Le mausolée
Chacun se rappelle le séjour des artistes des Ecoles des beaux-arts d’Aix-en-Provence et d’Alger en 2006 sur les versants de Sidi El-Kebir où ils avaient immortalisé tout ce qui bougeait et même l’inanimé : sources, us et coutumes, arbres, roches et eau. Les bruits et les lumières, les couleurs et les voix, les témoignages de celles et ceux qui résistent aux bouleversements imposés par les obligations des temps actuels.
Il fallait voir ces mines de vieilles, aux regards incertains, se laisser aller aux confidences devant les différents enregistreurs d’une équipe venue témoigner de l’enracinement et de la résistance, objet d’une étude qui existe désormais en CD et en livre. «L’eau est à la base de toute vie» : tout le monde s’accorde sur le sens de cette expression et la localité de Sidi El-Kebir, tirant — ou donnant — son nom à l’oued ne veut plus voir son eau «partir» sans contrepartie.
L’oued a charrié d’énormes immondices jusqu’au barrage plus bas, autre lieu d’une activité économique. «Nous avons passé trois jours entiers à Sidi El-Kebir en allant à une des sources de cet oued pour descendre jusqu’au barrage fait d’immondices avec un oued non respecté aujourd’hui», confiera douloureusement Denis Martinez, concepteur du projet et coordinateur des différents travaux. Il y eut un livre et un DVD avec un texte de Nourredine Saâdi : Supplique à Sidi Ahmed El-Kebir pour la purification de l’eau. «Rendre à l’oued sa pureté d’antan», tel est le vœu de l’auteur de Denis Martinez, peintre algérien paru aux éditions Barzakh et Le Bec en l’air en 2003.
Le livre paru est aussi l’histoire de ammi Ahmed, de la famille El-Aroussi, qui a su garder la première pierre tombale de l’ancêtre Sidi Ahmed El-Kebir. Bahaz, le percussionniste et Mahfoudh Benayachi, le poète — ou goual — qui a déclamé son texte en arabe dialectal, ont aussi gravé leurs noms dans ce produit unique. Olivier de Sidi Yacoub en 2005, Eau de Sidi El-Kebir en 2006 puis Le monde des abeilles en 2007 : trilogie de Denis Martinez et son équipe avant de s’intéresser à la chaîne du Djurdjura en Kabylie.
A. M.

































1 janvier 2010
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