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Épître aux journaleux égyptiens:Au nom … et de saint Sharon !

9 décembre 2009

Non classé

Épître aux journaleux égyptiens : Au nom du père, du fils et de saint Sharon ! (2 partie et fin)


- Cela relève de la psychiatrie !

Les dirigeants voyous et leurs porte-voix que l’Egypte de l’inusable mais néanmoins vieillard Hosni Moubarak et de Suzanne s’est donné pour élite vivent aux basques du régime. Avec beaucoup d’aplomb,

ils humilient un peuple endurant mais pas dupe. Le peuple égyptien est pétri d’attachantes qualités. Le clan Moubarak a été contrarié alors qu’il s’apprêtait à léguer le pouvoir à des rejetons autocrates bien comme il se doit. Ils tiennent le parti avant de tenir le peuple égyptien. Cette passation de témoin entre le père et le fils se serait certainement passée dans des conditions idoines si les Algériens ne s’étaient pas rebiffés pour transformer le rêve du potentat Moubarak en cauchemar. Le football, en Egypte comme ailleurs, permet de faire avaler les pilules les plus amères aux populations. Le désenchantement fut brutal, il ne peut plus surfer sur une victoire. La crainte du mécontentement populaire rendit donc vital, pour le régime, l’orchestration d’une hystérie médiatique inouïe pour canaliser la colère de la rue égyptienne contre l’Algérie et surtout contre le peuple algérien.

Le Caire ne pouvait pas risquer de laisser le Nil lui ramener les tumultes de la défaite, le tsunami généré aurait pulvérisé la dynastie Moubarak avant qu’elle n’entame la préface du deuxième feuilleton : indubitablement, le régime a peur, ses jours sont comptés et qu’il profite des nuits qui lui restent pour fantasmer sur les Algériens. Sans nuance, belliqueux et outranciers, les journaleux, écrivaillions et autres pleureurs de séries aussi larmoyantes qu’abrutissantes, fidèles suppôts du régime, ont franchi le Rubicon toute bride lâchée. S’appuyant sur le désarroi des jeunes gens d’Egypte, attisés par la déception du père et des fils, ils s’époumonent à ânonner d’énormes bêtises, à l’image d’oustaz Brahim qualifié très pertinemment par El Watan de journaliste-procureur et qui sévit sur Nile sport. Rivarol a raison, c’est un délice de fin gourmet que de se faire traiter de bête par un sot de cet acabit. Leurs gosiers sont à l’évidence devenus de véritables exutoires d’égouts, ils éructent inlassablement les mensonges les plus éhontés pour se consoler, exhalant de bien nauséabondes pensées, confirmant effectivement que la boîte qui leur sert d’encéphale renferme un bouillon de culture hors du commun, ou d’inculture ! Au choix, à prendre dans le sens propre. Leur réaction, disproportionnée dans la forme et intolérable dans le fond, relève de la psychiatrie ; au lieu de digérer leur déconfiture dans une certaine dignité, ils n’ont pas cessé de projeter sur le peuple algérien leurs propres tares : leur animosité, leurs attaques ad hominem contre l’Algérien me rassurent donc, pleinement.

L’Égypte, De Khan Khalili au Haï Ech-Chafiï

Les chaînes satellitaires font défiler tout ce que l’Egypte compte de starlettes et de plumitifs. Ils ont allégrement atteint les confins de l’indécence et persistent à se complaire sur un tas d’immondices médiatiques pour insulter plus l’avenir que les Algériens. Je ne commettrais pas la stupidité de les y rejoindre, j’ai une réelle et profonde considération pour le peuple égyptien, celui que chante le regretté Cheikh Imam et Fouad Negm. Pour m’être laissé un jour engouffrer dans les inextricables dédales constitués par les obscurs et insalubres ateliers d’artisanats adossés au célèbre souk de Khan Khalili, je sais combien le petit peuple du Caire inspire respect et commisération, tant il est besogneux, laborieux et industrieux. On se surprend à penser que si ces malheureux triment sans rechigner, l’émergence des pyramides en Egypte n’est pas un événement fortuit dans l’histoire. Les paroles de Cheikh Imam résonnent encore dans ma tête, elles sont encore d’une terrible actualité.

