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Raymond Devos

22 février 2010

Auteurs Français

Raymond Devos (prononcer [døvos]) est un humoriste français, né le 9 novembre 1922 à Mouscron en Belgique, décédé le 15 juin 2006 à Saint-Rémy-lès-Chevreuse dans les Yvelines (France). Il a été célèbre pour ses jeux de mots, ses qualités de mime, son goût pour les paradoxes cocasses, le non-sens et la quête de sens.

Les origines wallonnes

Français de nationalité, mais natif de Mouscron, il a vu le jour dans un élégant château blanc, le château des Tourelles. Ses parents, à l’époque, étaient fortunés. Louis Devos, le père, s’était lancé dans l’industrie du textile. Raymond Devos avait hérité de sa mère une grande part de ses talents artistiques. Agnès Devos adorait faire des jeux de mots et elle jouait aussi du violon et de la mandoline. Les Devos eurent d’abord six garçons, dont un disparaîtra quelques mois après sa naissance. Leur septième enfant fut, enfin, une fille.

Les Devos avaient choisi Mouscron pour y faire naître leur petit Raymond. Moins de deux ans plus tard, pour des raisons fiscales, la famille revendait le château des Tourelles et s’installait juste de l’autre côté de la frontière, à Tourcoing. Mais ils revenaient souvent en Belgique. Raymond Devos a raconté ses souvenirs d’enfance : « Si j’ai rêvé de faire du théâtre, c’est parce que mon père nous emmenait au cirque à Mouscron. J’étais fasciné. Avec mes frères, nous avions tracé une piste de cirque dans l’atelier de notre père. »

Une époque marquante qui refit surface en 1956 lors du parcours de son one man show qui le ramena à Mouscron. Il se mit en tête de retrouver ce château natal dont lui avait si souvent parlé sa maman. Dans son souvenir, c’était un château immense. Il commença par ce que Mouscron avait de plus imposant, le château des Comtes dont la façade ne lui rappelait rien. Quelqu’un lui suggéra d’aller voir les Tourelles. Là, il était chez lui… Aujourd’hui, la salle principale du centre culturel de Mouscron, le Centre Culturel Marius Staquet, porte son nom ainsi qu’un école primaire du quartier qui l’a vu naitre, le Mont-à-leux.

Éternel étudiant 

Avec son père, Louis, expert-comptable, travailleur frontalier, originaire de Tourcoing et sa mère Agnès, il quitte à l’âge de deux ans la Belgique pour la France, située à cinq kilomètres de sa ville natale. Il découvre très tôt son don pour raconter des histoires et surtout pour captiver son auditoire. Élève à l’Institution libre du Sacré-Cœur à Tourcoing, il doit arrêter ses études à 13 ans à cause des graves problèmes financiers que connaît sa famille, sans pouvoir assouvir sa soif de connaissances. Cela restera comme son plus grand regret et lui donnera cette posture d’éternel étudiant, fasciné par le savoir.

C’est donc par lui-même qu’il parfait sa culture et sa maîtrise de la langue française et de la musique. Son univers familial le prédispose à jongler avec la musique. Son père joue de l’orgue et du piano, sa mère du violon et de la mandoline, son oncle de la clarinette. Il apprendra lui-même des instruments aussi divers que la clarinette, le piano, la harpe, la guitare, le concertina, la trompette, la scie musicale…

La faillite de l’entreprise de son père les contraint d’aller en banlieue parisienne, où sa famille vivra dans des conditions difficiles. Avec toute sa volonté et son acharnement à devenir artiste, il observe avec ravissement les spectacles de rue, comme ceux des forains, place de la Bastille : « Ils retiraient le cadenas qui enchaînait leur matériel à longueur d’année et ils sortaient le tapis, le poids, les instruments pour haranguer la foule : « Attention mesdames et messieurs, le spectacle va commencer. » »

En attendant d’être artiste, il exerce différents métiers, notamment : coursier en triporteur, libraire, crémier aux Halles, où il doit mirer les œufs… Mais la guerre arrive à grand pas et Raymond Devos est requis par le Service du travail obligatoire (STO). Il garde le moral en proposant des spectacles à ses compagnons (d’infortune) grâce aux instruments (de fortune) qu’il a pu emporter avec lui. « Lorsque j’ai été déporté du travail en Allemagne, je côtoyais quotidiennement des hommes de nationalités différentes. Avec des rudiments de langue allemande, on tentait de se faire comprendre. Mais il y avait aussi les gestes, une attitude, un regard qui ajoutaient aux efforts relationnels. » Il enrichit ainsi son bagage d’une nouvelle expérience, celle de mime, qu’il va parfaire à l’école d’Étienne Decroux, où il rencontre Marcel Marceau.

