gauche, dont le centre soutenait encore nos efforts, l’enveloppèrent et la prirent à revers.»
En même temps César fit avancer la troisième ligne qui, jusque-là, s’était tenue tranquille à son poste. Ces troupes fraîches ayant relevé celles qui étaient fatiguées, les soldats de Pompée, d’ailleurs pressés à dos, ne purent résister, et tous prirent la fuite. César ne s’était pas trompé, lorsqu’il avait prédit à ses troupes, en les haranguant, que ces cohortes, qu’il avait placées en quatrième ligne pour les opposer à la cavalerie ennemie, commenceraient la victoire. Ce fut en effet par elles que la cavalerie fut d’abord repoussée ; par elles que les archers et les frondeurs furent taillés en pièces ; par elles que l’aile gauche de l’ennemi fut enveloppée, ce qui décida la déroute. Dès que Pompée vit sa cavalerie repoussée, et cette partie de l’armée sur laquelle il comptait le plus saisie de terreur, se fiant peu au reste, il quitta la bataille et courut à cheval vers son camp, où, s’adressant aux centurions qui gardaient la porte prétorienne, il leur dit à haute voix pour être entendu des soldats : «Gardez bien le camp, et défendez-le avec zèle en cas de malheur ; pour moi, je vais en faire le tour et assurer les postes.» Cela dit, il se retira au prétoire, désespérant du succès, et néanmoins attendant l’événement.
(A suivre)
R. H.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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