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1.Histoires vraies -Mademoiselle Phileas Fogg

29 janvier 2010

Non classé

Histoires vraies
Mademoiselle Phileas Fogg (1re partie)

Elizabeth Cochrane repose avec rage l’exemplaire du Dispatch, le plus grand quotidien de Pittsburgh, qu’elle était en train de lire.


— Ce n’est pas possible d’écrire des choses pareilles !
Sa mère, une femme d’une cinquantaine d’années, à l’austère robe noire et aux allures effacées, lui répond, sans quitter des yeux sa couture :
— Eh bien, tu n’as qu’à ne pas les lire. Quelle idée, pour une jeune fille, d’être abonnée à un journal !
Il faut préciser que nous sommes en 1887 et qu’à cette époque, aux Etats-Unis comme en Europe, la condition féminine est au plus bas. En fait, il existe deux sortes de femmes : celles du peuple qui sont envoyées allègrement à la manufacture où elles s’épuisent à la tâche douze heures par jour et les bourgeoises, qui n’ont pas le droit, moralement s’entend, de travailler ; seuls les métiers d’institutrice et d’infirmière sont tolérés. Le destin d’une jeune fille de bonne famille est de se marier et de fonder un foyer.
Mais cela, Elizabeth Cochrane ne veut pas en entendre parler. Elle est jolie pourtant, avec sa haute taille, ses cheveux bruns et ses yeux bleus, et ce ne sont pas les prétendants qui lui ont manqué, mais elle les a tous repoussés et elle est toujours célibataire. Elle a préféré rester auprès de sa mère. Elle est la dernière de sept enfants, tous des garçons, qui sont à présent mariés. Son père, magistrat à la cour d’assises, est mort il y a dix ans. Mme Cochrane vit de sa pension de veuve et Elizabeth l’aide en donnant des leçons d’anglais. Ce n’est pas la misère, mais c’est la gêne. Elles habitent un tout petit appartement, dans un quartier pauvre de Pittsburgh.
Mme Cochrane soupire :
— Ma pauvre Elizabeth, quand seras-tu comme les autres ? Quand songeras-tu enfin à te marier ?
— Je ne suis pas comme les autres, maman, et, quand je lis des choses pareilles, j’ai honte d’être une femme !
La chose en question est un article du Dispatch intitulé : «A quoi servent les filles ?» et qui fait preuve de l’antiféminisme le plus primaire. Elizabeth le lit à sa mère, qui n’a pas de réaction particulière, et elle conclut :
— Cela ne se passera pas comme cela ! Je vais écrire au journal. Ils vont m’entendre !
Et, tandis que sa mère soupire de plus belle, Elizabeth prend sa plume et se met à la tâche. Ce qu’elle écrit n’est pas une lettre, c’est un véritable contre-article, un petit pamphlet, violent, et plein d’esprit. Et elle envoie le tout au rédacteur en chef.
La réponse ne tarde pas. Trois jours seulement plus tard, elle reçoit un courrier signé de George Madden, rédacteur en chef du Dispatch :
Monsieur,
J’ai beaucoup apprécié le style de votre article. L’idée de signer d’un pseudonyme féminin était amusante. Je serais ravi de vous rencontrer au journal. Vous n’aurez qu’à vous annoncer sous le nom d’Elizabeth Cochrane…
A la lecture de cette lettre, Elizabeth ne peut s’empêcher d’éclater de rire. Le rédacteur en chef la prend pour un homme. Les préjugés sont tels que, pas un instant, il n’a pu supposer qu’une femme écrive un article. Et pourtant, il ne s’agit pas d’un arriéré, bien au contraire. Le Dispatch est un journal libéral et intellectuel dont elle apprécie beaucoup de contenu. Elle n’ose imaginer ce que doit être la mentalité des classes conservatrices de la société. Il y a de quoi frémir !
Mais Elizabeth Cochrane ne frémit pas. Le courage est sa qualité dominante. Elle n’a même absolument peur de rien. Elle décide de se rendre le jour même au journal. Et elle ne veut pas avoir l’air d’un garçon manqué. Elle s’habille de sa seule jolie robe, celle que sa mère lui a offerte dans l’espoir qu’elle attire les prétendants. Elle lui demande aussi de lui prêter sa broche en or, car elle-même n’a aucun bijou, et c’est dans cette toilette qu’elle se rend au Dispatch. (à suivre…)

D’après Pierre Bellemare

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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36 Réponses à “1.Histoires vraies -Mademoiselle Phileas Fogg”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Elizabeth Cochrane répond au Dispatch qui vient de publier un article antiféministe, le rédacteur en chef apprécie son style et demande à la voir, tout en la prenant pour un homme…

    Son arrivée dans les locaux du journal fait sensation. Les rédacteurs posent leur porte-plume, les typographes laissent tomber leurs caractères d’imprimerie.
    C’est la première fois qu’ils voient une femme ici, à part bien entendu les femmes de ménage, avec leur blouse et leur chiffon. Cela ne peut être que l’épouse d’un des collaborateurs et, si elle a osé venir, c’est pour une raison urgente. Un journaliste se précipite :
    — Vous cherchez quelqu’un, madame ?
    — Mademoiselle… J’ai rendez-vous avec George Madden.
    — Vraiment ?
    — II m’attend. Annoncez-moi : Elizabeth Cochrane.
    Le journaliste la conduit sans ajouter un mot et, lorsqu’il revient trouver ses collègues, c’est un bel échange de commentaires égrillards. Madden fait venir sa maîtresse au bureau. Il y en a qui ne manquent pas de culot !
    La surprise du rédacteur en chef est tout aussi grande que celle de ses collaborateurs. Devant la ravissante apparition qui lui fait face, il cherche ses mots.
    — Mademoiselle Cochrane… J’avoue que je n’imaginais pas…
    — Vous ne m’appelez plus «monsieur» ?
    George Madden bredouille encore quelques phrases. Elle prend place en face de lui.
    — Quelle était votre intention en me demandant de venir ?
    — Etant donné le talent qui semble être le vôtre, j’avais envisagé une collaboration. Mais, évidemment, dans ces conditions ….
    — Quelles conditions ? J’ai toujours rêvé d’être journaliste. J’ai même un article à vous proposer.
    — Après tout pourquoi pas ? Dites toujours.
    George Madden s’attendait à une rubrique sur la mode, l’éducation des jeunes filles ou quelque chose de ce genre, mais il tombe de haut.
    — Le divorce.
    Madden manque de s’étrangler. Jamais son journal n’a publié la moindre ligne sur ce sujet. Le divorce existe bien dans la constitution, mais il n’est pas du tout entré dans les mœurs. La puritaine Amérique le considère comme une abomination. Le mot «divorce» n’est pas loin d’être un gros mot.
    — Pardonnez-moi, mais quelle expérience pouvez-vous en avoir à votre âge ?
    — Aucune, bien entendu. Cela ne m’empêche pas d’avoir des idées. Est-ce que la chose vous ferait reculer ?
    Le rédacteur en chef du Dispatch considère avec attention la personne qu’il a en face de lui. Il a une grande expérience professionnelle et il est certain qu’Elizabeth Cochrane possède un véritable tempérament de journaliste. Bien sûr, c’est une femme, mais il doit quand même tenter l’expérience. Il conclut :
    — Envoyez-moi votre article. S’il est bon, je le publierai.
    Elizabeth Cochrane y passe toute la nuit. Par prévenance pour sa mère, elle ne le signe pas de son nom ; elle choisit un pseudonyme, féminin, bien entendu, qui est le titre d’une chanson à la mode : Nellie Bly. Et, deux jours plus tard, George Madden fait paraître l’article, sans en changer une virgule.
    Dans tout Pittsburgh, c’est la sensation. L’article du Dispatch est commenté avec passion. Le débat sur le divorce, qui était jusque-là passé sous silence, s’ouvre enfin. On s’interroge aussi sur l’identité de celui qui se cache sous le nom de Nellie Bly. Car, une fois encore, personne ne s’imagine un instant qu’il s’agisse vraiment d’une femme. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (3e partie)

    Résumé de la 2e partie n Elisabeth Couchrane est recrutée par le Dispatch et son premier article traitant du divorce fait sensation…

    Après ce coup d’éclat, George Madden est bien décidé à aller de l’avant. Il fait d’Elizabeth Cochrane, qui s’appelle pour tout le monde désormais Nellie Bly, une collaboratrice attitrée du journal, avec des appointements importants. Quant aux sujets de ses prochains articles, il ne se fait pas de souci : il est certain qu’elle déborde d’idées. C’est effectivement le cas.
    — J’ai pensé à une rubrique dénonçant la misère qui règne à Pittsburgh. J’irai dans les quartiers pauvres, je décrirai les conditions de travail dans les usines, les logements insalubres.
    Le rédacteur en chef du Dispatch s’enthousiasme. Il y a longtemps qu’il voulait faire une campagne contre la municipalité conservatrice de Pittsburgh, ce qu’aucun de ses collaborateurs n’avait osé.
    — Excellente idée ! Je vais vous adjoindre un dessinateur, qui fera des croquis sur tout ce que vous écrirez : la misère des ouvriers, des chômeurs, des sans-logis…
    — Et des femmes.
    — Oui, bien sûr, des femmes… Mettez-vous tout de suite à l’ouvrage !
    Le succès des articles est plus retentissant encore que celui sur le divorce. Chaque jour, dans le Dispatch, paraissent les descriptions saisissantes de Nellie Bly accompagnées de croquis montrant des lieux de travail insalubres, des rues encombrées d’immondices, des visages émaciés, des murs lépreux. L’opinion publique est révoltée. La municipalité, ébranlée, doit, pour la première fois, prendre des mesures pour soulager les plus malheureux.
    En quelques semaines seulement, Nellie Bly est devenue la personnalité la plus populaire de la ville. Des centaines de lettres de remerciements pour son action affluent au journal. Beaucoup lui prédisent une grande carrière politique s’il voulait se faire connaître. «Il», bien sûr, car c’est toujours un homme dont on cherche à découvrir l’identité.
    A Pittsburgh, à part les collaborateurs du Dispatch, il y a une personne, une seule, qui sait que Nellie Bly est bel et bien une femme : c’est Mme Cochrane, sa mère. Elle a accepté la chose avec fatalisme. Elle savait depuis toujours que son Elizabeth n’était pas comme les autres, alors autant en prendre son parti. D’autant qu’elle n’a rien à lui reprocher : son action est généreuse, elle aide les malheureux. Mme Cochrane espère seulement que cela ne l’empêchera pas de trouver un jour un mari.
    Juin 1888. Il y a un peu plus de six mois que Nellie Bly travaille au Dispatch et, malgré les efforts de George Madden, qui fait tout pour retenir celle qui a fait doubler le tirage de son journal, elle ne veut plus rester davantage. Elle en a assez de la ville de province étriquée qu’est Pittsburgh. Elle est irrésistiblement attirée par la grande métropole cosmopolite et intellectuelle, là où se trouve tout ce qui compte vraiment aux Etats-Unis : New York.
    Ce qu’elle veut précisément, c’est travailler dans le plus grand quotidien de l’époque : le World. C’est ainsi qu’elle écrit à son directeur, Joseph Pulitzer, auquel elle raconte toute son histoire. Et elle attend un bon moment, car Pulitzer n’est pas n’importe qui. C’est plus qu’un nom, une légende, l’inventeur du journalisme moderne. Il est assailli de toutes sortes de demandes et il ne se presse pas pour répondre. Enfin, il lui accorde un rendez-vous. Nellie Bly part le jour même pour New York et se précipite dans les bureaux du World. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (4e partie)

    Résumé de la 3e partie n Les articles sur la misère à Pitsburg d’Elizabeth Cochrane dans le dispatch ont un grand succés, mais celle-ci veut aller dans le World un grand journal new-yorkais…