« La mer démontée » 

Il prend ensuite des cours de théâtre auprès de Tania Balachova et d’Henri Rollan, dont le cours d’art dramatique se tient au Théâtre du Vieux-Colombier. Il joue dans Le Médecin malgré lui et Knock. Pensionnaire de la compagnie Jacques Fabbri, on le voit dans La vertu en danger, Les hussards, Les fantômes, La famille d’Arlequin.

En 1948, il monte un numéro burlesque « les trois cousins », avec André Gille et Georges Denis. Les trois partenaires se produisent au club du Vieux-Colombier et à la Rose Rouge. Un duo avec Roger Verbecke succède ensuite au trio : « Les pinsons » se produisent à l’ABC et aux Trois-Baudets en chantant des parodies comiques de chansons de cow-boy.

Mais c’est au hasard d’une tournée théâtrale des villes casinos avec la compagnie Jacques Fabbri, à Biarritz, qu’il découvre l’absurde et le comique de situation. Interrogeant un maître d’hôtel, « Je voudrais voir la mer », il se voit répondre « Vous n’y pensez pas, elle est démontée ». « Quand la remontera-t-on ? » insiste-t-il. « C’est une question de temps »… Ces quatre répliques lui donnent la matière à un sketch, La mer, puis bientôt à un autre, Le car pour Caen, et finalement à un style devenu inimitable.

C’est au cabaret « Le cheval d’or », d’abord, puis à « L’écluse » et aux « Trois-baudets » qu’il teste ses premiers sketches et le personnage qui allait, au fil du temps, impressionner le public. Remarqué par Maurice Chevalier, il passera en première partie de son spectacle à l’Alhambra et y gagne la consécration. Son sketch Le plaisir des sens le rend célèbre : « Mais dis-moi laitier, ton lait va tourner ! », apostrophe auquel le laitier en question, pris sur un rond-point ne donnant que sur des sens interdits, répond par « T’en fais pas, je fais mon beurre ».

Jongleur de mots 

Accompagné de son fidèle pianiste et partenaire, Hervé Guido, il multiplie dès lors les apparitions dans les salles de spectacles et bientôt les plus grandes (Bobino, l’Olympia) se l’arrachent. Son spectacle s’enrichit sans cesse : mime, comédien, musicien, jongleur, équilibriste sur monocycle, prestidigitateur… Il jongle aussi bien avec des petites balles qu’avec des boules de cinq kilogrammes. Ses prouesses physiques sur scène suscitent l’étonnement puis le rire, en regard de sa silhouette rebondie, avec son pantalon retenu sous le ventre par des bretelles. Et ses mimiques ponctuent admirablement une gestuelle exceptionnelle. Raymond Devos triomphera par la suite sur le petit écran, régulièrement invité par Jacques Chancel dans son Grand Échiquier.

Très différent d’un Coluche malgré une référence commune au clown, contemporain de Fernand Raynaud, qui partage avec lui sa passion du mime, l’humour de Raymond Devos frise souvent la métaphysique (Friedrich Nietzsche), voire la mathématique fondamentale, comme lorsqu’il explique que « trois fois rien, c’est déjà quelque chose ». Beaucoup le considèrent comme un génie des mots, un poète hurluberlu et étonnant. Ses références littéraires sont Gaston Bachelard et Marcel Aymé. Ses inspirateurs et modèles sont Tristan Bernard, Alphonse Allais, Alfred Jarry, Boris Vian avec lequel Devos a travaillé, Raymond Queneau. Sans oublier Charlie Chaplin, Jacques Tati, Pierre Etaix et les grands clowns comme les légendaires Footit et Chocolat, Grock, les Fratellini ou Pipo.

Il s’est marié le 30 avril 1959 avec Simone Beguin. Le couple n’a pas eu d’enfants.