Il mettait en garde Anouar Sadate avec cette inimitable voix, rauque et émouvante, sur l’indigestion que risque de se payer celui qui cherche à n’en faire qu’une bouchée du peuple égyptien. L’explication se trouve dans ce plat du pauvre, « el kouchari », dont la chair de l’égyptien est la quintessence. Rassasiant et équilibré, fait de pâtes et de légumes secs, mais qui résume tristement la vie et l’univers de la population démunie à force d’en constituer la seule pitance quotidienne. En me baladant dans le quartier Haï Ech Chafï que surplombe la superbe mosquée Mehemet-Ali (1857), dominant la citadelle de Salah Ed-Dine El Ayyoubi, j’ai été émerveillé de découvrir un îlot de modestes mausolées, sortes de sépulcres des notables de l’époque ottomane. Le basculement d’une grande artère urbaine dans quasiment l’au-delà était stupéfiant. Séduit néanmoins par la délicatesse des motifs décorant ces véritables joyaux architecturaux et mus par un irrésistible besoin de satisfaire ma curiosité, je me suis rapproché pour admirer ces jolies constructions à travers les grilles des portillons qui ponctuent le mur d’enceinte construit pour isoler ces demeures quelque peu incongrues en zone citadine. Mal m’en a pris car j’ai été désarçonné par une voix qui m’apostrophait fermement : Bit-boss eh ! (que cherches-tu ?) J’ai naturellement vite compris que ces résidences n’abritaient pas que des morts. Elles sont squattées par le lupen-prolétariat cairote qui y habite.

J’ai répondu que je me contentais d’admirer ces caveaux de luxes. Rassuré par mon accent que je ne pouvais pas être un représentant d’une quelconque administration égyptienne, il lâcha avec une authentique intonation de colère contenue « Haq ! El madafin hilouwa, bess el houkouma maouch hilwa ! » (Effectivement, les caveaux sont charmants, mais le gouvernement l’est moins !) Il finit par me conseiller de ne pas trop m’écarter de la grande avenue si je ne voulais pas me faire détrousser. Illico presto, j’ai repris le bus qui me ramena vers le centre-ville pour rejoindre mon hôtel dans le quartier Ed Dokki, longeant le majestueux Nil, très représentatif du Caire utile, c’est-à-dire très sécurisé, car c’est aussi celui des régiments de touristes, l’anecdote vaut ce qu’elle vaut ; elle m’a valu une petite frayeur vite dissipée, mais elle présage du sentiment de révolte qui couve sous le difficile quotidien du petit peuple cairote. Il s’exprimera bien un jour pour emporter ceux qui ont mis le peuple égyptien sous leur tutelle. Jusque-là, les aboyeurs de service ne leurrent personne.

Les quatre vérités

Quelle mouche a piqué l’intelligentsia de fortune du Caire de se fourvoyer en soutenant cette scandaleuse exigence égyptienne de se prévaloir d’un droit à la victoire. Une revendication qui ne se fonde sur aucune règle, mais qui tirerait sa légitimité d’un leadership indu sur le monde arabe. Ahurissant ! Le pharaon, dans sa folie de disputer le ciel à Dieu, n’accusa-t-il pas Moïse de vouloir anéantir le mode de vie exemplaire des Egyptiens ? N’a-t-il pas puni son staff technique (essahara/les magiciens), uniquement parce qu’ils se sont soustraits à l’autorité du maître et à sa permission pour se soumettre et adhérer au Dieu unique de Moïse. Un rapide survol des arguments développés par les chaînes satellitaires – il est donc toujours question de ciel ! – fait ressortir qu’à plus d’un égard, c’est avec les mêmes ingrédients que le Caire s’échine à animer ce tintamarre vaudevillesque. Indéniablement, la classe politico-médiatique égyptienne grouille d’hypocrites, et sans coup férir, ils s’attribuent des mérites dont ils ne sont pas capables. Qu’ils se mentent à eux-mêmes ou qu’ils soient les seuls à y croire, c’est des virtuoses ! Ils récitent les discours les plus grotesques comme des partitions caricaturales jouées par une fanfare militaire. C’est risible, mais personne n’a le droit de l’ouvrir ! Nous sommes en 2009, bientôt 2010 !

