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Nostalgiques des années 1970 !Algérie -Beaucoup d’Algériens regrettent les «années d’or»

29 janvier 2010

Non classé

Beaucoup d’Algériens regrettent les «années d’or»

Nostalgiquesdes années 1970 !
Par Kamel Imarazène

Nostalgiques des années 1970 !Algérie -Beaucoup d’Algériens regrettent les «années d’or»  0lt7kx

Période : Ils ont pour la plupart la cinquantaine et sont nostalgiques de leur jeunesse. Une jeunesse dont ils gardent, bien évidemment, de très bons souvenirs.

«A l’époque, comme ils aiment à le répéter, c’était la belle vie, tout marchait comme sur des roulettes.» «A l’époque», c’était dans les années 1970, «les années d’or de l’Algérie». Pour eux, les temps ont changé dans le mauvais sens pour le pays. C’est qu’à cette période et en dépit d’un manque certain de moyens, il y avait peu de problèmes.
Mieux encore, «nous étions vraiment heureux», soulignent-ils comme pour dire que les moyens, tout comme l’argent, ne font pas forcément le bonheur. Il n’y avait ni téléphone mobile, ni parabole, ni Internet, ni lecteur DVD, ni jeux électroniques.
N’empêche, «nous vivions pleinement notre jeunesse et croquions la vie à pleines dents», relèvent-ils. De l’avis de ces nostalgiques des années 1970, rares étaient les jeunes qui pensaient à quitter le pays. Et dire qu’il était très facile de partir en France, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis d’Amérique ou ailleurs et de s’y installer même sans être contraint de contracter un mariage à blanc ou de recourir aux services d’un faussaire pour avoir une vraie fausse carte de résidence. Bref, l’étranger était peu attractif pour bien des raisons, dont la principale a trait au fait que les Algériens se sentaient bien, voire très bien chez eux. C’est du moins ce qu’affirment ceux qui ont vécu cette période. Selon eux, la situation sécuritaire était tout simplement impeccable. Le terrorisme, le banditisme et autre gangstérisme relevaient encore de la fiction. «Vous pouviez dormir tranquillement dehors, à la belle étoile, avec la certitude que personne ne vous touchera. Alors qu’aujourd’hui, vous n’êtes pas en sécurité mêmedans votre propre maison», disent-ils encore. Il faut dire que l’Algérien «était bien éduqué», font-ils remarquer tout en évoquant une décadence de la société : «On a perdu toutes les valeurs qui faisaient de nous un peuple respecté et respectable.»
Sur un autre plan, la vie culturelle était tellement animée, particulièrement au niveau des grandes villes, que les jeunes n’avaient pas le temps de s’ennuyer et de penser, par conséquent, à prendre un joint comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Théâtre, cinéma, musique, il y avait toujours un spectacle à voir. «Bref, nous, on ne tuait pas le temps, on prenait plutôt du plaisir», résument nos interlocuteurs.

Les voyages à portée de la main

Voyager était ce qu’il y avait de plus facile dans les années 1970. Selon différents témoignages, le transport n’était pas du tout cher. Du coup, nombreux étaient les jeunes qui se permettaient des week-ends… en Espagne et en France, pour ne citer que ces deux pays !
«A la fin des années 1970, j’étais étudiant en traduction et je touchais une bourse de 1 300 dinars par trimestre. Grâce à cet argent, j’ai pu visiter Alicante, Barcelone et Marseille. Aujourd’hui et avec deux salaires, je ne peux pas me permettre un voyage à l’intérieur du pays», regrette Lyès.
A propos de voyages à l’intérieur du pays, Hocine affirme en avoir effectué plus d’une cinquantaine et presque gratuitement : «Je payais seulement le bus parfois. Pour l’hébergement, je dormais à la belle étoile, au niveau des jardins publics le plus souvent, et pour la nourriture, je m’arrangeais toujours pour aider un gargotier ou un restaurateur pour qu’il me donne à manger à la fin du service.»
Selon Fatma Zohra et Mustapha, les plus grands complexes touristiques du pays étaient accessibles au grand public. «Pour 180 DA, on pouvait louer une villa à Club des Pins pour le week-end», précise Mustapha.


En totale sécurité

Témoignages n Tous ceux qui ont vécu dans les années 1970 vous le diront : l’Algérie était un véritable havre de paix.

