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Histoires vraies -Le sultan des montagnes (3e partie)

11 janvier 2010

Non classé

Histoires vraies
Le sultan des montagnes (3e partie)

Résumé de la 2e partie : Les Français permutent volontairement les messages du sultan et c’est ainsi que le jeune Ecossais se retrouve porteur d’un pli virulent envers Raïssouli…

Tazrout, la «capitale» du sultan des montagnes, finit par apparaître devant lui. C’est une véritable forteresse garnie de remparts impressionnants. Mac Lean s’attendait à y pénétrer, mais la nouvelle de sa venue l’a précédé et, à sa surprise, il voit Raïssouli sortir à sa rencontre. C’est évidemment une grande marque de considération de sa part. Les choses prennent une tournure de plus en plus favorable.
Bientôt, le sultan des montagnes est en face de lui. S’il n’avait pas toutes les raisons d’être confiant dans sa mission, le jeune Ecossais éprouverait quelque inquiétude. Rarement, il a vu un homme aussi impressionnant. Raïssouli est très grand et très gros. On se demande comment il tient en équilibre sur son léger pur-sang. Il porte une longue djellaba rayée marron et blanc. Son capuchon rabattu lui dissimule en partie le visage, ne laissant apparaître que de petits yeux noirs à l’éclat cruel et un collier de barbe teint en rouge.
Apercevant Harry Mac Lean, il éclate de rire.
— Ainsi, on ne m’avait pas trompé ! C’est bien toi l’envoyé du sultan de Fès ?
Mac Lean met pied à terre et s’incline profondément.
— En m’envoyant vers toi, il te manifeste sa considération. Je suis son plus proche conseiller pour les choses militaires. D’ailleurs, tu n’as qu’à lire ceci.
Harry Mac Lean tire la lettre de la bourse accrochée à la ceinture de son kilt, la tend à son interlocuteur et attend la suite, avec un sourire aimable sur les lèvres.
La suite, elle ressemble à un cataclysme, à une éruption volcanique, à un tremblement de terre. Raïssouli roule le message en boule et le jette à terre. Il rugit, explose, éructe, vomit un torrent d’injures, tandis que ses gardes se précipitent sur Harry Mac Lean et l’agrippent avec violence. Ce dernier est aussi stupéfait que terrorisé. Il croit sa dernière heure arrivée, d’autant que plusieurs fusils se pointent vers lui. Pourtant, sur un geste du bandit, ceux-ci se baissent. S’il a décidé de le tuer, ce n’est pas tout de suite. Raïssouli lui désigne la lettre froissée
— Lis !
Le jeune Ecossais s’exécute en tremblant un peu et reste figé. Si son teint n’avait au naturel la blancheur d’une feuille de papier, on l’aurait vu pâlir. Il cherche ses mots et finit par déclarer :
— Pourquoi veux-tu que je sois complice ? Je ne serais pas venu te porter une telle lettre ! C’était me jeter dans la gueule du lion !
En face, les petits yeux noirs lancent des éclairs.
— Tu mérites la mort ! Tu n’es qu’un chien étranger, le valet du sultan de Fès ! Maudite soit la femme qui t’a enfanté !
— Je suis victime d’une machination. Je te demande de me croire.
— Peut-être. Mais tu savais que le sultan de Fès – que maudite soit sa race ! – avait écrit une autre lettre.
Puisque tu es son conseiller militaire, et le plus proche, m’as-tu dit, tu ne pouvais ignorer ses projets. Tu vas mourir !
Harry Mac Lean a le mérite de ne pas perdre son sang-froid.
— Je suis venu seul jusqu’à toi et de mon plein gré.
Je suis ton hôte. Non seulement tu ne peux pas me tuer, mais tu me dois hébergement et protection. (à suivre…)

D’après Pierre Bellemare

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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10 Réponses à “Histoires vraies -Le sultan des montagnes (3e partie)”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le sultan des montagnes (4e partie)

