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1.Histoires vraies -Tombeau pour un Empreur (1re partie)

28 décembre 2009

Non classé

Histoires vraies
Tombeau pour un Empreur (1re partie)

Le 5 mai 1821, Napoléon le Grand, le conquérant de l’Europe, meurt à Sainte-Hélène, officiellement d’un cancer de l’estomac, après avoir subi pendant près de cinq ans les avanies du gouverneur Hudson Lowe.

Depuis, certains ont apporté des arguments troublants à la thèse de l’empoisonnement à l’arsenic. Arsenic qui lui aurait été traîtreusement administré par un de ses fidèles couvert de dettes. Mais ceci est une autre histoire…Ce n’est qu’au mois de novembre de 1840 qu’une frégate – la depuis lors célèbre Belle Poule – ramène sur le continent les cendres du plus fameux des Corses. Elle touche le quai de Cherbourg. Un prince commande le navire : le très séduisant prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe, descendant des Bourbons…L’arrivée des restes de l’empereur provoque une démonstration de vénération de la part du maréchal Soult, qui se prosterne devant le catafalque. Le peuple de Paris accourt… Que va devenir la dépouille du «petit caporal» ?Napoléon, qui savait bien qu’un jour il disparaîtrait a hésité dans le choix d’une sépulture. Le centre de la France lui plaît, durant un moment. Il se voit bien au confluent de la Saône et du Rhône. Mais son cœur de Corse reprend le dessus. Il choisit alors d’être enterré au milieu des siens, dans la cathédrale d’Ajaccio. Puis Paris lui semble, quelque temps après, plus raisonnable : au Père-Lachaise, comme un bon bourgeois entre Masséna et Lefebvre, chers à son cœur.
En définitive, sentant sa fin proche, il indique qu’il désire être enterré «sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé».
Mais il lui aura fallu attendre dix-neuf ans avant de quitter la petite tombe de Sainte-Hélène…
Maintenant il faut prendre une décision. Tous ceux qui ont voix au chapitre donnent leur avis ; bien divers, on le constate :
«Napoléon, souverain légitime de la France, devrait reposer à la basilique de Saint-Denis, qui abrite depuis longtemps tous les rois.
— Il veut reposer au bord de la Seine. Notre-Dame-de-Paris répond mieux à ce vœu que Saint-Denis, où il n’aurait que faire au milieu des Bourbons qu’il a combattus farouchement…
— Cœur de Paris et bords de Seine, il serait plus à sa place à la Madeleine.
— Mais non, pourquoi la Madeleine ? Qu’il repose au Panthéon !
— Il faut que sa tombe soit marquée par un monument qui lui rende hommage. On pourrait l’ensevelir sous la colonne Vendôme, que sa statue domine déjà.»
M. de Rémusat, qui est alors ministre de l’intérieur, annonce enfin la décision prise : «Les restes de Napoléon seront déposés aux Invalides. Il importe que cette sépulture ne demeure pas exposée sur une place publique, au milieu d’une foule bruyante et distraite.»
Le 15 décembre la dépouille mortelle de l’empereur, sur un char monumental traîné par seize chevaux caparaçonnés d’or, s’arrête sous l’Arc-de-Triomphe et, continuant son parcours, pénètre dans la cour des Invalides où le roi Louis-Philippe l’attend. Trente-six marins la placent sous un baldaquin de satin blanc, orné d’un aigle d’or. (à suivre…)

D’après Pierre Bellemare

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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5 Réponses à “1.Histoires vraies -Tombeau pour un Empreur (1re partie)”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Un homme bien conservé (3e partie et fin)

    Résumé de la 2e partie : En 1938 on a aussi découvert un cadavre – lui aussi étranglé – avec des tresses très bien conservées. Une autre fois, toujours dans le même secteur, un trésor a été retrouvé…Suite…

