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De la littérature algérienne pluraliste moderne

20 janvier 2010

Non classé

De la littérature algérienne pluraliste moderne

par Mohamed Ghriss


1re partie


Après les années post-indépendance de la prééminence de la tendance idéologique des thématiques politisées et conceptualismes didactiques, à peine voilés, qui prenaient le pas sur l’esthétique et la poétique d’art réaliste authentique n’excluant nullement l’apport de l’imagination créatrice, et après la phase d’ébullition de la littérature dite de l’urgence caractérisant la sombre décennie rouge,

voilà que la littérature algérienne d’expression plurielle, loin de connaître un essoufflement, assiste au contraire, aujourd’hui, au surgissement progressif de nouveaux penchants esthético- artistiques langagiers, tendant au renouvellement de ses formes coutumières rompant, notamment, avec les anciens styles, structurations spatio-temporelles, conceptions littéraires classiques consacrées, etc. Cette métamorphose graduelle incluant, notamment, la prise de distance nette vis-à-vis du monolinguisme réducteur d’hier, tout à fait inopérant, par les temps qui courent du plurilinguisme actuel, des métissages littéraires, multiculturalismes, intertextualités inter-fécondantes, etc.

Ces paramètres induits par les mutations transculturelles dans le champ esthético-artistico-littéraire, tant au niveau national que mondial, ont, non seulement entraîné des bouleversements sensibles à divers niveaux des thématiques, formes et structures textuelles de la littérature nationale plurielle, mais également au plan de la redéfinition de la notion d’identité culturelle, désormais dégagée des aléas conformistes contraignants de son champ classique. La raison pour laquelle les nouvelles textures de la littérature algérienne plurielle font de plus en plus état de thèmes tournant désormais autour de l’univers des préoccupations intimes, comme par exemple le discours sur le couple moderne, ou les préoccupations des jeunes à travers le choix de profils psychologiques d’une jeune fille ou jeune homme en butte aux contradictions d’un milieu conservateur et la problématique d’insertion dans la post-modernité et la mondialisation multiculturelle en général, ou autrement dit cette nécessité citoyenne d’un choix d’idéal de vie personnel, indépendamment des impositions de la collectivité, etc.

En d’autres termes, à côté de l’idéologie classique du collectivisme politique ou autre de l’idéologie diffuse, héritée du passé tribal ancestral, la voix au chapitre est dorénavant de plus en plus donnée à l’identité individuelle. C’est désormais, pour le dire de façon plus claire, le passage amorcé – pour la littérature algérienne plurielle – de la quête identitaire nationale collective complexe d’hier, à celle de l’affirmation, tout autant légitime, de l’identité individuelle citoyenne, autonome – libre, d’aujourd’hui, hissée au diapason de la modernité et mondialisation polycentrique, transculturelle et multilingue ambiante de nos jours. Et il était temps que la littérature algérienne amorce ce virage important, synonyme de passage à une nouvelle étape qui se dessine, quoique difficilement, à l’image des pénibles événements influents ornant sa toile de fond sociale environnementale.

Ainsi, longtemps après avoir tourné autour du cercle du Même et de l’Autre, l’essence de la littérature algérienne a su commencer à casser, au détour du parcours de maturation, la dialectique circulaire du Même et de l’Autre, pour dire, comme l’observe Abdelkader Djeghloul, « une autre violence, d’autres violences internes qui font littéralement imploser le Même et induisent une nouvelle dialectique, celle du dévoilement de l’envers du décor de la modernisation accélérée de l’Algérie» (in ouvrage «De Hamdane Khodja à Kateb Yacine», chapitre Pour un regard national !, Editions Dar El Gharb, Oran – Algérie 2004).

Considérations auxquelles il convient d’ajouter les éclaircissements de Pierre Halen, précisant qu’aujourd’hui «Nous sommes entrés cependant dans une autre phase, dite post-moderne, ou le Sujet de l’Histoire et l’Histoire elle-même, mais aussi les rapports du Sujet aux langages et aux genres, aux univers culturels et aux territoires, en somme à ses identités, ne peuvent plus s’appréhender qu’au pluriel, soit que chacun puisse endosser tour à tour plusieurs identités, soit qu’il puisse en invoquer plusieurs à la fois, sous la forme des métissages. A la logique binaire du Même et de l’Autre se substitue l’idée d’un Sujet pluriel, siège de plusieurs «Mêmes» à la fois, ou, pour le dire autrement, lieu d’accueil de l’Autre dans le Même» (Cf. Pierre Halen, «Reprendre la notion d’identité culturelle avec deux essayistes francophones», in ouvrage collectif «Interférences culturelles et écriture littéraire», Actes du colloque de Tunis du 7 au 9 janvier 2002, éditions Beit El Hikma Carthage).