    Résumé de la 3e partie n L’Ecossais essaie de faire jouer la carte de la convivialité avec l’hôte des Arabes pour se sortir du guet-apens que lui ont tendu les Français…

    Il y a un long silence. Raïssouli est visiblement ébranlé par cette réplique. Lui, le sultan des montagnes, se veut un musulman exemplaire, le défenseur des croyants, au contraire du sultan de Fès qui pactise avec les infidèles, alors il ne peut effectivement pas bafouer ainsi les préceptes de la religion. Mais au bout d’un moment, un sourire apparaît sur son visage, un sourire cruel.
    — C’est vrai, le Coran dit que je dois protéger celui qui est venu librement chez moi. Il est même écrit que je dois le traiter comme mon frère. Mais il y a aussi une sourate qui dit : «Si ton frère te demande de le tuer, tu le tueras.» Alors je vais faire en sorte que tu me demandes de te tuer !
    Peu après, tandis que ses hommes se sont emparés de l’Écossais, il donne des ordres. Une tente est montée à l’endroit où ils se trouvent, à quelque distance de la citadelle de Tazrout, une très belle tente circulaire, au lourd tissu à motifs noir et blanc. A l’intérieur, Raïssouli fait installer tous les éléments d’un confort raffiné : des tapis, un sofa, une table basse. Harry Mac Lean considère ces préparatifs sans mot dire, mais avec inquiétude. En quoi consiste la raison qui va lui faire désirer la mort ? Le sultan des montagnes ne tarde pas à satisfaire sa curiosité.
    — Comme tu le vois, je ne manque pas à mon devoir d’hospitalité. Tu auras à manger tant que tu voudras et tu auras même deux des petits esclaves de mon harem à ta disposition comme domestiques. La seule chose qui ne te sera pas possible, c’est de fuir. Dix de mes hommes entoureront la tente, avec ordre de t’abattre si tu veux nous fausser compagnie. Mais en compensation, tu auras de la musique…
    Tandis que Mac Lean prend place dans la tente, deux musiciens, deux petits hommes secs à la peau tannée, viennent le rejoindre, avec de curieux instruments. L’un a une sorte de tam-tam fait d’une peau de mouton tendue sur une grosse poterie, l’autre, une flûte en bois courte et droite, avec seulement quelques trous. Il en souffle plusieurs notes et l’Écossais sursaute tant le son est strident. Le sultan des montagnes a un petit rire.
    — C’est perçant, comme son, n’est-ce pas ? C’est la raïta, la flûte des bergers. Avec cela, chez nous, ils se répondent d’une montagne à l’autre.
    Raïssouli fait un signe et le joueur de tam-tam se met à jouer à son tour. Mac Lean sursaute, il lui semble que la terre tremble. Comment un instrument de pareilles dimensions peut-il engendrer un tel vacarme ? A présent, la flûte se met à jouer à son tour. Le sultan des montagnes doit hausser la voix pour se faire entendre.
    — Que penses-tu de la musique de mon
    pays ? A partir de maintenant, ils vont jouer sans arrêt, nuit et jour. Et n’espère pas qu’ils se fatiguent : ils seront relayés toutes les trois heures, tout comme les sentinelles à la garde de ta tente. Tu n’as qu’une seule manière de ne plus les entendre : mourir. Pour cela, il te suffit de me le demander. Je viendrai dès que tu m’appelleras. A bientôt !
    Et là-dessus, le Marocain se retire dans un grand rire. Dès lors, ce concert d’un genre si particulier ne s’arrête plus. La musique n’est plus aussi assourdissante qu’au début, les deux instrumentistes jouent moins fort, mais l’effet est lancinant et devient vite insupportable. La raïta ne comporte que six notes et elle répète la même mélodie, qui revient au bout d’une phrase extrêmement brève. Quant au tam-tam, il joue – si l’on peut appeler cela jouer – toujours sur le même rythme, des coups régulièrement espacés sans la moindre variante boum-boum-boum-boum-boum (A suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le sultan des montagnes (5e partie)