    Là, elle ne cause pas la même sensation que lorsqu’elle était entrée au Dispatch. Dans la véritable fourmilière qu’est la plus importante rédaction du pays, des originaux et même des originales, on a l’habitude d’en voir. Lorsqu’elle demande à voir Joseph Pulitzer, elle ne suscite pas de réaction particulière. On lui indique la direction et elle se retrouve devant lui.
    Le grand patron de presse est occupé à trier les dépêches dont son bureau est encombré. Il lève un œil vers elle et la salue froidement.
    — Ainsi vous souhaitez travailler avec nous ?
    — Oui, monsieur.
    — Vous savez qu’il y a des centaines de personnes qui voudraient collaborer au World ?
    — Je le sais, mais je pense avoir quelque chose d’intéressant à vous proposer.
    — Je vous écoute…
    — Je veux faire un reportage sur l’île de Blackwell.
    La réaction de Joseph Pulitzer n’est guère encourageante. Il se contente de hausser les épaules.
    — C’est impossible. Plusieurs de mes collaborateurs ont essayé. Il n’y a que les malades qui peuvent y entrer…
    Il faut préciser que l’île de Blackwell, qu’on surnomme aussi l’«île aux fous», est le plus grand asile des Etats-unis ; situé sur un îlot de la baie de New York. Dans ce bâtiment aux allures de forteresse, seize cents aliénés sont enfermés. Il se dit partout que les conditions d’internement y sont épouvantables, mais personne n’a jamais pu le vérifier. La jeune fille répond calmement :
    — Je sais que seuls les malades peuvent entrer. C’est pourquoi je vais simuler la folie et me faire interner.
    Pour la première fois, le directeur du World la regarde vraiment avec attention.
    — Et, une fois à l’intérieur, que ferez-vous ?
    — Je décrirai ce que j’ai vu. Je pense que cela fera un bon article.
    — Ce n’est pas cela que je veux dire. comment vous y prendrez-vous pour sortir ?
    — Pour cela, je compte sur vous…
    Joseph Pulitzer a changé d’attitude. il regarde la jolie brune assise en face de lui avec une attention professionnelle. Tout comme george madden, il sent en elle des qualités exceptionnelles de journaliste. mais lui, il va plus loin que le directeur du Dispatch. le fait qu’elle soit une femme ne lui apparaît pas comme un handicap, plutôt un avantage : cela peut constituer une première, un scoop !
    — je suis certain de vous sortir de là. Mais quand ?
    — Je ne peux pas vous le dire. Est-ce que vous êtes sûre de tenir le coup ?
    — Il n’y a pas de problème.
    — Quand comptez-vous vous y mettre ?
    — Ce soir.
    Pulitzer se lève, la main tendue.
    — Alors, bonne chance, Nellie. Vous faites partie du World ! (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    A six et sept ans, ils fuguent pour se marier au soleil

    l L’idée était romantique : deux enfants éperdument amoureux ont fugué le jour de l’An avec la ferme intention de convoler en justes noces au soleil… en Afrique, a indiqué ce lundi la police allemande. Issus de familles monoparentales, Mika et Anna-Lena, sept ans, «s’aiment beaucoup et décident de se marier en Afrique» Le matin du jour de l’An, ils bouclent chacun leurs bagages, emportant «lunettes de soleil, affaires de plage, vêtements légers et des provisions» pour leur périple. Ils quittent le domicile en direction de la gare. Seuls sur le quai, les bambins attirent l’attention du personnel des chemins de fer qui avertit la police. Deux agents réussissent vite à les convaincre que sans argent ni billets d’avion, ils ne pourront pas se rendre en Afrique. Pour les réconforter, ils leur font faire une visite guidée au poste de police de la gare. Les amoureux enjoués ont été «particulièrement impressionnés par les salles de garde à vue» et ont été récupérés rapidement par leurs parents, selon le porte-parole. Et d’ajouter : «Ils pourront toujours réaliser leur projet plus tard».

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (5e partie)

    Résumé de la 4e partie n Elisabeth Cochrane propose à Joseph Pulitzer directeur du World un article sur l’île de Blackwell le plus grand asile de fous des Etats-Unis, il accepte et la recrute…

    Quelques heures plus tard le réceptionniste du Madison Hotel, une pension de famille tranquille de Manhattan, voit arriver une jeune femme assez jolie, mais échevelée et aux allures agitées. Elle s’exprime avec un fort accent espagnol.
    — Je viens de Cuba. Est-ce que vous avez une chambre ?
    Sur la réponse affirmative de l’homme, elle remplit une fiche au nom de Nelly Brown et monte se coucher. Aux environs de 2 heures du matin, elle fait irruption dans les couloirs en chemise de nuit.
    — Je veux mes chevaux ! On m’a volé mes chevaux !
    Réveillés, les clients de la pension tentent de la calmer. Il n’y a rien à faire, elle hurle, elle se roule par terre, elle tient des propos de plus en plus incohérents. Il faut appeler la police et elle se retrouve au poste. Là, elle continue à se déchaîner toute la nuit et le lendemain matin, elle est conduite en ambulance à l’hôpital.
    Ce n’est pas encore l’île de Blackwell, comme elle l’espérait. On n’envoie pas les gens aussi facilement dans cette forteresse. Elle est dans le service psychiatrique d’un établissement de la ville. C’est du diagnostic des docteurs qui vont l’examiner que va dépendre son internement. Elle continue donc à jouer le jeu. Elle se déchaîne tant qu’elle peut, ce qui, au bout d’un moment, finit par lui donner effectivement des allures de folle. Elle a les yeux hagards, les traits tirés, le teint blafard.
    Et elle réussit ! Quatre praticiens l’examinent tour à tour, et leur verdict est concordant : démence avec délire de persécution. Quelques heures plus tard, elle se retrouve dans une petite embarcation qui traverse la baie de New York. La silhouette de Blackwell, l’île aux fous, se rapproche. Le grand moment est arrivé.
    Ce qu’elle découvre à l’intérieur de l’asile dépasse tout ce qu’elle pouvait imaginer. Ce n’est pas un établissement médical, c’est une prison pire que tous les bagnes, avec des murs noirs, des barreaux garnis de pointes, des gardes et des chiens. On l’enferme dans le pavillon des femmes. Là, elle cesse de simuler la folie. Ce n’est plus la peine : des malades qui se disent normales, elle en voit d’autres autour d’elle. Peut-être, d’ailleurs, sont-elles effectivement guéries ou enfermées à tort, mais elles ne sortiront pas. On ne sort pas de l’île aux fous.
    Elle enregistre tout dans sa mémoire, car, bien sûr, elle n’a pas de quoi prendre des notes. La nourriture est infecte : de l’eau, du pain sec et une bouillie infâme d’origine indistincte. Le traitement consiste en des bains glacés auxquels toutes sont soumises, même celles qui grelottent de fièvre. Les infirmières sont violentes, grossières et sadiques. Elles s’amusent à martyriser celles qu’elles prennent comme souffre-douleur.
    Et puis il y a le pire, il y a la section 6 où on menace d’envoyer celles qui se rebellent. Prenant les plus grands risques, elle réussit à s’y rendre. Là, ce n’est plus de prison qu’il faut parler, c’est de salle de tortures. Les démentes sont fouettées et maintenues sous une douche glacée jusqu’à ce quelles s’évanouissent.
    — Les jours passent. Dans cet univers coupé du monde, Nellie Bly n’a aucune nouvelle de l’extérieur. Bien sûr, elle fait confiance à Joseph Pulitzer, elle imagine qu’il a beaucoup de relations et qu’il va la faire sortir. Mais si, malgré tout, ce n’était pas possible ? Si elle allait avoir le même sort que celles qui, autour d’elle, se disent saines d’esprit et qui ne sortiront jamais ? (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Japon : les candidats au suicide ont désormais un ange gardien

    La falaise de Tojinbo est tristement célèbre au Japon pour avoir été le théâtre de centaines de suicides, mais les désespérés ont maintenant un ange gardien en la personne de Yukio Shige, un ancien policier qui tente de les dissuader de passer à l’acte. Muté il y a cinq ans dans cette bourgade du centre de l’archipel, sur la côte de la mer du Japon, l’inspecteur Shige a découvert avec effarement que les habitants du coin s’étaient spécialisés dans le «tourisme du suicide». Mis à la retraite un an plus tard, il parcourt depuis, presque quotidiennement, le kilomètre et demi de littoral avec des jumelles, repérant les candidats à la mort pour les convaincre de ne pas se jeter dans les flots. «Vous comprenez ce que les personnes ont en tête juste en observant la façon dont elles se tiennent sur le bord. La plupart d’entre elles semblent soulagées et fondent en larmes dès que je leur dis bonjour», explique M. Shige. L’ancien policier les emmène alors dans le café qu’il a ouvert non loin de la falaise, où il leur sert un gâteau de riz. Après les avoir convaincues, il les raccompagne chez elles et, si la personne sauvée n’a plus d’endroit où habiter, il l’aide à trouver un logis avec son association caritative. Le taux de suicides est très élevé au Japon. Plus de 30 000 personnes mettent fin à leurs jours chaque année dans l’archipel, des hommes dans près de trois-quarts des cas.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    A 6 ans, il prend la voiture familiale et roule 16 km pour aller à l’école

    l Un garçonnet de 6 ans qui avait manqué le bus scolaire aux Etats-Unis a emprunté la voiture de ses parents et roulé 16 km pour aller à l’école avant d’avoir un accident, qui n’a pas fait de blessés, a indiqué la police. «C’est plus qu’un miracle, c’est une série de miracles, que personne n’ait été blessé», a indiqué à l’AFP le shérif du comté de Northumberland en Virginie (est). Le garçon a raté le bus scolaire alors que sa mère ne s’était pas réveillée et que son père était parti tôt au travail. Après avoir dépassé plusieurs véhicules, traversé un pont et deux intersections et roulé à «une vitesse bien au-dessus de la limite qui est de 88 km/h», le garçonnet a terminé son périple dans un poteau électrique, la Ford Taurus familiale a été «fortement endommagée», sans toutefois faire de blessés. Le garçon a indiqué plus tard avoir appris à conduire en jouant aux jeux vidéos. «Il est probable qu’il conduisait debout, et il était sans ceinture de sécurité», a indiqué un policier. Après l’accident, l’enfant a été conduit et soigné à l’hôpital pour des blessures légères, a précisé ce policier. «A la sortie de l’hôpital l’après-midi, il a réussi à aller en cours de gym», s’est encore étonné le policier. Le père qui n’était pas censé laisser l’enfant seul avec la mère, d’après une décision de justice, a été inculpé, ainsi que la mère, pour «mise en danger d’un enfant». La mère était toujours en prison hier, mercredi, tandis que le père a été libéré après le dépôt d’une caution de 5 000 dollars. Le petit garçon et son frère de 4 ans ont été placés dans une famille d’accueil.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (6e partie)

    Résumé de la 5e partie n Elisabeth Cochrane se fait passer pour une folle. elle est internée dans l’île de Blackwell où elle commence son reportage pour le World…

    Un jour qu’elle est à la promenade, c’est-à-dire en train de tourner avec les autres dans une cour aveugle, pieds nus, avec une méchante robe en drap pour tout vêtement, elle entend une infirmière lui dire :
    — Nelly Brown, sortez des rangs !
    Elle a pâli. Est-ce pour lui infliger une punition quelconque, en vertu de l’arbitraire qui règne dans l’asile, voire pour l’envoyer à la section 6 ? Sans un mot, l’infirmière lui fait signe de la suivre, et elle se retrouve devant un homme en costume élégant, qui lui dit simplement :
    — Je viens vous sortir d’ici…
    Le reportage que tire Nellie Bly de son séjour à l’île de Blackwell a un retentissement extraordinaire. Pour la première fois, l’opinion est informée de ce qui se passe dans les établissements psychiatriques du pays. Le scandale est énorme. Des enquêtes officielles suivent la sienne et des réformes énergiques sont ordonnées. Grâce à son courage – on peut même dire son héroïsme –, Nellie Bly a sauvé, après les miséreux de Pittsburgh, des milliers de malades mentaux dans tout le pays.
    Pour elle, c’est la gloire ! Plus question de pseudonyme féminin cachant en réalité un homme. Sa photo, parue dans le World, est reproduite dans tous les journaux. Elle est devenue une héroïne nationale. Les Etats-Unis sont le pays de la démesure. On inscrit son nom sur des casquettes, des foulards, on baptise «Nellie Bly» une marque de chewing-gum, de machines à écrire et de stylos.
    Tout cela lui rapporte une fortune. Il est loin le temps où elle partageait avec sa mère un misérable appartement de Pittsburgh. Elle offre à celle-ci une villa à la campagne et elle-même fréquente la plus haute société de New York. Elle est la journaliste la mieux payée du World, ce qui n’est pas peu dire. Pulitzer lui a fait un pont d’or, persuadé qu’elle ne va pas tarder à lui proposer une autre idée sensationnelle. Il ne se trompe pas.
    C’est début novembre 1889 que Nellie Bly vient trouver son patron. Elle a beau avoir les nerfs solides, l’univers des fous succédant à celui des miséreux de Pittsburgh l’a tout de même éprouvée. Elle a envie de changer d’air, de découvrir de nouveaux horizons et, comme toujours, elle voit les choses en grand.
    — Alors, Nellie, vous avez trouvé quelque chose de nouveau ?
    — Oui, faire le tour du monde.
    — Je vois : une sorte de grand reportage.
    — Non, une course. Je veux réaliser l’exploit de Jules Verne et même le battre !
    Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours : aux Etats-Unis comme dans le monde entier, chacun connaît. Mais le livre est considéré comme un récit d’anticipation. De l’avis général, l’exploit de son héros, Phileas Fogg, est irréalisable. C’est dire que le projet de Nellie Bly est d’une folle audace et cela ne refroidit pas Joseph Pulitzer. Lui aussi est l’homme des défis. Il en a relevé beaucoup avec succès au cours de son existence.
    — Extraordinaire ! Tous nos moyens sont à votre disposition. Quand comptez-vous partir ?
    — Le plus tôt possible. Le temps de faire mes préparatifs. (à suivre…)

    d’après Pierre Bellemare

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (7e partie)

    Résumé de la 6e partie n Elisabeth Cochrane alias Nellie Bly veut faire le tour du monde en 80 jours comme Phileas Flogg le héros de Jules Verne….