Dans la pratique, cette mutation qui se dessine, d’une manière générale, dans le champ d’expression esthético- artistique de la littérature algérienne, qui rompt, à maints égards, avec les codages du moule usité de l’esthétique ordinaire jusqu’ici, est en train, vraisemblablement, de l’avis de spécialistes – littérateurs aguerris, de rejoindre le giron international des oeuvres transfrontières, «translinguistiques» et «trans-identitaires», pluri-communicationnelles de la République Universelle des Arts et des Lettres de l’Humanité. A l’image de la romancière Assia Djebar, désormais immortelle Académicienne, de Mohamed Dib, Mouloud Maameri, Fares, Djamel Edine Bencheikh, Kateb Yacine et leurs continuateurs, entre autres le talentueux Rachid Boudjedra à l’oeuvre mondialement connue et traduite dans diverses langues, Boualem Sansal, au verbe extraordinairement séducteur et rebelle, Yasmina Khadra l’auteur dont l’étoile monte au firmament, et déjà assez prolifique, l’un de ses romans primés, L’attentat, attend d’être réalisé par la prestigieuse Hollywood, ou encore l’auteur – universitaire Amine Zaoui, qui se distingue par son oeuvre prolifique bilingue (de graphie arabe et française) caractérisée par une richesse thématique et composition particulière de recherches esthético-langagières au souffle remarquable très prometteur. Ceci sans oublier les regrettés Rachid Mimouni et Tahar Djaout qui ont signé des oeuvres mémorables. Il en est tout autant pour certains ouvrages d’autres auteurs nationaux assez connus, tels Habib Tenguour, Abdelkader Djemai, Mohamed Maganni, Dillali Khellas, Noureddine Saadi, etc., alors que d’autres nouveaux talents sont apparus sur la scène littéraire nationale aux horizons de 2000-2005; comme, par exemple, Mohamed Badawi (Neuf mois), Djamel Mati (Fada? Cyber café, Aigre doux), Kamel Daoud (O Pharaon), Mohamed Larbi (Le piano d’Esther), Mustapha Benfodil (Le bavardage du seuil, Archéologie du chaos), Hamid Grine, signataire de nombre d’ouvrages, Adlène Meddi, Azzi Djamel, etc.

De même que parallèlement s’imposent les plumes d’écrivaines talentueuses, telles les Maissa Bey, Hawa Djabbali, Ghania Hamadou, Leila Aslaoui, Salima Ghezali, Hafsa Zinai Koudil, Latifa Benmansour, Malika Mokadem, Malika Ryane, etc. au verbe explorateur et révélateur, en des formes coulantes, souples, traquant tabous et conditionnements institutionnels sociopolitiques et culturels, qu’abordent nettement avec plus d’audace les jeunes plumes montantes, telles Djoudet Guessouma (Zorna), Touzi Nassima (Lettre à Kahina), Sebkhi Nadia (Un amour silencieux), Djouher Aftiss (Taassasth la gardienne), Hassein – Daouadji Dalila (Naufrage d’une destinée), Fatima Bekhai, etc. Ecrivaines et écrivains nouveaux, qui sont en train, de l’avis partagé des spécialistes, d’impulser d’autres contours à la littérature algérienne qui quitte progressivement les conditionnements esthético-idéologiques des normes coutumières… Ainsi, à la préoccupation sociale ou socioculturelle en prise avec les contradictions individu – société d’auparavant, c’est la préoccupation éminemment individuelle, ou intimiste, qui tend à s’affirmer le plus aujourd’hui, bravant les tabous des sacro-saints principes du triangle intouchable de la religion, la politique, et le sexe… et le plus souvent en des formes spatio-temporelles non linéaires, éclatées, non dénuées d’attraits esthético-artistiques prometteurs…

Dans le contexte de la littérature algérienne de graphie arabe, il y a lieu de signaler l’oeuvre méritoire de l’écrivain – universitaire Wacinny Laredj au style si dépouillé et raffiné qu’il semble, aujourd’hui par son aptitude remarquable au renouvellement et créativité, incarner le style novateur de sa génération ! Tout comme les talentueux Merzak Bagtache, Hamida Layachi, ou les plumes des auteurs percutants de la new-generation, tels Bachir Mefti, surprenant à plus d’un titre par l’alchimie de son verbe et ses compositions alinéaires, ou encore l’étonnant Abdelkader Hamid au style alerte mi-journalistique, mi-littéraire, sans omettre d’autres auteurs qui montent au firmament, comme El Kheir Chouar, Abdelkader Amiche, etc.

