RSS

2.Aubépin – Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

5 février 2010

1.Contes

Au coin de la cheminée
Aubépin (2e partie)

Résumé de la 1re partie : Le chasseur ayant appris que sa fille avait perdu le perdreau, envoie sa femme et sa fille à la recherche de l’oiseau…

Que faites-vous à cette heure dans la forêt ? s’étonna la hase.
— Nous cherchons un perdreau que nous avons perdu, dit la mère.
— Malheureuses ! Vous êtes ici dans la demeure des fauves. Ils sont tous à chasser dans la forêt. C’est aujourd’hui mon tour de garder leur repaire. Mais c’est bientôt l’aube, ils vont rentrer et, s’ils vous trouvent ici, ils vous mangeront.
— Fuyons ! cria la fille.
— Il est trop tard, dit la hase. Où iriez-vous ? Les animaux sont déjà sur le chemin du retour et vous allez sûrement les rencontrer.
— Quoi faire alors ? demanda la mère.
— Vous voyez cet arbre ? dit la hase. Il est haut et touffu. Vous allez monter et vous cacher dans le feuillage, le plus haut que vous pourrez. Vous y resterez tout le jour. A la nuit tombée, les animaux de nouveau vont sortir. Vous descendrez et vous fuirez d’ici.
La mère et la fille montèrent jusqu’au faîte de l’arbre. Elles s’y installèrent le plus commodément qu’elles purent, la fille au-dessus de sa mère. Bientôt des rugissements, des cris, des sifflements, des bruits de branches cassées annoncèrent le retour des fauves.
A mesure qu’ils arrivaient, ils allaient s’installer chacun dans son coin pour le reste de la journée. Le lion rentra le dernier :
— Hum ! dit-il, cela sent la chair fraîche.
— Pendant que vous étiez absents, dit la hase, je me suis préparé un léger repas, je viens juste de finir.
Les fauves s’endormirent,
En haut de l’arbre, la femme était morte de peur. La petite fille n’arrêtait pas de pleurer – tant qu’à la fin une larme tomba.. sur la moustache du lion.
— Enfants, rugit-il, il y a quelqu’un dans l’arbre. Je viens de recevoir une goutte sur la lèvre.
— C’est la pluie, dit la hase.
— Fourmi, dit le lion, monte voir dans l’arbre. La fourmi monta. Au haut de l’arbre elle rencontra la jambe de la femme et la mordit. La mère l’écrasa, de peur que la fourmi n’aille piquer sa fille et ne lui arrache un cri de douleur.
La petite continuait de pleurer et de nouveau une larme tomba, cette fois sur le front du tigre, qui cria :
— Enfants, cet arbre est habité. Une goutte vient de me tomber sur le front.
— C’est que le temps est couvert, dit la hase, il tombe quelques gouttes de pluie.
— Chacal, dit le lion, sors voir quel temps il fait.
Le chacal revint bientôt.
— Alors ? demanda le lion,
— Il fait un temps superbe, dit le chacal, il n’y a pas un nuage dans le ciel et la lune éclaire comme en plein jour.
— Serpent ordonna le lion, monte dans l’arbre.

Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

11 Réponses à “2.Aubépin – Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (3e partie)

    Résumé de la 2e partie n La mère et la fille, lors de leurs recherches, rencontrent une hase qui leur conseille, pour échapper aux fauves, de grimper sur un arbre…