Oui, mais il ne faut pas trop le leur rabâcher non plus ! Merci de le comprendre ! En s’attaquant de la plus vile des manières aux Algériens, ils remettent encore une couche pour ternir davantage leur dossier déjà bien noir devant Dieu et le monde. Nasser rencontra l’histoire en homme, ils n’en possèdent pas l’étoffe. L’audace du général Chazli, fierté de tous les Arabes, a été dilapidé jusqu’à la dernière piastre. La duplicité leur a phagocyté l’âme. La seule ressource qui reste aux héritiers d’Anouar Sadate est d’espérer quelques subsides de l’US Aid qui veille au grain. En 1996, j’avais constaté combien la présence de cette organisation américaine était remarquable dans la mégapole cairote, notamment à travers les véhicules des ministères offerts, un peu comme chez nous, les bus « solidarité » de Djamel Ould Abbès, notre papa Noël national. Il est à parier qu’aujourd’hui la reconnaissance américaine, pour la conduite irréprochable de l’Egypte vis-à-vis d’Israël, soit devenue envahissante et un peu plus avilissante. L’Egypte n’a-t-elle pas servie de seconde mâchoire de l’étau pour broyer impitoyablement le peuple de Ghaza. Eh Hosni, ne force pas trop sur la harissa et les bonbons avec ton ami Shimon ! Tapis rouge, oui, mais il faut s’économiser à ton âge jusqu’à la transmission du flambeau ! Dis à Alaâ de ne pas se brûler à jouer avec le feu !

Relativisons !

Nous rendormir sur nos lauriers est notre sempiternel péché mignon. Les médias égyptiens, au lieu de consoler leur public, se sont donné beaucoup de mal à nous rappeler notre imperfection, on devrait songer à les en remercier pour tant de sollicitudes. Ils nous passent un check-up sans concession ni complaisance et nous établissent un diagnostic avec, somme toute, un pronostic favorable. Je suis déjà un peu plus serein. Voyez par vous-mêmes, même un spin-doctor égyptien peut dresser la liste de nos défauts avec une célérité prodigieuse. Nous sommes donc amendables. En revanche, je m’inquiète pour les cireurs de bottes du pouvoir égyptien.

On les savait d’une obséquiosité comme cela ne devrait pas être permis, voilà que dorénavant, il suffira d’en nommer le meilleur d’entre eux pour évoquer les infortunes congénitales les plus incurables, celles de l’esprit et bien d’autres calamités humaines ! Des élites incompétentes qui exhibent sans retenue tout ce qu’il y a d’exécrable pour corrompre la nature humaine. Quel gâchis ! Voilà un mot qui nous va bien aussi, mais pour des raisons bien distinctes. S’agissant du microcosme vaguement intellectuel du Caire, la gabegie trouve son origine dans une évidente pour tout observateur de la frange intellectuelle de la société égyptienne, dont l’idéologie correspond à un océan de fatuité et de veulerie assaisonné d’un zeste de culture.

L’avant-dernier mot pour Hanane

Hanane est perplexe. Est-il permis d’être aussi impudent qu’Amr Zaki, se demande-t-elle. En effet, ce pharaon aurait affirmé que ses amis arabes l’ont contacté de plusieurs capitales pour le soutenir. Ils sont unanimes à souhaiter être représentés par l’Egypte. Rien que ça ! Les vents prennent parfois des directions qui déplaisent aux barreurs des meilleurs voiliers. Voilà qui illustre une grande réalité récurrente dans la vie de tous et qui échappe sans doute à la sagacité d’Amr Zaki. Qu’il ne s’en offusque pas si je laisse Hanane lui rappeler qu’une participation en Coupe du monde s’arrache sous les auspices d’un slogan largement admis : « Que le meilleur gagne ! » Il ne faut pas subrepticement déposséder les équipes, fussent-elles nationales, de leurs victoires. Les joueurs, quand ils ont la fibre patriotique vivante et reconnaissante, poussent la délicatesse à dédier leurs exploits à leur pays et à leur nation. Les gens sont ensuite libres de s’identifier aux héros qu’ils se choisissent. Hanane propose un challenge à Amr Zaki. Chiche ! Elargissons le cercle des votants au-delà des amis d’Amr Zaki et demandons à la FIFA une dérogation pour désigner le représentant arabe pour la Coupe du monde en Afrique du Sud 2010.

