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“Des chemins et des hommes”, de Mohamed Rebah

22 décembre 2009

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Culture (Mardi 22 Décembre 2009)


“Des chemins et des hommes”, de Mohamed Rebah

Sur un air du “Chant des Partisans”

Par : M. FenziL’Histoire sera toujours à écrire. C’est ce que semble nous dire Mohamed Rebah à travers son livre “Des Chemins et des Hommes”, paru aux éditions Mille-Feuilles.

Le livre lève le voile sur un pan de l’histoire du mouvement national et de la guerre de Libération nationale, loin des versions officielles qui veulent que le peuple uni se souleva subitement, comme un seul homme, un certain 1er Novembre 1954, pour mettre les colons français dehors au bout de sept ans de guerre.
Non, les choses étaient un peu plus compliquées et complexes, comme toutes les histoires sociales. En effet, l’auteur Mohamed Rebah, connu pour ses contributions à l’histoire dans Alger républicain, donne la parole aux acteurs de la Révolution pour apporter leur témoignage, pour dire tous leurs espoirs, mais aussi leurs déceptions. En voulant retracer le parcours de son frère Nour Eddine, mort au champ d’honneur, Mohamed Rebah croise l’histoire de Mustapha Saâdoun.
Mais il croise également l’histoire d’autres militants communistes et nationalistes. Henri Maillot, Pierre Ghenassia, Taleb Abderrahmane, Maurice Audin, Odet Voirin, Raymonde Peschard dite Taous, Fernand Iveton… On y retrouve plusieurs Algériens d’origine européenne ou juive profondément engagés pour une Algérie libre,  indépendante et surtout sociale.
Le lecteur se retrouve ainsi plongé dans le contexte sociopolitique et les péripéties de la lutte dans les années 1950 : les campagnes contre la mobilisation des paysans pour la guerre d’Indochine, les luttes sociales pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et des paysans et pour une véritable égalité dans les droits.
On aura compris aussi qu’il est souvent difficile pour les vieilles gardes à la tête des directions politiques d’appréhender les nouveaux cours de l’histoire. Il leur était difficile d’envisager la nécessité de la lutte armée, contrairement aux militants de base qui commençaient à s’impatienter. Comme le souligne à juste titre Mohamed Akkache, dans sa lettre-préface, “ils ont compris que les plus hauts dirigeants, les zaïms, les leaders ne sont que des êtres humains qui peuvent se tromper, avoir des faiblesses, parfois même faire passer leur intérêt personnel avant les intérêts collectifs qu’ils sont censés défendre”.
L’auteur nous raconte aussi l’histoire des CDL, les fameux Combattants de la Libération, lancés par le PCA. Après l’accord passé entre le PCA et le FLN, en 1956, les CDL sont dissous et sommés de rejoindre les rangs de l’ALN. Ce qui renforcera énormément les maquis en encadrement politique et en moyens logistiques.
L’auteur nous relate l’épisode du détournement, le 4 avril 1956, des armes au profit du FLN et ce, par des membres du réseau CDL de la Mitidja. “Une véritable chaîne humaine… qui fit preuve d’une extraordinaire ingéniosité pour déjouer l’ennemi aux abois.”
On y retrouve particulièrement Henri Maillot, Odet Voirin, Nour Eddine Rebah, Denise Duvalet, Hamid Allouache… L’auteur revient également sur les pressions de toutes sortes subies par les militants communistes et les intellectuels dans les maquis. “À l’époque des faits, la presse coloniale, nourrie par le Cinquième bureau, multipliait les articles sur la participation des communistes à la lutte armée dans le but évident d’exagérer leur influence au sein de l’ALN, et d’inscrire la lutte pour l’indépendance dans le contexte de la guerre froide entre l’Est et l’Ouest.”
Victimes de cette campagne d’intox et de leur manque de formation politique, des chefs militaires ont fait de l’anticommunisme leur credo et du marxisme un délit. Les coupables étaient égorgés. Nour Eddine Rebah sortit miraculeusement de “l’épreuve abjecte de la fosse”. Il avait la lame sur la gorge et allait y passer n’était l’intervention in extremis de Omar Oussedik.
S’ouvre alors une longue période de “transit” pour les militants communistes. Victimes des préjugés, Mustapha Saâdoun et Nour Eddine Rebah se retrouvent rejetés d’une katiba à l’autre et d’une wilaya à l’autre. Aucun chef militaire n’en voulait. Nour Eddine Rebah tombera au champ d’honneur le vendredi 13 septembre 1957. Si Mustapha Saâdoun est sorti indemne de la guerre de Libération, il va lui falloir survivre encore à l’épreuve de l’après-guerre.
Des chefs militaires zélés ordonnèrent son arrestation comme tant d’autres anciens militants du PCA. Il sera enfermé jusqu’au
8 août 1962. Après une courte entrevue, “Ahmed Ben Bella que je n’avais pas revu depuis la prison de Blida ordonne au lieutenant Hamid Allouache que je sois sur le champ expulsé en France”, témoigne Mustapha Saâdoun. Mohamed Rebah a pris le soin d’agrémenter son livre Des chemins et des hommes d’illustrations et de courtes biographies de quelques figures du mouvement national : Pierre Ghenassia, Abdelkader Choukhal, Raymonde Peschard, Odet Voirin, Makhlouf et Ali Longo, Abderrahmane Taleb et Maurice Audin.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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