    Un examen approfondi des vertèbres du mort permet d’établir que le malheureux a été pendu. Une étude de ses dents de sagesse permit de conclure qu’il avait sans doute plus de vingt ans. On entreprend ensuite l’étude de l’estomac et de l’intestin du mort : son dernier repas était constitué de plantes variées, de fruits et de graines. On finit par identifier de l’orge, des graines de lin, de renouée, et différentes «mauvaises herbes» des champs. le repas a été essentiellement végétarien. L’homme aurait passé de douze à vingt-quatre heures à jeun après ce dernier repas…
    En possession de tant d’éléments intéressants, les scientifiques décident alors d’aller plus loin ; et c’est ainsi que, en 1954 la télévision anglaise fait préparer une mixture à base des mêmes herbes que celles trouvées dans l’intestin du mort. Deux archéologues britanniques sont ensuite invités à déguster ce repas de l’âge du fer. le goût en est si abominable qu’ils doivent faire glisser le tout en buvant chacun une grande rasade de «raide»… Mais ils précisent que l’homme de Tollund n’a pas eu le même privilège : ce n’est, en effet, que mille ans environ après sa mort que les boissons fermentées et distillées ont été inventées. Avec un peu de chance, il a pu absorber une boisson d’orge, de canneberge et de myrte sauvage, améliorée et renforcée avec du miel.
    A présent il faut décider du sort de l’homme de Tollund. On doit se résoudre à ne conserver que la tête du malheureux. Elle est séparée du corps et doit passer de longs mois dans un mélange d’eau, de formol, d’acide acétique, additionné ensuite d’alcool.
    Puis elle est renvoyée dans la région de sa découverte, dans le Jutland central. L’opération de conservation l’avait réduite… d’environ 12%. Les visiteurs qui se trouvent soudain face à face avec l’homme de Tollund sont saisis par sa «présence», malgré la couleur brune de la peau.
    Il faut préciser que au moment de son extraction de la tourbière, l’une des personnes qui donnaient un coup de main pour arracher le pendu de l’Âge du fer à son cercueil naturel, succomba d’un infarctus. Les dieux avaient demandé une vie, en échange de la victime qu’on leur reprenait…

    D’après Pierre Bellemare

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    L’épée magnifique (1re partie)

    Un célèbre marchand d’armes anciennes se souvient d’une aventure qui lui est arrivée pendant la dernière guerre. Un collectionneur, qui désire se séparer d’une série de médailles de la Légion d’honneur, lui demande de venir sur place pour se rendre compte de la valeur de ses décorations. le marchand se rend donc à Dijon.
    Malheureusement, l’amateur se fait des illusions, à la fois sur la valeur intrinsèque des décorations et sur le prix qu’il peut en demander. le marchand parisien est déçu. Il ne lui reste plus qu’à attendre le prochain train pour Paris. D’ici là, que faire ? Compléter son érudition personnelle, par exemple. Et pour cela, quoi de plus intéressant que d’aller visiter le musée local ? Dans le musée, pratiquement désert, il s’attarde sur tout ce qui concerne sa spécialité : les armes. Le gardien, qui s’ennuie, engage la conversation :
    «Je vois que vous vous intéressez aux armes anciennes. Si par hasard vous êtes acheteur de quelques belles pièces, je connais un vieux monsieur qui vient de mourir. Ses héritiers cherchent à vendre sa collection, qui était magnifique. Si cela vous intéresse, j’ai leur adresse.»
    Bien sûr, une affaire éventuelle vaut mieux que la visite d’un musée, aussi charmant soit-il ! Notre commerçant décide donc d’aller rendre une visite impromptue aux héritiers.
    C’est à l’heure du thé qu’il se présente à leur domicile. Il s’agit des deux fils du défunt. leur accueil est sympathique, et ils expliquent clairement : «Notre père a passé son existence à collectionner les armes. Nous n’avons jamais eu le droit de toucher aux pièces qu’il a accumulées.
    Ce qui fait que cela ne nous intéresse absolument pas. Alors nous cherchons à vendre.»
    Le spécialiste visite l’appartement, estime la valeur de la collection. Il réfléchit à ce qu’il pourra en tirer, aux frais de transport, aux taxes, au bénéfice légitime, et propose un prix global pour l’ensemble. Les héritiers sont d’accord et reçoivent un acompte.
    Quelques semaines plus tard, la collection arrive dans la boutique parisienne.
    Il faut à présent examiner chaque objet avec soin. Parmi les pièces les plus importantes, une immense épée Renaissance. Le nouveau propriétaire tire l’épée de son fourreau. Ce faisant, il fait tomber sur le sol un parchemin. En lisant le manuscrit, il découvre que l’épée qu’il tient en main n’est autre que celle du bourreau de Saint-Gall, en Suisse, Saint-Gall, autrement dit, en suisse alémanique, Sankt Gallen, s’est construite autour d’une abbaye fondée par un moine irlandais.
    Plus tard, elle devient ville impériale et acquiert une réputation solide grâce à la fabrication de toiles fameuses au Moyen Âge. Il y a donc, pour cette ville, la nécessité d’une justice, et qui dit justice dit bourreau. Le parchemin raconte l’histoire de cette épée. Et donne un détail curieux : l’arme, après la cent et unième exécution, devenait automatiquement la propriété du bourreau. Et pour prouver que tout était en règle, le manuscrit donnait la liste complète de toutes les têtes «décollées» par la vaillante épée et le robuste bourreau.
    Sur la sinistre lame, on peut lire deux devises en vieil allemand. D’un côté : «Dieu, tu es le juge. Moi je ne suis que le valet.» L’autre côté porte ce souhait qui fait frémir :
    «Oh ! Seigneur, reçois dans ton royaume ce pauvre pécheur, par un coup réussi.» (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    L’épée magnifique (2e partie et fin)