Une élection démocratique à l’échelle du monde arabe. Mon petit de doigt, qui me susurre toujours des choses, parie sur l’Algérie gagnante ! Ne tire pas ! Non, ce n’est pas à toi, Antar Yahia que je m’adresse ! Il y a ce va-t-en guerre d’Amr Zaki qui dégaine déjà ! Ce ne sont que des mots. Les balbutiements liminaires, de ce qui n’est qu’un rêve, me les font semer aux vents. Quel joli rêve ! Trop joli pour nous autres Arabes. Je crains, sécurité d’Israël oblige, qu’il ne figure sur une blacklist américaine et, par conséquent, qu’il ne nous soit pas autorisé par les Pharaons locaux et leurs acolytes ! Continuez à vendre du vent, mais pas sur la chaîne Dream. C’est comme si vous nous le proposiez dans des filets ! « Rih fi ech-beck ! » On ne fait pas de rêves avec ça ! Après nous avoir ouvert les yeux, vous nous maintenez éveillés ! Merci ! Mais prenez garde de prendre pour votre grade en récoltant des tempêtes !

Ouyoun bahia !

Je suis dans une certaine expectative pour remercier Chahata, il a tout de même amplement contribué à notre allégresse en mettant beaucoup du sien à motiver les nôtres. Bof ! Le temps du pardon viendra bien un jour. On pardonnera. Mais il ne faudra pas que l’on oublie. Le pire serait que l’on se lance dans un renchérissement effréné à coups de résolutions pour ne jamais pardonner et qu’en deux temps, trois mouvements, comme d’habitude, notre mémoire fera pschitt ! Laissons-les jours (el ayyam) passer. Les journaleux égyptiens exaltés ont réveillé en moi l’envie de danser, longtemps anesthésié par des préoccupations, qui, de leur propre aveu, les ont réjouis. J’aurais volontiers dansé sur des airs arrivant du Nil ; mais le vacarme que vous faites stupidement couvre les rythmes tantôt envoûtants, tantôt endiablés de cette Egypte éternelle que nous aimons.

Je me rattrape en chantant à mon Algérie « an’ti aâmri » (tu es ma vie) en rêvant très fort de ouyoun bahia ! (les yeux de bahia) En ces jours bénis de l’Aïd El Adha, nous pavoisons en rendant grâce à Dieu. Il est plus grand que tous les Pharaons d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Les Algériens s’en remettront toujours à lui et continueront à pénétrer les arènes où l’issue des combats n’est jamais convenue à l’avance avec fantazia. Vous avez déclenché les hostilités, ils prennent l’initiative de l’apaisement. La perspicacité de mes compatriotes ayant déteint quelque peu sur mon bon sens de paysan, je suis de bon conseil. Vous seriez bien avisés de fréquenter les Algériens et prenez-en de la graine de leur bravoure et leur témérité sur lesquels vous vous êtes mépris, car édulcorés par leur tempérament paisible et leur humilité naturelle. De la confrontation sportive entre l’Egypte et l’Algérie, je retiendrais, qu’encore une fois, la petite histoire, après la grande, souligne l’acuité de Napoléon Bonaparte : « Le vrai caractère perce presque toujours dans les grandes occasions. » Le mot de la fin, j’ai commémoré le souvenir de Sidna Ibrahim en sacrifiant un mouton, dans la joie. Je prie Dieu d’agréer mon intention, mais je vous confesserais qu’au moment fatidique pour la bête, j’ai eu l’impression qu’Oussama, mon fils, était en train d’égorger Amon, le Dieu suprême du panthéon égyptien dont le bélier était un de ses attributs.