    Le serpent ondula le long du tronc puis, de branche en branche, arriva jusqu’au faîte. Il buta sur la jambede la mère et la piqua. Un hurlement s’éleva puis le corps de la mère vint s’affaler lourde par terre. Les fauves se précipitèrent, le déchiquetèrent en un rien de temps et se partagèrent les morceaux pour les dévorer. Dans le ventre de la femme ils trouvèrent un bébé, que la hase aussitôt revendiqua :
    — Je n’ai plus de dents, dit-elle, je ne pourrai mâcher que la chair tendre du bébé.
    Le lion le lui laissa et elle l’étendit dans un coin, sur un lit d’herbes, avec ce qui restait des os de la mère.
    — Je le mangerai cette nuit, dit-elle, quand vous serez partis.
    Le soir venu, les fauves commencèrent à se lever et, les uns après les autres, à sortir de nouveau à la recherche de gibier dans la forêt. Avant de partir, il leur fallait établir le tour de garde de ce jour-là.
    — Aujourd’hui, dit la hase, je suis fatiguée, je veux bien vous garder la maison aujourd’hui encore : de toute façon, j’ai de quoi manger pour toute la journée.
    Les animaux se dispersèrent. Quand le dernier eut disparu, la hase rassembla ce qui restait des os de la mère, en retira la moelle qu’elle mit dans des tubes de roseau Puis elle se tourna vers la fille :
    — Descends, malheureuse, lui dit-elle.
    La fille descendit, les yeux exorbités par l’épouvante et tout rouges d’insomnie. La hase lui tendit le bébé :
    — Voici ton frère, lui dit-elle. Emporte-le, prends bien soin de lui, élève-le jusqu’à ce qu’il devienne grand et puisse te venir en aide.
    — Comment le nourrirai-je ? demanda la-fille.
    — Prends ces tubes. Dedans il y a la moelle de ta mère. Chaque fois que ton frère pleurera, trempe ton doigt dans la moelle et donne-le-lui à sucer.
    Quand il n’y aura plus de moelle, tu trouveras bien du lait.
    Et maintenant va, sauve-toi et ne reviens plus jamais dans ces parages. La petite fille prit le bébé, les roseaux et, aussi vite que ses jambes pouvaient courir, s’enfuit. Quand son frère pleurait, elle trempait son doigt dans la moelle et le lui faisait téter.
    Elle se demanda quel nom elle allait lui donner et, se rappelant que l’antre des fauves où elle l’avait recueilli était au milieu d’un dense maquis d’aubépines, elle l’appela Aubépin.
    Elle erra longtemps de pays en pays, puis un jour elle arriva dans un village où les habitants, touchés par son malheur, lui offrirent l’hospitalité. Ils lui accordèrent une petite chaumière avec un jardin qu’elle pouvait cultiver pour vivre.
    Elle était tout heureuse d’avoir enfin trouvé un foyer et de quoi subsister.
    Puis les années passèrent et elle devint une belle jeune fille. Beaucoup de jeunes gens vinrent la demander en mariage, mais elle ne voulait pas quitter Aubépin avant qu’il n’ait eu son autonomie. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (4e partie)

    Résumé de la 3e partie n La sœur, après avoir longtemps erré avec son frère, arrive enfin dans un village où les habitants lui accordent l’hospitalité…

    Un jour qu’elle piochait dans son jardin, elle heurta de sa binette un objet dur, qui faillit la lui casser. Elle creusa tout autour et au bout d’un instant, déterra un petit pot, empli à ras bord de pièces d’or et d’argent. Elle en fut tout heureuse et le rapporta à la maison.
    Le soir, après qu’ils eurent dîné :
    — Mon frère, dit-elle, si l’on te donnait cent pièces d’or, qu’en ferais-tu ?
    — J’achèterais des billes, des toupies ; je me ferais des fusils de bambou…
    «Las ! pensa la jeune fille, mon frère est encore bien jeune.»
    Elle attendit encore un an ou deux, puis un jour posa à son frère la même question :
    — J’achèterais un beau cheval, dit Aubépin, et tout le jour je caracolerais.
    «Mon frère grandit», se dit la jeune fille.
    Plusieurs mois après, elle demanda de nouveau :
    — Mon frère, si l’on te donnait cent pièces d’or…
    — J’achèterais une belle maison avec un beau jardin. Puis je me marierais et ma femme et toi travailleriez dans le jardin.
    — Dieu merci, s’écria-t-elle, maintenant, mon frère, tu es un homme !
    Elle alla dans un coin de la maison et revint bientôt avec un petit pot, dont elle souleva le couvercle : les pièces parurent, blanches et jaunes, toutes luisantes au soleil ; il y en avait beaucoup plus de cent. Aubépin n’en croyait pas ses yeux. Sa sœur lui apprit comment elle avait trouvé le petit pot. Puis il se mit en quête d’une maison plus spacieuse et plus belle que la pauvre chaumière où ils habitaient tous les deux. Peu de temps après, il choisit une fiancée dans les environs et donna une fête splendide pour son mariage. Ils vécurent tous les trois heureux dans leur nouvelle et grande maison. Mais la nouvelle mariée, voyant que sa belle-sœur était beaucoup plus belle qu’elle et que, du reste, Aubépin continuait d’aimer tendrement sa sœur, en tomba follement jalouse. Elle chercha dès lors un moyen de la séparer de son frère et, si possible, de la bannir à jamais.
    Un jour qu’elles étaient allées couper du bois dans la forêt, la femme d’Aubépin trouva sept œufs de serpent, qui n’étaient pas encore éclos, et les ramena à la maison. Elle en fit une omelette, en prépara une autre de sept œufs de poule et invita sa belle-sœur à venir manger avec elle. Elle lui servit l’omelette aux œufs de serpent, mangea elle-même de l’autre et attendit. Au bout de quelque temps les œufs éclosent dans le ventre de la jeune fille. Les serpents grandirent et bientôt commencèrent à y mener un beau charivari. La jeune mariée n’attendait que cela. Au comble de la joie, elle alla trouver son mari :
    — Ta sœur va avoir un enfant, lui dit-elle.
    — Impossible ! dit Aubépin.
    — Si tu ne me crois pas, dit la jeune femme, tu peux t’en assurer toi-même.
    — Comment cela ?
    — En mettant la tête sur les genoux de ta sœur et en écoutant. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (5e partie)

