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Sans téléphone ni Internet Comment l’Algérien vivait-il ?

5 février 2010

Non classé

Sans téléphone ni Internet
Comment l’Algérien vivait-il ?
Par Kamel Imarazène

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Réalité : Il y a une dizaine d’années, le téléphone était hors de portée de larges pans de la société. Alors que l’Internet n’existait même pas dans l’imaginaire des gens.

Indispensables, nécessaires, primordiaux, le téléphone et à un degré moindre l’Internet le sont vraiment de nos jours. S’en passer est, pour le commun des citoyens, une entreprise plus que difficile.
Pour certains, cela relève carrément de l’impossible. «C’est comme si on me demandait de vivre sans électricité et sans télévision», affirme à ce propos Fatah, bientôt 33 ans, infographe dans une boîte de communication à Béjaïa.
Il y a quelques années pourtant, ce diplômé de l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger (Esba) ne savait pas, comme la quasi-totalité des Algériens d’ailleurs, à quoi ressemble un téléphone mobile : «Très sincèrement, je n’avais aucune idée sur cette nouvelle technologie.» Mais les choses ont changé depuis et, aujourd’hui, le téléphone mobile et l’Internet n’ont aucun secret pour Fatah. Mieux encore, ils font «partie intégrante» de sa vie comme il le souligne : «Je travaille avec, je m’amuse avec, je discute avec, je me prends en photo avec. Je me suis tellement habitué à ces nouvelles technologies que je ne peux plus m’en passer. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que l’habitude est une seconde nature.» Pour mesurer l’attachement de l’Algérien à ces deux moyens de communication, il suffit d’observer son comportement à chaque fois qu’une panne de réseau survient : il s’agite et se met dans tous ses états tellement il ne supporte pas d’être privé de téléphone ou d’Internet. C’est à croire que ces technologies ont toujours fait partie de sa vie ! Et pourtant, elles n’ont été véritablement introduites dans notre pays qu’au début de la décennie en cours. En effet, il y a 10 ans, le téléphone était hors de portée de larges pans de la société : la télédensité était de seulement 5,28 %, selon des statistiques officielles. Alors que l’Internet n’existait même pas dans l’imaginaire des gens. Mais comment vivait-on à l’époque ? Comment faisait-on pour communiquer ? Comment travaillait-on ? Autant de questions qui méritent vraiment d’être posées afin d’avoir une idée sur les changements survenus dans notre société depuis que le téléphone mobile et l’Internet y ont été introduits à grande échelle.

K.I.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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4 Réponses à “Sans téléphone ni Internet Comment l’Algérien vivait-il ?”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    L’âge d’or de la lettre postale

    l Faute de téléphone et d’Internet, les Algériens utilisaient principalement la lettre postale pour communiquer entre eux. Pour avoir des nouvelles de ses proches, demander un renseignement ou déposer un quelconque dossier, seule une enveloppe timbrée pouvait faire l’affaire. A l’époque d’ailleurs, le nombre de lettres envoyées quotidiennement était tellement important que les facteurs éprouvaient toutes les peines du monde à les transmettre à leurs destinataires à temps. Il faut dire aussi que les services des ex-PTT manquaient de moyens : certains bureaux de poste ne disposaient même pas de véhicule de service. Pour acheminer le courrier, on faisait appel à des chauffeurs de taxi, voire à des particuliers dans certaines régions du pays. Résultat : pour avoir des nouvelles de ses proches, il fallait attendre des semaines et parfois des mois. Pour autant, rares sont ceux qui s’impatientaient au point d’aller demander des explications au facteur qui, il faut bien le souligner, jouissait d’un grand respect. De plus, la patience était, à l’époque, une seconde nature chez l’Algérien. Mais tout a changé depuis. Aujourd’hui, à l’ère de l’Internet et du téléphone mobile, l’on ne supporte même pas de rester une journée sans nouvelles de ses proches. Au moindre appel non décroché, on s’alarme et on s’inquiète. C’est fou comme on a changé…

    K. I.

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Mon bébé, Justin, me manque beaucoup

  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Le fax, le papier et le stylo !