    L’équipe du World se mobilise autour d’elle pour tout mettre au point et, le 14 novembre 1889, c’est le grand jour. Une foule de journalistes accompagnent Nellie Bly sur les quais de New York où elle va prendre le transatlantique. Elle est vêtue d’un élégant manteau à carreaux noirs et blancs, coiffée d’une casquette d’allure sportive et porte à la main une mallette à soufflet dans laquelle elle n’emporte que le strict nécessaire : du linge, trois voilettes – car elle reste coquette –, son passeport et deux cents livres or, avec lesquelles elle achètera le reste en route. Elle a aussi un objet que Joseph Pulitzer a fait fabriquer spéciale-ment pour elle une montre affichant vingt-quatre heures au lieu de douze. Elle n’aura pas droit à plus de quatre-vingts tours de cadran.
    L’édition spéciale du World, qui s’est arrachée dans tout le pays, décrit en détail le trajet prévu : Londres, Paris, Brindisi, Suez, Ceylan, Singapour, Hong-Kong, Yokohama, San Francisco, New York. Dans cet itinéraire est prévue une étape insolite entre Londres et Paris, qui va lui occuper une journée entière Amiens. Pourquoi Amiens ? Parce que c’est là qu’habite Jules Verne et que Nellie a tenu à lui rendre cet hommage, quitte à perdre du temps.
    Enfin, la sirène de l’«Augusta Victoria», qui va l’emmener à Londres, retentit. Elle prend la pose sur la passerelle, pour les photographes et la postérité.
    L’huissier chargé de contrôler officiellement la course, déclenche son chronomètre : il est 9 heures 40 minutes et 6 secondes.
    La traversée se passe sans incident, de même que le trajet de Londres au Havre. Là, Nellie Bly prend le train d’Amiens et c’est pour elle le moment le plus émouvant de son voyage : la rencontre avec Jules Verne. Le grand homme est allé l’attendre sur le quai. Il a soixante ans, mais il en paraît un peu plus, avec sa barbe et ses cheveux blancs.
    Lui aussi est ému en la voyant. Il l’embrasse gauchement sur les joues. Ce qu’il avait imaginé se réalise. Son rêve est en train de prendre corps. Mais quel corps ! Celui d’une jeune fille de vingt-deux ans. La réalité, comme toujours, dépasse la fiction : Phileas Fogg est une demoiselle.
    Tous les deux partent pour la demeure de l’écrivain. Elle lui raconte ses projets, ses espoirs. Il lui montre la formidable documentation qu’il avait amassée pour écrire son livre. Bien sûr, une bonne partie est dépassée, car Le Tour du monde en quatre-vingts jours date de 1873, mais Nellie Bly y puise plusieurs idées qui lui seront utiles et, lorsque le lendemain elle quitte l’écrivain, celui-ci lui lance :
    — Vous réussirez, j’en suis sûr !
    La suite ressemble à un film en accéléré. Le principal problème de Nellie est de donner des nouvelles à son journal. Par lettres, il n’en est pas question : elles sont acheminées en bateau, dans des conditions incertaines et elles arriveraient peut-être après elle. Il n’y a que le télégraphe qu’elle peut utiliser, et plus elle s’éloigne, plus la chose devient difficile. Par exemple, à Brindisi, elle court à la poste centrale.
    — Je voudrais envoyer un câble à New York.
    Mais l’employé lui répond :
    — New York ? Où diable cela se trouve-t-il ?
    Nellie Bly parvient quand même à envoyer son câble, mais ce sont les dernières nouvelles qu’elle expédie au World. Pour elle, tout se passe bien : en bateau et en train, elle parcourt les étapes prévues. Elle est même en avance sur ses prévisions. Le problème est que personne ne le sait. Dans les colonnes du World, les articles ne sont pas optimistes et la même question revient : «Où est Nellie Bly ?» (à suivre…)

    d’après Pierre Bellemare

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Condamné à… 97 ans de prison

    l Le fils de l’ex-dictateur du Liberia Charles Taylor a été condamné, hier, vendredi, par une cour fédérale américaine à 97 ans de prison, pour tortures et assassinats commis dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Charles McArthur Emmanuel Taylor, plus connu sous le nom de «Chuckie» Taylor, 31 ans, qui est né aux Etats-Unis et possède la nationalité américaine, avait été reconnu coupable le 30 octobre de complot en vue d’assassinats et de tortures entre avril 1999 et juillet 2003. Menotté et vêtu d’une combinaison marron de prisonnier, «Chuckie», la barbe longue et les deux bras tatoués, est apparu avant le prononcé de la peine devant la cour fédérale de Miami (Floride, sud-est). «Pardon à mes frères pour ce qui s’est passé pendant les 14 ans de guerre au Liberia (…), j’honorerai mes obligations quelles que soient», a-t-il déclaré. Le gouvernement américain avait réclamé 147 ans de prison, en rappelant que «beaucoup de regards sont braqués sur cette affaire».

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (8e partie)

    Résumé de la 7e partie n Nellie Bly rencontre Jules Verne à Amiens qui l’encourage, mais une fois plusieurs étapes franchies, elle perd contact avec le World qui se demande où elle se trouve…

    Où est Nellie Bly ? A la mi-décembre, à Colombo, dans l’île de Ceylan, où elle est retenue cinq jours par l’arrivée tardive du navire qu’elle doit prendre. Alors, elle fait un peu de tourisme forcé. Elle découvre les beautés de l’île et note dans son journal : «Quel merveilleux endroit ce serait, si partir n’avait pas pour moi plus d’importance que la vie !»
    Elle est à Hong-Kong le jour de Noël, et c’est là que se produit le drame. Un officier britannique lui déclare, sur la foi d’une dépêche erronée :
    — Votre course n’a plus d’importance. Le World a envoyé un autre journaliste.
    Nellie Bly en pleure de rage et d’humiliation. Pulitzer ne lui a pas fait confiance ! Toute la fatigue qui s’était accumulée en elle, et qu’elle ne ressentait pas jusque-là, la saisit brusquement. Là encore, il y a un retard de cinq jours pour le prochain bateau. Elle a de la fièvre. Elle doit s’aliter. Va-t-elle renoncer ?
    Non. Son tempérament combatif reprend le dessus.
    Il y a un autre journaliste : et alors ? Elle sera quand même la première. Elle montrera à son patron et au monde entier qu’elle est la meilleure. L’étape suivante est Yokohama. Là, nouveau retard, mais c’est presque sans importance, car elle apprend une merveilleuse nouvelle : la dépêche était fausse, il n’y a jamais eu d’autre concurrent. Pulitzer n’a pas cessé de la soutenir.
    Le bateau qui doit lui faire traverser le Pacifique et la conduire à San Francisco s’appelle l’«Oceanic». C’est un paquebot américain et elle se rend compte, bouleversée, que non seulement Pulitzer, mais tout le pays est avec elle. Le commandant et l’équipage sont là pour l’accueillir. Quand elle monte à bord, l’orchestre entonne la chanson «Nellie Bly» à laquelle elle doit son nom. Le commandant lui annonce :
    — J’ai donné l’ordre de pousser les machines au maximum. Nous allons battre des records !
    Et il fait placer à la proue du navire une pancarte avec l’inscription : «Pour Nellie Bly, nous vaincrons ou nous mourrons !»
    L’«Oceanic» arrive dans la baie de San Francisco le 23 janvier 1890. Il y a exactement soixante-dix jours que la jeune fille a quitté New York. Il ne lui reste plus maintenant que la traversée des Etats-Unis en train. Rien ne semble pouvoir la priver de son succès.
    Et pourtant si ! Par signaux optiques, une vedette ordonne au transatlantique de stopper ses machines. Le commandant vient trouver Nellie, catastrophé :
    — Ce sont les autorités sanitaires. Un des passagers a été en contact avec des personnes ayant eu la variole à Yokohama. On nous impose une quarantaine de deux semaines.
    La réplique de la jeune fille est immédiate :
    — Moi, je n’ai pas la variole. Je vais le prouver en sautant à l’eau et en nageant jusqu’au rivage ! (à suivre…)

    d’après Pierre Bellemare

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mademoiselle Phileas Fogg (9e partie et fin)

    Résumé de la 8e partie n Nellie Bly arrive à bord de «l’Océanic» à la baie de San Francisco, après 70 jours, et il ne lui reste plus que le tour des Etats-Unis quand son bateau est mis en quarantaine…

    La réplique de la jeune fille est immédiate :
    — Moi, je n’ai pas la variole. Je vais le prouver en sautant à l’eau et en nageant jusqu’au rivage !
    Elle n’a pas besoin de le faire. Le commandant fait descendre un canot de sauvetage. Les autorités n’osent pas s’opposer à son débarquement et elle prend pied sur les quais de San Francisco où l’attend une foule immense, qui lui réserve une ovation indescriptible.
    Le voyage en train jusqu’à New York est en apparence la partie de son voyage qui devrait comporter le moins de péripéties, et pourtant il va lui apporter sa plus grande surprise depuis le départ.
    Dans son compartiment, un homme lui adresse galamment la parole. Des hommages masculins, Nellie Bly n’a cessé d’en recevoir depuis qu’elle a conquis la célébrité et la fortune, et elle les a repoussés avec énergie. Mais son compagnon de voyage lui plaît. Il s’appelle Robert Seaman, il a un peu moins de quarante ans. Un vrai gentleman, qui a l’air d’un diplomate ou d’un ministre. En réalité c’est un milliardaire qui a fait fortune dans les aciéries.
    Auprès de lui, après toutes les aventures qu’elle a vécues, tous les dangers qu’elle a traversés, elle se laisse enfin aller. Elle se confie, elle s’épanche. Entre eux, c’est le coup de foudre et ils se marieront peu après. Tout comme d’ailleurs Phileas Fogg, Nellie Bly a rapporté de son aventure l’amour et le bonheur.
    Et, peu après, c’est l’apothéose, le jour de gloire ! Elle arrive à New York le 25 janvier, au milieu d’une foule si dense qu’elle fait penser à l’accueil que reçoivent les grands chefs d’Etat. Sa voiture atteint le World à 16h 30 précises. Au même moment, dix canons tonnent du fort de Greenpark, à Brooklyn. Elle a réalisé le tour du monde en 72 jours, 6 heures, 10 minutes et 11 secondes.
    Dans son bureau, Joseph Pulitzer lui tend un télégramme qu’il a reçu peu avant et qu’il avait pour instruction de lui remettre après son succès
    «Je n’ai jamais douté de la réussite de Nellie Bly. Elle a prouvé son intrépidité et son courage. Hourra pour elle ! Signé : Jules Verne.»
    Après son mariage avec Robert Seaman, Nellie Bly a décidé d’abandonner le journalisme, pour se consacrer à son ménage et à ses enfants. Elle, la féministe acharnée, avait fini par se comporter comme toutes les femmes de son temps. On a cessé de parler d’elle et elle était tout à fait oubliée lorsqu’elle est morte prématurément, en 1922, à l’âge de cinquante-quatre ans. A cette époque, rien ne la distinguait plus des autres mères de famille, à part ses souvenirs. Mais quels souvenirs !

    D’après Pierre Bellemare

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le général boiteux (1re partie)

    A un peu plus de trente ans, Etienne Pellot a, en cette année 1797, plus d’un exploit militaire à son actif. En mer le plus souvent, car ce Basque, natif d’Hendaye appartient à une vieille famille de marins. L’un de ses ancêtres n’a-t-il pas été distingué par Louis XIII pour avoir remporté un combat naval ? Etienne lui-même a connu le baptême du feu à treize ans, aux Amériques, sur la «Marquise de Lafayette», une frégate ainsi nommée parce qu’elle avait été affrétée avec l’argent des dames de la cour, pour aider les insurgés américains. Après la Révolution, il a servi la République avec autant de bravoure que le roi. Pour la première fois, il a reçu une mission sur terre et cela a failli mal se terminer. Chargé d’espionner les Vendéens, il a été pris et à deux doigts d’être fusillé. Il a eu la vie sauve, mais l’événement lui a valu d’avoir, du jour au lendemain, les cheveux tout blancs.
    Pourtant, ce 8 août 1797, c’est bien en mer que se trouve Etienne Pellot. Il est capitaine du «Flibustier», un navire corsaire de huit canons, avec quarante hommes d’équipage. Le «Flibustier» n’est pas bien gros, mais il est maniable et rapide, et Pellot adore cela. Il n’a pas son pareil pour attaquer à l’improviste là où son adversaire l’attend le moins ou pour filer comme une anguille lorsque le navire en face est trop puissant pour lui.
    Oui, Etienne Pellot n’est nulle part plus à son aise qu’en mer. La preuve : il n’est pas grand, mais à terre on remarque sa petite taille, tandis que sur un bateau on ne voit que sa forte carrure. Il est adoré par ses hommes, qu’il a l’habitude d’appeler tous «mon vieux», ce qui lui a valu le surnom affectueux de «Monvieux». «Hé, les gars, voilà Monvieux qui monte à bord !», «Remue-toi un peu, sinon gare à Monvieux !»
    Mais Etienne Pellot a une qualité plus étonnante chez un corsaire : il est drôle ! Si, lors des abordages, il part à l’assaut comme un fou furieux, en dehors des combats, c’est un bout–en-train comme il en existe peu. Il a toujours une histoire cocasse à raconter ou bien alors il se livre à un numéro de mime ou à quelque autre pitrerie et, dans tous les cas, il est absolument irrésistible.
    — Navire à bâbord !
    C’est le hunier qui vient de lancer ce cri. Etienne Pellot, qui était dans sa minuscule cabine, se précipite sur sa longue vue. Bonne ou mauvaise rencontre ? On va tout de suite être fixé. Et Etienne est effectivement fixé : il s’agit de la plus formidable frégate anglaise qu’il ait jamais rencontrée, un monstre hérissé de canons. Il donne des ordres, espérant malgré tout lui échapper grâce à son habileté légendaire, mais celle-ci est beaucoup trop rapide. Elle fonce sur lui et envoie une terrible bordée dans sa direction.
    Etienne Pellot fait jeter l’ancre. Il n’a pas le choix, s’il ne veut pas que tout le monde périsse. Peu après, il voit arriver, la mort dans l’âme, la frégate anglaise. C’est la captivité pour ses hommes et lui. Et pourtant, malgré tous ses combats passés, c’est lors de cette cap-tivité qu’il va signer son plus bel exploit.
    Pellot et ses hommes ont de la chance. Au lieu d’être conduits vers un ponton, ces sinistres embarcations à quai où les Anglais enferment les corsaires dans des conditions inhumaines, tous sont dirigés vers le château fort de Folkestone. Il s’agit d’un authentique château du Moyen Age, avec douves, pont-levis et donjon. L’endroit n’a rien d’agréable mais au moins il y a de la place.
    Le plus éprouvant, ce sont paradoxalement les promenades. Elles ont lieu dans une cour entourée de murs si élevés qu’elle ressemble à un puits. On ne peut apercevoir qu’un bout de ciel, qui, en raison du climat anglais, est bien plus souvent gris que bleu. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    A 107 ans, elle se cherche un premier mari !