- Université de Mostaganem


El Watan
Par Dr Mokhbi Abdelouahab

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “Épître aux journaleux égyptiens:Au nom … et de saint Sharon !”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Epître aux officiels et médias égyptiens
    Au nom du père, du fils et de saint Sharon ! (1er partie )

    « L’exemple n’est pas le meilleur moyen d’avoir une action sur autrui, c’est le seul » Albert Schweitzer

    Sur la campagne égyptienne des Verts, tout a été dit, mais mon petit doigt me susurre qu’il en reste davantage à dire. Je vous propose humblement une synthèse de mon cru, dans laquelle, je l’espère, vous y décèlerez une déclinaison de l’élégance intellectuelle des Algériens.

    Si d’aventure, vous me décerniez, chers lecteurs, l’avant-dernière place dans cette catégorie, elle me comblerait de satisfaction. J’ai à cœur surtout de faire honneur à la citation que Hanane, ma fille chérie qui va sur sa quinzième année, me propose comme sous-titre à mes élucubrations rédactionnelles en guise de riposte aux provocations égyptiennes. Avec une stupéfiante outrecuidance et une stupidité phénoménale, les médias égyptiens ont fomenté une crise de paranoïa collective pharaonique. Déjà, avant le match du Caire, les Chehata et consorts nous ont abreuvé d’extravagantes explications, avec beaucoup de suffisance, pour nous persuader qu’ils étaient déjà qualifiés à la Coupe du monde 2010, bien qu’ils consentent de s’acquitter de la formalité du match du 14 novembre chez eux. Ils ont négligé une donnée qui s’est révélée essentielle : l’adversité éperonne la force morale chez l’Algérien, quand elle se fait déloyale, voire même méprisable, sa combativité décuple.

    L’enjeu d’une compétition sportive n’autorise jamais le recours à des recettes prohibées surtout lorsqu’elles sont grossièrement concoctées, comme ce fut le cas au Caire. Le souvenir de l’épopée espagnole de 1982 avec l’héroïque Korichi, le sublime Assad, le créatif Madjer est encore vivace. Quant au jeu séduisant du Ballon d’or africain 1981, le magicien qu’était Belloumi, il doit encore hanter la mémoire des supporters égyptiens eux-mêmes. N’ont-ils pas commencé à se faire les dents sur lui, histoire de cultiver la haine des Algériens ? En 1982, ces gars avaient admirablement et proprement terrassé l’ogre allemand qui se promettait de n’en faire qu’une bouchée. La Mannschaft, avec sa cohorte de géants de la Budesliga, le Kaiser Franz Beckenbauer inclus, fut contrainte à la plus déshonorante des « combinazionnes » de la planète foot avec la complicité des Autrichiens. Dire qu’aujourd’hui une simple main se discute et soulève un questionnement grave sur la moralité des fauteurs. A la bonne heure ! La victoire de l’équipe algérienne est restée dans les annales, et on en parle encore dans toutes les honnêtes chaumières. En revanche, on rit aujourd’hui de l’inanité des sarcasmes avec lesquels nos joueurs furent accueillis ; l’arrogance allemande avait, quant à elle, durablement perdu de sa superbe.

    Qariat el fingan

    J’ai retrouvé cette capacité à se transcender intacte chez les capés de Rabah Saâdane. Ils se sont mis en quête du billet pour l’Afrique du Sud 2010 avec une saine détermination, ils se sont vaillamment jetés dans un combat qu’ils ont âprement disputé sur le terrain après avoir affronté la plus inattendue et la plus angoissante des épreuves à l’extérieur du stade. Les images de Canal+ du caillassage du bus des Verts par des énergumènes déchaînés, blessant les joueurs Lemouchia, Halliche et Saïfi sont aussi éloquentes qu’irréfutables : elles traduisent l’indignité de leurs auteurs. Malgré la tiédeur de sa réaction, la FIFA avait tout de même infligé un avertissement à la Fédération égyptienne. Elle a fini par ouvrir une procédure disciplinaire susceptible de déboucher sur des sanctions à l’encontre de la FEF, le mois de décembre. Nos griefs envers les Egyptiens sont donc loin d’être des jérémiades. Je voudrais donc, avec votre permission, délivrer de bien bonnes pensées pour le bienheureux gagneur ! (Saâdane Rabah).