    Pratique n Les jeunes qui voulaient avoir des correspondants, devaient faire des pieds et des mains pour dénicher un contact. Les rares magazines qui publiaient des adresses de correspondants étrangers, se vendaient sous le manteau.

    En l’espace de quelques années seulement, l’Internet est devenu un outil de travail indispensable dans notre pays. Quasiment, toutes les entreprises et les administrations l’utilisent systématiquement. Il faut dire qu’il facilite le travail et permet de gagner du temps notamment. Sur un autre plan, les jeunes l’ont adopté et en ont fait un moyen de distraction par excellence. Vivre sans Internet ? «hors de question», répondent-ils.
    Et pourtant, il y a une dizaine d’années, cette technologie était pour l’Algérien ce qu’est l’informatique pour un analphabète. Mais comment vivait-il et travaillait-il à l’époque ?». Le plus normalement du monde, relève Ahmed, 47 ans, fonctionnaire de son état. «Certes, le travail était beaucoup plus difficile, mais nous ne nous posions pas trop de questions car nous ne savions pas qu’il existait un moyen à même de nous faciliter nos tâches.» «Je travaillais à l’époque dans une boîte privée spécialisée dans l’installation de caméras de surveillance et je me souviens que nous travaillions exclusivement avec le papier et le stylo. Nous utilisions principalement le fax pour envoyer les courriers ou avoir des informations sur tel ou tel sujet.
    La charge de travail était très importante, car il fallait, à chaque fois, écrire et réécrire», témoigne, pour sa part, Amina, 35 ans. Pour ceux qui travaillaient à l’époque dans le secteur de l’information et de la communication, le travail était encore plus difficile.
    Et pour cause : «Google n’existait pas encore et pour avoir le moindre renseignement, il fallait feuilleter des revues, des livres ou des archives, ce qui nous prenait énormément de temps», affirme Rachid, 43 ans, journaliste. Dans le même ordre d’idées, les jeunes qui voulaient avoir des correspondants devaient faire des pieds et des mains pour dénicher un contact, les rares magazines qui publiaient des adresses de correspondants étrangers se vendant sous le manteau. «Il y avait même des personnes qui s’étaient spécialisées dans la vente d’adresses de correspondance», note Rachid. Comme l’Internet n’existait pas encore, beaucoup passaient leur temps à lire. Revues, romans, journaux, tout était bon à «déguster». C’était l’âge d’or de la lecture…

    K. I.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Il était une fois le téléphone «collectif»

    Epoque n Les nouvelles générations l’ignorent sans doute, mais il fut un temps où le téléphone était un véritable luxe dans notre pays.