    Résumé de la 4e partie n La sœur trouve des pièces d’or dans le jardin. Elle marie son frère. Mais l’épouse s’avérera jalouse d’elle et cherchera à s’en débarrasser…

    Le lendemain, en rentrant de la forêt où il était allé chasser, Aubépin prétexta une grande fatigue. Il s’allongea pour se reposer et demanda à sa sœur de s’asseoir près de lui, pour qu’il pût mettre la tête sur ses genoux. La jeune fille, confiante, s’approcha. Aussitôt aux oreilles d’Aubépin, parvinrent les bruits de la sarabande que les serpents menaient dans le ventre de sa sœur. Il en resta stupéfait et, au bout d’un instant, alla trouver sa femme :
    — Je ne l’aurais jamais cru, dit-il.
    Sa femme fit mine d’être très attristée
    — Que deviendrons-nous quand les villageois s’en apercevront ? Tu ne pourras plus sortir sur la place.
    — Quoi faire ? demanda Aubépin.
    — Il faut se débarrasser d’elle.
    —  Jamais ! s’écria-t-il. C’est elle qui m’a sauvé des bêtes féroces, elle qui m’a élevé, soigné, nourri jusqu’à ce que je devienne un homme. Sans elle je ne t’aurais jamais épousée.
    — Alors c’est nous qui devons partir.
    — Où irions-nous ?
    — Il y a pourtant un moyen très simple, dit-elle perfidement.
    — Lequel ?
    —  Tu vas partir avec elle dans la forêt et l’y abandonner. Quelqu’un, c’est sûr, la recueillera. Le lendemain, Aubépin réveilla sa femme et sa sœur de bonne heure et leur dit qu’ils allaient couper du bois dans la forêt, pour leur provision d’hiver, pendant toute la journée. Il prit les haches, les cordes, les cognées, un maillet, une calebasse et, suivi de sa chienne, qu’il tenait en laisse, se dirigea vers les bois. Dès qu’ils furent arrivés, il s’installa dans un endroit avec sa femme, en indiqua un autre à sa sœur un peu plus loin :
    — Tu vas couper dans ce fourré, lui dit-il. Dès que nous aurons fini de l’autre côté, je t’appellerai et nous remonterons au village. La jeune fille resta tout le jour à débiter du bois dans son coin. Au loin elle entendait les jappements de la chienne d’Aubépin et les coups de sa cognée contre les troncs d’arbres. Le soleil bientôt se coucha, mais Aubépin frappait toujours.
    «Mon frère et sa femme veulent faire en un jour la provision pour tout l’hiver», pensa la jeune fille.
    Puis la nuit commença à tomber et elle se mit à appeler : «Aubépin ! Aubépin !», mais le fourré était trop dense et Aubépin n’entendait pas.
    Elle était en train d’appeler quand, de l’autre côté du fourré, lui parvint un bruit de sabots sur le sol et un cavalier parut, monté sur un cheval noir :
    — Qui que tu sois, dit-il, je te conjure, laisse-moi passer. Il se fait tard et mes enfants m’attendent.
    — Je suis une créature comme toi, dit la jeune fille.
    — En ce cas, dit le cavalier, que fais-tu seule à cette heure dans la forêt ? Dans un instant les animaux des bois vont sortir et ils te mangeront.
    — Mon frère et sa femme coupent du bois tout près d’ici. Tu as dû les rencontrer sur ton chemin.
    — Tout près d’ici, sur mon chemin, je n’ai rien rencontré… qu’une chienne qui jappe à rendre l’âme.
    — C’est celle de mon frère. Ces coups que tu entends sont ceux de sa hache. Va, cavalier, passe ton chemin et laisse-moi. Mon frère bientôt viendra me prendre et nous rentrerons au village. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (6e partie)

    Résumé de la 5e partie n La sœur a mangé l’omelette préparée par la belle-sœur. Les œufs sont ceux de serpents qui éclosent dans son ventre et y remuent. Ravie, sa belle-sœur va trouver Aubépin pour lui annoncer que sa sœur est enceinte…

