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Le renard et le hérisson

27 février 2010

1.Contes

Au coin de la cheminée
Le renard et le hérisson
Guemra Assia Bouguerra

Il était une fois, du temps où les animaux parlaient encore, un renard, surnommé Cheikh Eddib, qui abritait dans son terrier un jeune hérisson appelé G?nifid. Un soir d?été, les deux voisins s?assirent au clair de lune sur la margelle d?un puits et, dans la fraîcheur de la nuit, se firent maintes et maintes confidences :« Je connais quatre-vingt-dix-huit


ruses ! Il m?en manquerait deux et je serais récompensé par notre roi qui me donnerait, et c?est de coutume, cent pièces d?or ! » rêvait à haute voix Cheikh Eddib.
« Tu pourrais peut-être m?aider ? » reprit-il.
« Peut-être », répondit le hérisson, pas très convaincu.
« Combien de ruses connais-tu ? » demanda le renard intéressé.
« Je n?en connais qu?une seule ! » avoua G?nifid.
Cheikh Eddib s?emporta :
« Quoi ! Tu n?en connais qu?une ? Il ne sera pas dit, dans aucune fable, que je partagerai mon refuge avec un incapable ! »
Et d?un revers de patte envoya au fond du puits le brave hérisson.
G?nifid, d?abord surpris, décida de mettre à profit son unique astuce pour se venger du méchant renard. Il se mit alors à siffler et à bêler. Le puits faisant écho, on aurait dit un troupeau mené par un berger.
Le renard intrigué, pointa le bout du nez et entendit une drôle de discussion :
« Combien coûte ce mouton bien gras ?» demanda G?nifid, en grossissant sa voix.
« Il est trop beau, pour être vendu, je vais l?offrir au roi ! » répliqua le hérisson en changeant de ton.
« Alors que me coûteront ces gentils agneaux ou plutôt cette tendre brebis ? » reprit toujours la grosse voix.
G?nifid se mit à siffler et à bêler de plus belle comme s?il rassemblait un troupeau ; encore une fois on entendit crier :
« Berger, berger, viens donc par là ! Que demandes-tu pour ces belles chèvres ? »
Le renard, iintéressé au plus haut point, n?avait pas assez de ses deux yeux pour percer l?obscurité qui régnait dans le puits ; à la fin, n?y tenant plus, il cria :
« Hérisson ! m?entends-tu ? Que se passe-t-il donc dans ce puits ? Je n?y vois goutte, il fait si noir ! »
« Ce qui s?y passe ? répliqua le hérisson, compère Renard, il y a ici le plus grand souk d?Algérie ! Que de moutons bien gras, que de tendres brebis, ô mon ami ! Je n?en ai jamais vu autant de ma vie ! »
Le renard, déjà fiévreux, gémit plus qu?il ne demanda d?une toute petite voix :
« Comment faire pour descendre avec
toi ? »
« Saute, dans le seau qui est posé sur la margelle !»
Ce que le renard avait oublié dans sa fièvre, c?est que les deux seaux étaient attachés à chaque extrémité d?une même corde ; et lorsque l?un était plongé au fond du puits, l?autre était au bord de la margelle. Quand G?nifid sentit la corde se tendre, il comprit que le renard avait sauté dans le premier seau ; alors, prestement, il se glissa dans le second.
Comme Cheikh Eddib était bien plus lourd que le hérisson, il descendit au fond du puits rapidement faisant remonter l?autre seau avec G?nifid à l?intérieur.
Ils se croisèrent, à un moment, dans le puits. Le renard surpris demanda :
« Mais, pourquoi diable, remontes-tu ? »
« C?est parce que tu descends que je remonte, répondit le hérisson. Ô, père des quatre-vingt-dix- huit ruses, sache, qu?en toute chose, il suffit d?en avoir une, d?ailleurs, mais il faut qu?elle soit la meilleure ! » (à suivre…)

A. B.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Le renard et le hérisson”

  1. Rat de bibliothéque Dit :

    Au coin de la cheminée
    Epis d’or et épis d’argent (1re partie)
    Par Guemra Assia Bouguerra