    Résumé de la 4e partie n Raïssouli promet à l’Ecossais de ne le tuer que s’il le lui demande. C’est alors que, pour le pousser à bout, le sultan des montagnes le met sous une tente où des musiciens jouent sans arrêt de la raïta et du tambour…

    Après une journée et une nuit entières de cette musique obsédante à deux pas de lui, l’Ecossais a déjà les nerfs à bout. Il tente bien de se boucher les oreilles, mais lorsqu’il veut dormir il doit y renoncer : on ne peut pas dormir en se tenant les oreilles. A la fin, il parvient quand même à sombrer dans le sommeil. Mais quel sommeil !
    Cela dure ainsi une semaine entière. Le jeune Harry Mac Lean n’en peut plus. Il croit devenir fou. Il commence à se dire effectivement qu’il va demander à Raïssouli de mettre fin à sa vie en même temps qu’à son supplice. Et puis, brusquement, tout s’arrête et le visage du sultan des montagnes s’encadre dans la porte de la tente, avec ses yeux noirs et sa barbe teinte en rouge.
    — J’ai quelque chose à te proposer. Viens dehors, nous serons mieux.
    Harry Mac Lean se lève en titubant. Dans sa tête, la musique continue toujours, mais le ciel et l’air pur lui font du bien. Il lui vient à l’esprit que la situation n’est pas désespérée. Il comprend que, si Raïssouli lui a infligé ce supplice, ce n’est pas pour le tuer, mais le mettre en position de faiblesse, car il a quelque chose à lui demander.
    — Tu appartiens à un grand pays, n’est-ce pas ? Ton sultan est puissant ?
    — Mon pays est le plus puissant du monde et mon sultan est une sultane.
    — Une sultane !
    — Elle s’appelle Victoria. Elle a quatre-vingt-deux ans. Cela fait soixante-quatre ans qu’elle règne.
    — Eh bien, écris à ta sultane. Dis-lui qu’elle m’envoie une armée pour me soutenir contre le sultan de Fès et tu seras libre.
    Harry Mac Lean soupire. Il sait parfaitement que l’Angleterre n’interviendra pas au Maroc. Il juge inutile de cacher la vérité à son interlocuteur.
    — Ma sultane n’enverra pas d’hommes.
    — Alors tu vas mourir !
    — Laisse-moi quand même écrire à mon consul à Tanger. Je lui demanderai ce qu’il peut faire. Je lui demanderai aussi un cadeau pour toi un instrument de musique de mon pays qui fait encore plus de bruit que les tiens.
    — Ce n’est pas possible !
    — Laisse-moi écrire et tu verras bien…
    Raïssouli y consent. Il donne l’ordre aussi de faire cesser le tam-tam et la raïta et, si Mac Lean est toujours prisonnier dans sa tente, c’est pour lui la fin du cauchemar. Il écrit donc au consul. Il lui décrit de son mieux les forces dont semble disposer Raïssouli et il suggère qu’il pourrait faire un contrepoids à Abdul Aziz, qui est entièrement dominé par les Français. Il lui demande aussi deux cadeaux pour lui.
    La réponse du consul britannique à Tanger met un mois à parvenir, mais elle arrive tout de même. Elle comprend d’abord une lettre, dans laquelle le consul confirme que les Anglais ne bougeront pas pour soutenir Raïssouli et fait état du désir qu’auraient les Espagnols d’intervenir en sa faveur. Si c’était le cas, les troupes britanniques de Gibraltar leur laisseraient le passage. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Le sultan des montagnes (6e partie et fin)

    Résumé de la 5e partie n L’Ecossais – sur la demande de Raïssouli – obtient que si les Espagnols veulent aider le Sultan des montagnes, les Anglais les laisseront passer par Gibraltar…