    Le cavalier s’éloigna. Peu de temps après en parut un autre, qui posa les mêmes questions à la jeune fille. Elle lui fit les mêmes réponses. La nuit maintenant était noire et il était temps de rentrer. Quand le troisième passa, la sœur d’Aubépin sursauta : elle percevait à peine la silhouette dans l’obscurité.
    — Qui que tu sois, dit-il, dis-moi qui tu es.
    — Une créature comme toi.
    — Et que fais-tu si tard au milieu des bois ?
    — Tu le vois bien, je coupe du bois.
    — Seule ?
    — Je ne suis pas seule : mon frère et sa femme sont ici près de moi, qui coupent du bois eux aussi, pour notre provision d’hiver. Ne les entends-tu pas ?
    — Malheureuse ! Il n’y a personne près de toi, qu’une chienne qui jappe, attachée à un tronc d’arbre. Je suis le dernier homme qui passe aujourd’hui sur ce chemin. La jeune fille cette fois eut peur. Elle appela encore une fois : «Aubépin ! Aubépin !» mais seul l’écho de sa voix lui revint, amplifié par le silence de la nuit et mêlé aux aboiements affolés de la chienne et aux chocs sourds de la cognée d’Aubépin sur les souches. Elle pria le cavalier de la suivre dans la clairière où son frère devait se trouver. Ils y allèrent, mais, à l’endroit où elle l’avait laissé, il n’y avait personne… que la chienne, qui tirait frénétiquement sur sa laisse, et, pendus aux branches d’un arbre, le maillet et la calebasse que le vent entrechoquait, et… elle comprit. Aubépin et sa femme l’avaient abandonnée dans les bois. Tout cela était un stratagème, qu’ils avaient imaginé pour se débarrasser d’elle. Ils avaient attaché la chienne au tronc de l’arbre exprès, exprès ils avaient pendu le maillet et la calebasse au vent de la forêt : ce qu’elle prenait pour des bruits de cognée, c’était le choc des deux, quand la bise les agitait.
    — Je suis perdue, dit-elle.
    — Si tu veux, dit le cavalier, tu passeras cette nuit dans ma maison. Demain, quand il fera jour, tu iras où bon te semblera.
    La jeune fille pensa que, dans son malheur, c’était encore une chance pour elle que le cavalier voulut bien la recueillir pour la nuit, et elle monta en croupe derrière lui. Quand ils arrivèrent, elle descendit et l’homme vit que la femme qu’il venait de sauver des bois était d’une beauté merveilleuse. Il lui fit raconter son histoire. Elle redit tout, depuis le jour lointain où, jouant avec un perdreau, elle l’avait laissé s’envoler
    — Les œufs de serpent, dit-elle, ont éclos dans mon ventre. Mon frère me croit enceinte et, pour cela, il m’a menée me perdre dans les bois. C’est là que vous m’avez trouvée. Le cavalier était à la fois touché et intrigué. Comme il était peu probable que la femme voulut retourner dans son pays, après ce qui venait de lui arriver, il aurait voulu l’épouser, mais il fallait d’abord la débarrasser des serpents qui vivaient dans son ventre et il ne savait comment s’y prendre. Aussi alla-t-il consulter le sage du village. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (7e partie)

    Résumé de la 6e partie n Convaincu que sa sœur est enceinte, Aubépin décide de l’abandonner dans la forêt où elle rencontre un cavalier qui va l’aider…

    Eh bien, dit le vieillard, voilà comment tu vas procéder. Tu iras au marché acheter une grande quantité de viande et tu la saleras abondamment. Donne-la à manger à cette femme, jusqu’à ce qu’elle en soit rassasiée. Elle aura soif. Refuse-lui toute eau pendant trois jours. Le quatrième prends-la, pends-la par les pieds à la plus haute poutre du toit. Par terre, juste au-dessous d’elle, pose un grand plat de bois, empli d’eau. Puis tiens un couteau d’une main et une badine de l’autre. A l’aide de la badine agite l’eau, de façon qu’on l’entende glouglouter, puis tiens ton couteau ouvert et attends.
    L’homme fit comme le sage avait dit. Il acheta la viande ; la sala, la grilla, puis la donna à la jeune fille, qui en mangea jusqu’à n’en plus pouvoir. Une soif intense s’empara d’elle, elle demanda, en vain, à boire pendant trois jours. Le quatrième le cavalier la pendit par les pieds, emplit d’eau un plat de bois, qu’il plaça juste au-dessous d’elle, puis, à l’aide d’une badine, se mit à donner de petits coups dans l’eau. Le bruit cristallin et frais se répandait dans toute la pièce.
    Les serpents, altérés, commencèrent à mener un grand vacarme ; ils cherchaient tous à se précipiter vers le bas, pour boire. A mesure qu’ils apparaissaient, un bref coup de couteau les tailladait ; les morceaux palpitants tombaient dans le plat avec un bruit flasque. Quand le dernier fut sorti, le cavalier détacha la jeune fille, qui n’en pouvait plus.
    Pendant plusieurs jours encore il s’occupa de la soigner, car le long séjour des serpents dans son ventre l’avait vidée de toute force. Au bout de quelques jours, voyant qu’elle était remise, il lui demanda :
    — Maintenant que te voilà rétablie, que veux-tu faire ? Veux-tu retourner dans ton pays ou préfères-tu rester ici ?
    — Dans mon pays ? dit-elle. Je n’en ai plus : mon frère et sa femme m’ont abandonnée dans la forêt.
    — Dans ce cas, dit le cavalier, veux-tu m’épouser ?
    La jeune fille, heureuse d’avoir été tout à la fois sauvée des bêtes et débarrassée des serpents qui vivaient dans son ventre, y consentit. Elle épousa le cavalier et ils vécurent heureux plusieurs mois. Puis elle mit au monde un garçon, qui lui ressemblait à s’y méprendre.
    — Quel nom lui donnerons-nous ? lui demanda son mari.
    — J’ai appelé mon frère Aubépin parce qu’il est né parmi les aubépines. Celui-ci, nous allons l’appeler «l’Argenté», parce qu’il naît dans la richesse.
    Les années passaient et, quoiqu’elle n’entendît plus parler d’Aubépin et de sa femme, par moments un violent désir de les revoir la prenait, son frère surtout, parce qu’elle avait passé toute sa vie avec lui et qu’elle n’était pas sûre qu’avec son épouse il fût entièrement heureux.
    Son enfant, entre-temps, avait grandi. Il sortait maintenant tous les jours sur la place pour jouer avec les camarades de son âge. Il était vigoureux et beau et il ne manquait de rien. Un jour, pourtant, sa mère le vit revenir à la maison tout en larmes.
    — Pourquoi pleures-tu ? lui demanda-t-elle.
    — Les enfants se moquent de moi, dit-il. Ils parlent tous de leurs oncles maternels ; ils disent qu’ils vont leur rendre visite, et moi, tu ne m’y as jamais emmené. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (8e partie)