    Résumé de la 1re partie n Un célèbre marchand d’armes acquiert une épée. A l’intérieur de son fourreau, un manuscrit raconte l’histoire de cet objet…

    Tout heureux de cette découverte et de ces détails supplémentaires, notre marchand fait nettoyer l’arme et l’expose dans son magasin.
    Les semaines passent et, un jour, une personnalité connue entre et déclare : «Je dois faire un cadeau à un ministre. Qu’auriez-vous à me proposer ?»
    Le marchand lui dit que cette épée de Saint-Gall pourrait convenir. Un objet évoquant la justice, de haute époque. Une belle pièce, digne d’un musée. l’amateur trouve l’objet amusant et règle sur-le-champ.
    «Faites un beau paquet et soyez assez aimable pour le faire livrer chez le ministre, avec ma carte.»
    Le marchand exécute les desiderata du client, et il se déplace personnellement jusqu’au domicile du ministre. C’est l’épouse de ce dernier qui le reçoit et prend possession du cadeau.
    Deux ans plus tard, notre marchand voit entrer dans sa boutique une personne qui, de toute évidence, est en grand deuil. Une fois son voile noir relevé ,la dame se fait reconnaître : c’est l’épouse du ministre.
    «Il y a deux ans, explique-t-elle, M. X. nous a offert une épée qu’il avait achetée chez vous. C’est vous-même qui en aviez fait la livraison.
    — Je m’en souviens parfaitement…
    — Eh bien, depuis que nous avons reçu ce cadeau, nous avons été accablés de malheurs. ma belle-mère, qui était en pleine santé, est morte peu après. Notre propriété à la campagne a ensuite été ravagée par un incendie. Puis mon fils a eu un très grave accident de voiture, qui l’a handicapé. Et mon époux vient de succomber à un infarctus… Je suis certaine que cette épée est responsable de ces malheurs. Pour moi, c’est un objet maléfique, et je ne veux plus la garder chez nous. Reprenez-la, je vous en prie.»
    Le marchand, qui n’est pas superstitieux, rachète l’épée et la met à nouveau en exposition dans sa boutique. Un mois plus tard, un amateur examine l’arme. Il est jeune, fils de famille, sportif, et apparemment tout lui sourit dans la vie. En apprenant l’histoire de l’épée, il sursaute :
    «Il me la faut ! Je suis propriétaire d’une maison à Saint-Gall, justement.»
    Le prix lui semble correct, et il part avec l’arme.
    mais, dans les mois qui suivent, le marchand a l’occasion de reprendre contact avec le nouvel acquéreur. Au bout du fil, on lui apprend qu’il n’est pas en mesure de faire de nouveaux achats : il est à l’hôpital, dans un état très grave…
    En fin de compte, l’habitant de Saint-Gall retrouve la santé. Mais il l’a échappé belle. Lui aussi demande au marchand de reprendre l’épée, mais cette fois notre commerçant parisien ne veut plus rien savoir…