    Les Anglais confirment dans leur réponse qu’ils ne bougeront pas pour soutenir Raïssouli, mais qu’ils autoriseront les Espagnols à passer par le détroit de Gibraltar.
    Le consul a également expédié une grande photographie de la reine Victoria, qu’Harry Mac Lean remet solennellement au sultan des montagnes.
    — Elle est pour toi. Les miens te l’envoient pour t’honorer.
    Enfin, il y a une splendide cornemuse. Le jeune Écossais la montre triomphalement à Raïssouli.
    — Voici l’instrument de musique de mon pays qui peut faire plus de bruit que ton tam-tam et ta raïta.
    Raïssouli éclate de rire.
    — Eh bien voyons! Si tu dis vrai, tu es libre…
    Mac Lean ne se le fait pas dire deux fois. Dans son clan, on est joueur de cornemuse de père en fils et lui-même a des dons certains. Il prend une large inspiration et fait jouer l’instrument avec toute sa puissance. Raïssouli et ses guerriers ouvrent de grands yeux. Certains mettent les mains à leurs oreilles. L’Écossais exécute ainsi son hymne national et plusieurs airs du folklore. Lorsqu’il a terminé, le sultan des montagnes vient lui serrer la main avec effusion.
    — Tu as dit la vérité. Tu es libre. Me laisseras-tu cet instrument merveilleux ?
    — Il est à toi. Et, en même temps que lui, je te donne un conseil : va voir du côté des Espagnols. Je pense que tu pourras obtenir beaucoup d’eux.
    Ainsi s’est terminée la singulière aventure d’Harry Mac Lean au Maroc, qui après avoir failli s’achever d’une manière tragique, a été un plein succès. Car Raïssouli a obtenu l’appui des Espagnols, qui ont franchi le détroit de Gibraltar avec l’accord des Anglais.
    Appuyés par le sultan des montagnes, ils se sont installés de l’autre côté du détroit, et c’est ainsi qu’est né le Maroc espagnol, qui regroupait toute la région de Tanger.
    Une telle situation faisait parfaitement l’affaire des Anglais, qui préféraient de beaucoup avoir des Espagnols que des Français en face de leur colonie de Gibraltar. C’est tellement vrai qu’en rentrant dans son pays, Harry Mac Lean a été anobli pour services éminents rendus à la Couronne, non par Victoria, qui venait de mourir, mais par son successeur Édouard VII.
    Et le plus extraordinaire c’est qu’il est revenu plusieurs fois voir Raïssouli, jusqu’à la mort de ce dernier, en 1926. Ensemble, le sultan des montagnes et sir Harry Mac Lean ont joué de la cornemuse, du tam-tam et de la raïta, en souvenir des jours anciens, un sacré concert qu’on pouvait entendre d’un bout à l’autre des montagnes du Rif !

    D’après Pierre Bellemare

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Edition du 9/11/2008

    Une femme meurt pendant un match… comme sa mère en 1986 !

    l Une fan inconditionnelle des Chicago Blackhawks est décédée pendant un match de son équipe favorite. Ironie du sort, sa mère est morte dans les mêmes conditions, il y a 22 ans. Chez les Kuhlman, on est passionné de hockey sur glace. A la vie, à la mort ! Marguerite, 68 ans, est décédée en supportant son équipe favorite, les Blackhawks de Chicago. Durant le match contre les Colorado Avalanche, la vieille dame s’est soudainement écroulée sur son siège. Les secours sont arrivés, mais n’ont pu rien faire. Son décès a été constaté. «Nous sommes des fans de hockey depuis de nombreuses années, a expliqué l’une des sœurs de la défunte. Les gens se moquent de nous car nous sommes des vieilles femmes qui vont voir des matches de hockey.» Sauf que pour une fois, les deux sœurs ne sont pas allées à la patinoire du United Center ensemble, Marguerite préférant se déplacer avec une voisine. La séparation lui a été fatale. Mais s’il arrive de temps en temps qu’un supporter décède lors d’une rencontre sportive, l’histoire de la famille Kuhlman est plus insolite. En effet, la mère de Marguerite, Mildred, était morte dans les mêmes conditions que sa fille, le 30 mars 1986. Cela n’empêchera pas les deux sœurs de la défunte de continuer de se rendre au United Center. A la vie, à la mort !