    Résumé de la 7e partie n Après avoir débarrassé la jeune femme des serpents, le cavalier l’épouse. Ils ont un enfant qui veut absolument rendre visite à ses parents maternels…

    Le cœur de la jeune femme frissonna, car c’était ce qu’elle-même désirait depuis longtemps.
    — Ce soir, dit-elle, quand ton père rentrera, demande-lui de te laisser aller avec moi chez tes oncles. S’il refuse, insiste et pleure jusqu’à ce qu’il te l’accorde.
    Dès qu’ils furent assis à dîner, le soir :
    — Père, dit l’enfant, je voudrais aller chez mes oncles maternels.
    — Tes oncles maternels ? s’étonna le père, mais… tu n’en as jamais eu : j’ai rencontré ta mère dans les bois.
    L’Argenté se mit à geindre :
    — Tous les enfants vont rendre visite à leurs oncles. Moi aussi, je veux y aller avec ma mère.
    — Très bien ! dit le père. Vous voulez y aller ? Eh bien, allez-y, mais je vous avertis : vous irez
    seuls ; moi, je ne viendrai pas chez tes oncles, parce que je sais que tes oncles, ce sont les bêtes des bois.
    Néanmoins, le lendemain, la mère fit mettre à son fils ses plus beaux habits de fête, puis elle lui jeta des haillons par-dessus. L’Argenté allait protester.
    — Sois tranquille, lui dit-elle, dès que nous serons arrivés, je t’enlèverai ton manteau sale et tu paraîtras dans tes beaux habits devant ton oncle.
    L’Argenté se calma d’autant plus vite qu’il vit sa mère couvrir elle aussi de laides guenilles les robes magnifiques qu’elle avait d’abord revêtues.
    Le père les vit prendre le chemin de la forêt par où sa femme était jadis arrivée, et bientôt ils disparurent.
    Ils marchèrent longtemps. De temps en temps ils demandaient à d’autres voyageurs leur chemin. Vers le soir ils arrivèrent enfin dans un pays que la mère reconnaissait. Ils s’arrêtèrent.
    — Nous allons bientôt être chez tes oncles, dit la jeune femme à son fils. Alors écoute-moi bien. Il y a longtemps que je n’ai pas vu mon frère : je ne sais pas s’il va me reconnaître. Quant à toi, il ne te connaît même pas. Alors, voilà ce que nous allons faire : nous allons nous présenter chez lui comme des mendiants. Si ton oncle me reconnaît et qu’il nous accueille, nous allons enlever ces vieilles loques et paraître avec nos beaux habits…
    — Et s’il t’a oubliée ?
    — C’est ici que tu dois faire attention. Je lui demanderai de nous laisser passer la nuit dans sa maison, comme des mendiants. Dès que nous serons installés, tu me demanderas de te dire un conte. Je ferai semblant de refuser. Insiste jusqu’à ce que j’accepte.
    Elle tira de son ballot une vieille sébile de bois, coupa dans un arbre un gros bâton noueux et ils entrèrent au village. Ils allèrent ainsi de porte en porte. La jeune femme tournait aisément dans les venelles, comme si elle les avait quittées la veille.
    Elle retrouvait presque toutes les femmes, à peine un peu vieillies, qui venaient lui apporter du couscous, de la galette, de l’huile, mais sous ses vieilles guenilles de mendiante, aucune d’elles ne la reconnaissait. Quand elle arriva devant la demeure d’Aubépin, son cœur se mit à battre. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (9e partie)

    Résumé de la 8e partie n La mère et le fils décident d’aller voir cet oncle.En chemin, elle informe son fils de son plan. Quand elle arrive devant la demeure d’Aubépin, son cœur se met à battre.