    l Une Chinoise de 107 ans, qui craignait de se marier lorsqu’elle était jeune, a décidé de franchir le pas et de se chercher un premier mari. Elle espère épouser un autre centenaire, afin d’avoir un sujet de conversation tout trouvé avec son conjoint «J’ai déjà 107 ans et je ne suis toujours pas mariée», déclare la centenaire à un journal chinois. Et de se demander : «Que se passera-t-il si je ne me dépêche pas d’en trouver un ?» Née dans la province de Guizhou dans le sud de la Chine, Wang a grandi en voyant ses oncles et d’autres hommes réprimander et battre leurs épouses. Souvent, elle voyait sa tante pleurer après s’être fait tabasser par son mari, ce qui l’a dissuadée longtemps de chercher un époux. Maintenant, elle craint de devenir un poids pour les neveux et nièces qui s’occupent d’elles, car ils deviennent tous trop vieux pour s’occuper d’une vieille dame comme elle. Cette chinoise ne désespère toujours pas et affirme qu’elle poursuit ses recherches par le biais des annonces dans différents médias jusqu’à ce qu’elle puisse rencontrer «l’homme de ses rêves». Mais, son rêve n’a commencé qu’après avoir dépassé un siècle d’existence en célibat… ! les hommes en Chine ne manquent pas, mais pourra-t-elle tomber sur le profil recherché ?

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le général boiteux (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Etienne Pellot capitaine du «Flibustier», un navire corsaire, vient de se faire arrêter par une frégate anglaise. Lui et son équipage sont alors emprisonnés dans un château fort de Folkestone…

    Heureusement, il y a Pellot, qui pour réconforter son équipage déploie tous ses talents. Il a une façon de gesticuler qu’on ne voit que dans les meilleurs numéros de cirque. Il est capable de se donner à lui-même des coups de pied dans le derrière, de pleurer et de ricaner en même temps, et il agrémente ses contorsions de plaisanteries, tant en français qu’en anglais, qui sont absolument inénarrables. A un tel point qu’il fait rire non seulement son équipage, qui, grâce à lui, trouve le temps moins long, mais aussi ses geôliers, qui s’ennuient presque autant que les prisonniers dans ce décor sinistre. Les soldats chargés de le surveiller rient à gorge déployée de ses facéties et, plus d’une fois, d’autres factionnaires quittent leur poste pour profiter de son numéro.
    Un jour, il se met à sauter devant les murs comme un forcené. Un Anglais lui demande la raison de son manège :
    — C’est que, lui répond-il, en lui désignant le chemin de ronde, j’aimerais aller là-haut pour voir si les Anglaises sont aussi jolies que les Françaises.
    Un éclat de rire général salue sa réplique. Et, justement, il lui semble discerner, à mi-hauteur de la muraille derrière une meurtrière, un visage de femme, un beau visage, autant que la distance lui permette d’en juger. Il s’adresse à la sentinelle :
    — Qui est-ce ?
    — Lady Wanley, la femme de sir Thomas Wanley, le gouverneur de la forteresse.
    — Elle a l’air de s’ennuyer.
    — Dame…
    Que lady Wanley s’ennuie, Etienne Pellot le comprend parfaitement. Il ne l’avait jamais vue, mais il a croisé plus d’une fois son mari. Sans doute pour oublier la tristesse des lieux, il est ivre du matin au soir. Chaque fois qu’il l’a rencontré, l’Anglais titubait et empestait l’alcool à trois pas. Dans ces conditions, sa malheureuse épouse doit littéralement dépérir. Et, avec ses pitreries, il est peut-être sa seule distraction.
    A partir de ce moment Etienne Pellot comprend qu’il a peut-être une chance de sortir de ces lieux. Les jours suivants, il continue son numéro, en tenant compte de ce nouveau public féminin et aristocratique. Il y ajoute des chansons anglaises, qu’il chante d’ailleurs d’une fort belle voix. Et, chaque jour, il peut constater que le beau visage est là, attentif, derrière la meurtrière.
    Tant et si bien qu’un jour la sentinelle vient le chercher dans sa cellule.
    — Suivez-moi des les appartements du gouverneur.
    — Le gouverneur veut me voir ?
    — Non, lady Wanley…
    Lady Wanley est effectivement là, dans la grande salle du château à l’immense cheminée qui lui sert de salon. Elle n’est pas seule. D’autres dames et messieurs, des militaires comme des civils sont assis sur des fauteuils. Il doit s’agir des officiers de la garnison et d’une partie des notables de Folkestone. Lady Wan-ley prend la parole avec un charmant accent :
    — Cher monsieur Pellot, je vous remercie d’être venu.
    — Que puis-je faire pour vous, madame ?
    — Faites-nous rire…
    Inutile de dire qu’Etienne Pellot se surpasse. Il débite tout son répertoire et il en rajoute encore. Il est plus que drôle, il est impayable. Il fait un triomphe. Il n’y a, en fait, qu’une seule fausse note lors de cette représentation. Tandis qu’éclatent les bravos, on voit arriver sir Thomas Wanley, la démarche titubante et la perruque de travers, qui devait cuver son vin dans une pièce à côté. Il s’adresse à lui en butant sur les mots. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    Il vend sa fille à 16 000 dollars et 100 caisses de bière !

    Un homme de 36 ans a été arrêté en Californie pour avoir arrangé le mariage de sa fille de 14 ans contre de l’argent, de l’alcool et de la nourriture. Selon la police de Greenfield, à 225 km au sud-est de San Francisco, le suspect, un homme de 36 ans, avait conclu un accord avec un jeune de 18 ans à qui il avait promis sa fille en échange Suite…notamment de 16 000 dollars, 100 caisses de bière et de la viande. L’affaire a été découverte lorsque le père s’est plaint à la police de ne pas avoir reçu de paiement, alors que sa fille avait déjà été forcée d’emménager avec son «mari». Le père et le jeune homme ont été arrêtés, respectivement pour infraction aux lois californiennes sur le trafic humain et viol sur mineure. Les forces de l’ordre de la région ont l’habitude de voir des mineures de 12 ans ou moins être vendues ou offertes à la vente» pour des mariages arrangés. «Si chaque cas est unique, des mariages arrangés entre des mineures et des hommes plus âgés sont devenus un problème dans la région», a précisé la police.

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le général boiteux (3e partie)

    Résumé de la 2e partie n Etienne pellot continue à amuser la galerie et pour jouer sa pièce du général boiteux, il revêt le costume de Sir Thomas Wanley…

    Et le voilà qui interprète cette pièce qu’il invente en même temps qu’il la joue. Il le fait avec beaucoup d’esprit, il trouve des situations plaisantes, il a des mots d’esprit inattendus et, lorsqu’il termine le premier acte, en entonnant l’hymne américain, il obtient un véritable triomphe. Il s’incline bien bas.
    — Merci, ladies et gentlemen. Je vous laisse vous reposer le temps de l’entracte. Je reviens pour le deuxième acte et vous verrez qu’il est bien plus fort encore que le premier !
    Là-dessus, Etienne Pellot s’empare du bicorne de sir Thomas, le met sur sa tête, salue encore une fois et disparaît.
    Bien sûr, au lieu d’enchaîner sur le deuxième acte, dont il n’a aucune idée, il se hâte de gagner la sortie du château. Par chance, il ne fait pas chaud, ce qui lui permet de relever son col et de se dissimuler en partie le visage. En même temps, il cesse de boiter pour imiter la démarche du gouverneur, c’est-à-dire tituber tant et plus. Durant son trajet il croise plusieurs soldats qui lui adressent un salut réglementaire, et c’est enfin le moment décisif : il arrive devant le pont-levis. Il s’avance toujours en titubant et la sentinelle claque des talons en lui présentant les armes. Il a réussi !
    Le voici dans la rue. Il croise un passant qui a la malchance d’avoir la même taille que lui, l’assomme et s’empare de ses vêtements, moins voyants que son uniforme rouge de colonel anglais. Ensuite, il se rend dans les rues de Folkestone, à la recherche de l’hôtel de son «compatriote» Durfort. Là, il est pris d’une appréhension. Ce dernier, malgré ses origines françaises, ne va-t-il pas le dénoncer ? Mais la sympathie qu’il avait sentie chez lui est bel et bien réelle. L’apercevant, celui-ci lui déclare :
    — Vous êtes ici chez vous !
    Et il le conduit dans une chambre.
    Une fois installé, Etienne Pellot n’a qu’une idée reprendre des forces, mais le destin en décide autrement. Il est en train de dormir profondément lorsque des cris le réveillent. Ils proviennent de la chambre à côté de la sienne. Ce sont ceux d’une femme et elle s’exprime en français :
    — Oh ! mon Dieu, au secours !
    Dans sa situation d’évadé, Pellot devrait se faire aussi discret que possible, mais comment le Français et le galant homme qu’il est pourrait-il rester indifférent ? Il se précipite, fait sauter la porte d’un coup d’épaule et se trouve en face d’un homme en petite tenue frappant à coups de canne une dame ravissante et tout aussi dénudée.
    Il se rue vers l’individu, lui arrache sa canne et le tient en respect. Le concierge de l’hôtel arrive sur ces entrefaites et s’adresse à Pellot, horrifié :
    — Malheureux, que faites-vous ? Vous levez la main sur un général d’armée !
    L’identité de son adversaire n’impressionne pas le corsaire, qui lui intime de déguerpir. Ce dernier s’enfuit sans demander son reste, tandis que la jeune femme se jette à ses genoux :
    — Merci, vous m’avez sauvé la vie !
    Et, en pleurant, elle lui raconte sa mésaventure. Elle est liégeoise. Cet homme, le général Hope, l’a enlevée de chez son oncle en lui promettant de l’épouser. Quand elle a découvert qu’il a une femme et des enfants, elle a voulu le quitter, ce qui a déclenché sa fureur. Elle conclut :
    — Faites-moi passer en Belgique.
    — Hélas, madame, je suis moi-même prisonnier.
    — Vous vous êtes évadé ?
    — Il y a juste quelques heures.
    — Alors, je veux fuir avec vous ! Je veux partager vos dangers. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le général boiteux (4e partie et fin)

    Résumé de la 3e partie n Vêtu de l’uniforme du gouverneur de la prison, Etienne Pellot s’enfuit et trouve refuge dans l’hôtel d’un de ses compatriotes ….