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mourir libre (1re partie)

    En cette année 73 avant Jésus-Christ, l’institution des gladiateurs n’est pas encore très développée à Rome. La pratique de faire se battre des hommes dans l’arène n’est répandue qu’en Campanie, la région de Naples. Et c’est tout près de Naples, dans la jolie ville côtière de Capoue, que se trouve la plus importante caserne de gladiateurs, celle de Caius Battiatus. Dans ce vaste bâtiment en forme de quadrilatère, avec, au centre, le terrain d’entraînement et, tout autour, les logements et les divers équipements, ils ne sont pas moins de deux cents à vivre, dans l’attente du prochain spectacle où beaucoup vont mourir.
    Ce jour-là, Caius Battiatus reçoit la visite d’Aulus Nigidius, riche patricien, qui doit financer les prochains jeux. Il se précipite à sa rencontre avec un sourire obséquieux. Autant il est dur avec ceux qui sont sous ses ordres, autant il est servile avec les personnages importants. Et Aulus Nigidius est la principale personnalité de Capoue.
    — Ta visite m’honore, Nigidius. Que puis-je faire pour toi ?
    Nigidius le regarde sans indulgence.
    — J’ai un souci à ton sujet. On m’a dit que tes gladiateurs étaient composés pour moitié de Gaulois et pour moitié de Thraces.
    — Parfaitement. Mais je ne vois pas ce qui t’inquiète. Ce sont deux nations belliqueuses, qui donnent d’excellents combattants
    — On m’a dit aussi qu’il y avait beaucoup de soldats déserteurs qu’on avait envoyés chez toi pour les punir.
    — Il y a d’anciens soldats, effectivement. Le jour des jeux, ils n’en combattront que mieux.
    — S’ils sont encore là…
    — Que veux-tu dire, Nigidius ?
    — Je veux dire qu’il est de règle de mélanger les nationalités pour éviter que les gladiateurs se comprennent entre eux et complotent. D’autre part, ce sont d’anciens hommes libres.
    — Et alors ? Maintenant ils sont esclaves.
    — Oui, mais ils ne l’ont pas toujours été. Un esclave de naissance a une mentalité soumise. Eux, ils sont fiers, farouches…
    — Tu t’inquiètes à tort. Ils seront les meilleurs dans l’arène.
    — Les dieux t’entendent ! S’il arrivait quelque chose, je te tiendrais pour responsable…
    Multipliant les politesses et les courbettes, Caius Battiatus raccompagne son illustre visiteur. Comme ils passent au milieu des hommes à l’entraînement, celui-ci lui désigne un combattant d’une trentaine d’années, à la peau mate, aux cheveux bruns bouclés et à la musculature impressionnante.
    — Regarde celui-ci. Avec quelle insolence il nous dévisage ! Qui est-ce ?
    — Spartacus, un Thrace. Le meilleur homme de ma troupe. Mais encore une fois, ne te fais pas de souci. C’est un barbare comme les autres, une brute, un animal…
    Aulus Nigidius quitte la caserne sans rien ajouter, persuadé néanmoins que ses inquiétudes sont fondées.
    Et il a raison ! L’aveuglement et la légèreté de Battiatus vont avoir des conséquences incalculables.
    Car un complot est bel et bien en train de se tramer. Il est dirigé par trois personnages exceptionnels. Le premier, Crixos, est un Gaulois doué d’une force herculéenne. Il a été capturé au cours d’une razzia, avec une centaine de ses compatriotes et tous ont été envoyés ici, au sud de l’Italie. Chez ces hommes, arrachés brutalement à leur famille et à leur patrie, la colère gronde et il est devenu leur meneur.
    Spartacus, le deuxième d’entre eux, est originaire de l’autre ethnie : les Thraces. La Thrace est la partie nord-est de la Grèce, qui correspond aujourd’hui à la Turquie d’Europe et au sud de la Bulgarie. Contrairement à ce que disait Battiatus, ce n’est nullement un pays barbare. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Elle gardait chez elle les corps de son frère et de ses sœurs décédés !

