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Publication “Prisonniers de guerre indigènes” de Armelle Mabon

27 février 2010

Colonisation

Publication “Prisonniers de guerre indigènes” de Armelle Mabon La mémoire revisitée

L’opus intitulé : “Prisonniers de guerre Indigènes, visages oubliés de la France occupée” est paru en janvier 2010 aux éditions “La découverte”. Ce travail, couronnement de longues années de recherches documentaires et d’investigations a ceci d’intéressant qu’il met à la lumière  du jour un événement aussi douloureux que sciemment occulté par la puissance coloniale qui s’est honteusement astreinte à l’amputation mémorielle sélective.

La présence française en Algérie sous la conjonction du sabre et du goupillon l’a prédisposé à toutes les prédations. Le sénatus- consulte de 1863 et l’infamant cadre de l’indigenat de 1881 illustrent, si tant est que de besoin, cette domination accablante qui a autorisé tous les excès : exaction fiscale, dépossession foncière, désagrégation tribale… Pire, les indigènes a servi de chaire à canon en constituant le gros des éléments de l’armée coloniale durant les différents guerres. Ce fut le cas pendant la guerre de Prusse de 1870, ainsi qu’à l’occasion des deux guerres mondiales. En 1939, durant la guerre “éclair” qui a mis aux prises la France et l’Allemagne nazie, près du dixième des 5 millions de soldats français sont originaires d’Afrique du Nord, du Sénégal et d’Indochine. Les 340 000 soldats nord-africains étaient en majorité des Algériens. Au lendemain de la capitulation du régime de Vichy, scellée par l’armistice, les soldats “arabes, noirs et jaunes” furent assignés dans plusieurs camps d’internement sur le sol français. C’est cette page tragique de l’histoire coloniale qu’ Armelle Mabon, enseignante et chercheure à l’université de Bretagne sud a voulu exhumer par le truchement d’un ouvrage fort documenté.

L’opus intitulé : “Prisonniers de guerre Indigènes, visages oubliés de la France occupée” est paru en janvier 2010 aux éditions “La découverte”. Ce travail, couronnement de longues années de recherches documentaires et d’investigations a ceci d’intéressant qu’il met à la lumière  du jour un événement aussi douloureux que sciemment occulté par la puissance coloniale qui s’est honteusement astreinte à l’amputation mémorielle sélective. On y apprend qu’en novembre 1940, on comptait 57 camps pour 80 000 “indigènes”. De nombreux prisonniers réussirent, néanmoins, à faire la belle et allèrent rejoindre les maquis de la résistance française. “Les Algériens ont représenté le plus grand contingent de ces prisonniers.

C’est en 1942 que nous pouvons donner des chiffres fiables par origine sachant que plus de 10 000 Nords-Africains ont été libérés par les Allemands en novembre 1941. En mars 1942, sur 43944 prisonniers, 13754 sont Algériens ; en 1943, sur 38175, 12905 sont Algériens et à la libération, il restait encore 17 000 Nord-Africains sans que je puisse vous donner le nombre d’Algériens”, a déclaré l’auteur à un confrère de la presse écrite.

A la libération, Armelle Mabon évoque un autre thème volontairement remisé aux oubliettes. Il s’agit, en l’occurrence, du soulèvement de Thiaroye, près de Dakar. Pour avoir osé réclamer leurs droits d’anciens prisonniers de guerre, des ex-détenus de retour chez eux furent sauvagement réprimés. En restituant en connaissances historiques voire scientifiques, cette succession d’histoires anonymes, celles des prisonniers comme celles des courageux Français qui les ont aidés et soutenus, Armelle Mabon a indéniablement apporté sa pierre à l’édifice de l’écriture de l’histoire. Une histoire indemne de toute trituration et expurgée de tous les apocryphes. Mais pour ce faire, le bourreau ne devrait-il pas commencer à assumer, sinon son œuvre peu recommadable, du moins la vérité de son déroulement ?

N. Maouche

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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