    Constatez-le, avec moi, que les choses étaient écrites mais cela à échappé à la clairvoyance de Qariat el fingan. Elle lit bien dans le marc de café comme chacun sait, mais elle a perdu son arabe pour décoder les signes clairs du destin. Sans être féru de foot, j’ai une affection particulière pour Rabah Saâdane ; les larmes qu’il avait versées en homme à Alger ne sont pas étrangères à ce sentiment. Elles ont révélé un homme. Un Algérien pur jus, stoïque, apte à la révolte et surtout disposé à relever les défis qui ont du sens. En un mot, Chaoui ! S’il a concédé à Chehata la remise à zéro du compteur sur terrain miné, au stade du Caire, quatre jours plus tard, le 18 novembre, il réussit sur le terrain neutre du Merreikh Stadium d’Omdurman, choisi par l’adversaire, une qualification incontestable ; « indiscutable » atteste le secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke à Dubaï, le 22 novembre. Il ramène au bercail nos futés Fennecs avec les bagages bondés à craquer de bonheur pour tout un peuple, une résurrection !

    Amour inoxydable

    Je suis désolé pour le public égyptien qu’il apprenne à ses dépens la nature de ce caractère algérien un tantinet excessif. Il peut s’afficher sous son mauvais jour ; alors, il ne paye pas de mine. Un peu comme une gemme brute que l’on confondrait avec un vulgaire morceau de sucre qui, taillé, se révèle un diamant de la plus belle eau. On ne cherche pas trop longtemps un Algérien car il ne tergiverse pas pour se montrer sous son vrai jour, c’est-à-dire entier et fait d’acier trempé. Les dirigeants égyptiens ont mésestimé le sentiment de fierté qui anime les Algériens. Ils savent maintenant qu’ils ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils sont piqués au vif. Ces dernières années, l’autoflagellation à laquelle on s’adonne à tout propos et à tout bout de champ, est devenue un véritable sport national. Je me suis laissé presque convaincre par une observation de William Quandt, universitaire américain, sur le patriotisme douteux de mes concitoyens. Ils n’aimeraient pas leur pays, car, expliquait-il dans un de ses livres, ils auraient la fâcheuse tendance à confondre leur pays avec l’autoritarisme de leurs gouvernants. Et voilà que leur réaction à la perfidie égyptienne a surgi fulgurante, éblouissante. Plus qu’à la démocratie, plus qu’à leur mère, les Algériens ont montré au monde que l’amour qu’ils portent à leur pays est aussi incommensurable qu’inoxydable.

    L’extraordinaire mobilisation pour soutenir leur équipe, puis cette magnifique explosion de joie pour faire un triomphe à leurs champions sur l’ensemble du territoire et partout où ils se sont trouvés me font définitivement et indéfectiblement aimer mes compatriotes. Rien qu’à repenser à ces fantastiques scènes de liesse, mon cœur chavire de nouveau. Il est vrai que je suis parfois navré lorsque je les vois, portés par le bonheur, se laisser aller à d’effrayantes hardiesses. C’est que, quand ils aiment, ils ne calculent pas. La cerise sur le gâteau est venue de Yahia Antar. Un nom légendaire, bien arabe qui suffit à semer la panique dans les rangs adverses sur les champs de bataille. Il prend de la hauteur et d’un tir puissant et précis, exécute l’excellent gardien des Pharaons à partir d’un angle impossible. Il ruine les prétentions pharaoniques des Egyptiens, au moment précédent la pause, le plus délicat du match. Ce but de la qualification algérienne est un but d’anthologie.

    En plus du goal, il a plongé le pouvoir égyptien dans une profonde consternation. L’impérial portier des Fennecs, Chaouchi, et ses camarades ont su ensuite contenir le team égyptien face à son impuissance devant une pléthore de stars égyptiennes du grand et du petit écran déconfites et médusées. L’ignominieux guet-apens du Caire, ourdi, à ne pas en douter, sinon par les autorités sportives et politiques, certainement avec leur aval, aura été absolument contreproductif. Il n’aura servi qu’à donner au monde une idée bien triste sur l’hospitalité égyptienne.