Côté écrivaines algériennes de graphie arabe, s’affirment en plus des talentueuses écrivaines connues Zineb Laouedj, Zahra Dik, Rabia Djalti, etc., d’autres jeunes plumes, telles Yasmina Salah, Rachida Khouazem, Sara Heider, etc., au style assez particulier, démarqué, aux antipodes de l’orthodoxie thématique et formaliste des pionniers fondateurs Benhadouga, Ouettar et Zhor Ounissi, Zoulikha Saoudi, alors qu’ailleurs, au Machrek, d’autres plumes algériennes se distinguent…

Au chapitre de la littérature algérienne d’expression amazighe, si les contes, récits, poésies populaires, etc., datent depuis la nuit des temps, par contre le roman amazigh est récent. Selon le chercheur Amar Améziane, c’est des années quarante, du siècle passé, que daterait la naissance du premier texte littéraire berbère, en l’occurrence «L wali n Wedrar » signé Belaïd At-Ali (1909-1950, de son vrai nom Belaïd Izarar, originaire de Azru Uqellal, région de Aïn El-Hammam), premier texte littéraire berbère qu’on peut véritablement qualifier de roman, au sens moderne du terme (Cf. interview in Le Jeune Indépendant du 07/11/2006). Après la disparition du père du roman kabyle, il a fallu attendre jusqu’aux années 1980 pour voir la publication du roman «Asfel» de Rachid Alliche qui marque un début de floraison du genre. Soit l’essor de l’«Ungal» (roman kabyle), après des débuts difficiles, sur tous les plans. Bien entendu, l’esthétique de la nouvelle forme littéraire diffère des caractéristiques de la structure traditionnelle des textes fondateurs s’inspirant des mythes et légendes, et s’inscrit désormais, progressivement, dans la mouvance du roman réaliste: à l’image, entre autres, des textes d’auteurs émergents tels Zenia, Nekkar, Uhemza, et tout particulièrement les Rachid Aliche, Amar Mezdad : deux romanciers qui se distinguent par leur structure du récit éclaté, fragmentaire, avec les références au mythe chez le premier et l’aspiration au renouvellement des formes chez le second (Cf. «Tughalin» et «Ass – Nii», Amar Mezdad). Tout comme l’auteur Brahim Tazaghart qui considère tradition et renouveau sous un rapport de complémentarité dans le projet d’une oeuvre littéraire amazighe, à la fois rattaché aux sources patrimoniales et ouvert sur la modernité universelle.

C’est ainsi que le roman amazigh amorça son tournant historique dans la forme moderne. Tazghart, qui a lui-même commencé son parcours littéraire avec des récits s’inspirant du mythe, du conte et de la poésie du monument populaire Si M’Hand U M’Hand, a dû s’orienter vers d’autres horizons pour pouvoir se dégager du carcan classique et traditionnel. A l’instar de Brahim Tazaghart, d’autres écrivains amazighs, comme Saïd Chemakh, Laifa Aït Boudaoud, Yazid Oulansi, Mohand Aït, ou encore Tahar Ould Amar, pour ne citer qu’eux, ne tardent pas à accoucher d’oeuvres littéraires amazighes nouvelles, témoignant ainsi de ce renouvellement des styles et structures narratives classiques tant clamé. Ces jeunes auteurs du roman amazigh moderne se sont notamment distingués avec, entre autres, les oeuvres romanesques de «Le chant des cigales» (Laifa Aït Boudaoud) ; «Didida» (Yazid Oulansi) ; «Bururu» (Tahar Ould Amar) ; «Tafrara» et «Ighil d wefru» (Salem Zenia) ; «Adfel Urghu» (Amar Mezdal), ou le recueil de nouvelles et traductions en tamazight de l’écrivain Mohand Aït Igil qui traduisit, entre autres, le dernier roman de Tahar Djaout… Ces premières tentatives de roman amazigh abordent, en général, dans un style tamazight des plus simples et sans fioritures, selon ses auteurs, une thématique par contre assez complexe, se situant entre l’inévitable quête identitaire et le conditionnement des contradictions sociales de la société algérienne. Ainsi, ce souci de spécificité identitaire, pris entre le marteau et l’enclume, de l’idéologie dominante du conformisme des constantes nationalistes exclusives d’un pouvoir hésitant, en retard sur les acquis démocratiques d’Octobre 88 consacrant le plurilinguisme et multiculturalisme, d’une part, et la violence des extrémistes islamistes radicalement négateurs, d’autre part.

Ceci dit, la littérature amazighe moderne, et tout particulièrement la jeune littérature romanesque moderne, relève tant bien que mal le défi de son affirmation progressive, et ce malgré le discrédit qu’ont tenté de jeter sur elle, et sur le roman kabyle notamment, certains «spécialistes», ceux-là mêmes parmi qui se comptaient les «dépréciateurs» de la littérature algérienne dite de «l’urgence», avant qu’ils n’aient été amenés à reconsidérer leur jugement expéditif

Bref, ce rapide tour d’horizon sur la littérature algérienne plurielle ne peut l’être correctement sans évoquer également l’autre littérature nationale, vernaculaire ou dialectale populaire, d’expression essentiellement orale, telle que les poésies berbères, Kabyles, Chaouias, Targui, ou du Melhoun (ce dernier comptant des transcriptions non négligeables, il ne faut pas l’omettre), etc. On ne connaît pas assez les poètes populaires actuels représentatifs du riche terroir traditionnel, dérivant des fameux Mostefa Ben Khlouf, Sidi Benyoucef, Belkheir, Takarra, Si M’Hand U M’Hand, Cheikh Hamada, Aïssa El Djarmouni, ou encore héritiers des pièces maîtresses de la tradition soufie des zaouiates, et leurs illustres Sidi Boumediène, At-Thaalibi, Cheikh Adda Bentounès, etc. Traditions orales, fort diversifiées, dont le relais est assuré aujourd’hui, surtout par les chanteurs – interprètes des paroliers des mouachahat, chaabi, melhoun, bedoui, jusqu’au raï moderne et autres rap, en passant par la chanson moderne rénovée du k’bayli, chaoui, s’tayfi, gnaoui, wahrani – rilizani (fief de la défunte cheikha Rimiti), etc.

