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L’Insoumis – Léon Werth 1878-1955

1 mars 2010

1.Lu pour vous

L’Insoumis - Léon Werth 1878-1955

L’Insoumis – Léon Werth 1878-1955

de Gilles Heuré

[Biographie]

Editeur : Viviane Hamy
Publication : 11/1/2006

Résumé du livre


Né en 1878, Léon Werth vécut sa vie de garçon à la fin du XIXe siècle. Sa vie d’homme, il s’y confrontera dans le siècle suivant. Journaliste, essayiste, critique d’art, son parcours tranche dans une période qui, entre deux guerres mondiales, voit ses repères mis à mal. Son dégoût des patriotes, des colonialistes et des partis (très tôt il dénoncera l’imposture stalinienne alors qu’il est considéré comme un homme de gauche) détournera les éditeurs et les grands patrons de presse de ‘cet indépendant farouche‘. N’importe. Ecrivain en marge, rebelle aux catégories, craint et respecté à la fois, Léon Werth continuera d’écrire en toute liberté et lucidité jusqu’à sa mort en 1955.

Les extraits de « L’Insoumis – Léon Werth 1878-1955″

La première phrase
Il y a quelque chose d’agaçant dans les vies trop bien remplies. Celles de Léon Werth fut des plus tumultueuses et passionnantes.


La plus belle phrase
Peut être que son chef-d’ oeuvre est encore sa vie.


Morceau choisi
Ce que Werth a en détestation chez Durtain est bien le contraire de ce qu’il admire chez Magdeleine Paz dont il loue le livre ‘Les Noirs en Amérique’ dans Le Monde, le 15 novembre 1930. Dans cet article élogieux, il retrouve chez elle la démarche qui fut la sienne lors de son périple en Indochine. Il n’est pas allé là-bas par curiosité impressionniste, pour ajouter du jaune au blanc, de la même façon que Magdeleine Paz n’est pas [... ]

chapitre : Engagé volontairepage : 191éditeur : Viviane Hamydate d’édition : 2006 -

 


À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “L’Insoumis – Léon Werth 1878-1955”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    par Anne-Sophie Aguilar

    1878-1955 : trouble période que celle vue et vécue par « l’insoumis » Léon Werth. A travers cette riche biographie, Gilles Heuré dresse le portrait, très détaillé mais sans lourdeur, d’un homme davantage acteur que témoin d’un siècle mouvementé, marqué par des guerres sans précédents, secousses dans une jeune république encore à construire. La vie de Léon Werth, toujours indomptable, parfois désillusionné, est emplie d’idées, d’engagements, de littérature et d’amis, plus ou moins célèbres. Une histoire humaine dans la grande Histoire. L’Histoire justement, retiendra l’inclassable Léon Werth comme un acteur parmi d’autres, sans en faire un de ses héros. L’homme, soldat volontaire de la Première Guerre, s’irrite quand on souhaite lui faire jouer ce rôle. Sans doute que l’indomptable est trop complexe pour entrer dans une case, si historique ou héroïque soit elle. L’homme dérange. Antipatriote, pacifiste et pourtant soldat, rude et sans concession pour les flatteurs et les mondains, Léon Werth est aussi l’enfant devenu grand auquel Saint-Exupery dédie son ‘Petit Prince’. Par son talent, Gilles Heuré nous rappelle l’homme trop souvent oublié de l’histoire littéraire et de l’histoire tout court, celle des hommes. Espérons que la postérité saura accepter l’écrivain et son oeuvre tels qu’ils sont : insoumis sans doute, et d’une rare intégrité.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    L’INSOUMIS, LEON WERTH
    1878-1955

    Gilles Heuré

    Viviane Hamy, janvier 2006, 310 pages
    20 €

    Traversant le XXe siècle du même pas assuré et léger, le regard vif porté sur toute chose, Léon Werth apparaît une considérable lacune dans les histoires littéraires dont on abrutit volontiers nos écoliers. Le continent Werth, abordé petit à petit par Viviane Hamy à qui il faut une bonne fois pour toute rendre l’hommage nécessaire parce qu’elle porte son Werth a bout de bras depuis longtemps, se révèle foisonnant mais toujours impecablement aiguisé. Tiré à quatre épingles, comme le petit monsieur à barbe de sage fou que fut Léon Werth. Ce continent à maintenant un guide, qui ouvre plus de perspectives qu’il n’en ferme parce qu’il est fait pour suivre nos pas et non nous devancer, parce qu’il ne décide pas pour nous quelle figure de Werth sera la nôtre : Gilles Heuré, dans L’Insoumis : Léon Werth 1878-1955 appose les faits les uns à côté des autres. C’est Léon Werth, caustique et chafouin petit monsieur, qui s’impose de lui-même. Enfin !