    Si la plupart des villes ont été dotées de ce moyen de communication à partir des années 1970, les régions rurales ont, quant à elles, dû attendre le début de la décennie en cours pour sortir de leur isolement à la faveur de l’introduction du téléphone sans fil, communément appelé le WLL, et du mobile. Comme la ruralité était la règle à l’époque, de nombreux Algériens étaient, de fait, privés de téléphone.
    Pour communiquer avec leurs proches, ils devaient parcourir des dizaines de kilomètres. Les seules cabines téléphoniques qui existaient étaient installées au niveau des centres-villes. Dans certaines régions du pays, les autorités avaient pensé à doter chaque douar ou village d’un téléphone. «C’était la politique à l’époque», note Makhlouf, 36 ans, natif d’un village montagneux de la wilaya de Tizi Ouzou.
    Très souvent, c’est l’épicier du village qui est choisi pour accueillir le fameux appareil noir pour des considérations pratiques. Mais il y avait aussi d’autres privilégiés qui se comptaient principalement parmi les employés des ex-PTT (Poste, télégraphe et téléphone) et…leurs proches ! Généralement, ces téléphones servaient beaucoup plus à recevoir les appels qu’à en émettre. Et pour cause : le téléphone était plus ou moins cher et la facturation pas du tout facile à établir. Makhlouf s’en souvient : «Dans les années 1980, l’épicier de notre village fixait le montant à payer sur la base du temps d’appel qu’il calculait à l’aide d’un…vieux réveil. De fait, on payait l’appel à l’étranger au prix de l’appel local.
    C’était une promotion exceptionnelle qui n’a pas duré longtemps au grand dam des habitants du village qui avaient des proches en France, puisque l’épicier a fini par décider de composer lui-même le numéro pour connaître la destination de l’appel et fixer le montant à payer en conséquence. Il a également interdit l’utilisation du téléphone en son absence après avoir découvert que sa femme qui le remplaçait, se trompait à chaque fois qu’elle établissait le prix de l’appel. Alors qu’il espérait faire fortune grâce au téléphone, il s’est presque ruiné.» Cela dit, cet épicier était très respecté au village, selon Makhlouf : «C’était quelqu’un de très important comme on dit, on n’avait pas intérêt à se disputer avec lui au risque de subir des représailles.
    Il connaissait les moindres secrets des villageois étant donné qu’il était toujours là, à chaque appel émis ou reçu. Il assistait même aux conversations entre les émigrés de France et leurs femmes restées au village.» Toujours est-il que ce ne sont pas toutes les localités qui étaient dotées d’un téléphone «collectif».
    A l’est comme au sud du pays par exemple, des villages entiers étaient, jusqu’à la fin des années 1990, complètement «déconnectés». Leurs habitants restaient sans nouvelles de leurs proches installés ailleurs durant des semaines, des mois, voire des années. Ce qui est inimaginable aujourd’hui…

    K. I.

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Mon bébé, Justin, me manque beaucoup

  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Des réfractaires quand même…

    Griefs n Pour ces nostalgiques de l’époque où le téléphone était un luxe et l’Internet un mirage, les nouvelles technologies ont virtualisé la société.

    Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’avènement de la téléphonie mobile et de l’Internet est mal perçu par certains. De leur avis, ces nouvelles technologies de l’information et de la communication ont changé le quotidien «dans le mauvais sens». Bien évidemment, ils regrettent l’époque où le téléphone était un luxe et l’Internet un mirage. «A l’époque, relève Rachid, tout était vrai, tout était concret, il n’y avait pas de place pour le virtuel. On avait un rapport particulier avec le stylo et le papier.»
    Pour ce journaliste qui a débuté sa carrière dans les années 1990, l’avènement de l’Internet a complètement dénaturé le journalisme : «A notre époque, les écrits journalistiques avaient une existence physique si je puis dire ainsi. Ils étaient rédigés à la main, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. De même, les journalistes étaient dans l’obligation de lire, de faire des recherches dans les livres et les archives et de sortir sur le terrain pour recueillir les informations nécessaires à la confection de leurs papiers. De nos jours malheureusement, tout cela ne se fait plus.
    L’Internet offre tout sur un plateau, ce qui n’est pas bien pour la profession.» Abondant dans le même sens, Ahmed fait remarquer que la démocratisation du téléphone a généré une «charge de travail supplémentaire pour les employés». «Aujourd’hui, explique-t-il, votre employeur peut à tout moment vous appeler pour vous demander de rejoindre votre lieu de travail. Il peut le faire même durant vos congés grâce au téléphone mobile.
    Ce qui n’était pas possible par le passé. A l’époque, votre journée prenait fin quand vous sortiez du bureau, personne ne pouvait vous gâcher votre week-end ou vos vacances pour la simple et bonne raison qu’il ne pouvait pas vous contacter.» Selon lui, le téléphone mobile est un outil encombrant. «Pour avoir la paix et être heureux, il faut s’en séparer, je vous dis cela en connaissance de cause. J’étais vraiment bien dans ma peau quand je n’avais pas d’abonnement téléphonique.» Pourquoi ne pas le résilier alors ? «Je ne peux pas le faire pour des considérations d’ordre professionnel», répond-il.

    K. I.

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