    D’après Pierre Bellemare

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Trahis par la comtesse…

    On parle encore d’une vente à rebondissements qui a eu lieu il y a quelques dizaines d’années à Provins. Il y avait dans cette ville deux sœurs d’un âge avancé, toutes deux célibataires et sans héritiers.
    Les deux sœurs moururent à la même époque et, comme personne ne s’était présenté pour recueillir leur héritage, un notaire et un commissaire-priseur furent chargés de l’inventaire et du règlement de la succession. Un généalogiste des environs s’y intéressa. Ces deux vieilles demoiselles comptaient une foule d’amis dans la ville, mais aucun parent. On eut beau chercher dans tous leurs papiers personnels, pas l’ombre d’un testament.
    Le généalogiste se disait que, forcément, il allait retrouver un parent, même éloigné, qui serait ravi de toucher ce pactole (rappelons qu’à l’époque les droits de succession étaient bien plus légers que de nos jours…). Le généalogiste, donc, se rend au lieu de naissance des deux sœurs et commence son enquête, examine leur arbre généalogique, en parcourant les branches vers le haut et vers le bas ; il finit par établir une liste d’héritiers au cinquième degré. Six personnes au total, dispersées un peu partout en France. Les six heureux bénéficiaires de ce coup de chance se montrent très intéressés par la bonne nouvelle.
    On règle assez rapidement la répartition du pactole. Tous les héritiers tombent d’accord pour que le mobilier soit dispersé aux enchères publiques. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
    C’est par un beau jour de printemps que la vente a lieu. De belles pièces anciennes. La foule des amateurs est nombreuse et, au premier rang, on aperçoit les six visages réjouis des héritiers, qui voient avec délice monter les enchères.
    Les meubles sont partis, et même «bien partis». On passe alors à une très belle et très importante collection que les deux sœurs avaient héritée de plusieurs générations d’ascendants… Non pas des bibelots, mais des livres. Il y avait là tout ce qu’on pouvait espérer, du meilleur et du pire : des dictionnaires Larousse, des romans à l’eau de rose, des Alexandre Dumas reliés en veau et, bien entendu, les œuvres pratiquement complètes de la comtesse de Ségur, en édition ancienne, avec les illustrations de l’époque.
    Les amateurs boudent un peu ces livres, et c’est un bouquiniste du coin, seul preneur de ces lots, qui emporte le tout pour trois fois rien…
    Dès qu’il a emporté l’adjudication, ce libraire prend possession de son bien et le commissaire-priseur lui tend des piles de volumes pour qu’il en remplisse les cartons prévus pour leur transport. C’était à la bonne franquette…
    Mais tout le monde essayait d’accélérer les choses, et c’est de là que vint la catastrophe. En tendant Un bon petit diable – doré sur tranche – au nouvel acquéreur, le commissaire laisse tomber le livre, qui heurte le sol et s’entrouvre : du volume, on voit s’échapper un document ; on le ramasse, on regarde de quoi il s’agit : c’est le testament des vieilles filles…
    Et le pire, c’est que ce testament olographe, dûment daté et signé conjointement par les deux sœurs, laissait tous leurs biens… aux Petites Sœurs des pauvres ! Les six ayants droit, qui avaient fait des frais de déplacement pour assister à la constitution de leur héritage, sont repartis avec les débris de leurs espoirs… En traitant leurs lointaines cousines de «vieilles biques», parions-le…