La littérature orale concerne également l’expression théâtrale, dont l’esthétique représentationnelle recourt, en plus de l’éloquence de la parole clamée, à celle, intensément émotionnelle, de la parole chantée, naturelle ou stylisée, en fonction des exigences dramaturgiques scéniques allant en harmonie avec l’ensemble. Le répertoire théâtral algérien, assez riche en soi, compte nombre de réalisations honorables, avant et après l’indépendance nationale : ainsi, à titre illustratif, les pièces mémorables des précurseurs Allalou, Ksentini, Bachtarzi, des successeurs Mustapha Kateb, Kaki, Mohamed Boudia, Hocine Bouzaher, Kateb Yacine, Hassan El Hassani, Rouiched, Abdelhalim Raïs, etc., comme l’on compte de remarquables textures théâtrales d’auteurs, adaptateurs surtout, de la génération post-indépendance, tels les Ziani Cherif Ayad, Mohamed Benguettaf, Slimane Benaïssa, Fellag, Sid Ahmed Agoumi, Fouzia Aït El Hadj, etc., sans omettre les tôt disparus Hadj Omar, Abdelmalek Bouguermouh, Azzeddine, etc.

Par ailleurs, il y a lieu de faire part de l’autre littérature-monde de la diaspora algérienne, celle des écrivains algériens résidant à l’étranger, en Occident (France, Belgique, Italie, Canada…), comme en Orient (Liban, Egypte, Syrie…), etc. Parmi la « littérature-monde » de nombre d’écrivaines et d’écrivains « de part et d’autre des rives de la Méditerranée » apparentés à la littérature algérienne d’expression plurielle, il y a :

- en Orient, par exemple, les plumes assez connues des Algériennes Ahlam Mosteghanemi et sa compatriote Fadhila El-Farouk, qui s’illustrent fort bien, surtout la première.

En effet, Ahlam Mosteghanemi s’est imposée par son style tonitruant bousculant tout sur son passage, sans gratuité aucune, ce qui lui a valu une notoriété dans le monde arabo-musulman, et jusqu’en Europe et aux USA où elle est souvent sollicitée par les universités et médias.

- en Occident, l’activité littéraire d’Algériens immigrés y est nettement plus intense : ainsi en est-il, surtout, de la mouvance artistico-esthético-littéraire issue des enfants d’émigrés désignés par le vocable Beur, comptant, entre autres, les écrivains, en quête d’une identité littéraire et s’inscrivant comme des marginaux dans l’espace culturel français tels les Mehdi Charef, Ahmed Kalouaz, Sid Ahmed Zitouni, Farida Belghoul, Leila Azzoug, Fatiha Berezak, Leila Houari, Mehdi Lallaoui, Leila Sebar, Nina Bouraoui, Akli Tadjer…

Ce qualificatif Beur, qui est refusé en fait, daterait du dernier quart des années soixante-dix du siècle écoulé, avec notamment la mise en avant des théâtres de banlieues, des poésies spontanées criant la malvie, et qui connut avec le roman de Mehdi Charef « Le thé au harem d’Archi Ahmed » (éditions Mercure de France, 1983) le coup d’envoi, d’une formidable aventure éditoriale. C’est ainsi qu’en l’espace de quatre ans, de 1984 à 1988, pas moins de onze romans, deux recueils de nouvelles, deux recueils de poèmes, trois essais et un journal sont publiés, et ce, parallèlement aux initiatives des éditions Arcantère, d’Actualité de l’émigration et d’une station Radio Beur qui encouragèrent la création théâtrale, poétique, etc.

D’une manière générale, ces jeunes plumes se prononcent contre les politiques racistes et sécuritaires de la France dont ils adhérent aux atouts modernes et voient l’Algérie avec les yeux et la sensibilité de leur terroir français, à la fois désirée et repoussée, ouvrant ainsi « un espace équivoque où les repères se brouillent dans le moment où ils sont affirmés». L’Algérie représente, pour un Nacer Ketane, Akli Tadjer et autre plumes des pionniers de ce mouvement littéraire, non pas un itinéraire initiatique menant à la fusion dans un même originel, mais à une démystification du pays rêvé au contact du pays réel. C’est un voyage qui «commence comme un pèlerinage vers des sources idéalisées et se termine par un retour effectif au terroir de la cité de banlieue» (dixit Abdelkader Djeghloul).