    Durfort survient à ce moment. Mis au courant de la situation, il donne à la jeune femme des vêtements masculins, précaution indispensable au cas où le général la ferait rechercher, et il conseille à Pellot d’aller essayer d’embarquer sur le port.
    Les voici donc, la Liégeoise et lui, déambulant sur les quais. Le corsaire ne tarde pas à remarquer quatre marins passablement ivres se plaignant, avec un fort accent irlandais, qu’un capitaine a refusé de les prendre à son bord. Un peu plus loin, il avise les quatre hommes d’équipage d’une petite embarcation à une voile qui quittent leur bateau pour se rendre dans un cabaret. Dès qu’ils ont disparu, il revient vers les Irlandais
    — Cela vous plairait de m’accompagner sur le continent ?
    Et il ajoute en tapant la main sur sa poche :
    — J’ai de l’or !
    Les Irlandais semblent convaincus. En tout cas, ils l’aident à lever l’ancre et ils sont bientôt tous les six en mer, en comptant la belle Liégeoise. Au même moment, le canon tonne : l’évasion a été découverte. Peu après, deux puissants navires de guerre, une frégate et une corvette, se mettent à leur poursuite. Les marins irlandais, subitement dégrisés, comprennent, au propre comme au figuré, dans quelle galère ils se sont mis. Ils n’ont plus le choix, ils doivent partager les risques de celui qui les a recrutés et ils participent à la manœuvre.
    Etienne Pellot n’a jamais eu son pareil pour échapper à ses poursuivants, mais deux navires de cette taille, c’est tout de même beaucoup ! La frégate et la corvette se rapprochent inexorablement et elles se mettent à tirer. Plusieurs boulets soulèvent des gerbes d’écume autour de la petite embarcation et l’un d’eux perce sa voile.
    Heureusement, le corsaire connaît les environs de Dunkerque, pourtant bien éloigné de son Pays basque natal. Il sait qu’aux approches du port se trouvent deux bancs de sable particulièrement redoutables pour les navires. Il s’engage résolument entre eux, au risque de s’échouer, et parvient à rester dans l’étroit passage. Et les Anglais, après avoir lâché une dernière salve de dépit, sont obligés de faire demi-tour.
    À la suite de son exploit, Etienne Pellot n’a pas épousé la belle Liégeoise. Peut-être lui a-t-elle accordé ses faveurs, ce qui n’aurait pas été immérité après ce qu’il avait fait pour elle, peut-être pas. En tout cas, elle s’est retirée dans un couvent.
    Quant à Pellot lui-même, il a, bien sûr, repris la mer où il a accompli d’autres actions d’éclat, et il est mort longtemps, longtemps après, en 1856, âgé de quatre-vingt-onze ans. Parmi tous ses souvenirs, c’était toujours le même qui avait sa préférence. Et l’histoire qu’il racontait à ses petits-enfants commençait invariablement par :
    — Le jour où je suis arrivé dans la forteresse de Folkestone, dont le gouverneur était sir Thomas Wanley…

    D’après Pierre Bellemare

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    Record du monde du discours le plus long battu

    l Le Français Lluis Colet, âgé de 62 ans, a battu hier, samedi, à Perpignan le record du monde du discours le plus long, en parlant sans interruption pendant 124 heures, soit cinq jours et quatre nuits. Le record du Catalan, qui lui permet d’entrer dans le livre Guiness des records, a été homologué sous le contrôle de trois huissiers. Avec ses 124 heures de palabres ininterrompues, l’orateur hors-pair, employé municipal et guide au musée des arts et traditions catalanes, détrône l’ancien détenteur du record, un Indien qui avait réussi à parler pendant 120 heures. Lluis Colet avait déjà été détenteur du record en 2004, après être parvenu à discourir pendant 48 heures d’affilée. Installé au buffet de la gare de Perpignan, Lluis Colet a parlé sans s’arrêter du lundi 12 janvier à 10h 00 au samedi 17 à 14h 00, sous la surveillance d’un médecin, sans dormir cinq nuits durant et n’ingérant qu’une alimentation légère afin que son discours ne soit pas perturbé. Alternant textes et poèmes de grands auteurs avec des écrits personnels, il a longuement palabré sur Salvador Dali, un peintre qu’il vénère, et la culture catalane, dont il est un ardent défenseur. Un public nombreux est venu le soutenir tout au long de l’épreuve, alors que des musiciens et des chanteurs l’accompagnaient ponctuellement. Tous l’ont chaleureusement applaudi à la fin.

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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Un mètre soixante, cinquante-cinq kilos (1re partie)

    Les essuie-glaces de la 403 Peugeot fonctionnent sans arrêt depuis Paris, c’est-à-dire depuis plus de deux heures. Au volant, Gérard Rousseau, trente-neuf ans, ingénieur dans une entreprise de travaux publics, a ralenti l’allure. Bien qu’il ne soit que 6 heures du soir, il a déjà allumé les phares. Il est vrai qu’il fait un temps absolument détestable, ce 28 octobre 1961, et qu’on n’y voit pas à vingt mètres.
    Gérard Rousseau soupire. Il n’avait aucune envie de partir en week-end chez ces amis qui ont une propriété au bord du lac des Settons, au cour du Morvan. Quand il fait beau, l’endroit est ravissant, mais avec un temps pareil ! Et puis, ce n’est pas le moment. Il a bien d’autres soucis en tête.
    Gérard Rousseau soupire de nouveau. Logiquement, il ne devrait pas se plaindre. A près de quarante ans, il est le type même de la brillante réussite professionnelle. Cela se lit sur son visage sérieux qui reflète à la fois la santé et l’assurance : l’homme a de la carrure au physique comme au moral. Mais cela n’empêche pas les problèmes.
    Sans détourner le regard, à cause de la difficulté de la conduite, Gérard Rousseau s’adresse à sa femme, assise à côté de lui :
    — Il faut que je te parle d’hier soir, Agnès…
    — D’hier soir ? Tu veux dire à propos du cocktail ? La voix qui vient de lui répondre est charmante légère et mélodieuse, un petit peu enfantine, peut-être. Gérard Rousseau poursuit avec calme :
    — Oui, c’est cela : à propos du cocktail.
    La voix mélodieuse prend un ton impatient :
    — C’était trop beau ! Tu vas évidemment me faire encore des reproches. Chaque fois que je m’amuse, c’est la même chose !
    — Agnès, tu es inconsciente ou quoi ?
    Agnès ne répond pas. Elle le regarde de ses yeux bleus. Son front et le bord de ses lèvres sont barrés de petites rides, comme chaque fois qu’elle est en colère. Cela ne l’empêche pas d’être ravissante. Avec ses cheveux blonds, son visage un peu rond, son teint rose, son corps bien fait de femme qui n’a pas encore atteint la trentaine, elle est tout à fait charmante : une vraie poupée.
    Oui, ravissante et inconsciente, c’est ce qui caractérise le mieux Agnès Rousseau. Avec un dernier détail cependant : elle mesure un mètre soixante et pèse cinquante-cinq kilos. Un détail ? Non. C’est, d’une certaine manière, tout le sujet de cette histoire.
    Gérard Rousseau s’exprime d’une voix volontairement patiente :
    — Ecoute, sur le coup je ne voulais pas t’en parler. Je me suis dit : cela ne sert à rien, elle recommence toujours, quoi que je lui dise. J’ai repensé à cela toute la nuit, mais c’est trop grave…
    — Eh bien, je t’écoute. Je me suis amusée hier et cela ne t’a pas plu.
    — Ce n’est pas que tu te sois amusée, c’est la manière.
    — Parce qu’il y a plusieurs manières de s’amuser ? J’ai beaucoup ri, voilà tout.
    — Tu as trop ri.
    — C’est défendu ?
    Gérard Rousseau prend le ton d’un professeur expliquant pour la dixième fois sa leçon à un élève peu doué.
    — Ce n’est pas défendu, ce n’est pas recommandé non plus. Tu es trop libre. Quand un homme que tu n’as jamais vu fait une plaisanterie, tu éclates de rire. On n’entend que toi.
    — Et alors ? C’est ma nature.
    — Oui, mais cela crée une équivoque. Les gens s’imaginent que… enfin, qu’ils ont leur chance et certains ne se privent pas d’essayer. Cela a encore été le cas hier.
    — Parce que tu crois que j’ai envie de te tromper ?
    — Non, ce sont les gens qui y voient du mal. Tu comprends cela ?
    Pas de réponse. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Un mètre soixante, cinquante-cinq kilos (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Gérard Rousseau fait des reproches à sa jolie femme quant à son comportement lors d’un cocktail…

    Les gens ont tort, d’accord ; ils se trompent sur ton compte, d’accord, le fait est qu’ils te jugent mal. Tu imagines ce que cela représente pour moi ? Tu veux me faire de la peine ?
    Pas de réponse.
    — Hier soir, mon patron était là…
    Agnès Rousseau sursaute :
    — Ah, celui-là ! Un vrai bonnet de nuit !
    — Il m’a pris à part et tu sais ce qu’il m’a dit ? Il m’a dit : «Rousseau, vous avez une femme charmante, mais vous devriez la surveiller un peu plus. Je dis cela dans votre intérêt…» Tu crois que cela fait plaisir à entendre, des choses pareilles ?
    Agnès Rousseau ne répond pas, et le silence revient dans la 403, à part le bruit du moteur, celui de la pluie et le ronronnement des essuie-glaces. Gérard Rousseau se tait. A quoi bon épiloguer davantage ? Agnès est ainsi et, dans une certaine mesure, c’est ainsi qu’il l’aime, sinon il ne l’aurait pas épousée. Agnès est la spontanéité même, la vie même. Sans aucun doute, elle l’aime vraiment, seulement c’est à sa manière à elle. Pour rien au monde, elle ne renoncerait à goûter toutes les satisfactions de la vie, sans souci du qu’en-dira-t-on.
    Gérard Rousseau sent un flottement dans la direction. Il pousse un juron.
    — Bon Dieu ! Ce n’est pas vrai ?
    C’est vrai ! La 403 vient de crever, alors qu’ils étaient presque arrivés. A quelle distance sont-ils de chez leurs amis ? Entre cinq et dix kilomètres, pas plus. Comme un fait exprès, c’est l’endroit où la route est la plus mauvaise : un chemin communal qui passe dans une région escarpée où deux voitures se croisent tout juste. Il n’y a pas de bas-côté, juste un léger talus. Gérard Rousseau arrête la voiture, profitant d’une courte ligne droite. Agnès demande, surprise :
    — Qu’est-ce qui se passe ?
    — On a crevé !
    — C’est gai !
    Gérard Rousseau ouvre sa portière. La pluie battante entre dans la voiture.
    — Cela ne m’amuse pas plus que toi. Tu vas sortir et me tenir le parapluie.
    Agnès s’exécute sans discuter. Elle va ouvrir le coffre pour chercher le parapluie et le cric. L’incident lui a fait oublier totalement sa bouderie. En bonne épouse, elle ne pense plus qu’à se rendre utile à son mari. Elle est ainsi. Avec elle, rien n’est réfléchi.
    Gérard Rousseau examine les dégâts. Le pneu avant droit est à plat. C’est particulièrement ennuyeux. De ce côté-là de la voiture, c’est le vide. Pas un ravin, un précipice, mais un fossé à hauteur d’homme. Il va devoir y descendre et introduire le cric en contrebas, en gardant le mieux possible son équilibre. Par temps sec, cela ne poserait pas de difficulté majeure, mais la pluie a transformé le talus en bourbier. Il va être dans un bel état quand il arrivera chez leurs amis !
    Agnès revient. Sous le parapluie ouvert, elle tient le cric et une lampe de poche allumée. Elle a une exclamation en considérant la situation :
    — Mon pauvre chéri !
    Gérard Rousseau prend le cric en main. Une première tentative pour le mettre en place se solde par un échec. Il glisse dans la boue et se retrouve à quatre pattes en bas du talus. Agnès est horrifiée.
    — Mais c’est affreux !
    Gérard s’essuie sommairement les mains dans l’herbe.
    — Je t’en prie, pas de drame. Eclaire-moi et abrite-moi avec le parapluie. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Un mètre soixante, cinquante-cinq kilos (3e partie)

    Résumé de la 2e partie n Gérard Rousseau et sa femme, toujours en conflit, crèvent un pneu. Oubliant sa rancœur, Agnés prend une lampe et un parapluie pour aider son mari…

    Agnès Rousseau, qui est restée sur la route à côté de la voiture, s’acquitte de son mieux de sa tâche. Son mari pousse un grognement et se relance à l’assaut du talus.
    Cette fois, il parvient à placer le cric. Se tenant de la main gauche, il tourne la manivelle avec la main droite jusqu’à ce qu’il tienne en place. Ensuite vient le plus difficile : dévisser les boulons de la roue qui n’est pas encore soulevée du sol. D’habitude, il place la clé à pipe sur le boulon et donne un vigoureux coup de pied. Impossible dans la position où se trouve la voiture. C’est d’en bas et à la main qu’il doit effectuer ce travail.
    Sous la pluie battante, Gérard Rousseau s’escrime tandis que sa femme le protège de son mieux en répétant à plusieurs reprises :
    — Mon pauvre chéri !
    Ce qui contribue à l’énerver plus encore. Enfin, après dix minutes d’effort dans la boue, le dernier boulon cède. Gérard revient à la manivelle et la tourne vivement. Le côté droit de la 403 s’élève et la roue crevée tourne dans le vide. Il crie à sa femme :
    — Va me chercher la roue de secours !
    Agnès disparaît dans la nuit. Gérard se retrouve seul dans l’obscurité et sous la pluie. Il entend un choc sourd à l’arrière, puis un autre. Qu’est-ce qu’elle fait ? Ah oui, c’est vrai. Elle est obligée d’enlever les valises pour prendre le pneu. Il devrait y aller lui-même, ça irait plus vite.
    Gérard Rousseau est sur le point de quitter son poste lorsque le drame se produit. Il y a un bruit de tonnerre et une souffrance atroce, puis une certitude, même s’il ne comprend pas encore ce qui s’est passé «Je vais mourir…»
    Agnès Rousseau met, elle aussi, quelques secondes pour comprendre. Elle a entendu le bruit de tonnerre et reste toute bête avec sa roue dans les bras. Puis elle la pose par terre et prend la lampe électrique. La voiture n’est plus là. Elle pousse un cri :
    — Gérard !
    Effectivement, la voiture n’est plus là. L’averse vient de provoquer un glissement de terrain et elle se trouve à présent, le nez en avant, dans le fossé avec Gérard Rousseau en dessous.
    Horrifiée, Agnès Rousseau a sauté en contrebas et découvre le tragique spectacle dans la lumière tremblante de sa lampe de poche : Gérard est couché sur le dos, le pare-chocs sur sa poitrine. Il a les yeux fermés. Elle pousse un cri déchirant : il est mort !
    Non, Gérard n’est pas mort. Il ouvre les yeux, la voit, lui parle.
    — Agnès, j’étouffe…
    Agnès ne répond pas. Elle agite fébrilement les mains, prise de panique.
    — Agnès, j’étouffe… Fais quelque chose !
    Cette fois, Agnès Rousseau a retrouvé ses esprits.
    Elle lâche sa lampe de poche et agrippe à deux mains le dessous de la voiture du côté droit, là précisément où se trouvait le pneu crevé responsable de tout. Elle n’arrive qu’à s’écorcher les mains. Combien peut peser la voiture ? Une tonne peut-être. Elle a un gémissement désespéré !
    — C’est trop dur ! Je ne peux pas !
    A ses pieds, dans la boue, la voix de Gérard se fait de nouveau entendre. Elle est implorante et mourante.
    — Agnès, Agnès
    Faire quelque chose, n’importe quoi, sinon il sera trop tard. Chercher du secours. Oui, c’est cela chercher du secours. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Un mètre soixante, cinquante-cinq kilos (4e partie et fin)