    Il était une fois trois charmantes demoiselles, au demeurant trois s?urs qui causaient assises sous le balcon de son altesse, le Sultan du Vieux Rocher. Elles ignoraient la présence du prince héritier qui, bien caché derrière une colonnette, les écoutait.
    L’aînée des jeunes filles rêvait à haute voix :
    « Si un jour, et quel beau jour !
    Le prince héritier m’épousait par amour,
    Un couscous je lui préparerais,
    Toute la ville en mangerait
    Et du couscous encore il en resterait.
    Si un jour, et quel beau jour !
    Le prince m’épousait par amour ? »
    La cadette soupira, et dit à son tour :
    « Si un jour, et quel beau jour !
    Sa Majesté le prince m’épousait par amour,
    Un tapis je lui tisserais.
    Toute la ville s’assiérait
    Et de la place encore il resterait.
    Si un jour et quel beau jour !
    Sa Majesté m’épousait par amour? »
    La plus jeune des soeurs murmura alors :
    « Si un jour, et quel beau jour !
    Le prince m’épousait par amour,
    Deux enfants je lui donnerais.
    Tous deux sur leurs têtes porteraient
    Un épi d’or et un épi d’argent,
    Si un jour vraiment, m’épousait mon prince charmant ? »
    Le dauphin, qui était en âge de se marier, dépêcha sur l’heure son serviteur aux renseignements. Satisfait de tout ce qu’on lui rapporta, il épousa, dès le printemps, en grande pompe, l’aînée des demoiselles.
    Elle lui prépara alors comme promis une gigantesque gas?a pleine de couscous qui fut servie sur la place publique. Les convives qui y goûtèrent eurent de la peine à avaler la moitié d’une cuillerée et se gardèrent bien d’en reprendre une seconde. Ainsi tous les gens de la ville en avaient bien mangé mais dans le plat il en restait encore !
    Le prince se présenta le dernier au festin. Il fut agréablement surpris de constater que sa femme avait tenu sa promesse : le plat était encore à moitié plein alors que tous les habitants de la ville en avaient mangé.
    Comme il remarqua le regard narquois de ses ministres, il se risqua, lui aussi, à en prendre une cuillerée ; bien mal lui en prit ! Il la rejeta immédiatement : le couscous était affreusement salé ; c’est alors que le prince comprit la duperie !
    Pour punir sa femme qui l’avait trompé et humilié devant ses sujets, il la répudia et l’enferma dans l’une des innombrables tours du château.
    Dès l’été, Sa Majesté épousa la puînée des soeurs et, comme promis, elle tissa un tapis immense que les serviteurs étalèrent sur la place publique ; chaque convive qui s’aventurait à s’asseoir dessus se relevait aussitôt ; ainsi, ne serait-ce que quelques secondes, tous les gens de la ville s’y étaient bien assis.
    Le prince, comme de coutume, arriva le dernier sur la place publique. Il fut agréablement surpris de constater que sa femme avait tenu sa promesse : tous les habitants de la ville s’étaient bien assis sur le tapis, et pourtant de la place il restait encore !
    Mais le regard ironique de ses ministres l’intrigua ; alors il s’assit à son tour et se releva aussitôt : le tapis piquait horriblement !
    Le prince comprit que sa femme l’avait tissé en mélangeant à la laine des tiges d’ortie. Pour punir sa deuxième épouse de sa tromperie, il la répudia et l’enferma avec sa soeur dans l’une des innombrables tours du château. Enfin en automne, le prince épousa la benjamine ; elle tomba bientôt enceinte et le médecin du roi annonça au prince :
    « Votre épouse, Majesté, vous donnera pour la première semaine de l’été des jumeaux ! »
    Sa Majesté était au comble du bonheur ; heureux, il demanda à sa femme ce qui pourrait éventuellement lui faire plaisir.
    « Libérez mes soeurs sire ! Je voudrais tellement qu’elles assistent à mon accouchement et qu’elles partagent ainsi notre bonheur! » supplia la princesse. (à suivre…)
    A. B.

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