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Conte-Taourirt N’Tidits (1re partie)

11 janvier 2010

1.Contes

Au coin de la cheminée
Taourirt N’Tidits (1re partie)

Au village de Taourirt Aït Menguellet, vivait un homme considéré, ayant, suivant l’expression kabyle, la parole dans la tribu. Son influence n’était pas due à la cause habituelle la richesse ; sa fortune était médiocre et, de son métier,

il tournait des plats en bois. Mais sa force, son courage, sa sagesse dans les conseils l’avaient déjà fait choisir deux fois, dans les expéditions contre les Attafs, comme chef de guerre. De plus, bon musulman, il avait fait le pèlerinage de la Mecque ; ennemi du mensonge, il n’avait qu’une parole et personne ne pouvait dire qu’il y avait manqué.
Il se nommait El-Hadj Amrouch et était âgé de quarante ans environ.
Sa femme, Fatima, célèbre par sa fière beauté, lui avait déjà donné, à vingt-trois ans, quatre garçons, et pas une fille. Il passait donc pour un homme heureux, méritant de l’être.
Un mardi, il prévint sa femme que le lendemain, il irait vendre des plats à couscous à l’Arba des Iraten et y faire des achats pour le ménage. Le mercredi, en effet, avant l’aube, il ceignit sa gandoura et sa ceinture de cuir, jeta son fusil sur l’épaule et, embrassant son fils aîné, il interpella Fatima :
— Femme, je serai deux jours absent, ainsi que mon frère ; tu resteras seule à la maison, avec notre sœur et mes fils. Tu n’as pas d’homme pour te protéger, mais tu es la femme d’El-Hadj Amrouch. Je te laisse en outre M’kabra, notre chienne : elle veillera pour toi la nuit.
— Ton nom suffit, répondit Fatima, en garnissant le bissac de son mari de galette et de figues sèches ; ta servante est fière de t’appartenir. Grâce à toi, elle est entourée du respect de tous et saura prouver qu’elle le mérite. El-Hadj sourit ; n’osant point montrer sa satisfaction à sa femme, devant son frère, ce qui est peu correct en Kabylie, il se contenta de baiser à nouveau son fils. Les hommes partirent, et Fatima, toute la journée, vaqua à ses occupations, allant à la fontaine, récoltant les figues, suivie de près par la terrible M’kabra, énorme chienne arabe à longs poils blancs. Au maghreb, Fatima rentra chez elle, et la nuit était tout à fait tombée lorsqu’elle servit aux siens le repas du soir. La porte d’entrée qui, dans toute maison kabyle précède la cour centrale, était entrouverte ; M’kabra tournait autour de la natte servant de table et de nappe, lorsque, tout d’un coup, elle bondit vers la rue en poussant des aboiements furieux. Des pas précipités se rapprochaient de la maison : bientôt, une personne s’arrêta à la porte, en frappant à grands coups ; mais l’arrivant, effrayé par la vue de M’kabra, n’osait entrer, retenant la porte par le battant
— El-Hadj Amrouch ! El-Hadj Amrouch ! cria-t-il d’une voix haletante.
Fatima, se levant, calma M’kabra et demanda qui était là.
— Je suis l’hôte d’El-Hadj Amrouch, répondit-on, Amar Amzian de Djemâa Saharidj ; laisse-moi entrer chez toi, ô femme, car mes ennemis me poursuivent.
Au nom de Dieu et de Sidi Abd-el-Kader El-Djilali, laisse-moi entrer, ils vont me tuer !
— El-Hadj n’y est point, dit Fatima, entre néanmoins, qui que tu sois, car il ne sera pas dit qu’on a invoqué en vain l’hospitalité d’un Aït Menguellet. Entre vite, et si tu as de mauvaises intentions, Dieu et El-Hadj sauront te punir. (à suivre…)

Récit et légendes de la grande Kabylie par B. Yabès

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Conte-Taourirt N’Tidits (1re partie)”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    De l’or en barres (6e partie et fin)

    Résumé de la 5e partie n Jeremy Johnson, en sa qualité de soldat, s’inquiète sérieusement quand un avion japonais effectue une reconnaissance au-dessus du «Claymore», mais le capitaine Williams n’en tient pas compte et continue de récupérer l’or…