    Brave Soudan

    Le Soudan mérite les félicitations et la considération de toute personne attachée à l’éthique sportive et aux valeurs morales dans les relations internationales. Il gère la manifestation avec un sens irréprochable de la responsabilité et de l’équité, allant jusqu’à interpeller les autorités égyptiennes prises en flagrant délit de délirants mensonges. Le staff égyptien espérait que les subliminales suggestions et les sous-entendus politiques à leur voisin seraient suffisants pour qu’il se fasse leur comparse pour concrétiser leur dessein d’effectuer une balade de santé en pays sinon conquis, du moins acquis à leur cause. Le Soudan a courageusement refusé de laisser discréditer les Algériens ou de laisser ternir leur victoire par un plan médiatique minutieusement synchronisé dans son orchestration même s’il fut lamentablement ficelé. Les faits ont été impitoyablement têtus pour les aboyeurs égyptiens. Le monde sait maintenant que si le ridicule ne tue toujours pas, il ne commencera certainement pas avec les journaleux égyptiens.

    Faisant fi de toutes les incohérences et autres invraisemblances, ils se gargarisent de leur professionnalisme. Leurs agitations étaient d’une concordance chorégraphique. Le la est bien sûr donné par les fils Moubarak. Il était impératif d’empêcher que la débâcle sportive ne suscite un mécontentement populaire ciblant le régime. Pour faire barrage à la colère, on désigne un bouc émissaire, les Algériens. Que leur reproche-t-on ? D’avoir gagné les Pharaons malgré le climat de terreur instauré pour les tétaniser. En somme, un crime de lèse-pharaons. Pharaons de pacotille, évidemment !

    Histoire d’emblème

    Il est charitable de souligner à l’intention des médias égyptiens quelques évidences. Primo, une fois les bornes dépassées, il n’y a plus de limites, ils peuvent donc continuer à se pavaner dans l’infamie. Il ne leur est cependant pas interdit de s’interroger s’il est permis de draper de honte une histoire aussi prestigieuse que celle de l’Egypte ? Leur inqualifiable conduite dénote un grave déficit éducatif, ils se délectent des dérapages les plus inadmissibles. Les fans des Pharaons, véritables pitbulls enragés, sont complaisamment montrés déchiquetant l’emblème algérien. Ont-ils eu la bonne idée d’en faire quelques talismans pour d’hypothétiques victoires futures ? Il aurait été bien plus approprié de nous en faire la demande. Chérissant nos couleurs, nous les leur aurions offertes en fanions dans du papier cadeau, bien comme il convient de le faire avec des concurrents magistralement défaits. Les Algériens se souviendront que pendant qu’ils regardaient faire brûler l’emblème d’une révolution anticoloniale exemplaire, le régime de Moubarak recevait Shimon Peres en grande pompe en déployant le drapeau de l’Etat hébreu. L’ondoiement dans le ciel d’Egypte du symbole de l’Etat hébreu, qui a emmuré le peuple palestinien et transformé ce qu’on appelle pudiquement les Territoires palestiniens en camp de concentration, semblait narguer tous les musulmans et tous les Arabes.

    D’une épître à l’autre

    Outré par le déluge de feu qui s’est déversé sur Ghaza, transformée en un camp hermétiquement fermé avec la complicité de l’Egypte pour faciliter à Tsahal de semer la mort avec autant d’efficacité que l’exige une entreprise méthodique d’extermination d’un peuple sans défense, j’ai exprimé ma colère dans un cri d’impuissance que j’ai intitulé : « Epître aux Israéliens : Réveillez-le ! » Aujourd’hui écœuré par le déferlement d’invectives et d’insanités à l’encontre du peuple algérien, j’ai été pris d’une paradoxale mais irrésistible envie de commettre cette épître à l’adresse des journaleux et feuillistes égyptiens. J’ai la troublante sensation d’être sur le même exercice. Le carnage de Ghaza n’ayant pas réveillé Ariel Sharon de son coma afin qu’il se délecte de la détresse des mères de ces écoliers palestiniens ensevelis sous les bombes israéliennes, je soupçonne le pouvoir politique égyptien d’organiser les obsèques de la fraternité arabe avec un vacarme médiatique sans précédent pour en faire un lot de consolation pour le boucher sanguinaire de Sabra et Chatila.