    Résumé de la 3e partie n Un accident survient et Gérard Rousseau se retrouve sous la voiture entrain d’étouffer, sa femme, ne pouvant rien faire seule, va chercher des secours…

    Avec une agilité extraordinaire malgré la boue, Agnès Rousseau se retrouve en haut du talus et elle se met à courir comme une folle. Ses chaussures à talons hauts la font tomber, elle les envoie promener et continue. Et puis elle s’arrête.
    «Comme une folle» était l’expression juste. Elle avait pris la direction de chez leurs amis, mais leur maison est à cinq bons kilomètres et, même en courant à perdre haleine, elle arrivera trop tard. Gérard sera mort avant. Attendre une voiture ? Bien sûr, s’il en passait une, ce serait le salut. Mais sur cette route déserte et par ce temps de cauchemar, il peut fort bien ne pas en passer avant le lendemain matin. Alors ?
    Alors, il arrive quelque chose d’extraordinaire, de prodigieux. Agnès, qui n’a jamais suivi que son instinct, se met à agir, une fois encore, de manière instinctive. Et ce que lui dit, ce que lui crie son instinct, c’est qu’elle doit sauver Gérard. Il ne faut pas qu’il meure !
    Sans s’en rendre compte, elle a couru sur la route en sens inverse et plongé, les pieds en avant, dans le fossé. Sans s’en rendre compte, elle s’est placée contre la voiture. Et son instinct lui a fait faire le geste nécessaire : elle s’est accroupie, le dos à la carrosserie. Or c’est dans cette position et cette position seule qu’on peut soulever un objet lourd. Elle serre les dents et elle tire de toutes ses forces sur ses bras, tout en essayant de déplier ses jambes.
    Si Agnès Rousseau n’était pas la jeune écervelée qu’elle est, la femme-enfant qui fait ce que lui dicte son cœur, elle n’aurait jamais entrepris cette tentative absurde. Pour soulever dans ces conditions un objet du poids de la 403, il faudrait deux hommes vigoureux, et elle mesure en tout et pour tout un mètre soixante pour cinquante-cinq kilos.
    Agnès n’a pas la force de gémir tant la crispation est violente, absolue. Une seule pensée traverse sa tête : il faut sauver Gérard, il le faut, il le faut !
    Et le miracle se produit: la voiture a bougé. Elle se soulève de quelques centimètres seulement, mais elle ne repose plus sur la poitrine de Gérard. Il respire de nouveau. Agnès l’entend émettre un sifflement, puis un râle. A présent, s’il est capable de bouger, il peut se dégager lui-même. Il y a quelques secondes interminables d’attente et… rien ne se produit. Soit qu’il ait perdu conscience, soit qu’il ait quelque chose de cassé. Gérard Rousseau n’a pas bougé. Agnès sent ses forces l’abandonner. Elle va laisser retomber la voiture et tout sera perdu. Elle a fait tout cela pour rien !
    Alors elle recommence, elle s’arc-boute de nouveau, et l’incroyable lutte reprend. La lutte de près d’une tonne d’acier contre cinquante-cinq kilos de fragilité, cinquante-cinq kilos d’amour, cinquante-cinq kilos de refus, cinquante-cinq kilos de désespoir. Et la 403 s’élève, lentement, centimètre après centimètre.
    Agnès se relève. Elle arrive presque à déplier les genoux. C’est l’instant crucial. Elle donne une brusque impulsion avec toutes les forces qui lui restent et fait passer la charge de ses mains à son dos. Elle ressent une douleur fulgurante, mais elle y parvient. A présent, le dernier effort : se relever, se mettre debout sous le poids, comme les haltérophiles. Elle pousse un cri. La voiture, propulsée sur son côté gauche, se met en position d’équilibre sur le côté opposé. Son mari est sauvé. Alors Agnès Rousseau s’évanouit.
    Une grande lueur blanche et la vision d’un homme, en blanc lui aussi.
    — Où suis-je ?
    — A l’hôpital, madame Rousseau.
    Tous les souvenirs reviennent en même temps dans l’esprit de la jeune femme.
    — Et mon mari ?
    — Il va bien, rassurez-vous. Il n’a eu que des côtes cassées. Il est sauvé grâce à vous.
    Curieusement, le médecin n’a pas l’air heureux en annonçant cette nouvelle. Agnès a déjà compris : elle ne sent plus ses jambes.
    — Et moi ?
    — Il va vous falloir beaucoup de courage, madame. Mais je sais que vous en avez.
    Oui, Agnès Rousseau, qui avait eu deux vertèbres lombaires brisées, est restée paralysée à vie des deux jambes. Mais jamais, par la suite, elle n’a perdu son sourire. Et ceux-là qui la jugeaient parfois si mal quand elle se comportait avec trop de liberté ont compris ce qui se cachait dans cette jolie tête blonde et ce joli corps de cinquante-cinq kilos : des sentiments si simples qu’ils étaient plus forts que tout, absolument que tout.

    D’après Pierre Bellemare

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    Jouant avec un téléphone, il provoque l’arrestation de son père

    l Un bébé de 11 mois jouant avec un téléphone sans fil a par mégarde provoqué la venue de la police et l’arrestation de son père qui cultivait de la marijuana dans sa maison de l’ouest canadien, a indiqué la police hier, mercredi. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait été alertée après qu’un correspondant eut appelé le numéro d’urgence 911 et raccroché sans dire un mot. Les policiers se sont alors rendus à la résidence d’où émanait le coup de fil, à White Rock dans la banlieue de Vancouver, a indiqué un agent du GRC. Et d’ajouter : «Le père a été très surpris de nous voir, affirmant n’avoir jamais appelé la police». Les policiers ont alors aperçu un bébé de 11 mois qui jouait avec un téléphone sans fil et «appuyait au hasard sur les touches». Une rapide visite a, en outre, permis à la police de découvrir 500 plants de marijuana dans deux pièces de la maison. Le père du bébé, âgé de 29 ans, a été interpellé et fait face à des accusations de production de stupéfiants. Il doit comparaître en justice en avril. Quant au bébé, il a été confié à la garde de sa mère.

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Il faut sauver «le Jean Bart» ! (1re partie)

    Le capitaine de vaisseau Pierre-Jean Ronarc’h est soucieux en cette matinée du 10 mai 1940. Ce n’est pas tant en raison de la situation militaire. Si la France est en guerre depuis septembre 1939, les choses ne se passent pas trop mal ou, pour être plus précis, il ne se passe strictement rien. Ce qu’on a pris pour habitude de nommer la «drôle de guerre» s’éternise et on ne voit pas pourquoi cela ne continuerait pas ainsi.
    C’est d’ailleurs indispensable pour que le capitaine de vaisseau Ronarc’h puisse mener à bien la mission délicate et capitale qui lui a été confiée assurer la mise en service du «Jean Bart», qui sera le plus grand cuirassé de la marine française et qui est actuellement en construction à Saint-Nazaire.
    Il y a près de quatre ans que ce géant des mers de trente-cinq mille tonnes est en chantier. Précisément, c’est le 12 décembre 1936 que le ministre de la Marine, Jarnier-Duparc a posé le premier rivet. A l’époque, la mise en service du navire était prévue pour la mi-1941. Avec la guerre, le délai a été avancé à la fin de l’année 1940. Pour ce faire, le nombre des ouvriers a été porté à trois mille et ils travaillent dix heures par jour.
    Le téléphone sonne dans le bureau qui sert de quartier général du capitaine de vaisseau Ronarc’h et qui domine les installations portuaires de Saint-Nazaire.
    Celui-ci reconnaît la voix de son aide de camp. Il a l’air très inquiet.
    — Capitaine, les Allemands ont attaqué dans les Ardennes.
    — Et cela se passe comment ?
    — Mal, très mal. Leur avance semble irrésistible !
    Le capitaine de vaisseau raccroche. Il ne veut pas céder à un pessimisme excessif, il ne peut pourtant s’empêcher d’avoir une terrible pensée : et si les Allemands arrivaient à Saint-Nazaire avant que le navire soit fini ? Pour empêcher qu’ils s’en emparent, il serait obligé de donner l’ordre de le saborder. Il ferait détruire cette merveille qu’il voit s’élever sous ses yeux jour après jour. Et cela, il se refuse à l’envisager. Quoi qu’il arrive, «le Jean Bart» prendra la mer !
    15 mai 1940. Pierre-Jean Ronarc’h ne se voulait pas trop pessimiste, malheureusement la situation dépasse les pires appréhensions. La veille, les Allemands ont enfoncé les lignes françaises et, à présent, ils foncent vers le sud. Nos troupes sont partout en pleine débandade, la guerre semble dès à présent perdue.
    Plus que jamais, Ronarc’h s’accroche à ce qui lui apparaît maintenant comme sa mission sacrée : sauver «le Jean Bart». C’est pourquoi il a convoqué l’ingénieur chef du chantier.
    L’atmosphère est grave. Tous deux sont conscients de l’importance de l’enjeu. Le capitaine de vaisseau prend la parole :
    — En augmentant les cadences et le nombre des ouvriers, quand pensez-vous terminer les travaux ?
    — En mettant les choses au mieux, fin juillet.
    — Les Allemands risquent d’être là bien avant. J’ai décidé que «le Jean Bart» appareillerait le 19 juin.
    — C’est impossible ! Cela fait plus de cent jours d’avance sur le programme.
    — Vous porterez les effectifs à trois mille cinq cents ouvriers et la durée de travail à douze heures par jour.
    — Même dans ces conditions, cela ne suffira pas.
    — Nous limiterons l’équipement au minimum : le moteur, trois chaudières, deux pompes, l’armement et les moyens de transmission. Vous laisserez de côté tout ce qui est logement.
    L’ingénieur chef regarde avec perplexité son interlocuteur.
    — En admettant que par miracle ce soit possible, comment «le Jean Bart» pourra-t-il prendre la mer ? Le chenal n’est pas dégagé.
    — Je sais. C’est pour cela que j’ai convoqué aussi l’ingénieur des ponts et chaussées. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  26. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Il faut sauver «le Jean Bart» ! (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Jean-Pierre Ronac’h prend toutes les dispositions pour achever la construction du vaisseau «le Jean Bart» avant que l’invasion allemande n’atteigne Saint-Nazaire…

    Il faut en effet préciser que le cuirassé est en construction dans une forme de radoub, c’est-à-dire un immense bassin de béton fermé par des écluses donnant sur la mer, qui seront ouvertes au moment de la mise en eau. Le bassin communique avec l’extérieur par un chenal qui n’est pas encore achevé. Il était prévu de débuter les travaux plus tard. Maintenant, évidemment, tout est changé.
    A son tour, l’ingénieur des ponts et chaussées se présente devant le capitaine de vaisseau Ronarc’h, qui lui annonce comme date ultime le 19 juin. Sa réaction est la même que celle de son collègue :
    — C’est de la folie !
    — «Le Jean Bart» n’aura qu’une partie de ses équipements. Vous gagnerez un mètre de tirant d’eau.
    — Même dans ces conditions, nous n’aurons pas le temps de creuser à la profondeur nécessaire.
    — Je vous demande de laisser dix centimètres en dessous de la quille et, pour la largeur, dix mètres de chaque côté.
    — Dans ce cas, «le Jean Bart» ne passera jamais.
    — Il passera !
    Ce n’est pas tout. Une fois l’ingénieur des ponts et chaussées parti, Pierre-Jean Ronarc’h appelle au téléphone le ministère de l’Armement. Il a un autre problème à résoudre. Les Allemands ont la maîtrise totale du ciel et leurs avions effectuent un peu partout des raids destructeurs. S’ils arrivaient jusqu’à Saint-Nazaire, «le Jean Bart», avec sa masse énorme, serait une cible immanquable.
    Au ministère de l’Armement, Pierre-Jean Ronarc’h tombe sur un responsable affolé et totalement dépassé par les événements.
    — J’ai besoin des défenses antiaériennes du «Jean Bart». Quand pouvez-vous me les livrer ?
    — Savez-vous où elles sont ?
    — A la fonderie de Ruelle. Il faut accélérer leur construction. Il y a douze batteries de 90 mm.
    — Nous allons voir ce que nous pouvons faire, mais nous ne vous promettons rien. nous sommes débordés.
    Lorsqu’il raccroche, le capitaine de vaisseau Pierre-Jean Ronarc’h est sans illusion. Il n’a rien à espérer des autorités. La DCA du «Jean Bart» ne sera jamais là à temps. Il faudra faire comme si les avions ennemis n’existaient pas.
    Le mois de mai 1940 se passe. Partout en France, les catastrophes s’accumulent. A Saint-Nazaire, c’est une atmosphère de fourmilière qui règne. On travaille jour et nuit, tant à l’assemblage du navire qu’au creusement du chenal. Les horaires réclamés par le capitaine de vaisseau Ronarc’h sont largement dépassés.
    Par fierté, par patriotisme, les hommes travaillent jusqu’à complet épuisement. Et cet acharnement porte ses fruits : le 3 juin, une première hélice est mise en place ; le 7, la deuxième est à son poste ; le 10, c’est au tour du moteur et des chaudières. Mais si tout va relativement bien du côté du chantier naval, un problème surgit avec le creusement du chenal. Le 10 juin, l’ingénieur des ponts et chaussées vient trouver Ronarc’h :
    — Nous ne serons pas prêts pour le 19.
    — Que se passe-t-il ?
    — Il y a un imprévu : nous sommes tombés sur de la roche. Nous n’aurons pas la largeur voulue.
    — Laquelle pouvez-vous me donner ?
    — Cinquante mètres, pas plus.
    — «Le Jean Bart» en fait trente-cinq. Il reste sept mètres cinquante de chaque côté.
    — Il y a un coude. Pour tourner, ce ne sera pas suffisant.
    — On verra (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  27. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Il faut sauver «le Jean Bart» ! (3e partie)