    l Les corps de trois personnes, deux femmes et un homme, morts entre 1970 et 2008, ont été retrouvés au domicile de leur sœur âgée de 90 ans qui les avait entreposés dans différents endroits de sa maison à Chicago. La police a trouvé les restes macabres sur l’indication d’un travailleur municipal qui connaissait la vieille dame. L’une de ses sœurs serait décédée à environ 60 ans dans les années 1970, tandis que son frère serait mort à 83 ans en 2003 et une autre sœur, à 98 ans, en mai dernier. Les corps, certains recouverts de couvertures, ont été retrouvés dans différentes pièces de la maison familiale de style victorien dans la banlieue historique d’Evanston. Les voisins de la vieille «garde-cadavres» n’ont apparemment jamais rien remarqué d’anormal. Certains voisins lui apportaient occasionnellement des vivres qu’elle n’acceptait pas toujours. La vieille dame, contre qui aucune charge n’a été retenue pour le moment, a été placée dans une maison de retraite médicalisée.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mourir libre (2e partie)

    Résumé de la 1re partie n Aulus Nigidius, riche financier, s’inquiète, auprès de Caius Battiatus, de savoir s’il n’y avait pas de risque de complot vu que le corps des gladiateurs était composé de Gaulois et de Thraces…

    La civilisation y est plus ancienne qu’en Italie et ses habitants sont aussi évolués que les Romains. Seulement voilà : la Thrace est passée sous contrôle romain au milieu du XIe siècle et, comme dans tous les pays conquis, les hommes en âge de porter les armes sont enrôlés dans les auxiliaires de l’armée. Cela, Spartacus ne l’a pas supporté. Dès qu’il a pu, il a déserté. Mais il a été repris et envoyé avec d’autres à la caserne de Capoue.
    Qui est Spartacus ? Sans nul doute, un combattant d’exception, à la force prodigieuse et doué d’une remarquable science des armes, acquise à l’armée et perfectionnée chez les gladiateurs. Pour le reste, il se dit berger. Selon lui, les soldats romains l’auraient arraché à ses brebis pour l’emmener. A la caserne, on murmure que c’est, en fait, un prince. Sa façon de s’exprimer, son intelligence, sa connaissance des grands auteurs, qu’il cite avec aisance, trahissent chez lui de hautes origines.
    C’est lui le chef incontesté du complot. Tous, y compris Crixos, reconnaissent son autorité. Mais l’âme du mouvement est le troisième personnage, qui est, de loin, le plus singulier. C’est une femme, une prêtresse et la propre épouse de Spartacus. Elle habite la caserne et partage sa chambre, ce qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas interdit : quelques gladiateurs vivent avec leurs compagnes.
    Elle se fait appeler Spartaca et elle est tout aussi mystérieuse que son mari. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle est Thrace comme lui. Elle a été fait prisonnière pour une raison qu’on ignore. Spartacus et elle se connaissaient-ils avant leur capture ou se sont-ils connus à ce moment ? Ils refusent de le dire. En tout cas, ils ont demandé à ne pas être séparés et les Romains ont accepté.
    La trentaine également, Spartaca frappe par sa longue chevelure, ses yeux noirs et la fierté de ses traits. Elle se prétend prêtresse de Dionysos et nul ne met en doute ses affirmations. La Thrace est la terre de prédilection de cette divinité au génie puissant et aux pouvoirs inquiétants. Spartaca connaît les charmes et les formules qui dévoilent l’avenir, elle sait lire dans l’aspect du vin les volontés des dieux.
    Sa première prophétie elle l’a faite pour son mari. Peu après leur arrivée à Capoue, elle s’est soudain mise à contempler le gobelet que Spartacus allait porter à ses lèvres. Elle l’a pris en main, elle a prononcé quelques paroles mystérieuses et lui a déclaré
    — Les dieux te promettent la liberté et la gloire éternelle !
    Au début de l’été 73 av. J.-C., tout est prêt. La quasi-totalité des deux cents gladiateurs de la caserne ont juré à Spartacus de le suivre dans la révolte. L’opération est pourtant délicate. Les gladiateurs n’ont pas d’armes. Ils s’entraînent avec des armes factices en bois, les véritables étant gardées sous clé dans l’armurerie. Pour passer à l’action, ils s’empareront des couteaux et des broches à rôtir qui se trouvent dans la cuisine. Par la suite, ils verront bien…
    Ce sont sans doute ces difficultés, ainsi que la perspective du châtiment, qui ne peut être que la mort dans les pires supplices, qui en font reculer bon nombre au dernier moment. Crixos vient annoncer la mauvaise nouvelle à Spartacus à l’entraînement. Ils se parlent, tout en simulant un combat avec leurs épées de bois. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Les dégâts du manque de sommeil