    En attendant qu’il le lui soit remis, Shimon Peres est venu prendre livraison du cadeau par procuration. Il a vraisemblablement profité pour délivrer son satisfecit au président égyptien pour l’éminent rôle de chef de meute qu’il a assumé dans cette crise d’indigestion de la défaite tonitruante, exorbitante et surtout impudique. Ni l’enjeu, ni le déroulement du match, ni l’explosion de joie des vainqueurs ne justifient que le pouvoir politico-médiatique du Caire donne l’assaut à cette fraternité arabe, pourtant sans contenu réel. C’est une belle utopie pour laquelle des mots arabes chatoyants existent pour l’habiller joliment. Son seul mérite est d’exister pour entretenir le rêve. Après que Sarkozy ait réussi la prouesse d’imposer Israël dans une ligue presque arabe, baptisée Union pour la Méditerranée, afin de ménager les susceptibilités irréductibles des masses arabes, venir dans ces conditions porter l’estocade à une unité arabe, même factice, n’est pas innocent. Nul besoin d’être un fin limier pour subodorer les courants non représentatifs du peuple égyptien et autres forces occultes qui contrôlent les rouages du régime.

    Je n’ai aucun élément tangible sur la nature communautaire de ces instigateurs pour incriminer quiconque. Je n’insinue donc pas que ces acteurs de l’ombre se recrutent dans la nébuleuse copte, je constate seulement qu’au moindre incident de l’Egypte avec un pays musulman voisin ou pas, une pléthore de pompiers pyromanes se bousculent sur les médias égyptiens pour attiser l’incendie. Les secousses sismiques pour déstabiliser toute velléité de construction d’une unité arabe un tant soit peu crédible ont systématiquement leurs épicentres au Caire. Ce travail de sape sournois est d’une redoutable efficacité. A l’occasion d’un simple match, ils se précipitent pour aggraver la discorde entre deux pays appartenant à deux entités différentes du monde arabe, le Maghreb et le Machrek. La réaction intempestive pour instrumentaliser le désamour patent depuis des lustres entre deux peuples aux mentalités différentes est étrange.

    L’idée que la crise égypto-algérienne n’est qu’un contre-feu pour circonscrire la détresse de la rue égyptienne n’est valable que partiellement, elle ne dispense pas de rechercher à qui profite in fine le crime. Les hypothétiques objectifs inavouables poursuivis par l’Egypte pour obtempérer aux désirs d’Israël donnent à l’action du régime Moubarak une cohérence sur les plans interne et externe. Je crois qu’entre ces deux pays, il existe de fructueuses interactions faites de non-dits. Le machiavélisme à l’égyptienne s’élabore et se met en œuvre de manière plus sophistiquée qu’il n’y paraît. L’Egypte travaille donc à faire proscrire aux Arabes leurs rêves les plus fous, les seuls qu’il serait sage de préserver ! Après Dieu, c’est notre seul lien avec un avenir heureux et prospère. L’idée d’un monde arabe uni paraît si incongrue eu égard à son état de délabrement politique actuel et le rêve qui s’y rattache est si utopique que cela le rend probable, donc possible dans un monde où les intérêts de diverses communautés se fédèrent partout, chaque jour davantage. Pour le moment, le ciel arabe doit être constamment maintenu chargé de cumulo-nimbus les plus menaçants pour être toujours prompt aux orages. (A suivre)

    Par Dr Mokhbi Abdelouahab

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  2. Kerboua Mohamed Dit :

    Comme à l’accoutumé,et comme tout intélo fidèle aux valeurs de son pays, cher cousin tu n’est pas resté insensible envers la croisade menée par les médias égyptiens contre notre cher patrie. Bravo Wahab, je suis très fier de toi, j’espère que les masri lisent ton article et pourront le comprendre, car ils croient naivement que l’algerie qui a donné autrefois naissance à Larbi Benmhedi, Didouche Mourad, Hassiba et Fadila Saadane ne peut enfanter des Rabah Saadane, aujourd’hui.

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