    L’aspect extérieur n’avait pas changé… c’était bien la grande maison qu’ils avaient achetée, avec l’argent qu’elle avait trouvé dans le jardin. De l’intérieur lui parvenaient des voix d’enfants qui jouaient.
    Elle rassembla son courage :
    — Pour l’amour de Dieu ! cria-t-elle, aussi fort qu’elle put, pour couvrir la voix des enfants.
    — Attends un peu ! dit une femme de l’intérieur. La mère reconnut la voix de sa belle-sœur. Peu après une petite fille sortit, avec une pleine assiettée de couscous.
    — Dieu vous le rende ! dit la mère.
    La petite fille allait partir.
    — Vous habitez une grande maison, dit la mère. Demande à tes parents si nous pouvons passer la nuit ici, mon fils et moi. Nous ne savons pas où aller.
    — Va ton chemin, mendiante, dit la voix de la belle-sœur. Nous t’avons donné à manger, mais nous n’avons pas de place pour toi dans la maison.
    — Rien qu’une nuit, dit la mère… pour l’amour de Dieu ! Il fait sombre, mon fils est tout jeune, il a froid et nous ne connaissons personne. Faites-nous une toute petite place, même dans le hall, s’il vous plaît. Demain, avant même que vous soyez réveillés, nous serons partis.
    La voix d’Aubépin enfin s’éleva :
    — Laisse la mendiante et son fils passer la nuit dans la maison. Ils ne nous gêneront pas.
    On les fit entrer. La mère jeta un regard rapide sur Aubépin : il n’avait pas beaucoup changé. Lui-même la regarda à peine : elle dissimulait son visage le plus possible, afin de ne pas être tout de suite reconnue. Ils mangèrent le couscous que la petite fille venait de leur apporter, puis :
    — Mère, dit l’Argenté, raconte-moi une histoire.
    — Une histoire ! cria la jeune femme, apparemment très irritée. Il ne nous manque plus que cela
    Les histoires, nous sommes dedans jusqu’au cou tous les deux… et tu veux encore que je te raconte celle des autres ?
    — Mais aujourd’hui, pleura l’Argenté, nous avons bien mangé, bien bu ; nous allons dormir dans une belle maison. Je veux une histoire.
    — Tu n’as pas honte de parler ainsi devant ces bonnes gens, qui ont bien voulu nous héberger cette nuit !
    Les enfants d’Aubépin vinrent dans le hall en criant :
    — S’il te plaît, vieille mère, raconte-nous une histoire avant de dormir.
    — Mais peut-être que vos parents sont fatigués ?
    — Si tu connais des contes, dit Aubépin, dis-les aux enfants, cela va leur faire plaisir.
    — J’en connais un, qui est un peu long, dit la mère.
    — Nous avons tout le temps, fit Aubépin.
    — Mettez-vous devant moi, dit aux enfants la mendiante, qui tournait le dos à la pièce où se tenaient leurs parents.
    Et elle commença :
    «Machaho Tellem chaho !»
    Les enfants étaient agglutinés autour d’elle. Aubépin et sa femme, restés dans la pièce, faisaient semblant de ne pas écouter, mais ils entendaient tout. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    Aubépin (10e partie et fin)

    Résumé de la 9e partie n Le plan de la mère : se déguiser – avec Argenté – en mendiants, se faire héberger pour la nuit et raconter une histoire à la demande de son fils.