    Résumé de la 2e partie n Les travaux du «Jean Bart» vont bientôt se terminer. Les Allemands sont proches, alors Ronac’h décide qu’il lui faut une DCA , mais cela se révéle impossible…

    Si, à Saint-Nazaire, on met les bouchées doubles, les Allemands ne perdent pas de temps non plus. Le 13 juin, ils sont à Paris ; le 15, ils franchissent la Seine vers Melun et atteignent Avallon ; le 16 juin, les habitants de Saint-Nazaire, consternés, assistent au rembarquement des troupes anglaises.
    Le 18, très tôt au matin, le téléphone retentit dans la chambre de Pierre-Jean Ronarc’h. C’est l’amiral Michelier, son supérieur direct.
    — Les Allemands sont à Nantes. Ils seront à Saint-Nazaire dans la journée. Il faut appareiller à la marée de cet après-midi.
    — C’est impossible, la tranchée n’est pas terminée.
    — Alors cette nuit, mais pas plus tard.
    Et l’amiral a raccroché. Il était prévu que «le Jean Bart» appareille l’après-midi du 19. Ce nouvel horaire avance le départ de douze heures. Est-ce que ce sera possible ? Pierre-Jean Ronarc’h se fait conduire auprès de l’ingénieur des ponts et chaussées. Il est sur son chantier où il surveille les travaux qui n’ont pas cessé un seul instant.
    — L’amiral m’a appelé : nous partons cette nuit.
    — Nous ne serons pas prêts. Il fallait demander un délai.
    — Les Allemands ne nous en laissent pas le temps. C’est cette nuit ou jamais.
    L’ingénieur hoche la tête. Il ne sert à rien de discuter. Il prend ses plans en main, les examine et conclut :
    — Pour la profondeur, cela ira : vous aurez dix centimètres au-dessous de la quille, mais pour la largeur, je ne peux vous promettre que quarante-cinq mètres au lieu de cinquante…
    Le capitaine de vaisseau ne discute pas non plus. Il a autre chose à faire de toute urgence. Il retourne au chantier et fait venir l’officier en second du «Jean Bart», pour lui donner ses ordres.
    — Nous allons peut-être combattre. Que tous les marins montent à bord et prennent place à leurs pièces. Que les ouvriers qui ne sont pas indispensables à la construction débarquent. Prenez dès maintenant les dispositions en vue du sabordage.
    L’officier en second a écouté, l’air grave, sans mot dire. Le capitaine de vaisseau ajoute enfin :
    — Hissez les couleurs !
    En effet, selon l’usage de la marine, un navire ne peut combattre que s’il arbore son pavillon. «Le Jean Bart» risque fort de livrer son premier et dernier combat à sec, prisonnier dans sa forme de radoub, non contre d’autres navires, mais contre des chars et des fantassins.
    Le soleil est maintenant tout à fait levé. La journée du 18 juin 1940 commence à Saint-Nazaire. Les chantiers navals sont dominés par le drapeau tricolore qui flotte sur la plus haute tourelle du «Jean Bart». Outre les marins à leur poste sur le pont, les installations sont protégées par quatre blockhaus. Les militaires ayant disparu, ce sont également des hommes du «Jean Bart» qui les défendent. A l’intérieur du navire, les ouvriers travaillent de toutes les forces dont ils sont capables. Conformément aux dispositions de sabordage, les postes ont été doublés. Derrière chaque homme qui travaille, un autre se tient prêt, avec une masse. Sur ordre de Ronarc’h, les installations vitales du cuirassé peuvent être détruites en quelques minutes. Pour l’instant, on n’en est pas encore là. Les préparatifs de départ se déroulent comme si de rien n’était. Les trois plus puissants remorqueurs du port, «le Minotaure», «le Titan» et «l’Ursus», ont pris place dans le chenal. Ils repèrent les lieux de leur mieux, sachant que la manœuvre qu’ils vont devoir effectuer cette nuit, sans visibilité ou presque, est à la limite de l’impossible. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  28. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Il faut sauver «le Jean Bart» ! (4e partie)

    Résumé de la 2e partie n Le 18 juin 1940, les Allemands sont proches et «le Jean Bart» est contraint d’appareiller et peut être même de combattre…

    Pour l’instant, on n’en est pas encore là. Les préparatifs de départ se déroulent comme si de rien n’était. Les trois plus puissants remorqueurs du port, «le Minotaure», «le Titan» et «l’Ursus», ont pris place dans le chenal. Ils repèrent les lieux de leur mieux, sachant que la manœuvre qu’ils vont devoir effectuer cette nuit, sans visibilité ou presque, est à la limite de l’impossible.
    15 heures. Le téléphone retentit dans le PC que Ronarc’h a installé à l’intérieur même du «Jean Bart».
    Au bout du fil, une voix affolée :
    — Une colonne allemande est en vue de Saint-Nazaire !
    — Quand sera-t-elle ici ?
    — Il n’y a aucune défense dans la ville. Une demi-heure au plus.
    Le capitaine de vaisseau Ronarc’h sait qu’il est seul à décider. Que faire ? Poursuivre les travaux quand même ou alors faire ouvrir les vannes du bassin de radoub et tenter de sortir tout de suite avec la marée haute ? Ronarc’h préfère d’abord se rendre compte par lui-même de la situation. Il monte au sommet de la plus haute tourelle du navire, colle ses yeux aux puissantes lunettes périscopiques et il pousse aussitôt un cri de joie : la colonne motorisée est anglaise !
    16 heures, 18 heures. Les heures s’écoulent inexorablement. Si dans les entrailles du «Jean Bart» règne une activité fébrile, aux abords des chantiers navals, c’est toujours le calme plat : il n’y a pas un avion dans le ciel, pas un fantassin ennemi signalé. 19 heures. Les énormes portes de la forme de radoub s’ouvrent lentement, l’eau jaillit et la coque du cuirassé s’élève, sans qu’à l’intérieur les ouvriers cessent de travailler.
    21 heures. Les chaudières sont mises en marche mais elles s’éteignent aussitôt. Il y a un défaut dans l’installation. Les ouvriers, exténués, travaillant à une cadence folle, ont dû faire une erreur quelconque. On n’a pas le temps de chercher l’origine de la panne. Heureusement, le moteur Diesel de secours a été monté. Il est mis en marche et il fonctionne. C’est avec lui que tout va se jouer.
    Minuit. La journée du 19 juin commence. Le bassin de radoub est maintenant plein et chacun peut constater que «le Jean Bart» est incliné de plusieurs degrés sur bâbord. Dans des conditions normales, cela n’aurait pas d’importance, mais étant donné qu’il n’aura que dix centimètres d’eau sous la quille, la moindre inclinaison d’un côté ou de l’autre le ferait s’échouer immanquablement.
    Remettre le navire en équilibre est la tâche de l’ingénieur des constructions navales. Entre les liquides dans les différents réservoirs, les munitions et les équipements mobiles, il y a environ deux cents tonnes qu’on peut déplacer, sur les trente-cinq mille tonnes du bâtiment. Il va falloir les répartir au kilogramme près. L’ingénieur fait ses calculs, donne ses ordres.
    Pendant ce temps, une petite embarcation circule autour du bateau. Ses occupants examinent avec une lampe électrique les échelles de tirant d’eau peintes de part et d’autre de la coque. Elles doivent être exactement au même niveau. A 2 heures du matin, ils annoncent enfin que tout est parfait. Le grand moment est arrivé ! (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  29. Artisans de l'ombre Dit :

    Naissance d’octuplés en Californie

    l Une femme a mis au monde, hier, lundi, huit bébés en Californie (ouest), et tous sont dans un état «stable», a indiqué l’équipe médicale ayant réalisé l’accouchement. Les six garçons et les deux filles, sont nés par césarienne dans un hôpital de Bellflower, qui a mobilisé 46 membres de son personnel et quatre salles d’accouchement pour l’occasion. Selon le docteur Mandhir Gupta, chef de l’unité de néonatologie de l’hôpital, «tous les enfants (…) sont, à l’heure actuelle, dans une unité de soins intensifs et tous sont dans un état stable. Deux d’entre eux sont sous respirateur artificiel et un troisième a, lui aussi, besoin d’oxygène.» Mais «les autres respirent» seuls, a-t-il affirmé. «Aujourd’hui (hier, lundi) s’est produit une journée sans précédent et pleine d’excitation dans les salles d’opération, de travail et d’accouchement, lorsque notre équipe (..) a mis au monde huit bébés, tous nés vivants et très vigoureux», a affirmé la gynécologue-obstétricienne de l’hôpital. Les bébés étaient prématurés de neuf semaines et demie et pesaient entre 820 grammes et 1,54 kg. Seuls sept d’entre eux avaient été décelés à l’échographie, et l’arrivée du huitième a été un «choc», selon la praticienne.

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  30. Artisans de l'ombre Dit :

    Le match le plus long a duré… 35 heures !

    l 136-133. Le score est très serré. Après plus de 35 heures de jeu, deux équipes des Philippines ont salué le coup de sifflet final. Ils sont en passe de battre le record du monde du match le plus long. Un objectif comme un autre. Les lycéens de Boratoc et les étudiants d’Iloilo doivent maintenant attendre la validation du Guinness Book. Pour cela, la totalité du match a été filmée. L’organisateur Elmer Bedia, un ancien international philippin, se réjouit d’avance. Le précédent record détenu par des Australiens va passer aux oubliettes. Le match a débuté vendredi matin sur une place publique et s’est terminé samedi soir. Selon les supporteurs (ce n’est pas une blague, ndlr), «le match était serré, les deux équipes ont joué la défense, ce qui explique que le score ne soit pas plus élevé.» L’organisateur avoue avoir douté pendant la nuit, vers 2 heures du matin, quand ses joueurs ne couraient plus. Mais «l’état d’esprit a fait la différence». Vive le foot !

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  31. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Il faut sauver le «Jean-Bart» ! (5e partie et fin)

    Résumé de la 4e partie n Le «Jean-Bart» est prêt à quitter le port de Saint-Nazaire, mais les Allemands sont proches …

    Pendant ce temps, une petite embarcation circule autour du bateau. Ses occupants examinent avec une lampe électrique les échelles de tirant d’eau peintes de part et d’autre de la coque. Elles doivent être exactement au même niveau. A 2 heures du matin, ils annoncent enfin que tout est parfait. Le grand moment est arrivé !
    Les remorqueurs s’approchent. Comble de malchance, l’un d’eux, le «Minotaure», s’échoue. Il faut plus d’une heure aux deux autres pour le dégager. Enfin, à 3h 20, tous les trois sont amarrés au «Jean-Bart» et commencent à le tirer dans le chenal. Des bouées indiquent l’étroit passage où la profondeur est suffisante. On les verrait mieux de jour, mais il n’y a pas le choix.
    C’est peu après que ce que tout le monde redoutait se produit : le «Jean-Bart» s’échoue. Pour se dégager, il doit impérativement reculer et les remorqueurs, qui sont placés devant lui, ne peuvent lui être d’aucun secours. Les machines sont mises en marche arrière. Plusieurs fois, la manœuvre rate. La cinquième tentative est la bonne.
    Il est 4 heures du matin. La nuit est l’une des plus courtes de l’année et le soleil est presque levé. Il fait suffisamment clair, en tout cas, pour qu’on voie parfaitement les bouées dans le chenal. Le «Jean-Bart» s’y engage franchement. Il avance lentement, avec une totale précision, sur les dix centimètres d’eau qu’il a au-dessous de sa quille, gardant ses marges de cinq mètres à chaque bord. A l’endroit délicat où il faut virer, il conserve le même alignement impeccable, et c’est la victoire, il arrive en mer !
    Il était temps, car précisément à ce moment surgit l’aviation ennemie. Trois bombardiers apparaissent et foncent sur le cuirassé qui, à peine à flot, va livrer son premier combat. Une partie de sa DCA a pu quand même lui être livrée et elle se déchaîne. Les appareils font demi-tour. Ils n’ont pourtant pas abandonné. Ils reviennent en rase-mottes et l’un d’eux largue trois bombes, dont l’une tombe sur le pont, entre les deux tourelles avant. Par chance, il n’y a aucune victime et les dégâts sont insignifiants, le blindage étant particulièrement épais à cet endroit. Les avions n’insistent pas. Ils disparaissent définitivement. C’est une victoire que le «Jean-Bart» vient de remporter, saluée par un cri de joie de tout son équipage.
    Cette fois, il n’y aura plus de nouvel incident. Sous le commandement du capitaine de vaisseau Ronarc’h, le «Jean-Bart» atteindra Casablanca, où les autorités ont décidé qu’il se mettrait à l’abri, le 22 juin à 17 heures, signant ainsi l’un des rares exploits d’une période bien sombre de notre histoire.