A suivre

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “De la littérature algérienne pluraliste moderne”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    De la littérature algérienne pluraliste moderne

    par Mohamed Ghriss
    Suite et fin

    La violence raciste est souvent évoquée dans de nombreux romans répercutant l’écho des attentats, intégrés souvent à l’intrigue romanesque ou en constituent le dénouement, comme c’est le cas dans les ouvrages «L’Escargot» de Jean Luc Yacine, «Les Beurs de Seine» de Mehdi Lallaoui, «Point kilométrique 190» de Ahmed Kalouaz… Mais l’état de marge n’en est pas resté là, et une certaine évolution s’est faite jour, comme cette tendance qui prend le nom de galère dans laquelle se dissout plus ou moins, l’origine ethnico-culturelle, et se fondent des amitiés et rapports solides entre Franco-maghrébins, quoique cette galère de voie médiane n’est pas sans céder, parfois, la place à de brusques revirements : le roman Le Gone du Châaba, de Azzouz Beggag, par son récit autobiographique racontant le passage du bidonville au HLM, la rupture du lien ancestral de la famille patriarcale, parallèlement à l’ascension en classe du petit Arabe Azzouz, illustre bien cette intégration atteinte, conjuguant désormais son identité sans rejet de la culture algérienne de ses ancêtres. Et avec les romans d’Ahmed Kalouaz (L’Encre), et celui de Mustapha Raith (Palpitations intra-muros). Cette dernière illustrée souvent par le retour du refoulé qui s’annonce, en pleine galère d’une jeunesse errante. Cas assez typique de ces écrivains d’origine maghrébine, en France, et qui s’imposent au fil des ans, dépassant largement les frontières de l’hexagone, comme c’est le cas édifiant des Nina Bouraoui, Leila Sebar, Malika Mokadem, Ahmed Kalouaz, Mustapha Raith, Madjid Talmats, etc.

    Notoriété d’écrivains d’origine maghrébine en France… qui n’est pas sans rappeler, pour l’historien ou le littérateur, celle, d’hier, de ces écrivains français d’Algérie, ou l’Ecole d’Alger durant la phase coloniale de la présence française en Afrique du Nord. Ainsi, ces «Algérianistes» d’origine française qui revendiquaient une certaine algérianité, et aujourd’hui, près d’un siècle d’intervalle, ces auteurs d’origine algérienne dans l’hexagone qui en appellent à la reconnaissance de leur statut d’écrivains particuliers, tenant des deux rives de la Méditerranée…

    D’une manière générale, les écrivains et auteurs algériens de divers horizons ont su – dans leur âpre travail sur la modernisation du texte littéraire et fonctionnalités langagières signifiantes multiples – finir par accéder relativement de plain pied dans le champ, jusqu’ici, inabordable pour multiples raisons, de l’universalité, quoi qu’on en dise : les critiques avisés ont à présent, à leurs dispositions, les textures probantes de la nouvelle littérature algérienne d’expression plurielle. (Littérature qui compte également, pour le signaler au passage, l’autre créneau de publications diversifiées, toutes langues confondues, de poésies, de récits de mémoires, sur la guerre de libération nationale, de témoignages, d’écrits journalistiques, d’expériences et voyages, et autres de romances et pièces théâtrales, ces derniers ouvrages écrits, parfois en dialectal populaire, comme le sont d’autres textes paralittéraires se rapportant à la religiosité, les mythologies, l’ésotérisme soufi, etc.).

    Ainsi, cette littérature algérienne, dans sa triple dimension langagière, arabe, amazighe et française, et sa littérature – monde de croisement afro-méditerranéen – orientale, a tout l’air, aujourd’hui, de tendre à se départir résolument des ornières conditionnantes du passé, pour pouvoir amorcer le virage inévitable des renouvellements thématiques, esthétiques, et artistiques structurels langagiers signifiants, bousculant formes conventionnelles «connotationnelles / dénotationnelles» ou articulations classiques inopérantes, et autres tabous, pièges d’exotismes gratuits, incongrus, etc.

    Comme le déclarera la jeune romancière Nadjet Ghaouti (née à Oran, résidant actuellement en France ou elle a publié un roman appréciable «Nour», Ed. Lattès, Paris 2006), à propos de la littérature maghrébine en général : «(…) Sans renier mes origines, je fais en sorte qu’elles ne soient pas un prétexte pour écrire, ou une sorte de paysage permanent dans mes récits, parce que à la longue je trouve cela harassant. Il y a certains écrivains qui en ont fait ce que j’appellerais des «rigoles infinies d’écriture», à toujours dire les mêmes choses de la même manière. Je crois qu’on n’est pas artiste quand on ne peut pas se renouveler. On est juste «atteint». Le rapport avec la littérature maghrébine, c’est qu’à mon sens, au même titre que la littérature espagnole, québécoise et j’en passe, elle doit pouvoir quitter la Maghreb, traverser l’Atlantique à la nage, ou parcourir l’Afrique à pied. La géographie doit être friable. Et l’écriture fait partie des choses qui peuvent majestueusement l’émietter» (in El Djazair News, Entretien dans volet hebdomadaire en français «Algérie news des livres» du jeudi 9 mars 2006). La romancière Leila Merouane ajoutant pour sa part, cette déclaration dans ce même journal, à propos des perspectives de la littérature algérienne dans ses trois langues, «Je situe la littérature algérienne dans un contexte universel : si nous arrivons, nous, romanciers algériens à atteindre une majorité de lecteurs dans le monde, nous pouvons alors prétendre à l’universel comme n’importe quel écrivain qui écrit dans sa langue ou non. Tels que Kafka, Nabokov, Conrad, etc.».