    Jeremy Johnson commence à perdre le contrôle de lui-même.
    — Qu’est-ce que vous savez ? Vous vous croyez plus fort que tout le monde et vous ne savez rien du tout ! Nous allons tout perdre par votre faute.
    Williams ne répond pas. Le lieutenant s’énerve de plus en plus.
    — Ecoutez-moi, Williams. Tout à l’heure j’ai compté les barres. Nous en sommes à cinq cent quatre. Vous entendez ? Cela fait plus de six tonnes ! Six tonnes d’or, vous ne trouvez pas que c’est suffisant ? Si on continue, ne serait-ce qu’un jour de plus, ces six tonnes deviendront zéro ! Vous serez ruiné et moi je n’aurai plus qu’à me tirer une balle dans la tête : j’au-rai livré des millions de dollars à l’ennemi.
    Le capitaine répond, sans lâcher sa pipe
    — Il y a encore de l’or en dessous. On continue.
    Johnson l’agrippe par son paletot :
    — Mais enfin, espèce de vieux fou, espèce de vieux grigou, vous n’avez donc rien compris ?
    Williams se dégage avec une force peu commune
    — Ça suffit comme ça ! C’est moi qui commande
    ici ! Un mot de plus et je vous fais enfermer dans la cale. Le lieutenant ne peut rien répliquer. Il doit assister, impuissant, à la suite des opérations. Les jours passent : 2, 3, 4 décembre. Les caisses se succèdent sur le pont et les barres s’entassent dans la cabine du capitaine. Cinq cent vingt, cinq cent cinquante, cinq cent soixante-dix. Il y en avait six cent quarante en tout sur le «Niagara». Jeremy Johnson scrute le ciel et la mer avec angoisse. Il s’attend à tout instant à voir surgir un avion, un bateau qui réduira tous leurs efforts à néant. Tout cela pour quelques kilos d’or supplémentaires, pour quelques dizaines de milliers de livres sterling dans la poche du capitaine. On a bien raison de dire que l’or rend les hommes fous !
    7 décembre 1941, 6 heures du matin. Comme chaque jour, l’équipe du «Claymore» s’apprête à prendre son poste, mais la voix du capitaine Williams retentit :
    — Arrêtez tout, nous rentrons !
    Jeremy Johnson, qui était juste derrière le capitaine Williams, n’en revient pas.
    — Je vous approuve, mais j’avoue que je ne com-prends pas. Pourquoi maintenant ?
    John Williams allume sa première pipe de la journée.
    — Parce que c’est comme ça.
    — Nous en sommes à six cent cinq barres. Il en reste trente-cinq au fond.
    — Eh bien, qu’elles y restent ! Vous vouliez qu’on parte, on part ! Alors, taisez-vous.
    7 décembre 1941, 11 heures du soir. Le «Claymore» arrive à Whangarei. Il règne une atmosphère étrange dans le port. D’abord, il fait entièrement nuit : pas de lumières aux fenêtres, même l’éclairage public est coupé. Et puis on entend un peu partout sur les quais des cris, des ordres.
    Le «Claymore» s’amarre. Un officier surgit, une lampe de poche à la main, et avance vers le lieutenant.
    — Faites éteindre immédiatement vos feux de posi-tion !
    — Pourquoi immédiatement ?
    — Vous n’êtes pas au courant ? Les Japonais ont détruit la flotte américaine à Pearl Harbor. C’est la guerre. On peut être attaqués d’un instant à l’autre.
    Jeremy Johnson éprouve une curieuse sensation. Il se tourne vers le capitaine Williams dont le visage est éclairé par le fourneau de son éternelle pipe :
    — Vous le saviez ?
    — Non. Vous l’avez dit vous-même : nous n’avons pas de radio à bord.
    — Mais ce n’est pas possible une pareille coïnci-dence ! Il doit bien y avoir une explication…
    Peut-être, mais le capitaine Williams ne la donnera jamais. La seule chose certaine, c’est qu’entre octobre et décembre 1941 le «Claymore» a repêché six cent cinq barres d’or, sept tonnes et demie, le plus grand trésor jamais sorti des mers !

    D’après Pierre Bellemare

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Mon bébé, Justin, me manque beaucoup

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