    Manière d’Albert Londres mâtiné de Léon Bloy, héritier de Jules Vallès, grand lecteur de Blaise Pascal et fin connaisseur de Stéphane Mallarmé, pince-sans-rire facétieux d’une grande rigueur et redoutable aussi bien pour ses ennemis (la sotte piétaille humaine, les bourgeois, les faiseurs) que pour ses proches, Léon Werth est un cavalier qui porta haut les couleurs de l’intelligence et du style tout au long de sa vie. Et c’est cette vie, aussi inconnue que l’oeuvre jusqu’à une date récente, que les éditions Viviane Hamy donnent à lire, nous dirions volontiers enfin, pour célébrer le 50e anniversaire de la mort du journaliste, romancier, chroniqueur judiciaire, mémorialiste, critique d’art, voyageur… L’Insoumis : Léon Werth 1878-1955 de Gilles Heuré, soit la biographie par ses oeuvres du plus méconnu des gentilhommes qui a traversé le siècle sans écraser personne et devenir une valeur aujourd’hui incontournable.

    Il n’est qu’à lire dans cette biographie les cénacles nombreux qui se forment autour de Werth, de Mirbeau qui en fait son continuateur sinon son disciple (parce que Werth termine Dingo, sans plagier mais en donnant à lire du Mirbeau), Marc Bloch et Lucien Febvre, deux des grands historiens du XXe siècle, fondateurs de l’Ecole des Annales et réformateurs de la lecture historique, Marguerite Audoux et sa Marie-Claire, Charles Louis Philippe, Antoine de Saint-Exupéry, enfin, l’ami de cœur, le parfait camarade.
    Gilles Heuré, parce qu’il faut bien baliser le sujet, fonctionne par livre et par époque, avance en territoire werthien à pas de loup, nous montre le journaliste — car en somme il n’a jamais cessé d’être un regard aiguisé de journaliste promené sans concession sur les hommes ses contemporains —, aux prises avec la guerre, la bêtise, les querelles politiques (contre le colonialisme, antimilitariste) et culturelles, aussi bien que les arts, la littérature (notamment les débats idéologiques, contre Barrès, plus tard avec Nizan).
    A lire aussi, la liste de ceux auquel il s’oppose, à commencer par Barrès, prototype du bourgeois écrivant dont l’œuvre n’est finalement « qu’un aspect de l’argent », et de Claudel dont l’œuvre « sous la splendeur réelle de la forme, est plus vide de contenu humain qu’un vaudeville à tiroirs ». La messe est dite ! Car Werth n’est pas un tendre (1), il est redouté mais respecté, parce que son épée tombe rarement à côté. Pourtant, la multiplicité de ses talents et de ses expériences — qui sont toute sa vie, que sa vie raconte et que ses livres reprennent — en font un carrefour du temps auxuqles tous les chemins conduisent. Il n’est pas un témoin secondaire de son siècle, il est un « passant considérable »

    « Je louerais moins M. Léon Werth pour son talent, qui est immense, que pour son intelligence. […] Rien de ce qui est humain [ne lui ] est étranger […] »
    (Louis Guillou)

    Léon Werth est de ces écrivains méconnus du grand public, et inclassables. Dans sa biographie — la première —, Gilles Heuré appréhende la liberté de l’écrivain, sa lucidité, son incroyable « intempestivité ». À la fois plume rebelle, et homme réfractaire à l’armée, à tout fait d’armes, Léon Werth est un insurgé permanent, un antimilitariste convaincu. Un insoumis. Qui a devancé l’appel en 1914, s’est mesuré à la boue et la saleté, l’ignominie des tranchées, ressenti le dégoût que pouvait inspirer à tout homme, l’infernale machine militaire. Qui n’a pas courbé sous le poids de l’oppression allemande ou politique des colonialistes. Qui n’a pas cherché les honneurs, ni de la presse ni des jury, ni même du public. Qui est une conscience en action. Qui est un homme. Léon Werth n’aurait pas dit autre chose que ce cri de Bardamu à Lola dans le Voyage au bout de la nuit : « Oui, [je suis] tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-ving-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. »
    Léon Werth, enfin, malgré la morosité de la fin de sa vie (2), aura été un intransigeant littérateur, un critique acerbe et parfois venimeux, un camarade indispensable, aura traversé deux guerres, plusieurs conflits, aura courru toute sa vie aux fesses de Monsieur Prudhomme pour l’attraper enfin et lui pincer la joue. Léon Werth aura été un homme dans le monde et aura porté, par sa plume, par son œuvre, son témoignage jusqu’à nous. Cette figure multiple, qui dessine pourtant un petit monsieur bien sage, Gilles Heuré à réussi à la capter sans se perdre, en suivant les traces du polygraphe, en remontant un à un les fils des ouvrages, des articles (très nombreux), des amitiés et des combats qui font tout un homme, qui ont faits Léon Werth, l’insoumis.

    « Werth est le fruit d’une civilisation, mais il en est aussi le gardien […] L’essentiel de Werth c’est la direction de son effort. C’est la qualité de son regard, de sa préoccupation et de sa recherche. C’est la rectitude de sa démarche. Si sa phrase est solide, c’est qu’elle est un outil. Elle sert. Werth est si dense et sa démarche est si féconde que l’on peut, si l’on a lu Werth, faire de lui, en son absene, un véritable compagnon. Si j’ai écrit une page, et si j’imagine que Werth la discute, je découvre aussitôt, dans ma page, certaines imperfections que je n’y eusse point découvertes. Werth enseigne à vivre. » (Antoine de Saint-Exupéry)

    Loïc Di Stefano & Marc Alpozzo

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