    Propos clairs, traduisant, on ne peut plus, la volonté des écrivains et artistes créateurs algériens et maghrébins en général d’aller de l’avant, de rompre avec l’esthétique classique consacrée pour tenter le renouvellement des langages et des thématiques, plus en adéquation avec les nouvelles réalités de l’ère transfrontière du «cyberespace» et de la mondialisation multiculturelle et multilangagière : la raison pour laquelle nombre de critiques littéraires algériens, tant arabophones, berbérophones que francophones, considèrent dépassée la phase de la littérature de couleur locale et son caractère nationaliste et autre progressiste contestataire, noyant l’esthétique, l’atout artistique et la dimension intime des nouvelles réalités environnantes. Entre autres, celles de l’humaine condition et ses contradictions labyrinthiques, à la fois individuelles et sociales, compte tenu des nouvelles données multidimensionnelles, pas seulement territoriales mais tout autant déterritorialisées, relevant des confluences transcontinentales – mondialistes qui rendent désormais caduques toutes visions, ou considérations étroites, frisant avec l’idéologisme chauviniste, régionaliste, nationaliste et autres tendances de type sectaires dont le caractère autosuffisant, conventionnel ou spéculatif à souhait, s’accommode mal avec les dimensions complexes de l’interculturalité universelle dans la littérature et les arts de l’Humanité et de la personne, en général.

    Cet atout de l’universalité, comme d’aucuns seraient tentés de le croire, ne signifie pas du tout la marginalisation du caractère spécifique des arts et littératures des contrées diverses du globe, c’est bien au contraire la dimension culturelle, esthético-artistique et par ailleurs spirituelle humaine, non négligeable, qui fait sa vigueur et sa richesse multidimensionnelle. Le particulier est le plus logiquement du monde partie prenante de l’universel. D’autre part, toute dynamique nationale émancipatrice des valeurs patrimoniales et authenticités culturelles originelles et modernes, entreprise à l’heure de la mondialisation tous azimuts des cultures et civilisations de la planète, constitue, nul doute – dans ce contexte environnant différent, tout à fait autre, de ce nouveau paradigme de l’histoire, – assurément un moyen d’équilibre inespéré entre la culture locale, et celle universelle abondante, via paraboles et Internet, plutôt qu’un hypothétique risque d’amoindrissement identitaire culturel, de loin préférable à l’auto-cloisonnement synonyme de spectre d’engloutissement à long terme par atteinte du «syndrome pétrifiant de l’Inca fossile»…

    Disons-le pour l’exemple : nous avons vu comment dans le domaine de la chanson moderne algérienne, l’avènement du phénomène «Rai» a réussi avec brio à faire face au déferlement massif habituel de la chanson occidentale en imposant son label, non seulement sur le plan national mais sur celui international également. Même cas de figure pour la chanson Kabyle, dérivant tout autant de la tradition ancestrale algérienne, ce qui n’a nullement empêché, le rai d’un Khaled, ou k’bayli d’un Idir, une fois promus et évolués, d’être, aujourd’hui, à la fois traditionnels et éminemment modernes, répercutés aux quatre coins de la planète. Ou autrement dit, en termes récapitulatifs : ils revêtent ce fameux cachet de spécificité et d’universalité à la fois !…

    Qu’est-ce qui empêcherait dès lors, du point de vue artistique et esthétique, la littérature algérienne plurielle d’en faire autant et de rebondir de plus belle, déjà que le tout récent Essai sur les littératures algériennes des années 2000, signé par l’universitaire et critique littéraire Rachid Mokhtari, annonce la couleur avec son titre fort significatif : «Le nouveau souffle du roman algérien», (Chihab Editions, Alger 2006) : nouveau souffle qu’exhalent les entretiens des principaux auteurs interviewés par Rachid Mokhtari et qui témoigneraient, semble-t-il, d’une sorte de pénible transition vers un au-delà de la phase d’Horreur, ou plus exactement d’une prise de distanciation par rapport à celle-ci. Autrement dit, on assiste bel et bien, et de l’avis de l’ensemble des auteurs algériens de la «new-génération» à un renouvellement effectif des formes, certes timide, mais constatable au point de vue esthético-structurel surtout où s’investit de plus en plus la subjectivité de l’écrivain qui, apparemment, se libère progressivement des influences du style épique pour une plus grande affirmation de son «je», de son individualité, ou de son cercle intime par rapport à celui consacré jusqu’ici de la tyrannie du groupe, quitte à le bousculer sérieusement en démythifiant pas mal de tabous sclérosants. Et, ceci est naturellement exprimé à travers l’ensemble des textures littéraires algériennes plurielles, véhiculées dans ses trois idiomes usuels, distincts et convergents, de l’arabe, du tamazight et du français, qui concourent incontestablement à la richesse, la diversité, la spécificité et la somme de magnificence qui se dégage de la quintessence de la littérature algérienne plurielle d’aujourd’hui.