«Le pays était sécurisé à 100%, on ne craignait vraiment rien, on pouvait aller n’importe où et à n’importe quelle heure», affirme d’emblée Lyès, 47 ans, qui exerce comme enseignant de langue française dans un collège à Aïn Naâdja, dans la wilaya d’Alger. Regrettant ces «années d’or», il fait remarquer que «pour être heureux, il faut se sentir en sécurité, et c’était notre cas à l’époque». Fatma Zohra, 60 ans, retraitée, abonde dans le même sens en notant que la peur «était un sentiment qu’on ne connaissait pas». «Il nous arrivait très souvent de sortir entre copines le soir, mais personne n’osait nous embêter», poursuit-elle.
Et son amie Louisa, la cinquantaine environ, de relever : «Parfois, on rentrait à la maison à minuit, 1 heure, voire 2 heures du matin et croyez-moi si je vous dis qu’on n’a jamais eu le moindre problème. Alger était un véritable paradis où il faisait bon vivre.» Pour sa part, Hocine, 55 ans, cadre dans une boîte de communication, a toujours en mémoire les agréables moments qu’il passait, chaque été, en compagnie de ses amis, aux Aftis, du côté de Jijel, au bord de la plage. «On dormait à la belle étoile, en pleine nature plus est. Mais jamais au grand jamais on n’a été inquiété, la sécurité était totale, on arrivait facilement à trouver le sommeil d’ailleurs», se souvient-il.
Certes, les pickpockets et autres cambrioleurs existaient, mais leurs méfaits étaient insignifiants. «C’étaient des voleurs d’un autre genre. Ils avaient une sorte de code de déontologie qui leur interdisait de s’en prendre aux pauvres, aux femmes et aux personnes âgées.
Quand l’un d’eux transgressait ce code, il était vite rappelé à l’ordre par ses pairs», indique à ce propos Hocine. «Les voyous et les dragueurs de notre époque étaient très gentils et intelligents», martèle Louisa.
Et Fatma Zohra d’enchaîner : «Quand on volait quelqu’un par exemple, on prenait toujours le soin de lui envoyer ses papiers par le biais de la poste.»
De l’avis de Lyès, si le pays était sécurisé, ce n’était pas parce que les forces de l’ordre étaient présentes partout : «Il y avait peu de policiers et de gendarmes et dans certains endroits seulement. Ils effectuaient, de temps à autre, des contrôles inopinés la nuit. Comme on fréquentait les salles de cinéma, on les rencontrait très souvent. Etant mineurs, ils nous demandaient les tickets d’entrée au cinéma, ce qu’on faisait volontiers. Et ils nous laissaient partir le plus normalement du monde.»

Le bonheur dans la simplicité

Devise : Il n’y a pas mieux que la simplicité ! C’est ce que doivent se dire ceux qui ont vécu dans les années 1970.

Les Algériens étaient heureux. Et pour cause : «La vie était des plus simples», explique Lyès, tout en prenant le soin de signaler que les moyens manquaient partout et chez tout le monde. Qu’à cela ne tienne, «on vivait très bien, car on se contentait de ce qu’on avait», indique, pour sa part, Fatma Zohra.
Pour Mustapha, 59 ans, le secret du bien-être que ressentaient les citoyens résidait dans leur rythme de vie : «On allait au travail toute la semaine et le week-end, on se défoulait et se faisait plaisir en allant au restaurant, au cinéma ou au stade. On pouvait même se permettre, de temps à autre, un voyage à Palma de Majorque ou à Marseille.
Nous étions tout le temps occupés. Résultat : on ne connaissait pas l’ennui.» De l’avis de Lyès, il suffisait de travailler pour avoir accès à l’essentiel, c’est-à-dire la nourriture et l’habillement. «Dans toute la famille, composée de 10 personnes, il n’y avait que mon père, que Dieu ait son âme, qui travaillait. N’empêche, on ne manquait de rien. Et dire que mon père avait un tout petit salaire», raconte-t-il. «J’avais une copine qui était obligée de cesser de travailler. Elle m’a sollicité pour lui venir en aide et je lui ai donné 100 DA. Après un mois, je suis allé la voir pour lui demander si elle avait encore besoin de mon aide. A ma grande surprise, elle m’apprend qu’elle n’a pas dépensé tout l’argent que je lui avais prêté.
Cela se passe de tout commentaire», déclare, à son tour, Fatma Zohra. Généralement, les salaires variaient à l’époque entre 400 et 2 000 DA, selon Mustapha. «Les salariés, indique-il, parvenaient facilement à joindre les deux bouts, car la vie n’était pas chère. Les produits de première nécessité étaient à la portée de tout le monde.» Quand ils éprouvaient la moindre difficulté, les employés changeaient de travail en deux temps trois mouvements.
En ces années là, le chômage était quasiment inexistant. «Il y avait du boulot pour tout le monde. L’Etat avait instruit toutes les sociétés pour recruter le maximum de candidats. Les seuls chômeurs qu’il y avait, étaient ceux qui ne voulaient pas travailler», affirme encore Mustapha. Conséquence directe de cette situation : l’employé était roi ! «Pour un oui ou pour un non, on quittait le poste de travail qu’on occupait.
Parfois, il suffisait que le patron nous adresse un regard déplaisant pour qu’on lui présente notre démission», souligne Fatma Zohra. «L’employé était tellement gâté, enchaîne Mustapha, que les employeurs lui offraient quotidiennement un ticket-repas de 6 DA pour prendre un repas complet : hors-d’œuvre, plat de résistance avec viande et dessert.»
«A l’époque, c’étaient les employés qui dictaient leur loi», conclut-il.