    l Dormir moins de sept heures cinquante serait lié à des risques accrus de maladies cardiaques et de décès chez les personnes âgées. Ce danger augmenterait si en plus d’une nuit trop courte, la tension artérielle est trop élevée pendant le sommeil, selon des chercheurs japonais. Ils ont observé 1 255 sujets souffrant d’hypertension et âgés en moyenne de 70 ans durant leur sommeil et ce durant 50 mois. Pendant cette période de suivi, il y eu 99 crises cardiaques ou attaques cérébrales et «l’incidence de ces épisodes a été de 2,2% en rythme annuel dans le groupe de participants dormant moins de 7,5 heures et de 1,8% chez ceux ayant des nuits de sommeil plus longues», écrit le principal auteur de ces travaux. Selon lui, «les médecins devraient tenir compte de la durée moyenne de sommeil pour évaluer le risque de patients hypertendus». Reflet du changement dans le mode de vie, on dort moins dans les sociétés modernes. Dormir suffisamment est essentiel pour notamment éviter l’obésité et le diabète aussi bien que plusieurs facteurs de risques cardiovasculaires dont l’hypertension nocturne, ajoutent les chercheurs.

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Retour au pays natal (38e partie)
    Par K. Yerbi

    Résumé de la 37e partie n Chez Omar, Taos et Mériem s’entre-déchirent. Chacune veut la main de Kenza pour son fils ! Omar et Fadhéla ne savent plus que faire.

    Mohammed va directement dans la chambre de sa sœur. Il tourne la poignée mais la porte est fermée.
    — ouvre !
    — je ne veux pas t’ouvrir !
    — tu dois venir donner ton avis !
    — tu veux me forcer la main !
    — tante Taos est là, avec Ahmed, il y a aussi tante Mériem… Elles se battent, pour toi !
    — que veux-tu que je fasse ?
    — tu dois prendre une décision !
    Kenza n’en croit pas ses oreilles. Son frère, qui la poussait à épouser Ahmed, lui demande son avis. Sans hésiter, elle ouvre la porte.
    — quoi, tu me donnes la possibilité de faire un choix !
    Mohammed est embarrassé.
    — oui !
    — tu voulais que j’épouse Ahmed !
    — je croyais que c’était un bon choix pour toi !
    — tu croyais…
    Mohammed fronce les sourcils.
    — nous n’allons pas nous disputer !
    — tu m’as toujours méprisée !
    — je cherche à te défendre !
    — contre mes propres intérêts ?
    — je ne voulais pas que tu sortes avec un Français !
    — tu m’interdis de fréquenter tous les garçons !
    Mohammed s’énerve.
    — je ne veux pas de dispute !
    Kenza se montre ironique.
    — tu as toujours cherché la dispute… Qu’est-ce qui explique cette nouvelle tolérance, chez toi ? Tu changes comme ça, dans la journée ?
    — c’est papa et maman…
    — quoi, papa et maman ?
    — ils sont sur des charbons ardents !
    Kenza ricane.
    — ah, c’est pour maman et papa que tu voudrais que je prenne position !
    — oui… S’ils accordent ta main à tante Taos, tante Mériem va leur en vouloir, si c’est Mériem qu’ils choisissent, tante Taos va les renier !
    — donc, si tu me laisses le choix, c’est pour sauver papa et maman !
    — oui… Mais ton avis compte aussi… Si j’avais un conseil à te donner, choisis Ahmed !
    — je peux vraiment faire mon choix ?
    — oui !
    — alors, je te suis ! (à suivre…)