    Une littérature algérienne qui a eu le mérite historique de s’être résolument réorientée – aux lendemains de l’explosion et de la fracture sociale d’Octobre 88 – dans la voie d’affranchissement des multiples contraintes politico-idéologiques, extrémistes-religieuses, culturalo-populistes et autres de type occidentaliste autocentré et orientaliste mimétique ostentatoire, ou encore se dégageant tout autant du piège des replis identitaires ou culturalistes régionalistes extrémistes, pour s’affirmer désormais comme littérature majeure et émancipée, dans toute l’ampleur de sa riche dimension plurilinguistique et multiculturelle ouverte : ses écrivaines et ses écrivains s’imposant actuellement, aussi bien sur la scène nationale qu’internationale, en remportant notamment les plus hautes distinctions honorifiques, tant dans la littérature d’expression arabe que dans celle d’expression française, en attendant la consécration dans la langue tamazight qui, assurément promet, elle aussi, beaucoup. A l’image de toute cette multitude de jeunes écrivains algériens amazighographes, arabographes et francographes et autres Beurs d’origine algérienne, se pressant tous pour la voix au chapitre, chacun avec sa griffe singulière et son apport intime, comme pour nous signifier, qu’une page de l’histoire de la littérature algérienne plurielle a été tournée, ou plutôt qu’un chapitre nouveau est entamé : celui de l’Après-Horreur justement.

    Ainsi, à l’heure présente, c’est d’abord et avant tout le souci de production littéraire et artistique qui prime. Tant sur le plan qualitatif que sur celui quantitatif, dépassant résolument les clivages idéologiques handicapants d’hier, y compris les rivalités francophones-arabophones improductives. Les écrivains, comme l’a dit Wacinny Laredj sont de plus en plus bilingues, voire trilingues, ce qui est incontestablement un Plus pour la littérature algérienne, et dorénavant, la concurrence se fait désormais, sur le plan de la compétition productive qualitative, consacrant l’oeuvre esthético-littéraire dans la plénitude de sa richesse culturelle-linguistique nationale.

    Comme en témoigne, à certains égards, l’exemple probant de la vigueur expressive de la presse plurilingue pluraliste algérienne d’aujourd’hui. Et à ce propos, il faut souligner l’apport stratégique, dans ce contexte, de la traduction qui a incontestablement réussi relativement à rapprocher, via la médiation de l’art et le savoir, auteurs, universitaires, usagers algériens plurilingues, là ou l’idéologie a échoué : mais il est vrai, que cette dernière, politicienne, s’est surtout souciée de maintenir dans un moule»unioniste» du piège «synthétique» tendant à broyer toutes les richesses des diversités spécifiques, – comme, à l»opposé, l’autre tendance «fragmentariste» est tentée de tout considérer sous l’angle exclusif de son idéologie sectariste, religieuse, ethnique ou autre extrémiste… alors que les paramètres de ces spécificités culturelles – spirituelles – linguistiques -identitaires nationales, se rejoignent, non pas dans la vision totalitaire d’un moule global embrigadeur et désintégrateur, mais dans le dénominateur commun de l’Algérianité pluraliste, impliquant la sauvegarde de la diversité dans l’unité. Soit la promotion de la dimension pluraliste «nationalitaire, solidaire, large» et non nationaliste chauvine, réductrice et négatrice des autres paramètres identitaro-culturels constitutifs de l’algérianité, en devenir…

    Heureuse approche, qui semble animer – à l’heure des nécessités de la mondialisation et regroupements des blocs voisins, il est vrai – de plus en plus d’auteurs nationaux multilingues qui se concertent pour les traductions de leurs oeuvres, en vue de leur placement sur le marché national et international, parallèlement à l’accroissement de la sphère de dilogue entre les écrivains bilingues, voire trilingues, de diverses tendances… Evolution bénie qui n’est évidemment guère possible sans l’autre rôle important et déterminant, à bien des égards, du secteur capital de l’édition plurilingue, privée beaucoup plus que publique, qui, en Algérie, après une période de disette, s’est particulièrement distingué, en dépit des nombreuses embûches et certains freins institutionnels. De plus en plus d’auteurs s’improvisent éditeurs-libraires, et il n’y a qu’à espérer que cette situation serve davantage le monde du livre dans le pays, où les écrivains, pour le rappeler au passage, ne disposent pas encore d’un statut, et encore moins d’une confédération syndicale nationale représentative des auteurs algériens, toutes langues confondues.

