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Téléphone portable Une arme à double tranchant

19 février 2010

Non classé

Téléphone portable
Une arme à double tranchant
Par Aziz Zamèche

Téléphone portable Une arme à double tranchant rhtzk5

Considéré comme un luxe dans les premières années de son introduction en Algérie, le téléphone portable est devenu à la portée de tout le monde. Il faut reconnaître que la concurrence en matière de prix et de services y est pour beaucoup dans cette démocratisation. Depuis plus de cinq ans, donc, presque tous les Algériens sont équipés d’un portable.

29 millions selon les dernières statistiques récentes. Cette merveille de la technologie de communication est aussi largement utilisée par les adolescents et même par les enfants pour communiquer avec leurs camarades, proches et amis mais aussi pour se défouler et s’amuser. Et c’est précisément ce besoin légitime qui a été abusivement utilisé par la nouvelle génération à d’autres fins. Toutes les règles du jeu ont changé. Les tabous ont été brisés, les traditions bafouées et les repères occultés. Sur le portable, tout circule en toute facilité et sans limites ni contrôle : sexe, violence, insultes, propagande, menaces, mensonges… Une réalité qui a créé des désagréments sur les plans social, culturel et moral.

2.Pour la rumeur et la propagande

Danger n Le portable, entre les mains de gens malintentionnés, peut détruire la vie d’une personne, séparer un couple, briser la carrière d’un footballeur…

Les rumeurs sont distillées aussi sur le portable. L’affaire qui a défrayé la chronique, il y a quelques semaines, sur la prétendue mort de la chanteuse kabyle, Chérifa, en est un parfait exemple.
Cette information mensongère a ému toute la famille de l’artiste. En fait, l’origine de cette rumeur était un message envoyé par un autre artiste qui pouvait avoir agi innocemment ou non. La rumeur de la mort de Chérifa a donc fait le tour du pays grâce justement au téléphone portable.
Mais le mobile est aussi utilisé pour semer la zizanie entre les amis, les proches, les commerçants, les couples… Le procédé est simple : on envoie un SMS  à quelqu’un, et, selon l’intérêt que suscite l’intox ou le mensonge,  le message est diffusé à maintes reprises et atterrit chez plusieurs personnes. Chez nous, ce procédé est surtout utilisé dans le monde du football.
Quand un joueur est mal vu par les supporters ou par ses dirigeants, certains supporters, souvent manipulés par les commanditaires, passent à l’acte. Ils diffusent une rumeur sur un joueur qui sera sue par tous les autres supporters joueurs et proches. Une «machination» qui peut constituer un véritable danger pour la personne concernée.
De nombreux joueurs et entraîneurs ont été agressés dans l’enceinte  ou hors du stade par des supporters chauffés à blanc ou rémunérés.
Le même procédé est aussi utilisé dans le monde de la chanson, notamment dans les milieux du raï où on «lâche» des rumeurs  comme,  par exemple, cet artiste a été vu dans tel ou tel lieu peu recommandable ou cette vedette de la chanson a «volé» le texte d’une chanson, etc. Souvent, cela commence par un simple message sur le téléphone portable…
Le portable sert aussi à la diffusion des idées politiques et à la persuasion idéologique. Récemment, le ministère de l’Intérieur, dans le souci d’assurer une participation appréciable à l’élection présidentielle, a eu l’idée d’envoyer des millions de SMS incitant les citoyens à aller voter.
Une première peut-être dans le monde.
Par ailleurs, des SMS ont circulé, faisant l’éloge de certains candidats à l’investiture présidentielle… et ils sont nombreux les groupes politiques, idéologiques ou religieux qui ont recours à ce moyen pour diffuser des idées…

3.Pas seulement chez nous !

Les collégiens et lycéens japonais, surtout les filles, ne s’imaginent plus vivre sans leur sacro-saint téléphone portable, un objet qu’ils utilisent pour échanger quotidiennement des dizaines de courriers électroniques. Selon une enquête réalisée par l’institut de recherches Fujitsu pour le compte du gouvernement auprès de quelque 10 500 enfants dans tout le pays,  95,9% des lycéens, 45,9% des collégiens et 24,7% des écoliers du primaire possèdent leur propre téléphone portable. Dans tous les cas, le nombre des filles possédant des portables est nettement supérieur à celui des garçons, les Nippones se montrant, dès leur plus jeune âge, des fanatiques de la communication orale et écrite, pas rebutées, au contraire, par les nouvelles technologies. La plupart des écoliers déclarent avoir reçu un portable de leurs parents, qui se disent rassurés de pouvoir contacter leurs chérubins à tout moment. Les collégiens et lycéens, en revanche, possèdent un portable, d’abord «parce que les amis en ont un» ou parce qu’ils pensent que cet objet «rend la vie plus agréable».L’enquête montre que ces adolescents téléphonent très peu, mais échangent essentiellement des messages écrits, lesquels sont de véritables e-mails décorés, tapés avec une dextérité troublante, et non des SMS. Plus de 40% des collégiens et lycéens affirment expédier entre 10 et 50 e-mails par jour, et près de 20% entre 50 et 100. On les voit à proximité des établissements scolaires, dans les transports en commun, déambulant dans les rues, assis sur un banc pour grignoter, les yeux rivés sur l’écran de leur mobile sur lequel le pouce s’agite à une vitesse étonnante.