    K. Y.

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Mourir libre (3e partie)

    Résumé de la 2e partie n Spartacus, après la prophétie de sa femme qui est prêtresse, organise la révolte des gladiateurs…

    Les Gaulois sont venus me parler. Ils renoncent presque tous.
    — C’est de la folie ! Pourquoi ?
    — Ils ont peur. Tant que ce n’était qu’un projet, ils étaient d’accord, mais maintenant qu’il faut passer à l’action, ils n’ont plus le courage.
    — Tu leur as rappelé les prédictions de Spartaca nous promettant la victoire ?
    — Je l’ai fait. Je n’en ai convaincu qu’un petit nombre. Les autres ont juré qu’ils ne diraient rien, mais j’ai peur qu’ils parlent. Il faut avancer la date.
    Caius Battiatus vient vers eux, l’air furieux. Il est interdit aux gladiateurs de se parler pendant l’entraînement. Spartacus répond brièvement au Gaulois :
    — Ce soir…
    Le soir venu, environ la moitié des deux cents pensionnaires de la caserne se retrouvent dans les cuisines. Ils y sont venus sans bruit, dans le plus grand secret. Spartacus prend la parole à voix basse, pour convaincre les derniers indécis :
    — Vous avez tous été des hommes libres. Vous avez un pays, une famille. Certains ont une femme et des enfants. Voulez-vous les revoir ?
    Beaucoup acquiescent, d’autres restent silencieux.
    — Ou bien préférez-vous mourir d’une manière infamante, vous égorger entre vous pour le plaisir des Romains ?
    Encore une fois, les réactions sont partagées. Mais une voix s’élève en sourdine :
    — Spartaca ! Que dis-tu, Spartaca ?
    La prêtresse de Dionysos va chercher une cruche de vin et en renverse un peu dans une écuelle. Il y a un silence impressionnant. Tous ces combattants redoutables, aux pectoraux et aux bras puissants, certains couverts de cicatrices, sont suspendus à ses lèvres. Enfin, elle parle d’une voix solennelle :
    — Je vous vois devenir une armée innombrable. Rome tremblera devant vous.
    — Aurons-nous la victoire ?
    — Oui, beaucoup de victoires.
    — Rentrerons-nous chez nous ?
    — Je ne sais pas. Les dieux ne le disent pas…
    Spartacus interrompt ce dialogue.
    — Il faut faire vite ! Nous risquons d’être surpris. Que ceux qui veulent venir me suivent, que les autres regagnent leur chambre et se taisent !
    Aussitôt deux groupes se forment. Les uns vont s’emparer de couteaux et de broches, les autres rejoignent en silence logement. Bientôt les révoltés se retrouvent à l’extérieur, car – c’est extraordinaire, mais c’est ainsi – la caserne n’est ni fermée ni gardée. Leur premier souci est de se compter : avec Spartacus, Spartaca et Crixos, ils sont en tout soixante-treize à tenter la grande aventure.
    Comment peuvent-ils réussir avec pour seules armes des ustensiles de cuisine ? Ils ne le savent sans doute pas eux-mêmes, mais c’est à ce moment que la chance intervient de la manière la plus inespérée. Pendant toute la nuit, Spartacus et les siens se cachent dans Capoue. Ils se mettent en route au matin et ils tombent nez à nez avec un convoi d’armes destiné à leur caserne.
    Les soldats qui assurent le transport sont rapidement neutralisés et chaque gladiateur n’a qu’à se servir dans la spécialité qui est la sienne. Car tous ne combattent pas de la même manière : certains ont un trident et un filet, d’autres, un bouclier rond et une épée recourbée, d’autres encore, un armement proche de celui de l’armée romaine. L’opération n’a pas duré plus de quelques minutes, et c’est une troupe puissamment armée qui quitte la ville. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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