RSS

Lettre à Djamila Bouhired

19 décembre 2009

Colonisation

Lettre à Djamila Bouhired  dans Colonisation moz-screenshot-2moz-screenshot-3 dans Colonisationmoz-screenshot-4

Lettre à Djamila Bouhired

par El Yazid Dib

Si je m’adresse à vous, c’est parce que, pour moi vous représentez ce peuple multiple, chaleureux et généreux que j’ai toujours aimé. Aujourd’hui, je me vois dans l’obligation de faire appel à vous. Permettez-moi tout d’abord de me présenter. Je suis Djamila Bouhired, condamnée à mort en 1957 par le tribunal militaire d’Alger. Je me trouve actuellement dans une situation critique.» Telle était l’amorce de votre appel.

A vous lire, le papier-journal s’est explosé entre mes frêles doigts. La lecture de l’encart flouait ma vision. Je voyais dans votre cri, toute une caravane de martyrs qui se joignait en bas de signature. C’est si comme j’entendais une voix provenant de l’au-delà, celle d’une martyre ressuscitée et qui hurlait sans voix sa douleur.

Chère madame, vous n’avez pas à vous présenter. Ni de nous dire votre parcours héroïque, ni votre condamnation à mort. Je vous connais très bien madame. J’ai vu autant de fois votre film. J’ai lu les écrits vous concernant. J’au vécu, dans la narration par maître Verges, le déroulement épique de votre procès. Il en retrace par épisodes et poésie, l’hommage et l’amour dévoués à une héroïne. D’ailleurs l’opuscule se trouvait être préfacé par Bouteflika. J’ai toujours dans mes yeux, voire dans mes tympans vos paroles face au juge injuste du tribunal martial qui vous destinait droitement à la guillotine, toute souriante et bravant la trouille, la frayeur et la mort certaine. Ce sourire là, après le combat était la pire condamnation que vous avez infligée à votre tour à tout un empire colonial et criminel. Vous avez toujours ce courage qui caractérise la femme algérienne combattante et intrépide.

L’appel de détresse lancé par vous madame ; icône historique laisse plus que perplexe. Il est inimaginable qu’un tel cas puisse se produire. A l’avoir lu, en toute candeur, j’ai cru à une sorte d’arnaque. Voire un montage médiatique, sinon un mensonge. Mais, bien que non ! La réalité est là. Il me semblait même d’ailleurs que vous étiez sénateur dans le tiers présidentiel et à ce titre vous seriez un peu plus fortunée par les liquidités du trésor public à l’instar de tous les parlementaires. Si Djamila Bouhired est dans un vrai besoin de prise en charge, elle que l’on croirait entrapercevoir lors des festivités nationales sur le parvis de la salle de réception présidentielle, que dire alors de celles ou ceux, qui se lamentent silencieusement du même cas et sont abasourdis par une indifférence non identifiée ?

C est scandaleux! Au moment ou pour un petit bobo, un ministre, sénateur ou député d’une petite contrée, n’ayant aucun cursus de faits de services nationaux, se fait soigner à Lausanne ou à la Salpetrière, voilà qu’une personnalité légendaire parmi tant d’autres, désespérée lance un cri de d’ultime désespoir.