Des qualités et des valeurs

Mutation n «Je ne reconnais plus l’Algérien. C’est incroyable comme notre pays a changé, je n’en reviens pas franchement », affirme, avec beaucoup d’émotion, Louiza.

Dans l’Algérie des années 70, le respect était un sport national. Dans l’Algérie des années 70, la tolérance était la règle. Dans l’Algérie des années 70, on ne harcelait pas les femmes. «On s’habillait comme on voulait, on pouvait sortir en minijupe sans que personne ne nous regarde de travers ou nous lance une vulgarité», témoigne Fatma Zohra.
La femme était l’égale de l’homme, ou presque, et de ce fait, note Louiza, «elle pouvait fumer une cigarette ou siroter une bière à la terrasse d’un café ». «Personnellement, j’ai vu deux femmes en haïk à Oran en train de boire un pot le plus normalement du monde», ajoute-t-elle. D’après elle, l’Algérien était très tolérant. Mais pas seulement. «Il était très généreux aussi», observe Lyès, citant l’exemple de sa famille qui accueillait chaque soir les voisins «pour la séance quotidienne de télévision». «C’est qu’à l’époque, explique-t-il, rares étaient les familles qui possédaient un téléviseur. Mais la solidarité étant de mise, on ne pouvait en aucun cas priver ceux qui en étaient dépourvus du film du soir».
Selon Lyès, les voisins étaient comme des frères : «Je mangeais très souvent chez nos voisins avec qui on partageait tout, vraiment tout».
De son avis, cette complicité trouve son explication dans l’inexistence de matérialisme au sein de la société, «l’Algérien avait de l’innocence, il ne faisait pas de calculs». «Nous étions un peuple digne et noble comme me l’a si bien dit, et à plusieurs reprises, une Française avec laquelle j’ai travaillé au sein de la société Caterpillar. Nous étions sensibles et serviables aussi», enchaîne Mustapha. L’hospitalité était également une seconde nature chez l’Algérien qui ne se faisait pas prier pour rendre service. «Une fois, on a hébergé une famille française qu’on ne connaissait même pas. La mère de famille n’en croyait pas ses yeux d’ailleurs», témoigne Fatma-Zohra. Malgré son analphabétisme, «l’Algérien était très poli.» Last but not least, «il ne trichait jamais au travail et ne rechignait pas à l’effort», poursuit-elle. «On a perdu toutes nos valeurs et nos qualités, il n’y a plus de savoir-vivre ni de raffinement. Personnellement, j’en souffre énormément, je n’arrive pas à comprendre comment on est descendu aussi bas», conclut Louiza.

L’art dans toute sa splendeur n De l’avis de Fatma Zohra, l’art avait toutes ses lettres de noblesse dans les années 1970. Des années qui ont vu les plus grands chanteurs arabes et occidentaux débarquer à Alger. «Tous les grands artistes de l’époque se sont produits à Alger. Ainsi nous avions eu la chance de voir de près et d’apprécier les Brel, les Moustaki et les Adamo, entre autres», dit-elle. Mais le spectacle qui l’a marquée le plus, c’était incontestablement le Festival panafricain : «C’était un show vraiment exceptionnel, extraordinaire.» Pour ce qui est du cinéma, Fatma Zohra affirme que les films étaient diffusés dans les salles d’Alger «quelques heures seulement après leur sortie».

Par Kamel Imarazène

 

 

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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