Victime d’une attaque cérébrale en décembre 2005, de nouveau hospitalisé début février 2006 pour la même raison à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, il meurt chez lui, à 7h50, le 15 juin 2006 des suites d’une crise d’œdème aigu du poumon, entouré de sa sœur Cécile, de ses deux neveux Jean-Louis et Stéphane, et de son secrétaire particulier Pierre Herran. Ses funérailles ont lieu le 19 juin dans l’église de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.

Français ou belge ? 

Son nom en néerlandais signifie « le renard ». Mais pourtant, pas de doute : son père, né à Tourcoing en 1887, son grand-père, né à Bousbecque, en 1841, sa mère, bretonne de Vitré, sont français. À sa naissance à Mouscron, en Belgique, à deux pas de la frontière avec la France, son père le déclara à la maison communale de cette ville, où ses parents avaient alors une propriété, le château de Tourelles. Mais il omit de l’inscrire également au consulat de France. Malgré des papiers d’identité en bonne et due forme, sa situation de fond ne fut jamais régularisée. En 2002, interrogeant à ce sujet le service chargé des Français nés à l’étranger, à Nantes, il se vit répondre : « Il n’y a pas de M. Devos sur nos tablettes… ». Raymond Devos traduira cette ambiguïté avec humour : « Je suis né avec un pied en Belgique et un pied en France, c’est pour cela que je marche les pieds écartés. »

Citations 

  • « Lorsqu’on a la prétention, comme moi, d’entraîner les gens dans l’imaginaire, il faut pouvoir les ramener dans le réel ensuite … et sans dommage ! »
  • « Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter. »
  • « La raison du plus fou est toujours la meilleure. » (Extrait du spectacle Sens dessus dessous)
  • « Même avec Dieu, il ne faut pas tenter le Diable ! » (La chute ascensionnelle)
  • « Il m’est arrivé de prêter l’oreille à un sourd… Il n’entendait pas mieux ! »
  • Parler pour ne rien dire
    • « Si vous n’avez rien à dire, et bien on en parle! On en discute! »
    • « Rien, ce n’est pas rien ! La preuve, c’est que l’on peut le soustraire. Exemple : rien moins rien égale moins que rien ! »
    • « Une fois rien, c’est rien ; deux fois rien, ce n’est pas beaucoup ; mais pour trois fois rien, on peut déjà s’acheter quelque chose, et pour pas cher. »
    • « Moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache. »
  • « Remarquez, si on fait l’amour, c’est pour satisfaire les sens. Et c’est pour l’essence qu’on fait la guerre ! 
— Les gens préfèrent glisser leur peau sous les draps pour le plaisir des sens que de la risquer sous les drapeaux pour le prix de l’essence. » (Faites l’amour, pas la guerre)
  • « Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l’un avance, l’autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche ! »
  • « Mais pourquoi courent-ils si vite ?
— Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent… Plus ils courent vite, plus ils en gagnent ! » (Où courent-ils ?)
  • « Monsieur, ce que j’admire en vous, c’est que vous avez le courage d’être vous-même ; avec tout ce que cela comporte de ridicule ! » (Le sens du ridicule)
  • « Quand j’ai tort, j’ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts ! » (À tort ou à raison)
  • « On a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort ! » (À tort ou à raison)
  • « Est-ce que les histoires que vous racontez ne vous empêchent pas de dormir ?
— Si, mais comme ce sont des histoires à dormir debout, je récupère ! » (Le vent de la révolte)
  • « J’ai un ami qui est xénophobe. Il déteste à tel point les étrangers que lorsqu’il va dans leur pays, il ne peut pas se supporter ! » (Xénophobie)
  • « Si ma femme doit être veuve un jour, j’aimerais mieux que ce soit de mon vivant. » (Extrait du spectacle Sens dessus dessous)
  • « Je crois à l’immortalité, et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaître. »
  • « Quand on s’est connus, ma femme et moi, on était tellement timides tous les deux qu’on n’osait pas se regarder. Maintenant, on ne peut plus se voir. » (Ma femme)
  • « L’accordéon, c’est l’instrument politique par excellence. Quand vous poussez à droite, ça souffle à gauche et quand vous poussez à gauche, ça siffle à droite. Et à l’intérieur c’est du vent. »

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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