    D’après Pierre Bellemare

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Histoires vraies
    Cheval fou (1re partie)

    Qui ne connaît le monument du mont Rushmore, aux Etats-Unis ? Sinon pour l’avoir examiné de près, du moins pour l’avoir vu sous toutes les coutures grâce au film d’Alfred Hitchcock, La Mort aux trousses, et avoir tremblé pour Gary Grant et Eva Mary Saint, qui sont poursuivis sur les têtes géantes de George Washington, Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt et Thomas Jefferson.
    l’auteur de ces statues colossales creusées à même la montagne est Gutzon Borglum et les têtes géantes dont il est le créateur mesurent soixante-treize mètres de haut.
    Bien évidemment Borglum, Michel-Ange des temps modernes, n’a pas été seul pour concrétiser son rêve. Une vingtaine d’assistants ont mis quatorze ans à donner vie, en ronde bosse, aux visages des présidents américains.
    Cette œuvre gigantesque a coûté un million de dollars, qui a été fourni par une subvention de l’Etat et par des dons privés. parmi ceux qui taillent dans la montagne, un ouvrier sans grade : Korczak Ziolkowski. Son histoire ressemble à celle de nombreux émigrés ou fils d’émigrés. Il est né à Boston, de parents polonais comme son nom l’indique. Mais, pour son malheur, ses parents meurent, et le pauvre orphelin est remis aux bons soins d’une institution. Il faut croire que les soins qu’on lui prodigue laissent à désirer, puisque Korczak s’enfuit. Il a seize ans et parvient à se faire engager dans un chantier naval de Boston, où l’on cherche toujours des gars costauds et courageux. Comme il est méticuleux et sérieux, on lui confie une mission particulière : «Ziolkowski, peux-tu essayer de préparer la figure de proue du yacht ? Elle a pris un jeton, en heurtant un quai par mauvais temps.»
    Et c’est cette mission quelque peu insolite qui déclenche chez lui une vocation. Il se découvre soudain une capacité pour la sculpture. Bientôt les résultats de son travail attirent l’attention, et on parle de lui dans la presse. Il peut quitter son job salissant ; il est de plus en plus connu, et finit par rencontrer une jeune fille d’une famille bourgeoise, qui consent à épouser l’orphelin «polak». Bien qu’il soit tout à fait autodidacte, Ziolkowski voit grandir se réputation de sculpteur. Il réalise des bustes de pierre ou de marbre qui lui valent d’élogieuses critiques dans les expositions. Et pas les bustes de n’importe qui, puisqu’il exécute même celui d’Ignacy Paderewsski, pianiste et compositeur célèbre, et même – durant deux ans – président du conseil de la république polonaise.
    Cette œuvre est récompensée à l’Exposition mondiale de New York, en 1939. Cette année-là, Ziolkowski va travailler sur le chantier du mont Rushmore. C’est pour lui l’occasion de s’affronter avec les difficultés de la sculpture «rupestre», qui lui semble alors une technique digne de lui.
    Ziolkowski fait la connaissance d’un chef sioux, Ours debout. Celui-ci, qui lui a tout d’abord écrit, veut que justice soit rendue à son peuple massacré par les hommes blancs.
    «Il faut que les Blancs sachent que nous, les hommes rouges, avons aussi nos propres héros.
    — Et qui en particulier ?
    — Notre grand héros est Cheval fou, celui qui a vaincu le général George Armstrong Custer lors de la bataille de Little Big Horn, le 25 juin 1876. L’année suivante, Cheval fou, alors que la trêve était signée avec les Blancs, tomba dans une embuscade où il fut tué.
    — Et où ce monument devrait-il s’élever ?
    — Pour nous, les Collines noires comme vous dites, les Paha sapa en langage sioux, sont un lieu sacré. C’est là qu’il faudrait élever ce monument. (à suivre…)

    D’après Pierre Bellemare

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