    Et pour clore, quoi de mieux que d’évoquer l’exemple illustratif d’un ouvrage littéraire récapitulant, en quelque sorte l’ensemble des propos qui précèdent, et qui tombe incroyablement à pic, son auteur tenant, ô ironie du sort, des trois dimensions expressives de la littérature algérienne plurielle : il s’agit du jeune écrivain algérien, Amara Lakhous, dont j’ai eu écho, tout récemment dans un article d’El Watan daté du dimanche 22 juin, faisant état de son roman «Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio». On y apprend, ainsi, que Amara Lakhous est un écrivain arabophone et italophone qui veut en finir avec la «guerre civile linguistique», selon l’expression de l’auteur de l’article Adlène Meddi. Ce roman, qui vient de sortir aux éditions Barzakh traduit en langue française, a d’abord été écrit en arabe et publié chez les éditions El Ikhtilef à Alger en 2003, sous le titre «Comment téter une louve sans se faire mordre ?». Adlène Meddi rapporte que Amara Lakhous a pratiquement réécrit son roman – pas seulement traduit – en italien, l’enrichissant de dialectes et parlers populaires (chez edizioni e/o), avant d’entamer l’édition de sa version française chez Actes Sud en France, en 2007, et enfin en Algérie. En outre, à sa sortie, en Italie, le roman a été salué par la critique et a reçu le prix Flaiano 2006 aux côtés de Enrique Vila – Matas et Raffaele La Capria, et le Racalmare Leonardo Sciascia. Tout ce qu’on sait sur ce nouvel auteur algérien prometteur, c’est qu’il est né en 1970 à Alger – «dans une famille où on ne parle que le kabyle» – et a travaillé comme journaliste à la Radio algérienne, puis s’est exilé ensuite, en 1995 à Rome, où «il a été accueilli par la langue italienne». Actuellement, Amara Lakhous qui est également auteur d’un roman en arabe («Le Corsaire et les punaises» datant de 1992, traduit en italien depuis) exerce comme chercheur en anthropologie et journaliste. Son roman «Choc des civilisations…», au titre ironique à souhait, est une sorte de démystification des fantasmes politiques ambiants, à la lumière des multiplicités des points de vues de l’Histoire et des témoignages des citoyens côtoyés d’un immeuble à la Piazza Vittorio, quartier multiethnique de Rome.. Cet ouvrage, qui a suscité un haut intérêt, recompose, page après page, la cartographie complexe des identités multiples confrontées à l’inévitable nécessité de vivre ensemble, selon l’avis de l’auteur de l’intéressant article «Au carrefour des identités» ( Cf.El Watan du 22/06/2008). Cet ouvrage d’un Amazighe écrivant en arabe, et traduisant soi-même en italien, et soumettant l’oeuvre à la traduction également en français, est là comme pour signifier, en quelque sorte, le rebondissement incontestable de la littérature algérienne nouvelle d’expression plurielle.

    Peut-on dire, en fin de compte, que la littérature algérienne est entrée dans une phase relative de maturité ? D’aucuns lieraient la question à la dynamique culturelle historique d’ensemble de la société algérienne, en général. Et s’il en est ainsi, le constat impressionnant d’une évolution historique de la culture algérienne pluraliste et de ses multiples textures littéraires scripturaires et orales, aussi bien à travers ses hauts et ses bas, ne constitueraient-ils pas, actuellement, les indices probants d’une originalité majeure, imposante de par la nature même de ses caractéristiques spécifiques ?

    Ainsi, véhiculaire d’expressions innombrables traduisant moult péripéties historiques nationales avec notamment ses ruptures caractéristiques intervenues dans le continuum du temps, et Dieu sait combien il y en eut, depuis l’antique Berbérie, l’ère médiévale, la phase d’islamisation, l’Algérie sous les Ottomans, puis sous le règne colonial français, en passant par les étapes d’invasions romaine, vandale, byzantine, etc., jusqu’à la phase d’indépendance et l’étape actuelle du pays, la littérature nationale, et culture pluraliste algérienne, en général, ne semble-t-elle pas disposer à présent, depuis ce long et éprouvant parcours historique, enfin d’une somme d’atouts de paramètres culturalo – identitaires pluralistes cumulés par la longue et riche expérience de son impressionnant héritage culturel civilisationnel – patrimonial multidimensionnel découlant de son Histoire multimillénaire afro-amazigho-arabo-musulmano-méditerranéenne, à même de l’autoriser à clamer haut et fort, son authenticité et originalité spécifiques intrinsèques ouvertes sur l’universel ?

    Soit l’expression de la somme d’atouts culturels diversifiés véhiculaires des ferments culturalistes dynamiques nationaux enrichis des apports extérieurs, capitalisés et réactivés, parfaitement en mesure de rendre compte (et de la promouvoir) de la relative harmonie de la complexe et riche mosaïque culturelle diversifiée caractérisant la synthèse en élaboration constante de l’algérianité culturelle pluraliste en devenir ? Nul doute que la réponse est fournie quotidiennement par le champ d’expressions culturelles et littéraires multiples confrontant points de convergences et points de divergences, plurilingues et multiculturels relevant du dénominateur commun de l’algérianité (Djazairité) évolutive…

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