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“LE PORTEUR DE CARTABLE” D’AKLI TADJER Voyage au pays de l’enfance et du souvenir

12 janvier 2010

1.Lu pour vous

Culture (Mardi 12 Janvier 2010)


“LE PORTEUR DE CARTABLE” D’AKLI TADJER

Voyage au pays de l’enfance et du souvenir

Par : Limara B.

Il n’y a pas que les grands de ce monde qui savent défendre l’honneur de la patrie, lorsque celle-ci est en danger. La preuve ?


Omar, un enfant de 10 ans, à peine résiste-t-il au poids de ses affaires scolaires à porter sur le dos qu’il porte aussitôt dans son cœur de militant convaincu l’espoir d’une Algérie indépendante. Tout ressemble au réseau Jeanson, avec “les porteurs de valises”, le petit Boulawane suit la voie de son père, qui, à son tour se lie avec ses tripes au réseau FLN et les dirigeants de la Fédération de France.
La rencontre avec Raphaël, un pied-noir qui vient de Hydra fera-t-elle basculer l’attitude de l’enfant engagé ?
La famille de l’intrus s’installe en face, dans un logement convoité, dans les conditions que l’on connaît lors de ces années d’exil forcé.  La maman perd les pédales depuis sa séparation de ce paradis perdu, à quelque encablures d’Alger-Centre. Le hasard fera de si tôt, de Raphaël un camarade de classe. Les jalousies, compétitions et petites rixes seront le lot d’une scolarité de deux déracinés qui voient, chacun à sa façon, le pays de ses origines accéder à l’Indépendance ; mais à quel prix ? “Nous avons, pourtant, convenu d’un commun accord – une sorte d’Évian bis – de nous partager le pupitre en deux parties parfaitement égales en traçant une ligne imaginaire qui part de l’encrier et qui aboutit juste entre nos deux sièges. Raphaël n’admet pas cette appellation “pied noir”, “un naufragé de l’histoire”, c’est mieux ! Les chamailles et les sarcasmes des petits camarades finiront par mettre en boule la belle Ceylac – institutrice tant rêvée par Omar – qui les envoie chez le directeur pour une correction.
Raphaël devait justifier les criailleries : “Il ne peut pas me saquer parce que je viens d’Alger. Il pense que je lui ai volé l’Algérie. Mais moi, je ne lui dis pas qu’il m’a volé Paris parce que je ne suis pas né ici. Je suis né à Alger. Paris je m’en fous… moi, c’est Alger… Hydra, monsieur”, lit-on. Là, pour expliquer à la nouvelle génération que la confusion doit s’éclaircir sur un tas de tabous post-indépendance, le roman de Tadjer en est une référence. Le Porteur de cartable se veut aussi un récit d’événements vus d’en bas. Le livre, placé dans le contexte historique, fera-t-il long feu ? Il reconstitue d’une façon minutieuse les premiers instants de la fin d’une conquête coloniale qui n’en a que trop duré.
Une colonisation qui installa sa violence matérielle et morale au sein même de l’école, en plein cœur de la terre des droits de l’homme.

*Le Porteur de cartable d’Akli Tadjer, roman, éditions Apic, Algérie, octobre 2009                                    

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à ““LE PORTEUR DE CARTABLE” D’AKLI TADJER Voyage au pays de l’enfance et du souvenir”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    9. AKLI TADJER,

    « LE PORTEUR DE CARTABLE » JC Lattes, 2001, extrait pages 77-78

    Raphaël a pris ses aises. Beaucoup trop à mon goût. Nous avons, pourtant , convenu d’un commun accord -une sorte d’Evian-bis- de nous partager le pupitre en deux parties parfaitement égales, en traçant une ligne imaginaire qui part de l’encrier et qui aboutit juste entre nos deux sièges. Mais c’est plus fort que lui, il faut toujours qu’il grignote des Suite…centimètres, qu’il laisse traîner sa gomme, qu’il oublie son taille-crayon ou son porte-plume chez moi. – Je vais finir par croire que c’est dans la nature du pied-noir que de déborder sur le territoire des autres, lui balancé-je, tout en repoussant pour la dixième fois son coude qui vient de franchir la ligne. Ca l’agace que je l’appelle pied-noir. Il n’y a , pourtant, pas de quoi. D’autant que j’ai découvert qu’il existait une tribu indienne qui se nommait aussi piednoir. De vaillants guerriers, à en croire le dictionnaire de la bibliothèque, qui luttèrent jusqu’au dernier contre le sanguinaire Custer. Mais non, ça ne lui convient pas d’être comparé à un Apache. Il préfère le petit naufragé de l’Histoire. Il trouve que ça fait plus vrai puisqu’il a débarqué d’un vieux rafiot qui s’appelle le Ville d’Alger, alors il se venge comme il peut. – Pied-noir. Territoire. Pour les rimes, il n’y a pas à dire tu es fort Omar . Mais pour l’arithmétique tu ne vaux pas un clou rouillé. Tandis que moi, j’encaisse les dix-huit et les vingt sur vingt. Si tu veux copier sur moi, ne te gêne pas. – Plutôt me chopper un zéro que de loucher sur ta feuille! Maintenant si tu repasses la frontière c’est la guerre! – De mieux en mieux, Omar…La frontière. La guerre. Tu veux devenir rimeur plus tard? Il se moque l’Indien, alors d’un coup, d’un seul, j’envoie bouler toutes ses affaires par terre. L’encrier qui n’a pas résisté à la secousse se renverse sur moi et me voilà tout taché de noir. Ma blouse bleue! Ma belle blouse bleue que Yéma m’ a achetée jeudi dernier au marché Greneta et plus dégueulasse que celle de la cantinière. Et mon pantalon! Mon beau pantalon blanc que Yéma s’est esquintée à frotter à la brosse à chiendent dimanche matin… Oh là là , elle va me remonter les bretelles et hurler que je ne respecte son travail parce que je suis comme Mon Père qui la prend pour sa bonniche. L’encre dégouline, encore, sur mes souliers. Raphaël, qui a été épargné par la giclée, ricane en me voyant souillé de la tête aux pieds. Pour Mme Seylac qui ne supporte plus nos accrochages permanents cette goutte d’encre est la goutte de trop….

    http://soleilessonne.net/spip.php?article74

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