    La mère s’adressait à son fils, parce que c’est lui qui avait demandé un conte :
    «Argenté, Argenté, mon enfant, il était une fois un chasseur qui aimait passionnément la chasse et, un jour, rapporta un perdreau, qu’il confia à sa femme en lui recommandant de ne pas le laisser s’envoler. Mais leur fille, en jouant avec l’oiseau, le laissa s’échapper et le père les chassa toutes les deux de la maison.
    «Argenté, Argenté, mon enfant, dans la forêt les animaux sauvages dépecèrent la femme, et la petite fille partit par les chemins, avec le bébé qu’on avait trouvé dans le ventre de sa mère. Quand son frère fut grand il se maria.»
    Tout en contant, la mère jetait, de temps à autre, un coup d’œil dans la pièce et, à mesure qu’elle parlait, elle voyait son frère et sa belle-sœur s’enfoncer peu à peu dans la terre : jusqu’aux chevilles, aux mollets, aux genoux, aux cuisses. Ils étaient maintenant engloutis jusqu’à la taille.
    «Argenté, Argenté, mon enfant, mais sa belle-sœur, jalouse d’elle, lui donna à manger des œufs de serpent, qui bientôt éclosent dans son ventre et son frère la crut enceinte.»
    La jeune femme regarda : la terre avait aspiré une partie du ventre.
    «Argenté, Argenté, mon enfant, ils allèrent dans les bois avec elle et l’y abandonnèrent au milieu des fauves, avec une chienne qui jappait, un maillet et une calebasse qui s’entrechoquaient, et la nuit.
    «Argenté, Argenté, mon enfant, elle aurait été dévorée si un cavalier qui passait ne l’avait recueillie et emmenée dans sa maison. Il réussit à faire sortir les serpents qu’elle portait dans son ventre et il l’épousa.»
    La mère regarda à la dérobée derrière elle, d’Aubépin et de sa femme il ne restait que les têtes, qui émergeaient au-dessus du sol comme des courges rondes.
    «Argenté, Argenté, mon enfant, ils eurent un garçon qui grandit et, un jour, revint de la place en pleurant, parce que ses camarades allaient rendre visite à leurs oncles maternels, et lui n’en avait même jamais entendu parler.»
    A cet instant la mère vit que les deux têtes avaient disparu : à la place il y avait des touffes de cheveux, les uns longs, les autres à côté plus courts. Elle sentit son cœur tressaillir. Elle se leva, agrippa la tête d’Aubépin par les cheveux et, de toutes ses forces, tira. Le corps d’abord résista, mais la jeune femme, tremblant de tous ses membres, ne lâcha pas prise. Bientôt la masse commença à céder. Le haut du crâne d’Aubépin, puis la tête, les épaules, le buste, la taille, les jambes, les genoux, les pieds enfin furent déterrés.
    Quand Aubépin, livide et tout endolori, se dressa enfin devant elle, elle se précipita pour l’embrasser, puis elle alla chercher un maillet et, frappant à toute volée sur ce qui restait du corps de sa belle-sœur, l’enfonça à tout jamais dans la terre.
    Par la suite elle fit venir son mari. Aubépin se remaria et ils vécurent très heureux dans leur pays. Machaho !

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    La fille du charbonnier (1re partie)

    Il était une fois un pauvre homme qui, pour faire vivre ses sept grandes filles et ses petits garçons, allait dans la forêt faire du charbon, qu’il vendait dans la ville.
    Les six filles aînées avaient honte de leur père, parce qu’il était pauvre et qu’à travailler dans le charbon tout le jour il était toujours tout noir et pauvrement vêtu. Pour marquer qu’elles étaient quant à elles au-dessus de cette misérable condition, elles passaient les jours à se farder, à se parer et à ne rien faire. Tous les travaux de la maison, elles les laissaient à leur plus jeune sœur qui, elle, s’en occupait avec beaucoup de plaisir et de zèle. Le soir, quand leur père rentrait fatigué, elle lui enlevait ses sandales, lui lavait tout de suite ses vêtements pleins de poussière noire, afin qu’il pût les remettre propres le lendemain. Mais surtout elle était renommée dans tout le pays pour son intelligence. Elle était capable de comprendre les paroles les plus enveloppées et de résoudre les énigmes les plus difficiles.
    D’un autre côté, le roi du pays était connu pour être lui-même un grand amateur d’énigmes et, comme il était en même temps très autoritaire et fantasque, il en proposait quelquefois à ses sujets, qui devaient les résoudre dans un délai fixé sous peine d’y perdre la vie. Il venait justement d’en imaginer une. Aussi réunit-il des habitants de la ville, parmi lesquels était le charbonnier.
    — J’ai, leur dit-il, un arbre dont les douze branches portent chacune trente rameaux. Chaque rameau produit cinq feuilles. Vous avez huit jours pour me dire ce que c’est. Si, au bout de ces huit jours, vous n’avez pas trouvé, vous aurez la tête tranchée.
    Les sujets du roi s’en allèrent abattus. Ils eurent beau se consulter à plusieurs reprises entre eux et prendre l’avis d’hommes qu’ils savaient perspicaces, ils ne purent trouver le mot de l’énigme. Le jour approchait où il fallait se présenter de nouveau devant le roi, et le charbonnier, ayant en vain cherché jusqu’à la veille, réunit ses filles pour leur faire ses recommandations. Il leur conta l’épreuve à laquelle le roi une fois de plus les soumettait :
    — C’est demain que nous devons nous rendre au palais et, comme nul de nous n’a trouvé, il nous fera certainement mettre à mort. C’est vous désormais qui devrez subvenir à votre subsistance.
    — Mais, dit la plus jeune de ses filles, il n’est rien de plus facile à résoudre que l’énigme du roi.
    Le charbonnier eut peine à la croire, mais elle la lui expliqua et, comme il n’avait pas d’autre solution, il résolut de la proposer telle exactement qu’il venait de l’entendre.
    Le lendemain, quand les hommes de la ville comparurent devant le roi, il les fit défiler l’un après l’autre. A chaque réponse qu’on lui donnait, il ricanait et disait au malheureux de se mettre de côté. De minute en minute, le groupe des condamnés grossissait. A la fin il ne resta plus que le charbonnier.
    — Et toi, l’homme au charbon, qu’est-ce que tu as trouvé ? demanda le roi en riant. (Car il était convaincu que le charbonnier ne pouvait réussir là où tous les autres avaient échoué.)
    — Sire, dit le charbonnier, le mot de l’énigme, Dieu seul et vous-même le savez. Néanmoins je pense quant à moi que votre arbre représente l’année, les branches les douze mois, les rameaux les jours et les feuilles les cinq prières de la journée.
    Le roi se récria :
    — Charbonnier, tu as sauvé ta tête et celle de tous tes compagnons, car tu as touché juste.
    Un murmure de soulagement parcourut le groupe des hommes qui se voyaient déjà condamnés.
    — Mais, continua le roi, tu ne vas pas me dire que tu as trouvé seul le mot de l’énigme. Quelqu’un t’a aidé à la résoudre ou même l’a résolue pour toi. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Au coin de la cheminée
    La fille du charbonnier (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Le roi, amateur d’énigmes, en proposait quelquefois à ses sujets qui devaient les résoudre sous peine de perdre la vie. Le charbonnier, dont une des filles est renommée pour son intelligence, en trouve une…