Cependant chère madame, avec un léger recul et considérant les nombreux témoignages qui vous sont manifestés différemment par ce «peuple multiple et chaleureux», individus, organisations et instituions confondus, l’on conçoit que votre appel aurait été plus fécond s’il était fait sans en alerter l’opinion publique. Car à travers cela, une espèce sentimentale d’un certain goût moribond est venue s’incruster dans chaque paroi de cœur algérien. Le soupir nous étouffe. L’émotion nous étrangle. Le «c’est pas possible !» ne cessait de tarauder le claquage de nos paumes. L’on ne peut se taire face à une flagrante ingratitude, si elle y est. Je ne peux à mon tour penser et me refuse à le faire, que mon pays, si grand, si généreux, si brave et solidaire puisse un moment mettre sous paillasson un devoir national. Celui d’être attentif et engagé au chevet de ceux et celles qui l’ont libéré. Un simple petit clic de votre part envers une institution, une personnalité ou une corporation aurait, pense t-on en toute évidence suffit à faire cesser votre calvaire. Vous n’êtes pas n’importe qui madame ! Vous avez accompli avec mérite et gloire votre devoir. Le nôtre, le leur demeure toujours en cours. Vous avez tout droits sur nous. Qui des personnalités historiques ou nationales en vie et en sainteté avec le pouvoir en place ne vous aurait pas permis l’accès à des soins de qualité, si elles venaient à être informées ? Qui des officiels en charge de telles affaires, saisi n’aurait pas favorablement et sans faveur aucune acquiescer à exaucer vos nécessités en toute nature ? Il est vrai, paradoxalement que de part votre rang fort appréciable, votre silence et votre fuite des feux de la rampe l’on devrait tout de même s’inquiéter, s’informer et s’enquérir périodiquement sur votre état. Vous n’avez pas à tenir informé quiconque. Messieurs du ministère, tant des moudjahiddines et les organisations qui lui sont attenants, que celui de la solidarité nationale et les diverses associations qui lui sont dévolues ; devaient faire de l’action d’assistance et d’aide ; une mission principalement ministérielle. Elle y est certainement, mais aléatoirement accomplie. Car à vrai dire, combien sont ils ; celles ou ceux ; vaillants combattants et renoms qui sont encore en vie ? Une poignée, dira t-on. Que leurs derniers jours soient prolongés dans la gratitude, la reconnaissance et la fierté suprême de la nation.

N’ayez crainte madame, vous vous êtes adressée au bon endroit. Votre peuple et votre président. Ce président de la république, république algérienne, démocratique et populaire pour laquelle vous vous êtes combattue, va en toute certitude et conviction assurer et satisfaire vos besoins en santé et en bien-être. Il l’aurait fait pour chaque cri d’épreuve et d’infortune. Vous serez, donc dans cet élan d’alliance nationale d’après le 18 novembre au Soudan, bien prise en charge. L’on ne vous souhaite que santé et longue vie. L’Algérie sera éternellement à vos cotés. Hommages et respects.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

2 Réponses à “Lettre à Djamila Bouhired”

  1. Belhocine Dit :

    Monsieur ,

    Si votre article est plein de considérations pour cette dame qui a donné sa jeunesse et sa vie à cette Algérie qui a chasseé le colonialisme . Cependant faire l apologie d un président qui a mis sous sa botte et celle de son clan ce pays qui continue a souffrir ,le peuple et les patriotes ne peuvent suivre votre thèse ! Ce président qui se réclame de Moudjahid (???) a étouffé tout espoir de démocratie,de liberté et de progrés dont Mme Djamila Bouhired et tous les martyrs de Novembre 54 et de la démocratie se sont battus ! Quand on observe la repression sur la liberté d expression ,la chappe de plomb sur les libertés publiques et la chasse aux militants des Droits de l Homme ,des syndicalistes ,des chrétiens ,je ne peux que m étonner de ce président ,malade et sénbile qui a bafouillé la constitution et qui est à son troisième mandat ! Je ne peux aussi comprendre que ce pouvoir obsolète et archaique dont il est le principal animateur emprisonne a vie un patriote et un moudjahid de première heure pour avoir laver l affront de milliers de citoyens égorgés ,violés et assassinés alors qu il a libéré une cohorte de hordes sauvages fanatiques qui continuent toujours à provoquer la République en voulant installer la « Dawla islamia »!!

  2. machifor Dit :

    Sérieusement ça fait mal au coeur de lire la lettre de Jamila, le symbole de la libération de l’algérie et du monde Arabe!!!
    Mais nos dirigeants ont plus de temps de s’occupé des Sahraouis et de leur Polisario, ainsi de AMINATOU que de s’occuper de JAMILA. Nous sommes genereux avec le polisario, et notre argent est mis à leur disposition, par contre pour soigner JAMILA, nous n’avons pas les moyens !!!! C’est vraiment grave !

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...