    D’après Pierre Bellemare

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  32. Artisans de l'ombre Dit :

    Il abat sa femme, leurs cinq enfants et se suicide

    l Sept membres d’une même famille, deux adultes et cinq jeunes enfants, ont été retrouvés morts par balles hier dans leur maison de Californie (ouest), a annoncé la police, selon qui il s’agit de meurtres commis par le père, qui s’est ensuite suicidé. «A l’heure actuelle, nous menons notre enquête comme si le père avait tué sa femme et ses cinq enfants, avant de retourner le revolver contre lui et de se suicider», a déclaré l’adjoint au chef de la police. «ll traversait une période difficile au travail (…) et c’est ce qui l’a conduit à tuer sa famille et à se suicider, selon ce qui est dit dans la télécopie», a ajouté le policier. Parmi les enfants, il y avait une petite fille de huit ans et deux paires de jumeaux : des filles de cinq ans et des garçons de deux ans, selon la même source. La Californie a connu une série récente de meurtres familiaux. En décembre, un homme déguisé en père Noël avait fait irruption lors d’un réveillon et tué sa femme et huit autres personnes dans une banlieue de Los Angeles, avant de mettre le feu à la maison et de retourner son arme contre lui. En octobre, un homme de 45 ans avait tué sa femme, ses trois enfants et sa belle-mère avant de se suicider dans une banlieue nord-ouest de Los Angeles. Il se débattait dans des problèmes financiers.

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  33. Artisans de l'ombre Dit :

    Japon : ils apportent une bombe pour…étudier la paix

    Deux écoliers japonais ont apporté en classe une bombe de la Seconde Guerre mondiale qu’ils avaient déterrée à Okinawa (sud), y voyant un bon sujet d’étude pour un cours sur la paix. Les deux camarades ont déclaré avoir trouvé la bombe la semaine précédente, dans un chantier proche de leur école. «Les enfants ont pensé que la bombe serait un bon sujet d’étude», a déclaré le sous-directeur de l’école. «Nous avons tout de suite vu qu’il n’y avait plus de dispositif de mise à feu», a-t-il toutefois précisé. Cet obus de 90 mm mesurant 30 cm de long, de fabrication américaine, a été vite emporté par les services de déminage. Des bombes de la Seconde Guerre mondiale sont régulièrement retrouvées à Okinawa. Un jeune homme qui travaillait sur une conduite souterraine a été sérieusement blessé au visage, il y a deux semaines, lorsqu’une bombe a explosé près de lui. L’armée a, depuis, déterré 445 autres bombes dans la zone, a rapporté le journal local Ryukyu Shimpo. La bataille d’Okinawa (1er avril-23 juin 1945), un archipel de l’extrême sud du Japon, a été la plus meurtrière de toute la guerre du Pacifique, avec 190 000 morts japonais, dont la moitié était des civils, et 12 500 soldats américains. Des milliers de tonnes de bombes n’ayant pas explosé pendant la bataille sont encore éparpillées sur le sol d’Okinawa.

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  34. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le voyage de Carlos (1re partie)

    Nous sommes en 1956 et Carlos Restelli a quarante-deux ans. Il végète avec sa femme et ses trois enfants dans une petite maison des environs de la capitale chilienne. Le mot «maison» est d’ailleurs impropre, «baraque» conviendrait mieux. Les Restelli sont pauvres. Ils vivent seulement du salaire d’ouvrière de Rosita, l’épouse de Carlos. Lui, ne travaille pas. Ce n’est pas qu’il soit paresseux, il en est tout simplement incapable. Carlos Restelli est gravement handicapé. Paralysé d’une jambe depuis sa petite enfance, à six ans, à la suite d’un coup de sang, il s’est trouvé paralysé de l’autre jambe et du bras droit. Ce cas douloureux n’a malheureusement rien d’extraordinaire. Ce qui fait l’originalité de Carlos Restelli est ailleurs c’est son caractère.
    Il faut dire que Carlos est d’un optimisme à toute épreuve et qu’il est en outre obstiné, on peut même dire acharné. Il a beau avoir consulté tous les médecins que ses moyens lui permettaient et ceux-ci ont beau lui avoir affirmé qu’il n’y avait aucun espoir d’amélioration, il reste persuadé du contraire. Il sait qu’il marchera et qu’il se servira de ses deux bras comme tout le monde, il le jurerait à la terre entière !
    Et voilà qu’un jour, un de ses voisins vient avec une revue à la main.
    — Tiens, lis, Carlos. Ça va t’intéresser !
    Carlos Restelli prend la revue. Sous le titre «L’homme qui fait marcher les paralytiques» figure un long reportage à propos des miracles que réalise un médecin de New York, le docteur Rusk. La réaction de Carlos Restelli est celle qu’on pouvait attendre :
    — Puisque c’est comme ça, je vais à New York !
    — Et tu as une idée de la manière de t’y prendre ?
    — Je vais à la cathédrale.
    — Je ne vois pas bien.
    — Je vais prier la Madone. Elle, elle verra et elle me dira comment faire.
    Nul ne sait si c’est sur les conseils explicites de la Sainte Vierge, toujours est-il que Carlos Restelli a bientôt tout un plan au point. Il peut obtenir un chauffeur en la personne d’un ami, un autre ami lui prête une guimbarde ou plutôt la lui donne, car elle a peu de chance de revenir du voyage. Avant de quitter Santiago, il repasse par la cathédrale et il demande à l’évêque de bénir la voiture. Celui-ci accepte sans se faire prier et, avec une telle protection, Carlos part, sûr de réussir.
    Pourtant, la Madone n’est pas assez riche pour lui faire passer le canal de Panama. Jusque-là, lui et son chauffeur improvisé avaient vécu tant bien que mal des dons des uns et des autres, mais le péage du canal est au-dessus de leurs ressources. Il n’y a rien à faire. Le paralytique rentre donc à Santiago, après des milliers de kilomètres parcourus en pure perte. Il en faudrait plus pour entamer son moral. Il n’a qu’une idée en tête : recommencer. Seulement, il a compris que la clé de tout était l’argent et, pendant six ans, il fait des économies.
    En 1962, il estime qu’il en a assez et il repart avec son fils, qui âgé de dix-sept ans n’a pas l’âge de conduire et n’a, évidemment, pas son permis. Quant à la voiture, c’est celle-là même qui est revenue indemne de son aller et retour jusqu’à Panama et qui a maintenant quelques dizaines de milliers de kilomètres et six ans de plus. L’entreprise est en apparence insensée : parcourir tout un continent, en empruntant des passages de montagnes très difficiles et dangereux, en traversant une partie de la forêt vierge amazonienne, sans compter tous les obstacles légaux dus à l’absence de permis.
    Mais c’est ainsi : un adolescent et un infirme s’engagent sur une guimbarde hors d’usage, pour ce qui s’apparente aux plus difficiles des raids automobiles. A tous ceux qui le dissuadent de partir, Carlos Restelli répond :
    — Je serai protégé par la Madone. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  35. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le voyage de Carlos (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Carlos Restelli, vivant près de la capitale chilienne, handicapé moteur, espère que le médecin de New York va le guérir. Il entreprend donc de s’y rendre en voiture avec son fils de 17 ans qui conduit sans permis…

    Le mieux, c’est qu’il n’a pas tout à fait tort. Qu’est-ce que la Madone, sinon le cœur des braves gens ? Et, tout au long du parcours, la générosité à son égard ne se dément pas. Son entreprise touche, émeut. On les nourrit, son fils et lui, on les aide, on pousse la vieille Ford crachant et toussant pour lui faire passer les côtes. Mais l’argent s’épuise et il faut toujours plus pour payer l’essence. Carlos Restelli a inscrit à la peinture sur la voiture le but de son voyage et, chaque fois qu’un donateur se présente, il ajoute son nom sur la carrosserie.
    Le problème le plus grave n’est pourtant ni le manque d’argent ni les difficultés liées à son infirmité ou à l’absence de permis de conduire du fils, ce sont les visas. Il y a sept pays à traverser qui se montrent très méfiants vis-à-vis des étrangers. En cette année 1962, la situation n’est pas spécialement calme en Amérique du Sud. La révolution cubaine vient d’éclater, il y a des débuts de guérillas un peu partout.
    Il faut croire que Carlos Restelli sait se montrer convaincant, car il obtient toutes les autorisations et parvient ainsi jusqu’aux Etats-Unis. Mais là, c’est «non», un non ferme et sans appel. Toutes les ressources de son éloquence se heurtent à la rigueur de l’Administration :
    — Pas question d’accorder un visa à un gosse et à un infirme sans ressource. Je regrette.
    Carlos, bien entendu, ne s’avoue pas vaincu. Il écrit au professeur Rusk lui-même pour lui expliquer son histoire : «S’il vous plaît, docteur, aidez-moi ! J’ai lu dans une revue chilienne l’aide que votre institut accorde aux paralysés. J’ai parcouru plus de douze mille kilomètres pour me faire soigner par vous. Les Américains me refusent un visa. Au nom de la Madone, aidez-moi !»
    Et cela marche ! Le docteur Rusk, l’important médecin à la clientèle richissime, est touché par le cas de ce malheureux. En homme consciencieux, il prend des renseignements médicaux. Il demande à un de ses confrères exerçant sur place d’examiner Restelli. Ce dernier confirme que l’homme est bien atteint des handicaps mentionnés, mais il conclut par un rapport très pessimiste. A son avis, il n’y a aucune possibilité d’amélioration.
    Qu’à cela ne tienne ! Pour Rusk, c’est devenu un défi et il le relèvera. Il télégraphie aux autorités qu’il soignera le malade à ses frais et le visa est accordé. Carlos Restelli croit avoir triomphé. Erreur : c’est maintenant que le pire se produit. La guimbarde recouverte d’inscriptions avance poussivement sur les routes du Texas lorsque deux motards l’obligent à s’arrêter.
    — Dites, vous comptez aller loin comme cela ?
    — Jusqu’à New York.
    — Eh bien, en attendant, vous allez nous suivre jusqu’au premier centre de contrôle !
    Et là, ce qui devait arriver arrive. Le véhicule est jugé hors d’état de rouler : il ne présente aucune des normes de sécurité, tant pour les freins que l’éclairage et les pneus. Cette fois, il n’y a rien à faire et toutes les interventions du docteur Rusk n’y pourront rien la vaillante voiture qui avait traversé deux fois l’Amérique est enfermée dans un garage texan, en attendant d’être envoyée à la casse.
    Tout n’est pourtant pas perdu. Les Etats-Unis sont le pays des médias et l’affaire a commencé à faire grand bruit. Une campagne est organisée, tant dans les journaux qu’à la télévision, des dons sont réunis et, bientôt, il y a assez d’argent pour payer deux billets d’avion pour New York. C’est ainsi que Carlos Restelli et son fils font à l’aéroport une arrivée de vedettes. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  36. Artisans de l'ombre Dit :

    Elle étrangle sa fille et lance un avis de recherche

    l Une mère canadienne a été condamnée, hier vendredi, à la réclusion à perpétuité pour le meurtre de sa fille de 12 ans, qu’elle avait étranglée pour préserver sa relation avec son compagnon. Agée de 34 ans, elle a plaidé coupable devant un tribunal de la province canadienne de Nouvelle-Ecosse (est) et a été aussitôt condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 20 ans. Elle a reconnu avoir tué sa fille de 12 ans qui avait disparu fin janvier 2008 pendant une tempête de neige dans la petite ville de Bridgewater. Selon le compte-rendu du procureur, elle a tué sa fille parce que son compagnon lui avait fixé un ultimatum, la mettant en demeure de choisir entre sa fille et lui si elle voulait poursuivre leur relation. Deux jours après la disparition de la fille, la mère en larmes, avait lancé un appel à la télévision demandant à sa fille de rentrer à la maison et à la population de la petite localité de l’aider à la retrouver. Elle affirmait que l’adolescente avait disparu après une dispute. Le corps gelé de l’enfant avait été découvert deux semaines plus tard sur le bord d’une rivière. Elle a emmené sa fille dans un endroit désert avant de l’étrangler avec de la ficelle. Elle a ensuite abandonné la dépouille près de la rivière après lui avoir enlevé ses vêtements pour faire croire à une agression sexuelle. Les derniers mots de Karissa ont été «Mommy, don’t» (maman ne fais pas ça) a déclaré le procureur devant le tribunal, provoquant les sanglots de la famille.

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