    Le charbonnier était perplexe : d’un côté il avait peur qu’en révélant l’existence et surtout l’intelligence de sa fille, le roi ne la soumît à de nouvelles et peut-être dangereuses épreuves, mais de l’autre il craignait que le roi, découvrant qu’il avait menti, ne tirât de lui un terrible châtiment. A la réflexion il jugea qu’il était préférable de dire la vérité :
    — II est vrai, Sire, dit-il.
    — Qui est-ce ?
    — Une fille, dit le charbonnier évasivement.
    — Une fille ? Alors je veux l’épouser.
    Le charbonnier donna des signes d’affolement.
    — Eh bien, s’écria le roi, qu’attends-tu pour me dire où se trouve cette fille ?
    — C’est que, dit le charbonnier en bégayant… elle est trop jeune… et… de toute façon… indigne de vous.
    — Indigne ?… la fille qui t’a tiré d’un si mauvais pas ?
    — C’est que…
    — Eh bien, quoi ?
    Le charbonnier hésita, puis précipitamment :
    — C’est ma fille !… Vous n’allez pas épouser la fille d’un charbonnier ?
    — Si fait ! dit le roi. Tu diras à ta fille de se préparer. Je lui donne tout le temps… la valeur de mon arbre, ajouta-t-il en riant. Dans douze mois exactement, mes hommes viendront la chercher et je l’épouserai.
    Le charbonnier, pensant que la dernière proposition du roi n’était que lubie de prince, s’en désintéressa et finit par l’oublier.
    Mais douze mois jour pour jour après la réunion au palais, les hommes du roi se présentèrent avec une caravane chargée de cadeaux princiers. Leur maître les avait chargés de les remettre à sa fiancée et aussi de venir lui rapporter si la future reine était belle.
    — Et surtout, avait-il dit, surtout écoutez bien ce qu’elle vous dira et venez me le redire exactement, ou sinon…
    En cours de route les serviteurs avaient trouvé les présents du roi si abondants et si précieux qu’ils en avaient prélevé une partie pour eux-mêmes.
    Ils ne virent en arrivant que les sept filles du charbonnier, dont six étaient occupées à se pomponner, à se farder et à se mirer dans les glaces. La septième s’affairait pour les recevoir dignement. Les serviteurs, ne voyant qu’elles à la maison, demandèrent :
    — Où est votre père ?
    — Il est allé mettre de l’eau dans de l’eau, dit la plus jeune.
    Les serviteurs se regardèrent.
    — Où est votre mère ?
    — Elle est allée voir ce qu’elle n’a jamais vu.
    — Vos frères ?
    — Ils sont allés donner des coups et en recevoir. Les serviteurs du roi étaient effarés. Ils ne comprenaient rien aux paroles de la jeune fille ; certains se demandaient même si elle avait toute sa raison, mais ils se rappelèrent les ordres du roi et prirent soin de bien retenir tout ce qu’ils venaient d’entendre, afin de le rapporter fidèlement. Ils remirent alors les présents que leur maître leur avait confiés. (à suivre…)

    Contes berbères de Kabylie Mouloud Mammeri

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  11. Amanda Dit :

    je voudrais si vou pouvez biensure mettre le texte en paroles parceque c plus rapide et moi je comprend plus quand je lenttent mes pa quan je l’ecrit

    merci beaucoup,

    prenom: Amanda nom: leila

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...