Sources : AFP

Les services de sécurité impuissants n La loi est très claire. Elle punit toute production ou mise en circulation d’images portant atteinte aux mœurs. Mais il faut reconnaître, cependant, que le travail des services de sécurité est très difficile dans ce domaine. «Aucune loi ne nous autorise à vérifier ou à fouiller le contenu des portables des gens», souligne un policier au commissariat de Chéraga (Alger). Ce dernier assimile un tel procédé au non-respect des libertés individuelles et de la vie privée. «Il n’y a qu’un seul cas où nous pouvons intervenir et agir, c’est quand une personne dépose plainte pour une atteinte aux mœurs (viol, pédophilie, attouchements…). Et même dans ce cas, il faut que le plaignant ait des preuves, reconnaisse des personnes suspectes ou impliquées…», ajoute notre interlocuteur.

4.Les ados : cible et acteurs par excellence

Scènes n  Habitués au portable dès leur jeune âge, les enfants et les adolescents sont devenus des as en matière d’exploitation des multiples fonctions et options de cet outil de communication. Pour le meilleur et pour le pire…

L’un de ses mauvais usages les plus fréquents est, bien entendu, la vidéo à caractère pornographique… Souvent téléchargées initialement à partir d’Internet – auquel les adolescents ont un accès totalement libre –, ces vidéos d’une violence sans limite parfois font le tour de tous les portables des adolescents dans le quartier, à l’école, dans les cafés…   Un exploit rendu possible grâce à la généralisation des portables multimédias équipés de la technologie «bluetooth» ou «infrarouge» qui permet un téléchargement et un transfert rapides de fichiers vidéo d’un portable à un autre. «Souvent, des ados viennent ici équipés  d’un portable multimédia et d’un câble data pour télécharger des chansons, des clips de musique, mais aussi des vidéos à caractère pornographique. Moi, je ne peux pas les en empêcher ou les surveiller. Ils sont devant leur poste et ils sont libres de faire tout ce qu’ils veulent», nous répond le propriétaire d’un cybercafé à Alger à la question de savoir s’il est facile d’accéder aux sites interdits.
Et comme preuve d’un certain laisser-aller, ou même d’une complicité, le gérant a pris le soin d’isoler les postes en utilisant des parois en contreplaqué. S’échanger ce genre de vidéos est devenu, auprès de nos adolescents, un prestige et une manière de prouver sa virilité et sa  «puberté avant l’heure».
Certains s’engagent même dans une concurrence avec leurs rivaux en essayant de télécharger, diffuser ou envoyer les vidéos les plus récentes, les plus violentes et les plus bizarres.
«C’est à la mode ! Avant l’apparition du portable, chaque matin au lycée, les élèves, pour se distinguer ou se faire remarquer, racontaient la dernière blague. Aujourd’hui, c’est la dernière vidéo qu’on fait circuler», souligne un élève en 2e AS dans un lycée de la banlieue algéroise. Ce phénomène commence aussi à toucher la gent féminine relativement épargnée jusque-là. Cependant, et depuis quelque temps, des scènes pornographiques filmées par le portable où on peut voir des  scènes de viol ou d’attouchements  sexuels commencent à circuler en Algérie. «Ce sont des individus peu scrupuleux qui en sont les auteurs. Ils filment ces scènes en cachette, en forçant ou en rémunérant des gens pour figurer dans ces scènes qu’ils se chargent par la suite de diffuser», nous dit-on.

5.Danger pour la santé : la part de vérité

Depuis  des années,  on ne parle plus que des dangers du téléphone portable pour la santé. Périodiquement, des informations et des précautions à prendre sont diffusées sur Internet et dans les médias à travers le monde sur le sujet. Un appel a même été lancé par un groupe de scientifiques. Voici les extraits publiés dans un journal français d’un entretien avec un grand spécialiste (français), sur la réalité de ces informations  :

Quels sont les arguments scientifiques qui tendraient à prouver les dangers des ondes des téléphones portables ?
Il s’agit d’un faisceau d’arguments que nous avons énoncé dans notre appel :
1) Les rayonnements électromagnétiques des téléphones portables pénètrent le corps, et en particulier le cerveau, et encore plus chez les enfants
2) Leurs effets biologiques néfastes sont avérés. En particulier l’augmentation de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique, et l’expression des protéines de stress dans les cellules.
3) Les études existantes selon lesquelles «aucune preuve de nocivité n’existe  chez l’homme», ont porté sur des durées insuffisantes pour conclure à quoi que ce soit. Les mêmes études auraient été incapables de mettre en évidence le lien entre le fait de fumer un paquet de cigarettes par jour et le risque de cancer du poumon.
4) Les rares études récentes qui ont suivi des personnes utilisant leur téléphone portable plus de deux heures par semaine pendant plus de dix ans observent, elles, un risque de tumeurs accru. Il serait de l’ordre de deux fois le risque d’un non-utilisateur.
On a donc toutes les raisons d’être inquiet et de préconiser des mesures préventives, d’autant plus que celles-ci n’empêchent pas l’utilisation d’un téléphone portable. Elles en guident simplement les modalités pour que celles-ci se fassent en sécurité (…)

Un moyen de chahut dans les classes l Dans les écoles, certains élèves perturbateurs utilisent leurs portables pour déranger leurs enseignants et leurs camarades. Ces   «élèves trouble-fêtes» sont devenus de véritables bêtes noires pour leurs enseignants et leurs camarades. Une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur. En  effet, à l’école, ce petit bijou de la technologie de communication est devenu un moyen pour perturber le bon déroulement des cours.

A. Z.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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