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LETTRE DE PROVINCE L’assourdissant silence de Bouteflika

6 mars 2010

Contributions

Chronique du jour : LETTRE DE PROVINCE
L’assourdissant silence de Bouteflika
crire sur le ton de la gravité que le régime de Bouteflika est à un tournant décisif de son destin traduit vaguement la situation présente d’un Etat de moins en moins réactif face à la multiplication des scandaleuses dilapidations des biens publics, de la contamination

par la contestation de la totalité de la société et par le meurtre d’une personnalité influente de son propre dispositif. Retranché dans une sorte de huis clos politique d’où rien ne filtre, le pouvoir abandonne, chaque jour un peu plus, le pays à la rumeur.
Grande accoucheuse d’annonces invérifiables par définition, celle-ci intoxique et enfume l’atmosphère sociale. Et c’est essentiellement l’étrange désertion du pouvoir d’Etat, à son plus haut niveau, qui l’a nourrie et pose problème. Où est passé le président de la République et pourquoi demeure-t-il en retrait alors que la tempête grossit ? Ce sont ces genres d’interrogation que tout le monde se pose et qui alimentent la spéculation. D’ailleurs, certaines opinions ne se sont-elles pas inquiétées de la capacité de Bouteflika à assumer pleinement sa charge en s’appuyant sur d’autres considérations que celle de sa maladie ? Econome de sa parole et de ses apparitions depuis presque une année, le chef de l’Etat n’est désormais plus épargné par la critique dans les journaux et par le ressentiment qu’il suscite dans la population. Même lorsque les chargés de sa communication pensent lui donner une certaine «visibilité» en profitant de «l’effet football», ils ajoutent, au dépit ressassé du téléspectateur, une louche de sarcasme. Un coup de pub à un moment de grand audimat ? Rien n’est plus inexact que cette exposition du chef de l’Etat «détendu et convivial» quand le pays bouillonne et grogne. On le montra dans une sorte d’intimité familiale (Bouteflika et ses frères) honorant «Zidane et sa tribu» alors que le moral de la société est loin de ces frivolités de salon. Certes, un président de la République a le devoir d’être en représentation, comme l’exige l’étiquette de sa fonction, sauf que la publicité qui accompagne ses faits et gestes doivent être prudemment «calibrés» en fonction du contexte. L’icône Zidane était évidemment une bonne opportunité en termes d’image, mais encore fallait-il montrer dans les JT, un président en première ligne dialoguant avec la nation et écoutant le brouhaha qui monte du front social. Rien de cela n’a eu lieu depuis plusieurs mois. Reclus dans le palais, il ne se manifeste publiquement qu’à travers des messages lus par des voix déléguées et rédigés par les épistoliers à son service. Une dangereuse réduction de sa présence, depuis l’amendement de la Constitution (12 novembre 2008) et son entrée en vigueur après sa réélection, qui ne peut plus être compensée par l’autorité limitée d’un Premier ministre, auparavant chef du gouvernement. Dans les faits, par conséquent, la problématique de Bouteflika, version III, est qu’il assume, de moins en moins, les prérogatives qu’il avait lui-même exigées. Celles d’un régime présidentiel fort et taillé à sa demande. La disparition de la dualité au sein du binôme de l’exécutif (chef d’Etat et chef de gouvernement), tout en lui donnant la latitude de conduire la totalité de la politique du pays, le prive, par ailleurs, du dernier fusible pour se défausser. Or, paradoxalement, il se fait de moins en moins présent dans les moments cruciaux qui justement l’interpellent… lui seul. Est-ce par défi, morgue ou plus simplement par usure politique qu’aujourd’hui il adopte ce style ? Ou bien est-il personnellement l’otage des réseaux du système en train de s’entre-déchirer et dont il ne parvient pas à mettre en coupe réglée les influences ? Deux questions qui demeurent sans réponse dans l’immédiat, contrairement à ce qui est avancé par certains analystes. Ceux-là préconisent la «patience» en bons prophètes car, écrivent-ils, Bouteflika est en train de prendre le temps nécessaire avant les grandes décisions. Mais en attendant que ces samaritains aient raison, ce que l’on constate, par contre, c’est la mauvaise tournure que ce troisième mandat est en train de prendre. Une gouvernance incohérente et «contente» de son irresponsabilité constitutionnelle, des grèves tournantes qui paralysent le pays et des institutions élues totalement muettes. En clair, le chaos est en marche alors que le chef de l’Etat cultive l’indifférence et semble laisser filer les choses. De ce divorce avec le pays réel, consommé avec pertes et fracas, l’on se demande déjà comment rebondira-t-il pour mener à son terme son mandat ? Lui, qui, jusque-là, a affronté les turbulences de la manière la moins indiquée, saura-t-il corriger la trajectoire de sa propre magistrature ou bien préfèrera-t-il s’en remettre, comme il en a l’habitude, à son légendaire talent de manœuvrier ? Celui de re-cimenter le vieux statu quo au sommet et les équilibres internes du système dans le seul but de traverser, dans sa bulle, les quatre années qui lui restent. C’est cette perspective, tant redoutée par le pays, qui se profilera aussi longtemps qu’il demeurera absent de l’espace public. En effet, comment croire qu’un pouvoir peut être crédible sans la parole ? Pour tout homme politique, le verbe qui engage constitue son «job» principal. Le tribun Bouteflika y a longtemps excellé. Alors pourquoi refuse-t-il d’exercer ce qu’il sait le mieux faire ? Angoissante question.
B. H.
Par Boubakeur Hamidechi
hamidechiboubakeur@yahoo.fr


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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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